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A Chalon l'été c'est (aussi) fait pour lire !

L'été c'est fait pour lire !

En fait, ce n'est ni un souhait, ni un cri du cœur, ni une publicité pour un libraire ou un autre, c'est un fait objectif et amical que nous fait partager Michel Bonnet depuis quelques années et qu'il va reprendre encore durant cette période estivale...

Lacie Slezak
   Photo Lacie Slezak

La lecture est l'occasion de se détendre, de découvrir, d'apprendre, de passer le temps, de trouver une activité ludique, lucrative, hygiénique, éducative, familiale, touristique... Bref, de vivre, tout simplement !

A travers la présentation d'un ouvrage par jour durant tout l'été, Michel Bonnet vous emmène dans son univers livresque avec simplicité. Laissez-vous tenter et accompagner, vous ne risquez rien, si ce n'est de passer quelques heures à lire...

Tous les livres ne seront pas des nouveautés car Michel nous a appris à dépoussiérer certains auteurs, à mélanger les genres, à oser ouvrir un livre pour enfant, à lire de la bande dessinée. Bien sûr, chaque présentation sera suivie de vos commentaires et vous pouvez même relever le défi et présenter vous-mêmes vos lectures d'été, qui sait, Michel Bonnet sera peut-être le premier à les lire...

Allez savoir ?

Attention, l'été c'est fait pour lire, c'est à partir du 21 juin, évidemment !

Certains lisent les chroniques, d'autres préfèrent les écouter... A chacun selon ses goûts et ses habitudes !

Il semblait assez logique de vous permettre de l'écouter de temps en temps.
Une des radios qui la diffuse vous donne la possibilité d'écouter la chronique sur Internet :

http://www.rcf.fr/radio/rcf21/emission/636200

Pour envoyer un conseil de lecture vous aussi cliquer sur "Envoyer VOS INFOS ICI"  à droite de ce texte - Pour réagir à un message cliquer sur "Réagir" sous chaque article

 

 

L'été c'est fait pour lire : Une chronique qui aime les livres !

L’été c’est fait pour lire et voici maintenant presque trente ans que j’ai lancé ce cri pour commencer mes chroniques consacrées aux livres chaque été…

Trente ans de radio, c’est quand même long, trente ans à promouvoir le livre sous toutes ses formes, trente ans à vouloir pousser chacun d’entre nous à découvrir ou redécouvrir le plaisir de la lecture…

Chez moi, ce plaisir est arrivé tardivement car j’ai commencé par une dyslexie profonde qui m’a tenu à l’écart de l’écrit… heureusement, il a fallu une orthophoniste, une enseignante et une bonne fracture du bras pour trouver le chemin du livre, de l’écrit, du bonheur livresque… J’étais en quatrième, le bras entièrement dans le plâtre – enfin, articulation du coude et de l’épaule noyées dans le plâtre – et je fus donc obligé de stopper les sports physiques avec ballon…

C’est un roman d’Agatha Christie, Un meurtre sera commis le…, avec une certaine Miss Marple comme héroïne, qui échoua dans mes mains et qui me libéra de mes appréhensions de la lecture. Mieux, je découvrais rapidement toute la force de la lecture, le bonheur que cela pouvait apporter et très vite je devins un lecteur boulimique…

A cette époque je ne lisais pas que l’été car en moyenne je me suis mis à lire un livre par jour et, je l’avoue, je lisais durant certains cours… En trois ans je découvrais Agatha Christie, Balzac, Edgar Poe, Zola, Pierre Corneille, Thomas Corneille, Robert Brasillach, Rabelais, Pierre Benoît, Somerset Maugham, Charles Exbrayat mais aussi des lectures jeunesse, la bande dessinée, la poésie…

Lorsque quelques années plus tard on me proposa de faire de la radio – l’ouverture des ondes avait permis de concevoir des radios locales de qualité – j’ai immédiatement lancé – avec un ami beaucoup plus âgé que moi – la Chronique des livres dont le but était de tenter de transmettre cette passion de la lecture et des livres… Très vite je rencontrais des auteurs, j’interviewais et analysais, écrivais et enregistrais… Mon premier invité fut Ivan Cloulas, aujourd’hui disparu, avec qui je parlais de Laurent le Magnifique durant une trentaine de minutes… C’était au Livre sur la place de Nancy en 1990…

Chaque été je relève le pari un peu fou de présenter un ouvrage tous les jours. Pari car quand je commence, les livres ne sont pas encore tous lus ou relus, les chroniques ne sont pas encore écrites et enregistrées… Il y a comme une pression qui s’installe sur mes épaules – mais aussi sur celles de mon épouse qui relit toutes mes chroniques, vérifie l’orthographe et la cohérence du propos – et tant que la dernière n’est pas écrite et « dans la boîte » je ne suis pas certain de faire l’été entier !

Dans cette chronique estivale, c’est aussi un choix important, je mélange volontiers tous les genres littéraires, de la bédé au roman, du polar à l’essai, de la poésie à l’album enfant, du livre de cuisine à la biographie, du beau livre au livre léger dit de gare… Oui, on trouve tout cela car comme l’été c’est fait pour lire, tout est bon pour vous donner envie de lire !

Bien sûr, il n’y a pas que des nouveautés, que des classiques ou des formats poche car lire c’est avant tout une rencontre entre vous – le lecteur – et le texte – le livre – ce qui peut arriver partout, avec tous les livres et à n’importe quel moment de votre vie ! Alors pourquoi l’été me direz-vous ? Tout simplement parce qu’il s’avère que nous avons plus de temps libre, un moral plus ensoleillé qui se prête mieux à la découverte de textes, parce que les vacances nous donnent du temps, parce que l’on peut lire à la plage, dans le train, dans une chaise longue dans le jardin, sur notre terrasse, au jardin public… et, surtout, parce que l’été c’est fait pour lire. Point à la ligne ! Non, mais…

Alors, dès demain, je vous donne rendez-vous pour une première idée de lecture et surtout pour un point de passage quotidien qui durera une saison entière, du moins si je tiens le pari, bien sûr !

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 21 juin 2018

A Chalon l'été c'est (aussi) fait pour lire à partir du 21 juin

L'été c'est fait pour lire !

En fait, ce n'est ni un souhait, ni un cri du cœur, ni une publicité pour un libraire ou un autre, c'est un fait objectif et amical que nous fait partager Michel Bonnet depuis quelques années et qu'il va reprendre encore durant cette période estivale...

Lacie Slezak
   Photo Lacie Slezak

La lecture est l'occasion de se détendre, de découvrir, d'apprendre, de passer le temps, de trouver une activité ludique, lucrative, hygiénique, éducative, familiale, touristique... Bref, de vivre, tout simplement !

A travers la présentation d'un ouvrage par jour durant tout l'été, Michel Bonnet vous emmène dans son univers livresque avec simplicité. Laissez-vous tenter et accompagner, vous ne risquez rien, si ce n'est de passer quelques heures à lire...

Tous les livres ne seront pas des nouveautés car Michel nous a appris à dépoussiérer certains auteurs, à mélanger les genres, à oser ouvrir un livre pour enfant, à lire de la bande dessinée. Bien sûr, chaque présentation sera suivie de vos commentaires et vous pouvez même relever le défi et présenter vous-mêmes vos lectures d'été, qui sait, Michel Bonnet sera peut-être le premier à les lire...

Allez savoir ?

Attention, l'été c'est fait pour lire, c'est à partir du 21 juin, évidemment !

Certains lisent les chroniques, d'autres préfèrent les écouter... A chacun selon ses goûts et ses habitudes !

Il semblait assez logique de vous permettre de l'écouter de temps en temps.
Une des radios qui la diffuse vous donne la possibilité d'écouter la chronique sur Internet :

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Imprimer - - par @La rédaction - 20 juin 2018

Entre albums pour enfants et Roman national... A vous de choisir !

Entre 1936 et 1939, entre le Front populaire et le début de la Seconde Guerre mondiale, la librairie Gründ publiait les douze volumes de sa collection Albums de France. Cette collection a été rééditée plusieurs fois, en particulier dans les années cinquante, et c’est à Emmaüs que j’ai trouvé quatre de ces albums édités dans les années cinquante pour deux d’entre eux et dans les années soixante pour les deux autres.

 


Cette collection qui présentait à chaque fois un homme (ou une femme puisqu’il y en a un consacrée à Jeanne d’Arc) tentait de montrer comment la France s’était construite par l’action de ces personnages. En théorie, les albums s’adressaient plutôt aux adolescents avec un texte qui naviguait entre histoire et roman national, c'est-à-dire que ces vies étaient bien quelque peu romancées…

L’illustration participait abondement à cet aspect réécriture de l’histoire et certaines des images ont un côté « légende dorée » de la France, de la monarchie en particulier. De Vercingétorix à Napoléon III, on voit comment certains voulaient enseigner l’histoire nationale aux jeunes Français… On est dans le prolongement de l’histoire de la III° République, un peu comme si la France était le centre du monde et la « fille aînée de l’Église » car il y a bien un aspect national et religieux dans cette version de l’histoire…

Le choix des personnages est déjà par lui-même un engagement avec : Vercingétorix, Charlemagne, Saint-Louis, Jeanne d’Arc, Louis XI, François 1er, Henri IV, Richelieu, Louis XIV, Louis XV, Napoléon Ier et Napoléon III bon dernier, la collection égrène Charlemagne, Saint-Louis, Jeanne d’Arc, Louis XI, François Ier, Henri IV, Richelieu, Louis XIV, Louis XV, Napoléon Ier et Napoléon III. D’ailleurs, pourquoi aucun homme de la République ? Ne doit-on rien à Jules Ferry ou quelques autres ?

Alors, me direz-vous, pourquoi acheter ces quatre albums ? J’ai acheté ces livres car travaillant souvent sur les liens entre images et « roman national », cela me permettait d’avoir quatre beaux exemples pour illustrer mon propos. Il y avait dans ce lot (50 centimes seulement par album !) Saint-Louis, Jeanne d’Arc, Henri IV et Louis XIV. Comme j’avais déjà le Louis XV, ma collection se complète progressivement…

Certes, il ne faut pas prendre ces ouvrages pour parole d’Évangile – certains ne manqueront pas de sourire à cette image verbale – mais reconnaissons qu’ils sont bien construits, surprenants sur le fond et la forme, très bien écrits et illustrés et que le jeu du lecteur peut être de chercher les erreurs (dans le texte ou dans l’illustration)… Cette collection offre de l’Histoire une version engagée, orientée, partiale et parcellaire, moralisante et religieuse pour ne pas dire pieuse, mais elle permet de comprendre comment s’est construite une certaine vision de la France dont on n’est pas complètement sorti…

Mon exemplaire a été donné à l’issue de l’année scolaire 1963-1964 à Martine Duchet lors de la remise des prix de l’école Jeanne d’Arc à Paris. C’était une très bonne élève, visiblement, du moins en CM1 et, du coup, je serai curieux de savoir ce qu’elle est devenue… Elle doit même avoir le même âge que moi ou presque ce qui m’a beaucoup amusé…
Certes, il ne faut pas prendre ces ouvrages pour parole d’Évangile – certains ne manqueront pas de sourire à cette image verbale – mais reconnaissons qu’ils sont bien construits, surprenants sur le fond et la forme, très bien écrits et illustrés et que le jeu du lecteur peut être de chercher les erreurs (dans le texte ou dans l’illustration)… Cette collection offre de l’Histoire une version engagée, orientée, partiale et parcellaire, moralisante et religieuse pour ne pas dire pieuse, mais elle permet de comprendre comment s’est construite une certaine vision de la France dont on n’est pas complètement sorti…
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 19 juin 2018

Simone de Beauvoir est née il y a 110 ans...

On célèbre, on commémore, on se souvient… de Simone de Beauvoir. Elle est née il y a cent dix ans et l’est bien l’occasion d’en parler une fois de plus…

Mon propos aujourd’hui n’est pas de vanter ses qualités littéraires même si je n’en doute pas un instant ; ni de crier haut et fort qu’elle fut une des premières à construire un féminisme objectif basé sur des faits, des comportements, des analyses… et pas sur des ressentis ; ce n’est pas non plus pour pointer du doigt le temps qu’il aura fallu pour entrer dans la collection de La pléiade, référence dit-on de la littérature mais aussi lieu où les hommes se sont construit la part du roi…

Non, parler de Simone de Beauvoir, surtout quand on est un homme, c’est faire acte politique. Politique au sens propre du mot c'est-à-dire prendre parti dans la vie de notre société… Il ne s’agit pas seulement de dire qu’il faudrait… que l’on devrait… qu’il n’y aurait qu’à… Non, il faut dire, affirmer, agir…

On peut le faire de façon différente, chacun avec nos tempéraments, notre histoire, notre culture… Dans le travail et l’œuvre de Simone de Beauvoir, il y a l’existence de la femme, sa place et sa reconnaissance. Ce n’est pas optionnel ou facultatif, c’est juste vital et juste. On peut agir par l’éducation, l’exemple, le comportement, l’engagement… Bien sûr, dans mes chroniques, ce peut être aussi en parlant des femmes autrices (notez bien que mon correcteur d’orthographe ne veut pas de ce mot et corrige automatiquement en « fautrices » !), celles d’hier et d’aujourd’hui. Je tente d’ailleurs d’interviewer mes auteurs sans tenir compte du sexe, juste en me laissant porter par mes lectures… Mais combien de fois je suis surpris en entendant dire : « Oui, mais ça c’est pour les filles ! »…

Rappelons, si besoin était, qu’en littérature, comme en cinéma, bédé ou peinture (vous pouvez glisser-là toutes les formes artistiques que vous aimez) la catégorie « pour filles » n’existent pas… si ce n’est dans les têtes !

N’oublions pas non plus que Simone de Beauvoir ne parle pas que de femmes, d’égalité des sexes et d’avenir de la femme. En fait, désolé de le dire comme cela de façon brute, elle parle toujours de l’humanité – dont, je le rappelle, plus de la moitié est composée de femmes – et donc ses propos sont d’une force incroyable qu’elle parle de vie sociale, des rapports hommes-femmes, de la vieillesse, de la réflexion philosophique, de l’engagement politique…

Comme chacun le sait, je lis beaucoup et depuis longtemps. Je dois avouer que les autrices m’ont beaucoup apporté pour ne pas dire plus. Oui, indiscutablement – et j’en cite quelques unes pour concrétiser les choses – Marie Noël, Simone Weil, Annie Ernaux, Simone de Beauvoir, Hannah Arendt, Edith Stein, Françoise Giroud, Madeleine Chapsal ont beaucoup compté pour moi. J’en oublie certainement beaucoup d’autres mais ce n’est pas grave, cela m’a fait du bien du citer ces grands noms de ma bibliothèque personnelle…

Je peux même dire que plus tard, j’ai découvert des autrices comme Sand et Colette me demandant même comment j’avais pu ne pas les croiser plus tôt…

Donc, un anniversaire et une commémoration, si cela permet de découvrir les écrits de Simone de Beauvoir, si cela pousse certains à s’engager plus, si cela aide à mieux vivre le temps présent… alors je suis pour à 110% ! En attendant, si vous cherchez de la lecture pour découvrir Simone de Beauvoir, pourquoi ne pas aller chercher du côté de ce texte hommage de Geneviève Fraisse, Le Privilège de Simone de Beauvoir ou d’un texte de l’autrice elle-même, La vieillesse ?

Bonne lecture et à très bientôt !
 
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 14 juin 2018

CHALON : coup de cœur sur un jeune poète : Louis Pourret ...


Ce samedi après-midi, installé devant la librairie « Au Gré du Van », Louis Pourret, jeune poète de 15 ans … mais qui écrit depuis longtemps, déjà … propose son recueil de poésies intitulé « Souvenirs amoureux », un bel ouvrage d’une cinquantaine de pages, illustré par Simone Jalibert.

 


Louis est élève de 3ème à l’école Saint-Dominique de Chalon où il dirige un atelier d’écriture et a déjà écrit deux pièces de théâtre.

 


Le recueil de Louis a été tiré à compte d’auteur à 150 exemplaires, dont 100 sont « partis » très rapidement … qu’il ne vend pas mais laisse à l’appréciation des amateurs de poésie.

 

 
 

 

Louis Pourret remercie chaleureusement en fin de recueil : sa professeur de français, son oncle, son grand-père, son arrière grand-mère, son père et sa mère, Christophe Reynaud du « Gré du Van » -son libraire préféré- et Ysaline … qui l’aident à avance sur un chemin toujours plus lumineux.

A découvrir …

 
 
 
Article et photos : Christiane Chapé
Imprimer - - par christiane chapé - 10 juin 2018

Et les menhirs, c'est quoi ?

Chaque fois que j’accompagne une nouvelle personne en Bretagne dans un de ces magnifiques lieux d’alignements de mégalithes, j’ai le droit à la même série de questions : de quoi s’agit-il, quel est le sens de ces alignements, est-ce un cimetière, est-ce un lieu de culte, que sait-on de cette civilisation…

Autant je sais préciser que ces alignements ne doivent rien à Obélix et ses amis Gaulois car la civilisation qui les a mis en place n’est ni celte ni gauloise, autant je suis obligé de préciser que nous ne savons que fort peu de choses sur ces hommes qui nous ont laissé ces milliers de pierres dans les champs… en Bretagne en particulier.

C’est au XIXe siècle que l’on a commencé à s’intéresser à ces pierres, à leur donner un nom, à les distinguer les unes des autres… James Fergusson a étudié ces « rude stones » et on a parlé de tables de pierres (dolmens en breton) et de pierres longues debout (menhirs en breton). A la même période James Miln puis Zacharie Le Rouzic découvrent et mettent en valeur le site de Carnac…

Au départ, on croyait que toutes ces pierres da ns le monde se ressemblaient, que les cultures préhistoriques avaient une multitude de points communs… et cet ouvrage de Roger Joussaume, ancien directeur de recherches au CNRS, nous démontre que plus on étudie ces civilisations, plus on visite ces sites, plus on fréquente ces étranges architectes de la pierre, plus on comprend que chacune de ces civilisations avait ses particularités, ses cultes, ses us et coutumes, sa religion et sa façon de rendre hommage aux morts…

Certes, à la fin de la lecture de ce petit opuscule vous n’êtes toujours pas capable d’affirmer ce qu’était le peuple qui a laissé les alignements de Carnac aux générations futures, mais vous savez avec beaucoup de précision dire ce que ce peuple n’était pas et ce qui les différencie des autres…


C’est tout simplement passionnant !

 
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 1 juin 2018

Et encore une enquête de Sweeney... en Australie, cette fois !

Edimbourg vient de vivre un test match de rugby entre son équipe nationale et celle des Wallabies mais le réveil est douloureux. Ce n’est pas une affaire de score mais de crime car on retrouve une jeune femme égorgée dans St Andrew Square…

L’affaire est d’autant plus délicate que cette personne est Australienne et qu’elle est la fille unique et adorée de Robert Culloch, dirigeant d’un véritable empire financier et magnat de la presse, ami du Premier Ministre et caractériel confirmé… D’ailleurs, il fixe un véritable ultimatum à la police locale pour retrouver celui qui a assassiné sa fille !

Alors, en désespoir de cause, la police d’Edimbourg va se tourner vers un de ses jeunes inspecteurs qui a déjà fait ses preuves, Archie Sweeney… Mais ce n’est pas gagné !

L’énigme de ce roman policier n’est pas extraordinaire. Elle est bien construite, c’est cohérent mais on n’est pas complètement immergé dans le jeu diabolique du « qui a fait ? » que j’aime tant. Ici, l’inspecteur est plus balloté par les évènements, il subit plus qu’il ne dirige… Et, pourtant, le roman se lit avec plaisir…

Oui, car l’intérêt de ce petit polar bien sympathique réside avant toutes choses dans le contexte. Imaginez un Ecossais pur jus qui est obligé d’aller en Australie pour poursuivre un assassin et qui est confronté au langage, aux us et coutumes, à la géographie, aux populations d’un continent qu’il ne connait pas du tout… Et comme John-Erich Nielsen est un auteur maniant avec bonheur l’humour, il ne va pas se priver de nous faire rire sur le dos de ces pauvres amis des kangourous…

Cela n’empêche nullement le roman de faire état d’éléments scientifiques car dans cet épisode des enquêtes de l’inspecteur Sweeney l’ADN a une place capitale… Mais je ne vous en dis pas plus…

Je trouve cette série de polars bien sympathique et agréable à lire, l’auteur écrit bien et me fait rire, le héros est atypique et heureusement doté d’une tante encore plus originale que lui… Bon, je dis cela parce qu’elle ne m’invite jamais à partager le haggis en compagnie du révérend… Oui, je l’avoue, on n’est pas obligé d’aimer cela pour profiter du roman ! Remarquez que côté alimentation, je n’ai pas l’impression que les Australiens soient bien au-dessus…

Je pourrais, pour tenter de convaincre les plus réticents, citer ce que dit Gérard Collard, libraire très médiatique, de cette série :

« Des polars à l'anglaise... J'adore ! Vous prenez ça avec un verre de whisky, vous avez l'impression d'être en Écosse. Le genre Agatha Christie, mais sophistiqué, troisième millénaire, avec une intrigue, une ambiance... Ça repose, ça change des serial killers sanguinolents américains. »

Je ne peux que vous dire que j’aime et que je vais tous les lire dans les semaines à venir…
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 31 mai 2018

Un bon polar en attendant la sélection de l'Eté c'est fait pour lire !!!

Puisque nous sommes dans une période où les interrogations, les craintes et les attaques contre Internet sont multiples, c’est le moment de parler de Tension extrême, un polar qui navigue aux limites du virtuel et du réel… mais où le crime est, lui, bien réel !

Il faut dire que cet outil, Internet, peut être, comme le soulignerait le bon Diogène, la meilleure ou la pire des choses, peut-être même la meilleure et la pire des choses. Ce qui est certain, c’est que lorsque cet outil est au service d’un criminel, cela donne un magnifique thriller haletant et cruel…

Donc, il va bien y avoir une puis deux… cyberattaques qui paralyseront la Police Judiciaire nantaise… Comment mener une enquête quand on est espionné de partout, surveillé en continu, piégé par l’outil que l’on doit utiliser sans arrêt… Il faut travailler à l’ancienne, devenir silencieux, du moins numériquement… et tout cela n’est pas simple dans la société dans laquelle nous vivons !

Attention, les victimes seront nombreuses et certaines descriptions très crues… Dans un langage concis, précis et direct, Sylvain Forge nous livre là un bon polar que j’ai apprécié de lire. Il se lit sans pause et cela en fait parfait ouvrage de voyage ou de vacances…
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 28 mai 2018

Parlons livres : Peur sur le volcan !

Quand on aime la littérature policière, on doit encore tenter d’évaluer ce que l’on aime dans ce domaine car le champ est très vaste… Et il est bien rare d’aimer tout dans cette grandissime catégorie de la littérature… D’ailleurs, est-ce bien une catégorie ?

Pour ce qui est de la catégorie, je vais dire, une bonne fois pour toute, qu’elle existe bien même si je suis persuadé que certains auteurs, certains romans, sont largement au-delà de la catégorie… Pensez donc, dans ce domaine, on trouve des œuvres de Balzac, de Poe… Oui, mais puisque cela arrange tout le monde de parler de littérature policière, continuons à le faire… Mais, sans que ce soit péjoratif !

Reste à sa voir ce que l’on aime dans le domaine… Moi, je suis plus fasciné par le mécanisme strictement intellectuel qui permet de jouer avec l’auteur au « Qui a tué ? », voire dans certains cas au « Pourquoi ? » et au « Comment ? ». A ce titre, les romans de Conan Doyle, Agatha Christie ou Patricia Wentworth me conviennent parfaitement…

Mais, j’aime aussi les romans noirs, rouges et politiques. C’est ainsi que j’apprécie les Delteil, Daeninckx, Fajardie… Sans oublier les romans d’espionnage que j’ai dévoré durant de longues années comme ceux de Pierre Nord ! Je prends aussi beaucoup de plaisir avec les romans policiers historiques… Ah, j’oubliais aussi les romans policiers de l’Angleterre profonde, de l’Australie, de l’Islande, de la Nouvelle-Zélande… Et bien sûr les romans policiers atypiques comme les séries, Miss Fisher, ou Sidney Chambers… ou même Thomas Linley… Et j’oubliais aussi les séries plus régionales comme cette Mary Lester de Jean Failler que je prends beaucoup de plaisir à lire depuis des années… Oui, en clair j’aime beaucoup les romans policiers même si je suis moins gourmand de thrillers anglo-saxons…

Donc, dans les séries les plus légères, agréables à lire et bien écrites, je place cette série des Enquêtes de l’inspecteur Sweeney. Elle est sortie de l’imagination de John-Erich Nielsen, un auteur français au carrefour de plusieurs cultures, un romancier qui vit à Carnac et qui a déjà été dans sa vie professeur d’allemand, officier de renseignement, conseiller principal d’éducation, auteur et éditeur…

Archie Sweeney est un inspecteur de police écossais, membre du Criminal Investigation Department, et toutes les intrigues proposées sont solides, bien ficelées, crédibles, voire même très actuelles. Le personnage est sympathique, intelligent, jeune et dynamique mais il a surtout une barbe rousse mal taillée et une tante un peu farfelue capable de mettre son neveu sur le bon chemin sans même sans rendre compte…

Par exemple, dans Peur sur le volcan, Sweeney et sa tante sont en vacances sur l’archipel des Canaries. Sweeney va partir en excursion pour la journée histoire d’escalader Le Teide… Un groupe d’une dizaine de vacanciers et un guide belge… C’est parti pour une grande aventure… car tout le monde ne reviendra pas de cette ballade. Ben, oui, vous ne vous attendiez pas à autre chose en lisant un polar, quand même !

Certes, je ne vais pas vous en dire beaucoup plus sur le fond pour ne pas vous pourrir votre lecture, mais sachez que c’est très plaisant à lire même si vous partez en randonnée le lendemain. C’est bien construit et même si j’ai senti venir les choses je n’ai pas pu deviner qui, comment et pourquoi… Enfin, même si l’esprit polar est bien respecté, il vaut avouer que le personnage et le style poussent le lecteur à sourire plus d’une fois, même parfois à rire franchement… A ce titre, j’ai souvent pensé à l’auteur français Charles Exbrayat qui savait faire rire même en dépeignant un mort assassiné !

On peut lire la série dans l’ordre des parutions, mais sachez que la lecture de chaque roman est un tout donc on peut lire dans l’ordre que l’on veut en fonction des romans trouvés ici ou là… Donc, bonne lecture avec cette Peur sur le volcan !
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 21 mai 2018

Gide, pourquoi pas ?

André Gide est un auteur un peu particulier dans notre littérature. Quand j’étais jeune – je l’ai été un jour même si cela ne se voit plus bien – on nous le présentait, dans les milieux catholiques, comme un écrivain maudit, à ne pas lire… sauf quand il parlait de poésie et il était même bien d’avoir son Anthologie de la poésie française…

Aussi, durant quelques années, je croyais même qu’il s’agissait d’un poète ! Puis, j’ai eu en main la pièce de théâtre Saül (1903) et j’ai été séduit… Il me fallait, dès lors, trouver de nombreux ouvrages et combler mon retard de lecture gidienne…

Mes découvertes furent progressives, certains romans m’ont touché plus que d’autres, son journal m’a convaincu bien souvent et j’ai même eu la chance de rencontrer assez longuement Henri Thomas qui m’a parlé de lui… Il se dit même que je fus l’un des derniers à interviewer Henri Thomas qui avait bien connu André Gide…

Dans le cadre des lectures qui me permettent d’écrire mes chroniques L’été c’est fait pour lire – chroniques qui reviendront dès l’été sur vivre-a-chalon et RCF en Bourgogne – je viens de relire La symphonie pastorale, œuvre de 1919…

Je comprends que ce roman ait pu déplaire à certains religieux car on y voit un pasteur tiraillé entre sa raison et ses sentiments, sa foi et son amour… C’est aussi une fable intéressante sur la situation des malvoyants… car Gertrude ne voit pas… Un roman à découvrir ou redécouvrir et qui reste fort !

Occasion aussi de mesurer que ces classiques que l’on a croisés durant nos études restent modernes… ou pas !
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 17 mai 2018

Redécouvrir Jean Ferrat ?

Il y a parfois des situations paradoxales, inexplicables, qui nous marquent pour la vie… Mon père n’était pas de gauche et encore moins favorable aux idées communistes. Toute l’éducation qu’il a tenté de produire nous éloignait de cette vision du monde et, pourtant, c’est avec lui que j’ai découvert grand nombre de chanteurs et chanteuses qui revendiquaient une appartenance profonde à la gauche, voire au communisme…



C’est ainsi que j’ai découvert presque en même temps Aragon et Jean Ferrat. C’était en 1971 avec cet album Ferrat chante Aragon. Certes c’était une compilation mais pour moi une découverte, j’avais une quinzaine d’années et cette poésie me parlait, cette chanson me portait… C’était presque mes premières émotions avec la chanson car jusque-là je préférais indiscutablement la musique instrumentale…

J’ai gardé une affection particulière pour la poésie d’Aragon et les chansons de Jean Ferrat. Régulièrement j’aime réécouter ces beaux titres : Nuit et brouillard, La montagne, Au bout de mon âge, On ne voit pas le temps passer, Maria, Si je mourrais là-bas, Pauvre Boris, Les Poètes, Camarade, La Commune, La femme est l’avenir de l’homme…

La biographie de Robert Belleret, Jean Ferrat, le chant d’un révolté, est une occasion de prendre conscience de ce qu’a été Jean Ferrat dans toutes ses dimensions, de l’homme de chanson à l’homme politique, de l’engagement à la création, de fidélité à ses valeurs à l’indépendance même vis-à-vis du Parti…

Occasion aussi puisque je parlais du legs culturel de mon père de signaler que ce même auteur est aussi l’auteur d’une biographie de Léo Ferré et une autre d’Edith Piaf…

 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 16 mai 2018

Mai 68 ? Souvenirs... et lectures !

Nous sommes en mai 2018 et donc, il y a cinquante ans, on était en mai 1968. Je n’ai pas beaucoup de souvenirs de cette époque car j’étais trop jeune pour tout comprendre… Par contre, depuis longtemps, j’ai lu tout ou presque ce que je trouvais sur le sujet avec des auteurs de toutes les idéologies…

Aujourd’hui, je souhaite saluer la mémoire de Jean Cardonnel même si en le faisant je ne vais pas me faire que des amis…

Il naquit à Figeac dans une famille cultivée, en 1921. Il est entré chez les Dominicains en 1940, devient prêtre en 1947… Il est alors considéré comme moderniste modéré et c’est en 1954 qu’il va faire son premier fait d’armes… si on peut dire en parlant d’un homme d’Eglise…

L’Eglise catholique qui avait autorisé les prêtres à entrer dans le monde ouvrier va suspendre cette action et demander aux prêtres ouvriers de cesser cette expérience et revenir dans leurs actions habituelles. C’est un véritable drame pour de nombreux prêtres qui avaient mis toute leur énergie dans ce travail auprès des ouvriers et des plus démunis de la société… Devant cette attitude qu’il ne comprend pas et qui le révolte, Jean Cardonnel démissionne en 1954 de son poste de supérieur du couvent dominicain de Marseille. Dès lors il devient l’un des théologiens de la théologie de la libération qui est en train de naître… En 1958, il enseigne la théologie à Rio et l’épiscopat exige son départ…

Dix ans plus tard, nous voilà en mai 1968, il prêche à la Mutualité à Paris. Le thème est simple : Evangile et Révolution » ! C’est un scandale et on parle dans la presse d’un prêtre rouge, il est interdit d’écriture et de parole par le Vatican, il n’en tient pas compte et on peut le lire dans la revue – entre autres – Frères du Monde… En 1968, il participe à un dossier qu’il faut lire, Foi et Révolution !

Bien sûr, il sera de tous les combats, contre la guerre du Viet Nam, contre la guerre du Golfe… Ses démêlés avec le Vatican seront complexes mais il gardera sa ligne jusqu’à sa mort en 2009…

Ses écrits restent un remarquable témoignage de ce que peut être une vision sociale de l’Evangile… et, pourquoi pas le relire en 2018 ?
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 14 mai 2018

CHALON : lancement du 3ème Salon du Livre Jeunesse et tirage au sort des gagnants


Le Comité des Foires et Salon et les Éditions Éveil et Découvertes, en partenariat avec la Ville de Chalon et le Grand Chalon, co-organisent le 3ème Salon du Livre Jeunesse, les 25, 26 et 27 mai prochains dans les salons du Colisée.

 


Participent au salon :
* une quarantaine d’éditeurs pour présenter leurs ouvrages aux lecteurs
* les libraires : la Mandragore, Gibert Joseph, Develay et l’Antre des Bulles
* les bibliothèques municipales de Chalon, Saint-Rémy et Châtenoy-le-Royal
* les services Petite Enfante du Grand Chalon-sur-Saône
* la bibliothèque de Saône-et-Loire
* de nombreux auteurs et illustrateurs

Le tirage au sort des gagnants de chèques cadeaux de 15€, offerts par le service famille de la ville, s’est fait ce lundi en présence d’Elisabeth Vitton, en charge de la famille et de la jeunesse, de Sophie Dut, responsable du service famille de Chalon et à l’origine de l’organisation du prix du livre jeunesse … et divers autres représentants éditeurs, présents sur le salon, sachant que les élèves ont voté spontanément et unanimement, dans les librairies, au Grand Chalon, au service petite enfance, à la Pomme verte, dans les Ecoles Liberté Egalité Fraternité et Romain Roland …

 


Les chèques cadeaux seront envoyés nominativement à chaque gagnant qui les utilisera sur le salon.

Le Salon du Livre Jeunesse connaît un essor pour cette 3ème année, comptant 5 éditeurs supplémentaires avec un atelier bandes dessinées, un atelier manga …

Le salon propose plusieurs activités durant trois jours qui se dérouleront sur plusieurs espaces : espace animation, espace Grand Chalon, espace bibliothèque, espace numérique et espace petite enfance.

De nombreux illustrateurs, éditeurs et animateurs seront présents sur le salon.


En parallèle, l’Ecole des Fables, propose un concert le 26 mai à 15h à la Salle Marcel Sembat, au profit de l’ARSEP (recherche pour la sclérose en plaque) qui offrira l’entrée au Salon du Livre Jeunesse.

Le salon sera parrainé par l’illustrateur Bertrand Marceau, allias Monsieur B. … créateur de l’affiche du salon. Il sera présent pour des dédicaces et la réalidation d’illustrations « en live ».

Article et reportage photos : Christiane Chapé

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Infos pratiques :
* Salon du Colisée, rue d’Amsterdam à Chalon-sur-Saône
* horaires du salon : vendredi 25 et samedi 26 : 9h/19h en continu et tout public, dimanche 27 : 10h/18h en continu
* Tarif entrée : 2 € - gratuit enfants moins de 16 ans et personnes en situation de handicap, étudiants et demandeurs d’emploi
* sur place : food truck, restauration en service continu

 
 
 
 

Article et reportage photos : Christiane Chapé

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Infos pratiques :
* Salon du Colisée, rue d’Amsterdam à Chalon-sur-Saône
* horaires du salon : vendredi 25 et samedi 26 : 9h/19h en continu et tout public, dimanche 27 : 10h/18h en continu
* Tarif entrée : 2 € - gratuit enfants moins de 16 ans et personnes en situation de handicap, étudiants et demandeurs d’emploi
* sur place : food truck, restauration en service continu

Imprimer - - par christiane chapé - 7 mai 2018

Pages en partage 2018 : toutes les interviews pour vivre-a-chalon

PAGES EN PARTAGE, manifestation littéraire organisée par la Bibliothèque Municipale de Chalon-sur-Saône et la librairie La Mandragore, propose trois rencontres publiques entre des auteurs et leurs lecteurs, du 25 au 27 avril. Cette année, le plateau était féminin : Maylis de Kérangal, Angélique Villeneuve et Cécile Coulon, ont rencontré leurs lecteurs et nos journalistes dans le joli cadre du Théâtre Piccolo pour un échange de questions/réponses.

 

 

  • Maylis de Kérangal
    « PAGES EN PARTAGE » : 4ème édition avec Maylis de Kérangal
    Maylis de Kérangal s’est prêtée au jeu des questions/réponses ; ce moment privilégié d’échanges s’est déroulé  en compagnie de Patrice Bouillot, médiateur... 

 

Une rencontre avec Angélique Villeneuve pleine d’émotion !
Pages en partage 2018 : Une rencontre avec Angélique Villeneuve pleine d'émotion !
Jeudi soir 27 avril, dans le cadre de Pages en partage 2018, manifestation littéraire organisée par la bibliothèque de Chalon-sur-Saône et la librairie Mandragore, Angélique Villeneuve faisait escale ...
 
Pages en partage 2018 : quand Cécile Coulon nous réveille...
Pages en partage 2018 : quand Cécile Coulon nous réveille...
Pages en partage 2018 s’est terminé hier soir à Chalon-sur-Saône, au théâtre Piccolo. Cet évènement littéraire organisé par la bibliothèque municipale de la ville et la librairie ... 

 

Imprimer - - par @La rédaction - 29 avr 2018

Pages en partage 2018 : quand Cécile Coulon nous réveille...

Pages en partage 2018 s’est terminé hier soir à Chalon-sur-Saône, au théâtre Piccolo. Cet évènement littéraire organisé par la bibliothèque municipale de la ville et la librairie Mandragore a permis une fois de plus une belle rencontre entre une romancière et un groupe de lectrices, plus largement entre une jeune autrice et ses lecteurs…


Il faut bien avouer que Cécile Coulon est une femme de caractère. Elle va là où elle veut quand elle veut et ne semble pas trop de soucier du quand dira-t-on… Elle est présente dans la version livre papier depuis ses 16 ans mais elle aussi sur Facebook et très bientôt elle sera même en librairie pour de la poésie… On peut même ajouter qu’elle souhaiterait réconcilier le sport et la littérature, les fringues et la littérature, la nature et la ville, la vie et la mort… D’ailleurs, comme elle le dit bien, rien n’est grave !


J’étais donc bien curieux de suivre le déroulement de la rencontre car une telle autrice pourrait bien être déstabilisante pour un public calfeutré de bibliothèque… Regardez, le voilà qui met même ses pieds sur la table, qui menace de s’allonger par terre pour répondre à une question géante ou de prendre trois heures pour philosopher sur la vie, la mort, le sport… N’en ferait-elle qu’à sa tête ? Allez savoir…

Une fois encore il est difficile de prétendre faire le tour complet d’une telle soirée, mais j’espère que les participants s’y retrouveront et que les lecteurs qui n’ont pu être avec nous hier soir seront curieux d’aller voir du côté des romans de Cécile Coulon…

On vous présente comme une romancière emblématique de la génération Z ?
La génération Zorro !

Elle n’en dit pas plus sur le sujet mais souvent cette génération est dite utopiste, peu docile et se donnant droit à l’erreur… Rien n’est grave, quoi !


Votre écriture est jubilatoire, intense comme une course à pied… Un lien entre courir et écrire ?
Je ne peux pas écrire si je ne suis pas en position d’écriture. C’est après avoir couru que je suis dans les meilleures dispositions pour écrire. J’ai besoin de la course. Ce n’est pas un sport, c’est un geste quotidien et naturel. C’est mon dopant naturel pour écrire…

L’écriture est-elle un rite initiatique ?
Non, c’est la vie qui est initiatique. L’écriture, les histoires permettent d’exorciser. Ce n’est pas chez moi autobiographique mais, comme le dit la romancière Marie-Hélène Lafon, écrire c’est mettre un nuage de fumée entre la vie de l’auteur et l’imagination du lecteur. Chez moi, le nuage est assez épais. Pour moi, le romancier se crée une position pour exorciser… mais très vite je laisse l’imagination prendre le dessus…

Chez vous les lieux ont beaucoup d’importance… Pourquoi avoir pris l’Amérique pour le roman Méfiez-vous des enfants sages ?
J’ai écrit finalement très jeune. Or, souvent, le jeune romancier est regardé avec des yeux particuliers. On va le traiter très vite de nouveau Rimbaud, de nouvelle Françoise Sagan, et on va lire son ouvrage comme s’il s’agissait d’une autobiographie… Je n’avais pas envie de plonger dans des fictions trop marquées par ma vie et je ne voulais pas être seulement l’autrice d’un roman… Je voulais construire un édifice, exister au-delà d’un livre… Pour cela, il m’a semblé qu’il fallait délocaliser mon histoire, aller dans une autre époque, un autre territoire…
Cela ne signifie pas que je ne puisse pas connaitre certains lieux ou époques. Par exemple, pour Trois saisons d’orage, je parle d’un village de la Drome que je connais très bien…


Les références musicales sont très nombreuses dans vos romans. Quelle place la musique tient-elle dans votre vie ?
Il faut savoir que j’écris toujours en musique. Je pense même que je ne peux pas écrire dans le silence… Je crois que l’état de l’auteur change profondément en fonction des musiques, que l’écriture change même si elle ne suit pas strictement la musique. Pour Le cœur de pélican, j’ai écouté de la chanson française acoustique tandis que pour Trois saisons d’orage, j’ai préféré la bande son du film Barry Lyndon, la musique Sarabande de Georg Friedrich Haendel… Mais j’écoute toutes sortes de musiques !


On s’est interrogé sur la place de l’humour dans vos romans ?
Mes romans ne sont pas si drôles que cela quand même. D’ailleurs, c’est très difficile d’écrire un livre drôle et je n’ai pas les outils pour cela. Chez moi, je ne pense pas que l’humour soit si visible que cela. En fait, j’ai un humour noir, cruel, cynique… Quand j’ai de l’humour, je dirais que c’est un humour dégoutant presque…
Par contre, sur ma page Facebook, je peux essayer de faire rire tous les jours avec un petit mot, une historiette… mais c’est autre chose !

Avec vos personnages, on sent parfois des problèmes de milieu. Sont-ils enfermés dans leur milieu, sont-ils libres ?
Je me pose souvent la question de la liberté de l’être humain par rapport à son milieu social, professionnel, territorial… Se sentir libre au stade ultime c’est se sentir bien dans son milieu, ne pas avoir un besoin vital d’en sortir mais pouvoir en sortir y revenir. Je suis bien là où je suis, je n’ai pas envie de fuir ma réalité mais je suis au contact de ce qui se passe ailleurs… La liberté, c’est aller de l’un à l’autre sans quitter les siens !
Etre libre, c’est composer avec tous les petits pays que nous portons en nous… La famille, le métier, les passions… Tout cela forme un continent, chacun a le sien et il faut vivre avec… Etre libre c’est accepter cela et se dire toujours que rien n’est grave ! Certes, les évènements peuvent être graves, blessants, douloureux, déchirants, angoissants mais… rien n’est grave ! Je fais ce que je peux !
D’ailleurs, sur ce thème, il faut lire la poésie de Thomas Vinau, Bleu de travail…


Vos personnages sont toujours en lien, d’une certaine façon avec leur famille. Pour cette omniprésence de la famille dans vos romans ?
Plus que la famille en tant que telle, je crois qu’il y a dans mes romans un rapport perpétuel aux rapports entre parents et enfants. Les parents semblent absents mais quand on regarde bien : ils veulent d’abord bien faire, ils sont alors trop présents et quand ils constatent qu’ils n’ont pas pu arriver à ce qu’ils croyaient leur mission, ils capitulent… C’est un peu comme si les parents étaient dans un pays, les enfants dans un autre…
J’ai toujours été habitée par des questions sur la famille. Peut-on exister en dehors de sa famille ? Faut-il vivre avec sa famille imposée, celle que l’on subit, ou s’en construire une propre, celle que l’on choisit… Je n’ai pas d’enfant mais je me pose beaucoup de questions sur la parentalité…
Les parents qui veulent faire de leurs enfants une œuvre se trompent, c’est du moins mon avis ! On voit cela en sport, en art, dans l’industrie…

Dans vos thèmes de prédilection, il semblerait que la mort soit bien là. Que représente la mort pour vous ?
En fait, la mort ne m’inquiète pas du tout mais je suis très gênée que l’on ne puisse pas en parler tout simplement… La mort c’est comme gagner au loto mais elle arrive plus souvent que les gains. C’est un moment naturel, cela fait partie de l’existence…
Je crois que la mort ne fait pas peur en soi, c’est la disparition, que l’on craint, l’absence et donc la solitude…
La mort devrait nous faire grandir et pas souffrir… Ce que nous avons vécu avec la personne qui meurt, ce qui était beau, tout cela reste dans nos yeux, dans notre mémoire, dans nos cœurs… C’est toujours vivant !
La mort est dans mes romans car elle trop absente de nos vies. J’ai envie de dire que mort et sexe sont les deux sujets les plus difficiles à aborder à l’apéritif avec des amis… La mort encore plus que le sexe d’ailleurs…

Bien sûr, Cécile Coulon a aussi parlé de sport, de la nature mais c’est avec une question d’une lectrice dans la salle que la soirée a pris fin… du moins pour la rencontre publique. Vous souvenez-vous de la première fois que vous avez écrit autre chose qu’une rédaction scolaire ?
En CM2, si je me souviens bien, j’ai écrit un poème sur une feuille de papier. Après je l’ai tapé à l’ordinateur, j’ai voulu soigner la mise en page, mettre un fond… Le texte n’était pas extraordinaire mais je me souviens, c’était la première fois…
Plus tard, quand j’étais en cinquième, j’écrivais des petites nouvelles pour mes amis…
Enfin, quand j’étais en seconde, lycéenne plutôt pénible pour les enseignants, j’écrivais durant les cours… Un jour, mon enseignante de français m’a demandé ce que je faisais durant les cours… J’ai été obligé de lui montrer ce que j’écrivais… Non seulement elle a lu, mais elle m’a rendu le texte corrigé. Chaque semaine par la suite je lui donnais l’équivalent d’un chapitre qu’elle me rendait corrigé…
Ce fut un certain choc. Un adulte s’intéressait à ce que j’écrivais, me lisait, me corrigeait… Finalement, c’est devenu mon premier roman…

Voilà, une belle soirée en compagnie de Cécile Coulon, une dernière par cette édition 2018 de Pages en partage, et il ne vous reste plus qu’à lire et on n’est pas obligé d’attendre l’été, même si comme chacun le sait bien ici que l’été c’est fait pour lire !

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 28 avr 2018





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