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A Chalon l'été c'est (aussi) fait pour lire !

L'été c'est fait pour lire !

En fait, ce n'est ni un souhait, ni un cri du cœur, ni une publicité pour un libraire ou un autre, c'est un fait objectif et amical que nous fait partager Michel Bonnet depuis quelques années et qu'il va reprendre encore durant cette période estivale...

Lacie Slezak
   Photo Lacie Slezak

La lecture est l'occasion de se détendre, de découvrir, d'apprendre, de passer le temps, de trouver une activité ludique, lucrative, hygiénique, éducative, familiale, touristique... Bref, de vivre, tout simplement !

A travers la présentation d'un ouvrage par jour durant tout l'été, Michel Bonnet vous emmène dans son univers livresque avec simplicité. Laissez-vous tenter et accompagner, vous ne risquez rien, si ce n'est de passer quelques heures à lire...

Tous les livres ne seront pas des nouveautés car Michel nous a appris à dépoussiérer certains auteurs, à mélanger les genres, à oser ouvrir un livre pour enfant, à lire de la bande dessinée. Bien sûr, chaque présentation sera suivie de vos commentaires et vous pouvez même relever le défi et présenter vous-mêmes vos lectures d'été, qui sait, Michel Bonnet sera peut-être le premier à les lire...

Allez savoir ?

Attention, l'été c'est fait pour lire, c'est à partir du 21 juin, évidemment !

Certains lisent les chroniques, d'autres préfèrent les écouter... A chacun selon ses goûts et ses habitudes !

Il semblait assez logique de vous permettre de l'écouter de temps en temps.
Une des radios qui la diffuse vous donne la possibilité d'écouter la chronique sur Internet :

http://www.rcf.fr/radio/rcf21/emission/636200

Pour envoyer un conseil de lecture vous aussi cliquer sur "Envoyer VOS INFOS ICI"  à droite de ce texte - Pour réagir à un message cliquer sur "Réagir" sous chaque article

 

 

L'été c'est fait pour lire et comprendre les grands écrivains

L’été c’est fait pour lire mais reconnaissons que cette période estivale est propice à des lectures légères, faciles, agréables et plaisantes… Oui, généralement, on a plutôt envie de dispenser des efforts… Bien, j’entends bien mais je ne suis pas certain que ce soit l’idéal, aussi je vous propose un autre jeu littéraire… On va partir du léger et on va se diriger vers du plus lourd et comme l’été c’est fait pour lire on pourra faire les deux sans s’en rendre compte !

 

 

On va commencer par le côté fun de l’été et on va lire « La vie sexuelle des écrivains » d’Iman Bassalah. Bon, je l’avoue, il y a bien une petite tromperie, il ne s’agit pas des écrivains mais de huit auteurs seulement, quatre femmes et quatre hommes. Par contre, je reconnais que le choix est assez équilibré : Victor Hugo, Marie-Madeleine La Fayette, Marcel Proust, George Sand, Jean de La Fontaine, Marguerite Duras, Georges Simenon et Sidonie-Gabrielle Colette…

 

D’une façon générale, je ne suis pas à la recherche des détails et anecdotes croustillants sur la vie des écrivains. J’ai toujours dit que je préférais les œuvres, les écrits, les livres… mais quand l’auteur du livre est un docteur en Lettres modernes, une passionnée de littérature, qu’elle écrit très bien et qu’elle aime les auteurs, j’avoue que l’ouvrage se lit avec douceur et même plaisir.

 

Alors, on va se glisser dans les alcôves de ces grands auteurs et on va découvrir (ou pas) certains aspects de la sexualité des ces écrivains. Va-t-on changer pour autant notre façon de les considérer ? Non, peut-être que l’on va dans certains cas comprendre un peu mieux certaines allusions textuelles et encore ce n’est pas toujours aussi simple… Dans tous les cas, ne vous attendez pas à des révélations fracassantes, juste quelques confirmations, quelques éléments factuels mais rien d’exceptionnel de ce côté-là tandis que, par contre, tout est bien replacé dans la vie et al création littéraire de ces auteurs et c’est bien là l’aspect qualitatif de cet ouvrage !

 

Alors, quand on a terminé le livre d’Iman Bassalah, on n’a plus qu’une envie, enfin ce fut mon cas et je vous pousse à faire de même, c’est d’ouvrir les grands livres de ces auteurs. Seulement, voilà, j’ai un problème majeur… Dans ces auteurs, il y a deux auteurs que je n’aime pas du tout ou, plus exactement, dont je n’ai jamais réussi à lire un livre entier, à commencer par ce Victor Hugo qui ne m’a jamais séduit depuis que je fréquente les livres, les auteurs, les œuvres de toute nature ! 

 

Pourtant, je l’avoue, on m’a offert récemment « L’art d’être grand-père ». J’ai essayé plusieurs fois, j’ai bien lu quelques vers, voire même quelques-uns des 27 poèmes de ce recueil mais j’avoue que je n’accroche pas trop…

 

Quant à Proust – en roman et non en bédé car là j’ai réussi à le lire – j’avoue n’avoir jamais réussi à dépasser les 50 premières pages du premier roman d’A la recherche du temps perdu, «Combray », précisément première partie du premier cycle, Du côté de chez Swann ! Aussi, je ne suis pas à même de vous pousser à lire cet auteur… si ce n’est en bande dessinée ! 

 

Par contre, pour les autres auteurs, je suis plus à l’aise et je peux vous conseiller, entre autres, de lire ou relire Les contes de La Fontaine, La princesse de Montpensier de Madame de La Fayette, Contes d’une Grand-mère de George Sand, Un barrage contre le Pacifique de Marguerite Duras, Les fiançailles de M Hire de Georges Simenon et Dialogues de bêtes de Colette ! Alors, voici un beau programme mais comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture et à demain !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 20 août 2018

J'ai lu pour vous : « LONGUES PEINES » de Jean Teulé ...


Alors, je ne vais peut-être pas être très objective dans le ressenti de ce livre, car j’adore Jean Teulé, autant le personnage que sa façon de raconter des histoires, orales ou par écrit.

Mais je vais essayer.

J’aime Jean Teulé depuis la sortie de son livre « Raimbow pour Rimbaud » en 1991.

Et depuis cette année-là, je ne m’en lasse pas, quels que soient les sujets qu’il traite, qui ne sont pas toujours « rigolos, rigolos », mais, que lui, sait les rendre drôles et m’emmener dans son univers avec son style incomparable, à l’arrache et sans détour.

Quelques fois, Jean Teulé, relate des faits divers ayant existé, mais à sa manière, car ce sont souvent des histoires invraisemblables.

La 4è de couv. de LONGUES PEINES nous dit : « Enfermé entre quatre murs, qu’on soit prisonnier ou maton, la vie est presque la même. Pour tenir, il faut pouvoir s’évader, s’échapper de cet ennui poisseux. Certains abusent des humiliations, d’autres perdent pied, d’autre encore s’inventent des histoires d’amour. Danle jour de la libération ou de la retraite. Des histoires de dingues, des histoires tendres cette maison d’arrêt, un petit monde se crée avec ses règles et ses rituels, en attendant le jour de la libération ou de la retraite. Des histoires de dingues, des histoires tendres, des histoires vraies. »

Bon, je confirme, j’ai aimé ce livre … bien que plongée dans un univers carcéral que je ne connais pas -sauf au cinéma ou à la télé-, et qui m’a, quand même, bien angoissée.

Mais Jean Teulé, avec son style particulier et son écriture crue, m’a immergée, dès les premières pages, dans cet espace clos qu’est la prison -un monde dans le monde- où aucun détail ne lui échappe, que ce soit l’environnement quotidien et confiné : les douches, le parloir, le courrier, les promenades, les verrous, les portes qui claquent, l’œilleton … que les différentes personnalités des prisonniers et leurs petits travers et lâchetés, les femmes meurtrières, le voleur, le pédophile … et … les matons, le directeur … et son épouse … n’oublions pas son épouse ! … l’horreur, les souffrances, les peines, les cris … les tentatives de suicide …

Bref un concentré inimaginable … mais vécu « pour de vrai » par tout ce monde enfermé.

Qui m’a fait sourire, voir rire, parfois … alors que le sujet ne pouvait pas spécialement s’y prêter.

Bon, avec « Fleur de Tonnerre », « Mangez-le si vous voulez » et « Entrez dans la danse », Jean Teulé m’avait déjà mise en condition … mais là, il a atteint des sommets (à savoir que je n’ai pas lu ses livres par chronologie).

Et, je ne suis pas déçue …

Certains disent qu’il ne se renouvelle pas … moi je trouve, qu’au contraire, il explore des univers tellement différents qu’il m’offre de belles découvertes … tout en restant dans son style incisif et « franco de port » …

Que j’aime !! !

Cet univers impitoyable vu par Jean Teulé ne peut pas, au travers de sa gouaille, laisser indifférent.

Je ne vous raconte pas la fin … bien sûr …

Je ne suis pas une rapporteuse !!

A vous de découvrir !

Belle lecture.


Article et photo : Christiane Chapé

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Infos pratiques :

* « Longues peines » de Jean Teulé, roman en poche (d’occasion à 3,90€) aux Editions Julliard
* dépôt légal mars 2011
* Jean Teulé est un romancier et auteur de bande dessinée français, qui a également pratiqué le cinéma et la télévision.
 
Imprimer - - par christiane chapé - 19 août 2018

L'été c'est fait pour lire et jeter un oeil coquin sur la cuisine aphrodisiaque !

L’été c’est fait pour lire mais aussi pour aimer même si l’on déclare un peu rapidement que « amours d’été ne durent jamais »… D’ailleurs en amour comme dans de nombreux autres sujets, les dictons simplistes ne sont pas paroles d’Evangile… D’ailleurs, faut-il prendre l’Evangile à la lettre ? Bref, on sent bien que les mots humains sont toujours à prendre avec des précautions d’usage, du moins si on veut bien rester humains…

 

Je l’avoue, vous prendre avec des concepts philosophiques, dès le lever – du moins pour ceux qui lisent cette chronique au petit lever – est d’autant moins amical et sympathique que je vous annonce un ouvrage plus pétillant, « La cuisine aphrodisiaque » !

 

Oui, mais justement, on raconte tellement tout et son contraire sur le sujet que j’ai encore du mal à savoir si l’aileron de requin doit être cuit ou pas, la corne de rhinocéros écrasée et le jus de gingembre cru avec ou sans sel… Je rigole… Enfin, presque…

 

Et c’est là le fait rassurant de cet ouvrage et il réside dans le premier chapitre, « l’amour par le menu » ! Beaucoup de ce que l’on devrait appeler le mythe aphrodisiaque repose sur une efficacité non-prouvée. Mais si on y croit… allez savoir ! C’est ce que l’autrice appelle l’imagination, tout simplement et dont « la palme revient aux Chinois » même si les Indiens n’ont rien à leur envier. Aussi, cet ouvrage va nous proposer un certain nombre de recettes qui mettent en condition, qui poussent à l’épanouissement des sens, qui favorisent la douceur et la tendresse, qui exacerbent l’imagination… Oui, à ce titre, il s’agit bien de la cuisine aphrodisiaque mais pour le reste il suffit d’y croire : un peu de crédulité, une once de conviction, un peu d’auto persuasion et une pincée de conditionnement… et pour les Lorrains, je vous conseille même la méthode Coué, celle de notre cher Emile !  

 

Alors, comme la sagesse chinoise confirme bien que « ceux qui s’entendent au commerce sexuel sont de bons cuisiniers… », vous attendez certainement de ma part que je vous livre au moins un des secrets de cet ouvrage avant de vous précipiter pour l’acheter. Si tel est le cas, abstenez-vous car il ne suffit pas de mélanger les cinq arômes dans un brouet savoureux, il faut aussi connaitre l’art du Yin et du Yang pour mélanger les cinq plaisirs car « ceux qui ne connaissent pas cet art mourront d’une mort prématurée » !

 

Je pourrais vous affirmer – ce ne m’engage pas trop car je vais m’abriter derrière le Kâma Sûtra – qu’il suffirait pour un homme de boire du lait mêlé avec du sucre, de la racine de la plante uchchata, du poivre chaba et de la réglisse ou du lait dans lequel on a fait bouillir un testicule de bélier ou de bouc – je ne sais pas quel est le plus efficace – pour trouver une vigueur incroyable… Mais, même si la recette me semble à prendre avec des pincettes, rien qu’en la lisant cela donne envie de sourire et d’entrer dans la magie des mots, celle que l’on recherche en lisant… La fameuse imagination dont on parlait au départ nait dans les mots, par les mots…

 

Alors, je vous rassure, oui, vous allez trouver des recettes, plutôt sympathiques et agréables à manger avec celui ou celle que vous aimez. Dès l’élaboration, votre pensée sera avec l’être chéri et dès lors les ingrédients deviennent secondaires, que dis-je deviennent essentiels et ils sont tous aphrodisiaques, c'est-à-dire qu’ils portent votre amour, le réconfortent, le consolident et bien heureux le cuisinier qui sait préparer de tels brouets… Comme vous voulez du concret, je peux citer le thandai, les crevettes sautées à la ciboule, l’anguille laquée, le thé à la cardamone, le bouillon de poulet au ginseng, le chutney au gingembre… Oui, il y a bien de nombreuses recettes toutes aussi fines les unes que les autres… Pour les effets, ce sera à vous de juger !

 

Mais, comme l’été c’est fait pour lire, voici un ouvrage qui ouvre sur une culture asiatique dont je ne parle pas souvent et qui pourrait vous donner envie d’aller voir du côté de la littérature de ce continent que j’aime beaucoup avec Mo Yan, Han Kang, Yun Ch’oe, Mun-Yol Yi, Chi Li ou A Cheng…

Alors, bonne lecture et à demain ! 

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 19 août 2018

L'été c'est fait pour lire et comprendre l'humanité...

L’été c’est fait pour lire et il est bon pour sa culture et la vivacité de son esprit de lire sur tous les sujets ce qui n’est pas simple du tout. Tout d’abord parce que les éditeurs, pour des raisons commerciales, jouent plus sur des segments de marché que les qualités intrinsèques des ouvrages. La question qu’ils ont en tête, quand on les écoute bien, est simple : cet ouvrage peut-il se vendre ? Voire, bien se vendre ? Avec très rapidement une question complémentaire : Si ce n’est pas moi qui l’édite, un autre éditeur est-il capable d’en faire une réussite ? Généralement, malheureusement, cette dernière interrogation n’est pas pour aider l’auteur à trouver un éditeur plus adapté, non, c’est plutôt pour ne pas laisser aux autres une chance… C’est ainsi que sont édités des ouvrages que l’on ne défend pas, juste pour que les autres ne l’aient pas sur leur catalogue… Mais tout cela m’éloigne de mon sujet du jour qui était sur les ouvrages qui couvrent un large champ de réflexion…

 

Donc, puisque les éditeurs ne les recherchent pas, ces ouvrages ouverts – on va les nommer ainsi – il faut beaucoup chercher pour les trouver. J’en ai trouvé un, un peu par hasard car il était offert en 2009 pour l’achat de deux ouvrages de la collection Champs classiques des éditions Flammarion. Pourtant, il s’agit bien là d’un bon livre très compatible avec la lecture estivale… Il est bien représentant des textes qui ouvrent l’esprit puisqu’il s’agit de « Les grands discours du XXe siècle ». Ces discours sont présentés par Christophe Boutin de l’Université de Caen…

 

Alors, bien sûr, le choix peut toujours étonner, certains absents peuvent surprendre tandis que certains invités énervent le lecteur. Mais je trouve que cette anthologie est riche et très complète même si elle va de Jean Jaurès à Barack Obama, de 1914 à 2008, de Lyon-Vaise à Chicago, d’une des dernières interventions d’un pacifiste convaincu qui va être assassiné juste avant la tuerie de 1914-1918 à l’une des première intervention du premier président de couleur des Etats-Unis…

 

On rencontrera ainsi les principaux acteurs de ce siècle – au sens historique et non calendaire – et on pourra lire Lénine, Hirohito, De Gaulle, Hitler, Blum, Césaire ou Mandela… Alors, bien sûr, pour vous donner envie de trouver cet ouvrage et d’en profiter, je vais insister sur quelques temps forts des mots du vingtième siècle… Du moins, ceux qui ont compté pour moi !

 

Le premier qui me vient à l’esprit est le discours magistral de Robert Badinter en faveur de l’abolition de la peine de mort, le 29 mai 1981. Alors que le Pape François vient d’affirmer que la peine de mort n’est pas légitime, cet homme politique portait une mesure phare de François Mitterrand. Une majorité de français n était pas favorable à cette abolition et, pourtant, elle va arriver, elle sera votée et depuis la France peut-être fière du chemin parcouru. Le discours de Badinter est remarquable, fin, cultivé, éclairé, profondément humain et politique. Ce fut un temps exceptionnel qui n’est pas sans faire penser à celui de Simone Veil sur l’avortement en 1974, discours qui est aussi présenté dans cet ouvrage.

 

Mais il faut aussi lire certains discours qui ont marqué la vie internationale pour ne pas rester que sur la France. Je pense à l’intervention d’Anouar El-Sadate à Jérusalem, Dominique de Villepin devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies, Martin Luther King à Washington… Au total 52 discours sont présentés, avec deux femmes seulement !!! Alors, chacun donnera toutes les explications possibles, je peux les entendre, mais il n’y aurait que deux femmes qui auraient pris la parole de façon pertinente au XXe siècle ? Non, cela je ne peux pas le croire et donc il est grand temps que les historiens soient plus réalistes et qu’ils regardent les archives un peu mieux… Juste pour information, la seconde est Dolorès Ibarruri dite La pasionaria…

 

Malgré cela, cet ouvrage est passionnant et je peux que vous inviter à lire, relire ou découvrir ces « Grands discours du XXe siècle » et, ainsi, à mieux comprendre certains évènements de notre histoire immédiate… Et comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture et à demain !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 17 août 2018

L'été c'est fait pour lire et faire connaissance avec Maëlle et Margot

L’été c’est fait pour lire et il est impératif d’offrir aux plus jeunes lecteurs de belles histoires ! Mais une « belle histoire » n’est pas une histoire qui plait aux adultes, qui répond aux canons du roman français ou qui suit la morale judéo-chrétienne… Non, c’est avant tout une histoire qui est adaptée, qui interpelle l’enfant, qui le fait rêver, qui l’emporte très loin et qui, finalement, lui fait toucher du doigt la magie du livre…

 

Alors, bien sûr, je n’ai pas la science infuse et je n’ai pas un jugement absolu pour choisir les ouvrages que je vais proposer aux plus jeunes. Cela fait donc longtemps que pour remédier à cela je fais tester les livres par des lecteurs eux-mêmes, de jeunes lecteurs, bien sûr. Au début, ce furent mes enfants, puis des enfants des classes dans lesquelles j’intervenais puis, maintenant, ce sont mes petits-enfants ou ceux de mes amis… « Maëlle et Margot », notre album du jour, a bien été validé par une lectrice de presque 3 ans… 

 

Maëlle et Margot sont deux petites filles qui se rencontrent un matin dans une gare. Comme c’est l’été, on peut supposer que c’est un voyage de vacances, même si dans les faits les couleurs et paysages croisés et traversés ne semblent pas trop de saison… Les deux filles vont faire le même voyage en train et descendre au même arrêt le soir venu. Elles ne se connaissent pas avant la rencontre et cela va ressembler à ces rencontres improbables que les enfants savent si bien vivre et exploiter… On se croise et on est copine pour la vie !

 

Alors, durant ce voyage, elles vont passer le temps ensemble. Ensemble, Margot et Maëlle vont jouer, être espiègles, se disputer, se taquiner… Elles sont dans un temps hors du temps, un espace de partage d’émotion, de jeux, d’ennui, de joie… Dans ce laps de temps d’une journée, elles vivent toutes les étapes de l’amitié sans oublier les plus délicates, l’incompréhension, la lassitude, le rejet, le manque,  le désir de l’autre, la réconciliation… Oui, ce voyage est une façon d’expérimenter l’amitié et on est bien là dans une question qui percute les soucis de l’enfant, lui qui tous les jours parle de l’amitié pour toujours… entre deux disputes !

 

 

L’adulte en lisant cet album y verra comme une parabole ou métaphore de la vie, de ce chemin – de fer – que l’être humain suit et des rencontres qu’il fait… Avec cette histoire l’adulte lecteur ou accompagnateur va pouvoir aborder de très nombreux sujets autour de l’altérité, y compris préparer la venue d’un frère ou d’une sœur… Tout est dans la façon d’interpréter l’histoire qui, elle-même, est très légère, sans trop de contraintes et donc pourra s’adapter parfaitement à toutes les situations ou presque !

 

Il s’agit réellement d’un très bel album sur la vie, sur l’amitié, sur la rencontre… mais aussi sur le voyage, sur les changements, et sur l’avenir…

 

L’histoire est signée par Danny Parker, un auteur australien qui est aussi enseignant en littérature et théâtre et sa principale source d’inspiration est la vie familiale.

 

La mise en dessin est le fruit du travail de Freya Blackwood, une illustratrice australienne qui a vécu successivement en Ecosse, en Nouvelle Zélande, an Australie. Son travail sur les effets spéciaux pour le film « Le Seigneur des anneaux » a été plus que remarqué mais elle excelle dans les illustrations pour enfants !

 

Je ne peux que vous inviter à lire cet album et surtout à découvrir que la littérature dite jeunesse est en fait une belle littérature à lire et découvrir tous les jours avec ces petits chéris que l’on aime !!! Et, comme l’été c’est fait pour lire, je ne peux que vous souhaiter bonne lecture et demain !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 16 août 2018

L'été c'est fait pour lire et parler littérature et culture

L’été c’est fait pour lire mais je dois vous avouer que lorsque je fais mon plan de lecture et de chroniques je tiens compte de nombreux critères pour varier les plaisirs, aborder des genres plus ou moins accessibles à tous y compris aux jeunes et très jeunes lecteurs, enfin, je regarde la taille des ouvrages pour ne pas me laisser prendre au piège d’ouvrages non terminés. En effet, je ne chronique que ce que j’ai lu ce qui peut sembler normal à certains mais mérite d’être précisé au moment où ce n’est pas toujours le cas sur certains médias…

 

Donc, lorsque j’ai vu la taille du « Baroque sarabande » de Christiane Taubira et le thème annoncé – les livres et écrivains qui l’avaient façonnée – je l’avais immédiatement mis de côté. Je ne me suis même pas précipité pour le lire, pensez donc, un opus de 170 pages, petit format, cela serait vite lu…

 

Bon, en fait, il s’avère que les choses sont beaucoup plus compliquées que prévu, si je puis dire. En effet, si l’ancienne Garde des sceaux livre bien un ouvrage sur les auteurs et livres qui lui ont permis de se construire, elle parle aussi musique, peinture, cinéma, danse, art en général… et les thèmes sont nombreux, riches, surprenants, remuants…

Franchement, chaque page mériterait une chronique et je n’exagère pas ! Alors, rassurez-vous, je ne vais pas vous offrir 170 chroniques, ce sera beaucoup mieux si vous lisez vous-même le livre. Oui, c’est un texte exigeant, très bien construit même s’il donne l’aspect d’une rêverie solitaire à l’ombre d’un grand arbre de sa région natale… D’ailleurs, faut-il dire région, terre, pays… chacun fera comme il voudra dans le respect d’une personne qui aime les Lettres qu’elles viennent de chez elle ou de chez les autres… D’ailleurs, son pays est l’Humanité !

 

J’aime tout particulièrement le chapitre qui traite des « fleurs toxiques », c'est-à-dire des livres de certains écrivains dit infréquentables. Oui, Taubira parle de la fascination exercée par des « œuvres qui véhiculent des vapeurs profondément réactionnaires, parfois mortifères et même objectivement agressives à l’encontre de lecteurs au regard de leur situation sociale, sans qu’ils soient retenus d’y adhérer ». Oui, elle site alors Drieu La Rochelle, Joseph de Maistre, Jules Romain, Céline, Daudet, Bernanos… Je ne vais certainement pas juger Taubira d’autant plus que je vous dis régulièrement que certaines œuvres de ces auteurs peuvent être lues et appréciées… Oui, notre culture se fabrique aussi avec ces œuvres, certaines fascinations ou adhésions, certains rejets et certaines colères liées à des livres participent à notre « fabrication » interne. C’est ainsi et cela ne justifie pas un rejet de Taubira comme je l’ai lu il y a peu… Oui, on peut lire Drieu sans soutenir sa politique de collaboration durant le Seconde Guerre mondiale !

 

Il est d’ailleurs surprenant de voir que ces quelques lignes de « Baroque sarabande » aient fait tant parler car ce n’est quand même pas l’essentiel. Il y a beaucoup plus sur Aimé Césaire que sur Chardonne… Mais avec Christiane Taubira, j’ai l’impression que l’on a toujours mille bonnes raisons de lui en vouloir… Pour certains c’est à cause de la présidentielle de 2002, pour d’autres ce sera le mariage pour tous, pour de nombreux concitoyens ce sera simplement parce que c’est une femme, parce qu’elle est noire, parce que sa parole est pertinente, tout simplement ! Moi, cette femme me fascine car elle est profondément humaine et cela me touche beaucoup, parce qu’elle aime les livres et les auteurs ce qui ne peut pas me laisser indifférent, parce qu’elle est cultivée et c’est un luxe qui se perd de nos jours, parce qu’elle réfléchit et c’est bon pour le moral !

 

On ne peut pas tout citer mais terminer cette chronique sans parler, au moins en donnant leurs noms, de deux auteurs qui sont bien en place dans ma bibliothèque, m’aurait semblé regrettable. Donc, il y a aussi quelques belles phrases sur Mahmoud Darwich et Toni Morrison…

 

Mais pour en savoir plus, comme l’été c’est fait pour lire, n’hésitez pas à embarquer pour cette « Baroque sarabande » en compagnie de Christiane Taubira…

 

Bonne lecture et à demain !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 15 août 2018

Chalon : parlons livres ... l'association LIRE A L'HOPITAL est présente tout l'été ...


LIRE A L’HOPITAL est une association reconnue d’intérêt général, assurant le prêt de livres, revues et disques, située dans un grand local/bibliothèque situé dans le hall principal de l’hôpital William Morey.



Elle compte une cinquantaine de bénévoles qui font à tour de rôle, toute l’année, les permanences au local, les après-midis de la semaine, de 14h à 17h, distribuent des livres dans les chambres des personnes hospitalisées, à la maternité, font « librairie » au sein du foyer logement Béduneau, dépôt de livres au foyer Esquilin, rendent visite aux personnes bloquées à leur domicile …

Il est à noter que dans les EHPAD « les Terres de Diane », à St Rémy et « le Bois de Menuse » à Chalon, les bénévoles de l’association assurent une permanence sur place et la distribution de livres dans les chambres.

La bibliothèque de LIRE A L’HOPITAL compte plus de 2 000 ouvrages dans tous les genres de littératures : romans, policiers, biographies, documentaires, fond local, bandes dessinées, rayon « bébés et maternité » … ainsi que de nombreux livres en large vision et revues en tous genres.

 


A vos livres !! et enlivrez-vous !

 
 

Article et photos : Christiane Chapé

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infos pratiques :

* lahchalon@laposte.net

Imprimer - - par christiane chapé - 14 août 2018

J'ai lu pour vous : « Le maître des abeilles » d'Henri Vincenot


Bon … je suis une privilégiée -âgée- j’ai connu Henri Vincenot …

Je l’ai, notamment, souvent rencontré -bien avant ses passages à la télé chez Pivot- dans sa galerie de la rue Vauban à Dijon, où il exposait ses œuvres picturales.

Car, Henri Vincenot, multipliait les talents : ingénieur à la SNCF, dessinateur, peintre, sculpteur, musicien, écrivain … et conteur.
Un conteur qui roulait les « R » comme nous savons si bien le faire en Bourgogne.

J’ai eu envie, en cette période estivale, de me replonger dans une de ses œuvres, et j’ai choisi -en poche à prix réduit dans une librairie chalonnaise-: Le maître des abeilles ».

La 4ème de couv. nous dit : « « Le Bourguignon de Paris Louis Châgniot assiste en rêve à l'effondrement de sa vieille maison familiale. Il y voit un signe prémonitoire et décide de «vivre sa vie». Il retourne à Montfranc-le-Haut, avec son fils Loulou, étudiant à la dérive, toxicomane. Il retrouve dans son village natal une pléiade de personnages hauts en couleur, que domine la figure de Balthazar, le maître des abeilles. Celui-ci fera découvrir à Loulou à la fois les valeurs fondamentales de l'existence et l'amour, en la personne de la radieuse Catherine. Tout le roman se passe pendant la semaine sainte, au moment de l'explosion du printemps, ce qui permet à Vincenot de marier l'ancienne culture païenne et la spiritualité chrétienne, et de célébrer ainsi pleinement sa Bourgogne, de nous en communiquer jusqu'à la sensation physique.

L’enchanteur Henri Vincenot bourdonne à mes oreilles tout au long des chapitres de ce livre par ses mots simples et son bon sens paysan.

Par amour pour un de ses fils, toxicomane, et pour lui offrir une vie plus saine, il quitte la ville pour investir la maison de ses ancêtres, là-bas, en Bourgogne … son fils, qui sera sevré grâce à Balthazar, le Maître des abeilles et ses potions naturelles et magiques.

Quoi de mieux que la nature gorgée de soleil et ses bienfaits gratuits pour se refaire une santé et de ré-ancrer dans la vraie vie ?

Une belle balade, de surcroît, dans cette Bourgogne, au travers des mots de Vincenot qui la connaît à fond et l’aime tant, qui offre, sous ses airs bourrus, la solidarité et l’amour.

La paysannerie ça se mérite !

Une histoire truculente que je vous recommande … mais c’est vous qui voyez !

Il est à noter qu’Henri Vincenot, natif de Dijon, a vécu dans la maison familiale de la rue des Perrières, qu’il a été employé à la gare de Louhans où il ne s’est pas vraiment plu -il quittait son emploi, quelques fois … souvent … pour aller pêcher-, et qu’il a occupé pendant de nombreuses une jolie maison à Comartin, proche du château du village, où il était copain avec le fils du châtelain.

Sa maison est toujours visible, juste de l’extérieur, dans le village … mais le prétexte d’une visite dans la région de la vallée de l’Ouche, permet de découvrir la rivière et les jolies petites communes alentour … et notamment Châteauneuf-en-Auxois et Commarin.

Henri Vincenot, né à Dijon en 1912 est décédé dans sa ville en 1985.

Il repose dans le jardin de la « Peurrie », une ruine, dans les bois de La Bussière-sur-Ouche, qu’il a retapée avec sa famille, aux côtés de sa femme et de son fils, restaurateur, décédé avant lui, sous des tombes celtes.

Une promenade recueillement que je vous recommande vivement …

Le maître des abeilles … un livre à mettre entre toutes les mains … N’ayez crainte, il ne pique pas !


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* Le maître des abeilles en poche chez Folio à 3,20 € d’occasion
* Couverture : « Le jardinier » : détail d’André Bauchant
 
Imprimer - - par christiane chapé - 14 août 2018

L'été c'est fait pour lire mais faut-il lire Drieu La Rochelle ?

L’été c’est fait pour lire et dans les auteurs dont j’avais annoncé que je reviendrai en parler, il y avait un certain Pierre Drieu La Rochelle. Cette annonce avait fait réagir car pour certains on plonge avec lui dans les années les plus noires de la littérature française, pour d’autres on est face à l’archétype de la victime de l’épuration, enfin, pour d’autres plus raisonnables, il s’agit simplement d’un écrivain parmi d’autres dont la qualité pourrait être discutable… Et il y a, qui sait, un peu de tout cela chez cet écrivain atypique… Allez savoir ?

 

Pour tenter de rester objectif, au moins un tant soit peu, j’ai décidé de me faire accompagner par un excellent ouvrage d’Aude Terray, historienne contemporaine qui a écrit une très bonne biographie de Claude Pompidou, épouse du président de la République. Son livre, « Les derniers jours de Drieu La Rochelle », n’est ni une justification ni un réquisitoire pour ou contre cet écrivain. Elle a juste décidé de raconter ses derniers mois en mettant en place des flashbacks qui permettent de comprendre la vie et surtout le suicide de cet homme…

 

Il faut savoir que Pierre Drieu La Rochelle, après un engagement politique fort et incontestable dans la collaboration, l’antisémitisme et l’amitié avec les nazis, va tenter de suicider en 1944. Ce sera un échec et c’est le récit des mois qui séparent cette première tentative de son suicide définitif (15 mars 1945) que l’historienne nous narre… Période riche en écriture (Mémoires de Dirk Raspe), en réflexions politiques, sociales, littéraires et métaphysiques, en introspection… Grâce à ce récit, on comprend beaucoup mieux l’auteur et l’homme.

 

Pour ceux qui ne le connaissent pas du tout, on va juste rappeler que Pierre Drieu La Rochelle a fait la Première Guerre mondiale, comme de nombreux autres écrivains français, et qu’il en est sorti traumatisé (comme Céline aussi, d’ailleurs). Ses premiers romans ne laissent pas la critique et le public indifférents. On peut citer quelques titres qui sont représentatifs de cet auteur : Une femme à sa fenêtre (1929), Le Feu follet (1931) ou Gilles (1939). Souvent, on va considérer Drieu La Rochelle comme un écrivain talentueux mais paresseux. Il commence bien ses romans mais ne sait pas les terminer… Et, il en a conscience !

 

Il fut dans sa vie l’ami d’Aragon (ce qui l’empêchera d’adhérer à l’Action Française), de Gide (ce qui est peut-être le reflet de son interrogation majeure face à l’homosexualité), de Malraux (avec qui tout se brisera quand l’un deviendra combattant de la France Libre et l’autre adepte du jusqu’auboutisme avec les nazis), il est l’un des acteurs de la libération de Jean-Paul Sartre durant la guerre (mars 1941)… mais il est aussi l’un de ceux qui a accepté de voyager en Allemagne nazie à l’invitation de Goebbels avec Brasillach, Jouhandeau, Fernandez ou Bonnard…

 

C’est en devenant directeur de la Nouvelle Revue Française (NRF de chez Gallimard), que Drieu se met sur le devant de la scène, qu’il prend de plus en plus de risques avec l’occupant et qu’il se fait en plus des ennemis irréductibles qui lui en voudront à mort… Seulement, voilà, Drieu est un dandy, un homme léger, inconsistant à sa façon, fragile, qui ne voudrait que la vie facile et en 1944 la perspective de la prison, de la proximité carcérale et du tribunal le font trembler… C’est pour cela qu’il va tenter de suicider une première fois et malgré l’entourage chaleureux de quelques femmes fidèles, il finira par se suicider plutôt que de se rendre aux autorités qui le recherchent…

 

Reste alors à mes yeux, un roman, celui de la désillusion, de la prise de conscience, des rapports faussés entre l’artiste, l’intellectuel et les tenants du pouvoir… C’est pour moi, le roman à lire s’il ne fallait en lire qu’un, « L’homme à cheval » (1943)… Alors puisque l’été c’est fait pour lire

 

 

Bonne lecture et à demain !

 
 
 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 13 août 2018

L'été c'est fait pour lire et cuisiner...

L’été c’est fait pour lire et recevoir ses amis à table pour reconstruire le monde qui ne va pas si bien, un bon verre frais à la main… Soit, mais il y en a un peu marre de ces merguez grillées au barbecue, de ces brochettes trop sèches qui donnent soif, de ce cochon qui embaume tout le quartier… Je dis cela, mais rien de tout cela n’arrive chez moi – dit-il de façon un peu prétentieuse car il savait que dans sa bibliothèque de cuisine il y avait réponse à tout !

 

Commençons par le début. Oui, c’est indiscutable, j’ai bien une bibliothèque de cuisine avec plus de 150 volumes de touts les âges, de tous les genres, de tous les formats… j’en ai même tellement que je pense qu’il doit y en avoir quelques-uns que l’on n’utilise pas trop voire jamais… Mais, je dois vous l’avouer, les livres de cuisine, je les dévore sans les suivre à la lettre, je m’en inspire mais je suis bien incapable – ou presque – de suivre une recette à la lettre… Cette bibliothèque de cuisine est donc une sorte de sanctuaire de l’inspiration, du rêve et du patrimoine… Il se pourrait même que certains ouvrages, très anciens, soit complétés par des menus de fêtes de la famille datant du XIXe siècle… Et à cette époque on ne rigolait pas quand on passait à table !

 

Mais revenons-en à nos moutons, plus exactement à nos grillades d’été – et l’été c’est fait pour lire, slogan obsessionnel ! – qui ne sont pas trop sèches mais originales… La recette est simple, tout est dans la marinade ! A chaque fois, les amis du jour me demandent ce que je mets dans la marinade et je n’ose pas toujours répondre à cette question. D’abord, par qu’il s’agit très souvent d’une nouvelle invention car la marinade parfaite est réalisée avec ce que j’ai sous la main : vin, alcool, bouillon, herbes, épices, légumes, restes d’un repas… Ensuite, parce qu’il s’agit d’un secret de fabrication qui assure l’originalité des grillades d’un soir… Ah, je me souviens d’un morceau de thon au barbecue, chez toi, un soir d’été… Il y avait comme un goût de gingembre, d’orange amère, de piment… Oui, il y avait bien tout cela mais aussi du basilic frais, de l’huile d’olive et de l’alcool… Mais je n’en dis pas plus car chacun sait ce que le thon peut devenir avec nos marinades – chacun la sienne – un des plats succulent du barbecue du soir, même quand il fait très chaud…

 

Alors, puisqu’il est hors de question que je vous livre mes recettes de marinades, je ne peux que vous conseiller deux choses. Tout d’abord, n’hésitez jamais à acheter, lire et garder en source d’inspiration les livres qui traitent des marinades car tout est bon à prendre comme idée. Puis, deuxième étape, testez ! Il n’y a que cela qui fonctionne, l’expérience ! Une fois j’expliquais à un amis que je n’hésitais pas à faire des marinades improbables, par exemple, à mettre du porc dans une sorte de vinaigrette… Je voyais ses yeux étonnés et je lui disais de tester car il pourrait bien être surpris du résultat… Par exemple, avec le lard vous n’allez pas mettre de l’huile mais juste cette pointe d’acidité qui va transformer un bout de gras en délice… Que les médecins ferment les oreilles un instant ou se resservent sans rien dire !

 

Un petit conseil pratique, dès que vous utilisez de la viande fragile (blanche coupée fin par exemple) ou du poisson, les marinades cuisent ces produits très vite. Il ne fait donc pas laisser la marinade agir trop longtemps car vous risquez de n’avoir plus grand-chose à passer au barbecue…

 

Dans cet ouvrage, « 80 recettes de marinades pour plancha, barbecue, gibier… », vous trouverez ainsi des ingrédients que vous n’avez jamais utilisés dans vos marinades : vinaigre de riz, sauce d’huitres, huile de sésame, cidre breton – oui, cela ne fonctionne jamais avec du cidre normand ! – ou yaourt… Je signalerais juste pour conclure cette chronique que c’est à vous de tester, d’expérimenter tout cela, de vous approprier les marinades qui deviendront votre signature culinaire…

 

En attendant, très bonne lecture, bonne marinade et à demain !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 12 août 2018

J'ai lu pour vous : « La promesse de l'océan » de Françoise Bourdin ...


Combien de fois n’ais-je entendu : « Ah ! Les livres de Françoise Bourdin … littérature pour midinettes rêvant au prince charmant … riche de surcroît ! Où pour mamys en maison de retraite !!» …

OK … pourquoi pas ? Et alors ?

Moi je pense qu’il n’y a pas de « petite littérature » tout comme, un temps, la bande dessinée n’était pas de la « vraie littérature » …

Question de mode … que je ne suis pas, au demeurant.

L’important n’est t’il pas dans le plaisir que chacun de nous, tellement différents, trouve à la lecture d’une histoire, bien ficelée, permettant de découvrir une histoire de famille dans un joli coin de notre belle France ?

Une année où j’éprouvais le besoin de me retirer du monde en Bretagne, pour me retrouver, j’avais enfoui dans ma valise, six ouvrages de ladite auteur.
Et je me suis bien régalée ..
Mais bon, assez parlé de moi ...

La 4è de couv. de « La promesse de l’océan » (rien à voir avec « La promesse de l’aube ») !! nous dit : « Trentenaire belle et dynamique, Mahé est patron pêcheur à Erquy, dans la magnifique baie de Saint-Brieuc. Depuis la mort tragique de son père, elle ne vit que pour son travail, ses bateaux et ses marins et a mis de côté son existente personnelle après la brutale disparition en mer de son fiancé.
Armelle, son amie et confidente, fait tout pour l’encourager à profiter de la vie et à y reprendre goût.
En vain.
Certaines blessures sont si difficiles à refermer.
Cependant, la chance pourrait enfin lui sourire ».

Ce livre, que j’ai dévoré en deux heures, m’a transportée dans la Bretagne des pêcheurs, des marins, du langage des marins, des odeurs de la criée au petit matin, des marins taiseux mais solidaires, débouchant sur une histoire d’amour -certes, que l’on pouvait deviner, quoique !- mais qui m’a permis de rêver à une issue possible à la solitude et à la mort qui rôde dans cette profession face aux éléments déchaînés de l’océan.

Les personnages sont attachants, la région magnifique, la profession des marins/pêcheurs une découverte, l’histoire -romancée, certes- nous embarque, m’a embarquée dans une histoire comme je les aime en période estivale … période de détente, d’oubli de l’agitation ambiante de la ville … et oubli de la « prise de tête ».

Ceci dit, vous qui aimez lire Henri Vincenot, Sylvain Tesson, Jean Teulé, Romain Gary … ou Oscar Wilde … voir des polars ... je suis votre homme pour en débattre.

Bel été et belles lectures.

Article et photo : Christiane Chapé

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* La promesse de l’océan un roman en poche chez Pocket
* www.pocket.fr
* d’occasion chez Gibert Jeune
 
Imprimer - - par christiane chapé - 10 août 2018

L'été c'est fait pour lire et prenons la direction de la mer...

L’été c’est fait pour lire et comme j’aime bien tout lire, il n’y a pas de raisons objectives pour que je ne vous présente pas, une fois ou l’autre, un abécédaire. Il faut dire quand même que le format abécédaire n’est pas toujours des plus agréables à lire – même si j’en ai commis un il y a quelques années sur Jean-Paul II – car cela peut vite sembler décousu. Part contre, je reconnais que ce n’est que très rarement le cas avec les ouvrages de la collection « Dictionnaire amoureux… » car la passion transparait très vite dans le texte créant un véritable lien entre les rubriques. Mais quand l’auteur est Yann Queffélec, plus aucun souci, car on a le sentiment que le livre est d’abord écrit de façon classique avant d’être découpé en rubriques… à moins que l’auteur après avoir écrit ses rubriques jouent au maçon pour reconstruire le lien… Dans les deux cas, on a un livre à double entrée : soit on cherche les rubriques désirées dans une table alphabétique soit on dévore le livre de la première à la dernière page ! C’est comme si on avait deux livre, un texte poétique, passionné et génial et un Dictionnaire amoureux… Deux pour le prix d’un, qui dit mieux ?

 

J’ai deux ouvrages de cette collection signés Yann Queffélec, le « Dictionnaire amoureux de la Bretagne » et le « Dictionnaire amoureux de la mer ». On pourrait croire que chez lui cela relève de la redite, de la répétition ou du radotage, mais, en fait, c’est beaucoup plus fin que cela… Alors, même si cela m’est difficile de rester objectif sur de tels sujets, je vais essayer de rester calme et lecteur attentif !

 

L’ouvrage sur la Bretagne était sorti en 2013 et je l’avais dévoré sagement et prudemment. Il faut dire que Queffélec n’est pas n’importe qui, il est le fils d’Henri Queffélec, un romancier que j’ai lu plus jeune et qui symbolise une forme de Bretagne classique… Yann est aussi romancier mais au départ il n’est pas pour moi spécifiquement breton ou marin, il est homme de lettres. Certains de ses romans m’ont touché comme « Happy Birthday, Sara » pour lequel je devais l’interviewer… mais il m’avait posé un lapin ou oublié sur le quai…  Donc, disais-je, je suis entré dans son livre sur la Bretagne et au bout de quelques pages je fus séduit, touché, bouleversé… Je le lisais dans l’ordre et rien ne me faisait dévier : Abalone, Aber, Ankou

 

Là, il faut que je précise que dès la première rubrique, il positionne et date les choses : « Aber-Ildut, 1er juin 2009, dix-neuf heures, marée basse ». Or, dès mon plus jeune âge, j’ai passé des vacances à Penfoul, petite plage de la commune de Landunvez où mon grand-père louait tous les ans une maison qui lui permettait de recevoir ses enfants et petits-enfants, à deux pas – si je puis dire – de l’aber-Ildut. Mais ce n’est pas tout ! Chaque année, dès que l’on arrivait en Bretagne pour les vacances, nous changions d’heure. Nous passions aux heures de marées qui allaient rythmer nos activités estivales, du début à la fin ! Enfin, la ville référence était bien Brest la blanche, Brest même comme on dit là-bas, ville de naissance du père de Yann et ville dans laquelle j’ai été étudiant durant deux années universitaires… Oui, je ne peux que l’avouer, j’étais touché au cœur de ma mémoire et d’une partie de ma vie…

 

Or, après cette expérience de lecture qualitative et émotionnelle, voici que le même auteur récidive avec un « Dictionnaire amoureux de la Mer »… et j’ai bien sûr immédiatement cédé à l’appel de l’océan… Oui, je dis Océan car mer et océan se mêlent dans cet ouvrage ce qui est bien normal car « notre » Bretagne est bordée par la Manche, la mer d’Iroise, l’Océan Atlantique… C’est ainsi, on nous a tout donné dès le départ ! Bon, je précise bien que ce dictionnaire amoureux est plus vaste et que l’on parle bien de la mer en général… Il y a même une rubrique sur la Méditerranée ! D’ailleurs, citons quelques lignes, juste pour le plaisir :

 

« J’arrivais en Finistérien borné pour qui la mer c’est l’océan. Pour qui la Méditerranée c’est… Eh bien c’est inexistant. C’est la mer sans être la mer, la marée n’y est pas, le beurre n’y est pas… » Oui, c’est vrai que pour nous cette « petite » mer intérieure n’est pas attractive. A se demander même comment Homère à pu s’y perdre quelque peu…

 

Bon, tout cela pour vous dire que ces deux dictionnaires amoureux sont délicieux et doivent se savourer avec modération, bonheur et plaisir car si l’été c’est fait pour lire le paradis terrestre, lui, est bien en Bretagne ! Alors, si vous ne pouvez pas y aller cet été, si vous êtes obligés de revenir en Bourgogne ou Lorraine pour travailler, le « Dictionnaire amoureux de la mer » vous offrira quelques embruns iodés signés Yann Queffélec !

 

Bonne lecture et à demain !  

 
 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 10 août 2018

L'été c'est fait pour lire et comprendre Paris...

L’été c’est fait pour lire et généralement un livre est un objet que l’on aime classer. Le libraire pour mieux le vendre, le lecteur pour avoir ce qu’il attend, le prescripteur pour mieux conseiller, l’enseignant pour ne pas commettre d’impair… et ainsi de suite ! Sauf, que cette hyper classification tue toute surprise ! Or, la lecture est aussi un lieu de surprise, de questionnement, de bouleversement, d’imprévu et d’imprévisible… Sans ces sortes d’aléas, la lecture serait monolithique, uniforme, triste… et ce n’est pas ce que j’aime !

 

Alors, quand on se retrouve un peu par hasard avec le livre « Paris n’est qu’un songe » de Nicolas d’Estienne d’Orves, on est bien en mal de vous le classer même de façon approximative… On pourrait dire qu’il s’agit d’un petit livre mais avec une telle définition vous pourriez comprendre un livre qui ne vaut pas grand-chose ou un livre léger… Et ce n’est pas du tout le cas !

 

Vous pourriez dire qu’il s’agit d’un ouvrage d’anticipation puisque le personnage narrateur a construit une machine à remonter le temps. C’est vrai, indiscutablement, mais c’est un aspect presque secondaire du roman donc je n’insisterai pas sur ce point…

 

Ah, je pourrais vous annoncer que le personnage principal et essentiel de ce roman est la ville de Paris ! Pas faux, mais d’une part vous vous en doutiez un peu en lisant le titre et d’autre part cela ne vous avance guère pour comprendre de quoi il s’agit…

 

Alors, je pourrais vous crier qu’il s’agit là d’un thriller époustouflant et que le suspense est terrible pour le lecteur du début à la fin… Et ce serait certainement exagéré car si suspense il y a bien, il est modéré et le lecteur comprend assez vite l’issue du roman même s’il n’est pas capable d’anticiper sur les détails…

 

Ok, mais c’est quand même bien un roman sur l’histoire de Paris, d’ailleurs complété par un excellent dossier sur le métro parisien ! Là, c’est sûr et indiscutable ! Oui, je le concède, il y a bien un fond historique avec la création du métro parisien, même pour être plus précis, une sorte de reportage sur l’inauguration de la première ligne de métro, la 1, entre la Porte Maillot et la Porte de Vincennes. On rencontrera d’ailleurs Fulgence Bienvenüe… Mais, de là à vous faire croire qu’il s’agirait de l’histoire du métro parisien, de la grande Exposition universelle de 1900 ou des Jeux olympiques de Paris, évènements qui sont bien en toile de fond du roman, ce serait vous mentir quelque peu…

 

Alors, oui, je suis bien là avec un petit objet non identifié, très agréable à lire, peu volumineux et rapidement lu, dont le personnage Sylvain Chauvier est assez surprenant même s’il est amoureux, à sa façon, de la ville de Paris. D’ailleurs, c’est surtout le romancier, Nicolas d’Estienne d’Orves, qui est fol amoureux de Paris et peut-être même de ce Paris fou de 1900… Allez savoir !

 

Alors comme l’été c’est fait pour lire, comme certains iront faire un tour du côté de Paris, je pense que ce petit opus devrait trouver sa place dans le bagage pour être lu dans le train, à Paris assis sur un banc public à l’ombre d’un bel arbre, assis dans le bois de Vincennes ou le soir dans son lit à l’hôtel ou dans l’appartement loué… Oui, ce sera certainement une autre façon de voir la Ville qui, à défaut d’être éternelle comme Rome ou sainte comme Jérusalem, est tout simplement la plus belle ville du monde !

 

Bonne lecture et à demain !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 9 août 2018

L'été c'est fait pour lire et écrire à ses amis... Non ?

L’été c’est fait pour lire et comme j’accorde une très grande valeur aux ouvrages pour la jeunesse je suis très heureux, régulièrement, de vous présenter des ouvrages illustrés qui à la fois racontent une histoire crédible, solide, édifiante… et, en même temps, montrent au lecteur attentif de belles illustrations, de beaux dessins qui enrichissent l’histoire et non pas la racontent à l’identique… Le dessin n’est pas fait pour ceux qui ne savent pas lire le texte, il est là pour narrer autrement… Ainsi, le livre illustré fait jouer deux imaginaires non pas en opposition mais qui sont complémentaires !!!

 

 

 

Dans ce magnifique album de Marianne Dubuc – ici l’autrice réalise texte et dessin – nous allons faire la connaissance de Souris dont le métier est d’être facteur ! Tous les jours, Facteur Souris quitte la poste avec une charrette de lettres et colis à livrer à Ours, Lapin, Serpent, Ecureuil et tous les autres… Il y a même un Dragon, ami de Souris, car tout le monde a bien le droit à son courrier !

 

Oui, pour les plus jeunes d’entre vous, il faut préciser que le courrier est un e-mail écrit sur papier et livré par une personne qui vient le glisser dans votre boite aux lettres, juste devant chez vous… Jadis, quand le courrier n’arrivait qu’ainsi, on prenait le temps de parler au facteur voire de lui payer un petit café… Si le passage du courrier était plus tardif, la rencontre pouvait même, mais avec modération, devenir l’apéritif !

 

La tournée de Facteur Souris sera longue, pleine de rencontres et de salutations amicales et se terminera par le domicile de Souris où il sera attendu par Maman Souris et surtout Tommy, le souriceau dont c’est l’anniversaire… Et recevoir son cadeau d’anniversaire par la poste, quoi de plus sympathique !

 

L’album est un grand format, très agréable à lire même si les textes ne sont pas écrits de façon trop grosse, et, surtout, avec de grands dessins qui nous font entrer chez chacun des « clients » de Facteur Souris !

 

Plus que l’histoire qui est très bien écrite et sympathique, ce sont les différentes maisons de la tournée qui ont retenu mon attention de lecteur. Chaque logement, chaque habitation, chaque terrier ou  autre souterrain est montré en coupe ce qui permet à l’enfant lecteur accompagné de décrire, de mettre des mots sur les pièces, les meubles, les couleurs, les costumes… On descend sous terre, on va au fond des océans, sur le haut des montagnes, dans un igloo… Bref, on va partout tout au long de cette tournée et j’ai hâte, bien franchement, de lire ce bel album avec ma petite-fille qui va venir passer dix jours avec moi dans très peu de temps…

 

Je sais que l’autrice, Marianne Dubuc, a récidivé avec Facteur Souris en proposant une nouvelle histoire : « Les voyages extraordinaires de Facteur Souris », mais j’avoue ne pas avoir lu ce nouvel opus… Mais je suis par contre très content que l’aventure continue car le premier album est réellement une belle réussite !

 

Alors, comme l’été c’est fait pour lire et faire aimer la lecture, voici une belle histoire, « La tournée de Facteur Souris », que vous devrez lire, probablement relire un certain nombre de fois et qui devrait ouvrir le dialogue avec les plus petits autour des livres et de la lecture !

 

Bonne lecture et à demain !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 8 août 2018

L'été c'est fait pour lire et découvrir l'histoire de Guillaume le Conquérant

L’été c’est fait pour lire et l’histoire est un domaine d’exploration que nous devrions emprunter plus souvent car dès que nous quittons les rivages plus ou moins connus de l’Histoire de France nous sombrons trop vite dans le désert abyssal de l’aventure humaine… Mais restons voisins de l’Histoire de France, fixons notre regard sur Guillaume le Conquérant, sur Hastings, sur Stamford bridge et sur l’année 1066…

 

 

 

Bon, certains se souviennent, du moins je l’espère, que Guillaume le Conquérant, au départ fut un bâtard. Son père était fils du duc de Normandie, Robert le Magnifique. Sa mère était la concubine du duc, Arlette de Falaise. Son père étant mort jeune lors d’un pèlerinage en Terre sainte, c’est  à l’âge de 8 ans que Guillaume dut se battre pour assoir son pouvoir en Normandie… et ce ne fut ni facile ni rapide !

 

Plus tard, Guillaume profita de la mort d’Edouard le Confesseur pour envahir l’Angleterre. A cette occasion, il se fit aider, entre autre, par Odon de Bayeux qui n’était autre que son demi-frère, un fils de la même Arlette de Falaise. C’est ce même Odon que l’on considère très souvent comme un inspirateur politique de la fameuse Tapisserie de la Reine Mathilde, dont j’ai déjà parlé quelques fois puisque je la considère comme un vénérable ancêtre de la bande dessinée…

 

Donc, Guillaume le Conquérant – il n’est pas encore le Conquérant à ce moment-là – décide d’envahir l’Angleterre. Il faut dire que dans le chaos qui suit la mort d’Edouard le Confesseur, il peut comme d’autres prétendre à cette couronne qui le ferait changer de statut. De duc de Normandie il deviendrait roi d’Angleterre ! Seulement, il n’est pas seul sur l’affaire…

 

 

 

Le premier à se retrouver sur le trône sera Harold Godwinson. Il est couronné roi en janvier 1066 et il doit affronter Harald Hardrada, roi de Norvège. Ces deux colosses vont s’affronter dans une grande bataille, plus navale que terrestre, Stamford bridge. Ce sera un désastre pour Harald qui y perdra la vie mais ce sera la cause de la victoire de Guillaume car quand Guillaume débarque à Hastings les troupes d’Harold sont éloignées et épuisées. Elles vont devoir se mouvoir à grande vitesse et seront défaites par les Normands… Cette fois-ci, ce sera Harold qui décèdera et la porte royale s’ouvrira devant Guillaume !

 

Je ne vais pas résumer le règne tumultueux du Conquérant mais vous donner quelques pistes de lecture. Pour es inconditionnels de la biographie classique, citons deux bons ouvrages que j’ai lus, l’un il y a assez longtemps, celui de Paul Zumthor et un que j’ai lu beaucoup plus récemment après l’avoir trouvé d’occasion chez Emmaüs, celui de Michel de Boüard. Les deux ouvrages portent le nom de « Guillaume le Conquérant ».

 

Mais comme je sais bien que certains ne pourront pas dévorer ces ouvrages souvent assez exigeants, j’ai en réserve une bande dessinée, « Stamford bridge », qui va raconter et plutôt bien la bataille qui va opposer Harold et Harald. C’est un album qui va quitter les chemins trop historiques pour rendre cet évènement très humain, très compréhensible et accessible à tous. Les scénaristes, Jean-Yves Delitte et Roger Seiter ne nous noient pas dans les détails inutiles et c’est très agréable. Quant au dessinateur, Christian Giné, il rend bien la dynamique d’un conflit sans se contenter d’aligner des scènes de combats… Signalons que le gros de la bataille eut bien lieu sur la terre ferme ce qui n’arrangea pas les Vikings et qui surprend le lecteur habitué de cette collection « Les grandes batailles navales »…

 

En tous cas, Guillaume ne s’est pas contenté d’envahir l’Angleterre, de prendre le trône mais il a inclus les Normands dans le jeu des Saxons et le conflit entre les deux peuples ne se terminera pas de si tôt ! Quant à vous, puisque l’été c’est fait pour lire, a fortiori si vous allez cet été en Normandie ou en Angleterre, il est temps de découvrir cette histoire complexe et agitée…

 

Donc, bonne lecture et à demain !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 7 août 2018





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