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A Chalon l'été c'est (aussi) fait pour lire !

L'été c'est fait pour lire !

En fait, ce n'est ni un souhait, ni un cri du cœur, ni une publicité pour un libraire ou un autre, c'est un fait objectif et amical que nous fait partager Michel Bonnet depuis quelques années et qu'il va reprendre encore durant cette période estivale...

Lacie Slezak
   Photo Lacie Slezak

La lecture est l'occasion de se détendre, de découvrir, d'apprendre, de passer le temps, de trouver une activité ludique, lucrative, hygiénique, éducative, familiale, touristique... Bref, de vivre, tout simplement !

A travers la présentation d'un ouvrage par jour durant tout l'été, Michel Bonnet vous emmène dans son univers livresque avec simplicité. Laissez-vous tenter et accompagner, vous ne risquez rien, si ce n'est de passer quelques heures à lire...

Tous les livres ne seront pas des nouveautés car Michel nous a appris à dépoussiérer certains auteurs, à mélanger les genres, à oser ouvrir un livre pour enfant, à lire de la bande dessinée. Bien sûr, chaque présentation sera suivie de vos commentaires et vous pouvez même relever le défi et présenter vous-mêmes vos lectures d'été, qui sait, Michel Bonnet sera peut-être le premier à les lire...

Allez savoir ?

Attention, l'été c'est fait pour lire, c'est à partir du 21 juin, évidemment !

Certains lisent les chroniques, d'autres préfèrent les écouter... A chacun selon ses goûts et ses habitudes !

Il semblait assez logique de vous permettre de l'écouter de temps en temps.
Une des radios qui la diffuse vous donne la possibilité d'écouter la chronique sur Internet :

http://www.rcf.fr/radio/rcf21/emission/636200

Pour envoyer un conseil de lecture vous aussi cliquer sur "Envoyer VOS INFOS ICI"  à droite de ce texte - Pour réagir à un message cliquer sur "Réagir" sous chaque article

 

 

L'été c'est fait pour lire : un nouveau roman policier

L’été c’est fait pour lire et ma démarche d’aujourd’hui va en surprendre plus d’un, qui sait  : en irriter certains, en révolter d’autres et m’attirer moult ennuis ! Qu’importe, quand une idée me traverse l’esprit je tente d’aller au bout… Je suis un grand lecteur de romans policiers, vous le savez bien surtout si vous le suivez depuis longtemps, et je suis aussi catholique même si je n’en fais pas un cheval de bataille quotidien…

 

 

Aussi, quand on est d’une vieille famille catholique, il est difficile de ne pas s’amuser quelque peu avec le polar et en faire remonter les origines très loin dans l’histoire de l’humanité, un peu comme si le premier crime, celui d’Abel par son frère Caïn était le premier polar de l’humanité… Encore, qu’a priori, l’enquête ait été assez simple, il n’y avait pas trop de protagonistes…

 

Il n’en demeure pas moins, que s’il ne s’agissait pas de trouver un coupable, il fallait au moins comprendre les motivations. Dès les origines de l’humanité on pouvait avoir une prédominance du whydunit sur le whodunit… Pourquoi et non qui, mais on est bien dans deux aspects connus et reconnus du polar !

 

Pour notre crime initial, reconnaissons que le mobile essentiel est la jalousie et que, depuis, de très nombreux romans policiers utilisent de toutes les façons avec des variantes à l’infini, ce sentiment diabolique. A la fois, on est tous jaloux au moins une fois de quelqu’un (donc cela nous concerne un peu), mais en même temps, heureusement, on ne passe pas tous à l’acte (et du coup le roman nous fascine)…

 

 

L’Ancien Testament, ouvrage complexe à lire mais qui renferme certaines pépites, regorge d’aventures criminelles ou presque avec trahison, cupidité, jalousie, violence, pouvoir, sexe… Bien sûr, je n’irais pas jusqu’à dire qu’en lisant des polars je prolonge mon expérience biblique mais j’étais bien préparé quand même…   

 

On peut aller beaucoup plus loin… Si dans un polar, le coupable est arrêté, mis hors d’état de nuire, la morale est sauve…  Mais si, malencontreusement, ou à cause de la perversité de l’auteur, il échappe à la justice, que faut-il en penser ? Serions-nous en présence d’un roman immoral, diabolique, criminel, antisocial ? Bien sûr, je joue avec vous en disant cela… mais… quand même… non ?

 

On peut imaginer les choses de façon encore plus abrupte ! Dans un roman policier, l’auteur ou l’autrice est celui ou celle qui a la connaissance. Il ou elle sait qui a tué, pourquoi, comment, avec l’aide qui, où, à quelle heure… ? Et il ou elle va nous initier à cette connaissance en nous délivrant des informations, en stimulant notre raisonnement, notre intelligence… Or, dans la Bible, qui est celle qui incarne la connaissance et qui va pousser l’homme dans la connaissance ? C’est Eve bien sûr ! C’est bien elle qui diaboliquement pousse l’homme vers le savoir… comme l’auteur ou l’autrice de romans policiers distille ce savoir en manipulant le lecteur ! Diabolique machination…

 

Quant à Jésus lui-même, il aurait pu s’en sortir s’il n’avait pas été, lui-aussi, trahi… par un de ses proches en plus, comme dans les grandes histoires de la Mafia !

 

Oui, on peut établir de véritables liens entre cette Bible et le roman policier. D’ailleurs, qu’elle est la première phrase de l’évangile de Saint Jean ? Je cite : « Au commencement était la parole et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu »… Je peux interpréter – librement diront certains – que l’auteur pose les mots de départ de l’histoire, qu’il crée l’histoire et donc qu’il est bien le dieu du roman en question…

 

Voyez, finalement, le roman policier est réellement théologique et spirituel et il est bien évident que les plus à mêmes d’en écrire sont les femmes puisqu’elles sont les premières à mentir dans la Bible !

 

 

Poussons donc le bouchon au plus loin, par jeu, bien sûr, mais les femmes britanniques, toujours accompagnées d’un chat noir, sont bien les plus diaboliques pour nous entrainer en enfer… d’où cette envie de mener mes recherches avec elles pour régler tous mes comptes avec le mal ! Pour un peu, je vous dirais bien que ce sont des sorcières mais si vous les brûliez trop tôt, pas de roman… et ce serait trop dur !

 

Ne prenez rien de tout cela au sérieux, c’était juste un amusement de celui qui sature un peu à force de lire des romans policiers d’autrices britanniques… et qui voulait jouer un peu avec vos nerfs avant de vous proposer un nouveau roman policier à lire puisque l’été c’est fait pour lire… Non ?

Imprimer - - par Bonnet Michel - 17 août 2019

L'été c'est fait pour lire : La petite marionnette

L’été c’est fait pour lire et chacun sait que je m’efforce de trouver régulièrement des ouvrages illustrés pour les plus jeunes. Je suis certain que c’est important pour eux de pouvoir lire aussi en même temps que nous car l’été c’est fait pour lire pour tous ! Sans aucune exception ! De plus, les livres illustrés, quand ils sont bons voire excellents, cela nous fait du bien à nous aussi les adultes… Non ? Dans les auteurs et autrices qui en ont écrits, dessinés et réalisés, il en est une que j’aime beaucoup, Gabrielle Vincent…

 

Gabrielle Vincent est une illustratrice, une autrice à part entière dont l’œuvre a fait le tour, sinon du monde, au moins de toutes les librairies françaises et francophones, des bibliothèques, des centres de documentations de collège… Aujourd’hui, alors qu’elle est allée, depuis quelques années, rejoindre le monde des réparateurs de peluches, des consolateurs d’enfants, des enchanteurs de toute nature, les éditions Casterman nous offrent la possibilité de (re)découvrir son travail par des rééditions très accessibles... Belle occasion de prendre conscience de la qualité des narrations de Gabrielle Vincent !


Bien sûr, on la connait pour les histoires d’Ernest et Célestine, mais aujourd’hui, je voudrais rouvrir La petite marionnette… Il s’agit d’une histoire sans texte, sans couleur, sans encrage… On a l’impression d’un récit brut, pur, épuré… Quelques traits de crayons et d’un seul coup des personnages naissent et vivent devant nous, avec nous…


C’est l’histoire d’un enfant, un enfant qui va découvrir une marionnette et un homme qui lui donne vie. Mais quand on donne vie à un objet, il devient vivant, donc autonome, indépendant, libre… Quand un enfant rencontre un tel petit être, il s’y attache, il veut s’en faire un ami, un compagnon de jeu, un frère…


L’artiste marionnettiste peut-il se séparer de cet autre lui-même sans mourir et disparaître ? Un enfant peut-il comprendre cette délicate filiation entre l’homme et sa marionnette, prolongement de lui ? Le vieil homme et l’enfant peuvent-ils se construire un avenir ensemble ?


Gabrielle Vincent donne toutes les réponses mais chaque lecteur y mettra les siennes car le dessin offre de nombreuses possibilités d’interprétation ce qui fait la grande richesse de cet ouvrage qui dégage une force de récit incroyable ce qui démontre que dans le livre illustré le dessin peut raconter autant si ce n’est plus qu’un texte…


Mais alors se pose une grande question : à qui est destiné ce livre ? Aux enfants ? A leurs parents ? En fait, j’ai l’impression que c’était bien là le dernier des soucis de Gabrielle Vincent qui racontait les histoires qu’elle avait en elle. Chaque lecteur pourra, devra, se réapproprier ce destin humain ! N’est-ce pas un bel exemple de littérature au sens propre du mot : parler à l’homme (l’homo, pas le vir), lui donner les possibilités de pénétrer une vie, de rencontrer son destin à travers une histoire imaginaire mais pétrie d’humanité ?…


Suis-je un marionnettiste ? Un enfant émerveillé ? Un pantin ballotté par le vent dans les mains d’un destin inconnu ? Probablement un peu de tout cela ce qui fait que je n’ai eu aucune difficulté à entrer dans cette histoire que je ne peux que recommander à tous !


Une petite merveille, un bijou à partager entre amis, à offrir à ceux que l’on aime ! Bien sûr, une magnifique lecture estivale à partager… Bonne lecture à tous, puisque l’été c’est fait pour lire !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 15 août 2019

L'été c'est fait pour lire : Grands destins de femmes

L’été c’est fait pour lire et comme je vous l’ai déjà dit je tente de vous donner des pistes pour découvrir des femmes qui ont compté dans notre histoire… Pour cela, il était évide: is, avant d’aller plus loin, il faut que je vous dise que cette remarquable collection a disparu emportée par les problèmes financiers de Naïve. Personne n’a voulu reprendre cette branche d’éditions livres et la collection a disparu purement et simplement alors qu’elle avait permis de mettre à l’honneur de nombreuses femmes… C’était en décembre 2016…

 

 

 

Bon, revenons-en à ces femmes célèbres et je vous rassure, mon album du jour se trouve encore en vente (soldeurs, occasion…)…

 

Trois femmes du vingtième siècle m’ont marqué par leur recherche presque absolue du sens à donner à la vie. Il s’agit de Simone Weil, Edith Stein et Hannah Arendt. Difficile pour moi de vous dire pourquoi et comment cela est arrivé. Ce qui est certain, par contre, c’est que tout au long de ma vie je n’ai jamais raté une occasion de lire ce qu’elles avaient écrit et ce que les autres en avaient dit. Du coup, quand j’ai découvert que la vie d’Hannah était en bande dessinée chez Naïve, par Béatrice Fontanel et Lindsay Grime, je n’ai pas beaucoup hésité et mon épouse m’a poussé à m’offrir ce livre que j’ai dévoré très vite…


Le ton est plutôt sympathique, la première partie est à la première personne du singulier, Hannah Arendt parlant de sa vie, de sa formation, de ses rencontres, de ses écrits. Elle confie tout cela à son amie Mary McCarthy, sa grande amie, tandis que la seconde, plus courte est le récit de la fin de la vie d’Hannah par Mary elle-même…


Attention, il ne s’agit ni d’une biographie au sens habituel ni d’un livre de vulgarisation de la pensée d’Hannah Arendt. On est toujours entre les deux genres avec un récit cohérent, pas tout à fait chronologique, avec des petites analyses sur certaines positions ou pensées d’Hannah, des échos de certaines polémiques autour de la penseuse, mais pour ceux qui ne connaissent pas du tout Hannah Arendt, cela va peut-être paraitre un peu rude. Il manquera quelques explications, du moins je le pense…

Par contre pour celui qui connait cette femme d’origine allemande, théoricienne de la Politique, avec un P majuscule, alors ce sera un bon moment de lecture qui devrait même vous donner envie de relire immédiatement – ce fut le cas pour moi – certains ouvrages comme Les origines du totalitarisme ou Eichmann à Jérusalem.


Certains pourront rester insensibles au graphisme mais à l’usage ils réaliseront que la narration graphique, elle, est efficace et qu’elle permet aux éléments importants d’être bien positionnés, de nous toucher. On oublie trop souvent qu’en bande dessinée, le dessin et le texte sont au service d’un récit, que ce soit de la fiction ou pas.


Enfin, cette bande dessinée me semble capitale – ainsi que cette collection Grands destins de femmes – car, au moment où les lecteurs sont moins nombreux pour les ouvrages de philosophie ou de politique, la bande dessinée peut initier les lecteurs aux grands textes, aux grands penseurs, à ces femmes qui ont participé à la construction du monde et des idées…


Un petit mot sur les auteurs pour clore cette présentation. Lindsay Grime est une dessinatrice écossaise qui vit à Paris tandis que Béatrice Fontanel, la scénariste, est une femme de lettres française qui a touché à de nombreux genres, de la poésie au roman en passant par les ouvrages illustrés pour un public de jeunes lecteurs. J’ai rencontré Lindsay et c’est une dessinatrice qui s’est lancé dans ce projet sans retenue et qui, du coup, est devenue, au fur et à mesure, non pas spécialiste mais fan d’Hannah Arendt. Oui, certains le savent bien, quand on fréquente assidument les écrits d’un auteur ou d’une autrice, on finit par comprendre, devenir fan en quelques sortes…

 

 

Donc, si vous voulez découvrir cette femme, Hannah Arendt, la bande dessinée est une bonne piste de lecture et pour aller plus loin, pourquoi ne pas envisager le petit opus La politique a-t-elle encore un sens, très accessible, ou La liberté d’être libre, court mais dense… Mais, comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture à tous !

 
 
 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 13 août 2019

L'été c'est fait pour lire : Histoire des Françaises

L’été c’est fait pour lire et les ouvrages d’histoire sont là pour nous accompagner l’été tout en nous faisant comprendre notre histoire, notre passé, pour nous faire mieux comprendre notre présent tout en nous procurant les outils pour construire demain… Or, si aujourd’hui les femmes sont victimes d’injustices cela vient aussi du passé et de la façon dont on nous a enseigné l’histoire… Car finalement, soyons honnêtes, dans nos cours d’histoire on parlait surtout des hommes… Non

 

 

?

 

 

Il faut dire que chez les Francs, un des peuples fondateurs de notre pays, les femmes ne comptaient pas réellement beaucoup… D’ailleurs, ceux qui pointent du doigt la façon dont les femmes comptent dans les pays musulmans devraient se souvenir de notre loi salique… Certes, ils y a de nombreuses mesures dans ce lot juridique mais on retiendra l’aspect concernant la succession, loi qui va peser lourdement sur la France et sa monarchie…

 

« Quant à la terre salique, qu'aucune partie de l'héritage ne revienne à une femme, mais que tout l'héritage de la terre passe au sexe masculin… »

 

Tout est dit et tout sera respecté à la lettre provoquant un certain nombre d’évènements, mariages, reniements… La couronne de France était en jeu, quand même !

 

 

 

Alors, je ne vais pas vous raconter tout, d’autant plus que certains l’ont fait beaucoup mieux que je ne pourrais le faire… Profitons-en, l’été c’est fait pour lire quand même ! Pour commencer, je pense que l’on ne s’arrêtera pas là, je vous propose une somme assez volumineuse, Histoire des Françaises d’Alain Decaux.

 

Certes, Alain Decaux est avant tout un narrateur, un vulgarisateur et certains ont tendance à sous-estimer son travail. J’estime qu’il faut avoir de bons vulgarisateurs c'est-à-dire des personnes capables de mettre à disposition de tous des savoirs qui nous font grandir… certes, ce ne fut pas un chercheur, un savant, un écrivain extraordinaire, mais il savait aller vers l’essentiel en nous respectant…

 

C’est ainsi qu’un jour il s’est attelé à cette Histoire des Françaises. Il savait qu’il fallait le faire, que c’était le moment ou jamais – le livre est paru en 1972 – et même si on pourra toujours pointer des défauts, reconnaissons qu’il s’agit bien là d’un ouvrage de référence !

 

La force de cet ouvrage, c’est de ne pas s’être contenté de vouloir écrire la vie des reines et des maitresses royales – sans les oublier pour autant – mais d’y avoir associé toutes les femmes… Oui, je sais, il ne peut pas avoir raconté la vie de toutes les femmes, bien sûr, mais au moins toujours élargir assez le sujet pour que l’on parle de la condition des femmes aux différentes époques de notre histoire…  Je pense que son ouvrage fera date définitivement dans l’histoire…

 

Pour ce qui est de la lecture de ce livre en deux volumes, c’est juste super bien raconté, accessible à tous et c’est un plaisir que de le suivre des périodes les plus éloignées aux plus récentes… Que du bonheur !

 

Alors, comme l’été c’est fait pour lire, comme il faut changer cette société pour que femmes et hommes puissent vivre ensemble dans l’égalité, dans le respect, dans la complémentarité… alors cette Histoire des Françaises pourrait être un bon livre d’été, une bonne façon de parler des femmes dans notre histoire en famille… Donc, bonne lecture à tous !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 11 août 2019

L'été c'est fait pour lire : L'écriture féminine en Angleterre

L’été c’est fait pour lire et j’avoue avoir un faible de lecteur pour un certain nombre d’autrices et pas seulement de romans policiers britanniques. En effet, depuis toujours, si vous me demandez quels sont mes auteurs d’ouvrages préférés, quels sont ceux qui ont réjoui mon âme de lecteur, je réponds assez simplement : Agatha Christie – la première indiscutablement, celle qui m’a plongé dans le plaisir de la lecture – puis Patricia Wentworth – son alter ego que je trouve même meilleure – puis enfin quelques autres qui n’ont rien à voir avec la littérature policière comme Marie Noël – pour la poésie et que j’aime depuis très longtemps – ou Simone Weil – celle qui m’a fait découvrir la philosophie en même temps qu’un certain Sénèque car je ne suis pas sexiste du tout – sans oublier des autrices arrivées plus tard dans ma vie comme Nina Berberova, Ella Maillart ou Gudule…

 

Mais assez vite, j’ai été pris par une question fondamentale : existe-t-il une écriture féminine ou simplement une écriture humaine ? Ce qui est certain, c’est que la catégorie « livres pour fille » n’existe pas pour moi. Il y a simplement les livres que l’on aime, qui nous parlent, qui résonnent en nous… Qu’importe qu’ils soient écrits par des femmes ou des hommes ! Soit, mais l’auteur, l’autrice, sont-ils genrés ? Y aurait-il des particularités entre écriture homme et écriture femme ? Le simple fait de se poser la question est-il un piège ou une réalité, une problématique universitaire ou une mode politique/médiatique ?

 

Alors, bien sûr, en particulier durant mes études littéraires, ces questions m’ont accompagné. Je n’ai jamais su répondre ou construire une réponse cohérente car chaque étape de mon raisonnement était aussi une façon de me comprendre : qui suis-je ? Un lecteur genré ou pas ? Pourquoi je n’aime pas certains livres que les hommes semblent aimer et j’adore certains livres dont les femmes raffolent ? Ou est la réalité, l’illusion, le fruit de ma culture, de mon éducation… Ce qui est certain, c’est que le questionnement reste ancré en moi et qu’il a pris forme avec mes recherches sur les autrices britanniques de romans policiers…

 

Certains auteurs universitaires – malheureusement pas assez d’autrices – sont venus avec des éléments solides pour construire certains référentiels. Je pense par exemple à Frédéric Regard qui a écrit en 2002 un ouvrage remarquable : L’écriture féminine en Angleterre, perspectives postféministes. Il me semble assez intéressant de citer immédiatement quelques lignes de son introduction :

 

« Il n’y a pas d’universalité de la féminité. La féminité est un mythe, tout comme la masculinité, car ces deux modalités de l’être sont le fruit d’un discours, c'est-à-dire d’un jeu de pouvoir qui n’exclut pas même la condition de la femme en tant qu’objet d’étude du féminisme. »

 

On sent dès le départ que l’on va plonger dans un univers marqué par Michel Foucault ce qui n’est pas pour me déplaire puisqu’il s’agit bien d’un des penseurs qui m’ont fortement marqués durant mes études… L’auteur va prolonger sa réflexion dans cette littérature anglaise en suivant ces autrices au cœur d’une société particulière…

 

« Comment la femme a-t-elle été prise au piège de la féminité ? Quels discours ont présidé à cette mascarade de la sexuation ? On ne peut faire l'économie d'une approche féministe de ce fait culturel où viennent se conjuguer discours religieux, médical, politique, juridique, pictural ou littéraire… Comment échapper au leurre des intentions d'auteurs, aux catalogues thématiques, quand ce n'est pas aux bons sentiments ? Quels outils théoriques se donner, qui permettent de rendre compte avec rigueur du féminin à l'œuvre ? »

 

L’auteur de cette étude montre avec finesse et pertinence que l’autrice clef, charnière, lumineuse est Virginia Woolf… Une magnifique autrice qu’il est toujours temps de relire (ou lire tout simplement) dès cet été puisque l’été c’est fait pour lire !

 

Bien sûr, Frédéric Regard se penche avec talent sur les romancières contemporaines que sont Doris Lessing, Jean Rhys, Angela Carter ou Jeanette Winterson… Un très bel essai que je suis heureux d’avoir trouvé et lu cet été… Autant de pistes de lectures estivales… Donc, bonne lecture à tous !

 

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 10 août 2019

L'été c'est fait pour lire, 9 août : Le vieil homme dans le coin

L’été c’est fait pour lire et vous savez pour ceux qui me suivent et lisent depuis longtemps que j’ai une passion et une affection particulière pour les autrices de romans policiers britanniques. A cela, il y a des explications nombreuses mais certaines sont à rechercher dans mon passé, mes premières lectures plaisir tandis que d’autres sont plus récentes comme la découverte d’un ouvrage dans le village du livre de Cuisery…

 

A ce stade, permettez-moi de préciser quelques petits éléments. Tout d’abord, ce mot d’autrice qui fait grincer quelques dents est pour moi le meilleur qui permette de parler d’une femme qui écrit des livres. Certes, je pourrais dire « romancière » mais parfois on me fait comprendre que la littérature policière n’est peut-être pas digne du mot « roman »… Comme je ne cherche pas à discuter à l’infini, je dirai donc « autrice », sans état d’âme, avec même une petite pointe de jubilation…

 

Deuxièmement, Cuisery est le village du livre de Bourgogne, à quelques kilomètres de Tournus, à moins d’une trentaine de minutes de Chalon-sur-Saône. J’aime particulièrement ce village où les bouquinistes ont permis de garder un peu de vie. N’hésitez jamais à arpenter ces villages du livre que l’on trouve dans plusieurs endroits de France car c’est l’occasion de trouver de petites perles que l’on n’édite plus pour des raisons financières qui ne tiennent pas la route si on se place au niveau du plaisir du lecteur et de la pertinence du texte. Oui, que ce soit dit une fois pour toutes, la qualité d’un livre ne se mesure pas à son tirage et à ses ventes !

 

Mais, revenons-en à mes autrices de romans policiers britanniques… certes, vous connaissez tous, au moins de nom, Agatha Christie, Patricia Wentworth, Ruth Rendel, PD James… Mais certains romans britanniques sont signés « Baronne Emmuska Orczy ». Comme il s’agit de romans que l’on peut classer en romans policiers, comme elle a inventé un détective insolite, vieux et presque immobile mais d’une efficacité incroyable, tout me poussait à tenter de savoir si d’une part sa littérature était pertinente et d’autre part si elle était bien britannique puisque mon champ de recherches se limitait à ces autrices britanniques…

 

Il se trouve qu’Emma Orczy est née en Hongrie, cela la poussait doucement loin de moi… quand soudain je compris que ses parents avaient quitté la Hongrie, son pays natal, pour finir par s’installer à Londres. L’anglais allait devenir la langue usuelle d’Emma qui écrirait tous ses romans directement en anglais. A l’âge de 15 ans, elle s’installe avec sa famille au 162 Great Portland Street, à Londres. J’ai donc décidé, unilatéralement et sans consulter ban et arrière-ban, que, pour moi, Emma Orczy serait une autrice britannique de romans policiers même si elle n’a pas écrit que dans cette catégorie !

 

Bien que baronne, notre chère Emma et son mari étaient fort désargentés et c’est pour cela qu’ils firent de la traduction et qu’elle n’hésita pas à se lancer dans l’écriture. Il faut dire qu’à Londres de nombreux rédacteurs en chefs poussaient leurs journalistes à écrire des nouvelles à la manière de Conan Doyle pour profiter de l’appétence des lecteurs pour ce type d’histoire… C’est ainsi qu’est né « Le vieil homme dans le coin »… Plus tard, elle créa aussi, en 1910, Lady Molly, probablement la première détective de la police dans la littérature policière…

 

Seulement, voilà, elle n’est pas non plus hyper présente dans les librairies de France d’où ma remarque sur les villages du livres et Cuisery en particulier, là où j’ai trouvé mon premier livre de cette autrice… Dès le départ, j’ai été touché par la qualité de son écriture et son humanité… Le vieil homme est dans un coin, certes, mais on a envie de partager quelques instants avec lui, sans aucun doute… Donc, une autrice à découvrir !!!

 

 

 

Soyons honnêtes, son œuvre la plus célèbre n’est pas un roman policier mais le cycle de cape et d’épée, Le Mouron Rouge que l’on trouve beaucoup plus facilement en librairie !

 

Globalement ses romans se vendront bien, elle sera renommée et même assez riche pour devenir propriétaire d’une résidence à Monte-Carlo ! Comme quoi, autrice de romans policiers ce n’est pas si mal que cela alors qu’elle était partie plus rudement et modestement dans la vie… Oui, ne l’oublions pas, ce fut une fille de famille d’émigrés !

 

 

En attendant, puisque l’été c’est fait pour lire, cherchons ses ouvrages, lisons et parlons-en ! Bonne lecture à tous !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 9 août 2019

L'été c'est fait pour lire : La reine des lectrices

L’été c’est fait pour lire et il m’arrive bien souvent de m’interroger : tout cela est-il bien utile ? Lire est-il bien nécessaire à l’être humain ? Faut-il poursuivre ce travail de partage autour des livres ? En fait, l’interrogation a beau être récurrente et insistante, la réponse n’en est pas moins stable, fixe, convaincue, presque obsessionnelle ! Oui, il faut lire, oui, il faut partager autour de ses lectures, oui et sans aucun doute !

 

 

En fait, avant toute chose, lire est une activité humaine qui permet de réaliser ce que nous sommes, ce qu’est un être humain, ce que nous avons en commun dans cette humanité malgré tout ce qui nous sépare, nous les êtres humains… Nous sommes à la fois les membres d’une même humanité – les chrétiens diraient membres d’un même corps – et en même temps chacun d’entre nous est différent. C’est ce qui est fascinant, cette diversité de caractères, de talents, de qualités de toute nature… et cette dignité humaine unique et remarquable ! Et c’est pour cela que le mot « race » est une ineptie. Nous sommes une même espèce humaine qui a beaucoup en commun malgré ces différences qui nous rendent uniques ! Le grand mystère de l’humanité…

 

Alors, la lecture, me direz-vous, que vient-elle faire là-dedans ? Le livre vient donner à chaque fois, quelque soit sa nature, de l’histoire à la fiction, du documentaire à la poésie, du livre illustré à la bande dessinée, une image de cette diversité et cette unité… Le livre nous enrichit de la richesse des autres, nous ouvre aux autres, nous pousse à la compréhension des autres… Et c’est magnifique !

 

Alors, bien sûr, certains livres sont plus forts que d’autres, plus riches, plus universels… mais, chaque lecture de chaque humain est unique aussi donc il ne faut jamais vouloir généraliser dans ce domaine… Notre liberté, notre choix, notre libre arbitre doivent prendre le dessus… Et j’ai même trouvé un petit roman humoristique pour illustrer cela… La reine des lectrices

 

Humoristique ? Oui, parfois l’humour anglais est délicat à traduire et il ne s’agit pas d’un texte où on éclate de rire à chaque page… Par contre, moi qui aime cet esprit britannique depuis longtemps, j’avoue avoir pris beaucoup de plaisir à le lire. Certes, il ne s’agit pas d’un grand livre, de littérature classique impérissable, mais plutôt d’un bon petit livre d’été, celui que l’on est heureux de lire lors d’un voyage en train ou sur une plage au soleil…

 

Le thème est simple, la reine d’Angleterre découvre à 80 ans la lecture. Oui, on avait oublié de lui dire que la lecture faisait du bien… Un peu par hasard, elle ouvre un roman et le miracle se produit… Oui, elle aime lire !

 

Dans ce petit roman, on trouve de nombreux éléments sur la lecture et ceux qui lisent pourront se reconnaitre ici ou là, parfois avec plaisir mais aussi avec une petite pointe d’effroi… Certains se sont ennuyés à lire ce petit opus tandis que d’autres le trouvaient jubilatoire… En fait, je crois que cela dépend de votre perception de la lecture. Vont s’y retrouver surtout ceux qui ne lisent pas pour apprendre, savoir, s’améliorer… Pour plonger dans cet univers assez surprenant, en compagnie d’une reine que l’on connait tous sans la connaitre, il faut juste lire pour le plaisir, lire parce que l’on ne peut pas faire autrement, lire comme d’autres se droguent, comme d’autre courent en forêt, comme d’autres s’ennuient devant leurs petits écrans… Alors, si c’est le cas, vous allez vous amuser !

 

Mais le plus important, dans tout cela, c’est que nous lisions, que nous prenions plaisir à lire et à partager nos lectures car le livre c’est la liberté, le lien, l’humanité incarnée… Du moins, c’est réellement ce que je pense alors, comme l’été c’est fait pour lire, avec ou sans La reine des lectrices, lisez ! Bonne lecture !    

Imprimer - - par Bonnet Michel - 8 août 2019

J'A I LU POUR VOUS : «REVIENS » de Samuel Benchetrit ...

J’A I LU POUR VOUS   : «REVIENS » de Samuel Benchetrit …


De Samuel Benchetrit, j’ai pratiquement tout lu, des Chroniques de l’Asphalte au Coeur en dehors en passant par Chien et La nuit avec ma femme.

Et à chaque fois, cet écrivain m’emporte dans son univers, celui d’un mec un peu branleur, mais aussi drôle, profond, pratiquant l’auto-dérision et décrivant les sentiments d’amour ou d’amitié comme nulle autre.
La 4è de couv. nous dit : «Son fils est parti, son ex-femme le harcèle, son éditeur le presse, des mariées de téléréalité le fascinent, Pline l’Ancien le hante, un canard le séduit, une infirmière bègue le bouleverse … Bienvenue dans le monde tendre et poétique d’un écrivain en quête d’inspiration et d’amour.
Un feu d’artifice tout à tour grave, hilarant et émouvant ».

Dans « Reviens », que je considère comme un hymne d’amour à son fils ado, qui a quitté le cocon familial pour faire le « tour du monde », enfin, le cocon original de son père, qui s’inquiète maladroitement de lui, Samuel Benchetrit raconte sa petite vie d’écrivain en manque d’inspiration, de ses rapports avec son percepteur, son ex-femme qui le harcèle sans cesse, les petites mamys d’une maison de retraite auxquelles il lit, dans leurs chambres, des extraits du livre d’un de ses concurrents qu’il déteste … car il trouve qu’il « chie » des livres …

Mais au-delà de cet amour qu’il porte à son fils, l’auteur parle de toutes les sortes d’amour que l’on porte à nos congénères, aux animaux … et à notre planète ?

Une ode à la vie, en quelque sorte.

Ce livre m’a happée dès la première page, m’a émue, m’a rappelé des situations vécues et m’a beaucoup fait rire, au travers de belles trouvailles littéraires et d’expressions un peu désuètes, n’appartenant qu’à cet auteur.

Je vous recommande cet ouvrage.

Samuel Benchetrit est écrivain, dramaturge, scénariste, réalisateur.
Il est notamment l’auteur de «Le coeur en dehors », « La nuit avec ma femme », les « Chroniques de l’asphalte » et de « Chien », dont il a réalisé le adaptations au cinéma.


Article et photo : Christiane Chapé

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Infos pratiques :

* « Reviens » roman aux éditions Grasset
* Ouvrage imprimé par CPI Brodard et Taupin en juin 2018
* Photo Samuel Benchetrit : Wikipédia déjeuner des nommés aux César du cinéma 2016.
* Prix : je ne le connais pas, livre offert par ma fille, ma conseillère littéraire !!
 
Imprimer - - par christiane chapé - 8 août 2019

L'été c'est fait pour lire : Je sais faire la pâtisserie

L’été c’est fait pour lire et cuisiner aussi Ventre Saint Gris ! Oui, j’aime bien les jurons d’antan et il faut prendre soin d’eux pour les maintenir bien vivants ! Notre patrimoine culinaire, lui aussi, a besoin de notre aide pour ne pas disparaitre trop vite… Pour cela, il faut apprendre car on ne devient pas toque blanche du jour au lendemain…

 

De nombreuses personnes – aujourd’hui, définitivement, la cuisine n’est pas le domaine réservé aux femmes ou aux hommes mais bien un lieu de complémentarité, enfin, c’est bien le cas ici – cherchent à apprendre à cuisiner. En fait, il y a eu entre 1970 et 2000, une légère perte de la transmission et les adultes d’aujourd’hui ne savent pas toujours faire une mayonnaise, réussir une crème anglaise ou surprendre leur petit monde avec un sabayon…

 

Alors que faire ? Si vous vous tournez vers les ouvrages modernes, très tape à l’œil, vous allez faire quelques progrès mais il vous manquera toujours quelques bonnes bases solides… C’est pour cela que je vous invite plutôt à vous tourner vers les grands classiques, indémodables, basiques et précis, et pour la fioriture vous aurez bien le temps après… Par exemple, pour la pâtisserie, il est impératif de passer par le fameux « Je sais faire la pâtisserie » de Ginette Mathiot ! Non seulement l’ouvrage est trouvable d’occasion (l’original date de 1938) mais il a été réédité, adapté, modernisé, donc vous ne pouvez pas passer à côté de cette bible !

 

Ginette Mathiot avait à peine 23 ans quand on est venu lui demander de participer à son premier ouvrage de cuisine. Elle est née en 1907, dans une famille protestante assez austère. On va l’empêcher de faire ses études de médecine, lui interdire au moins sept fois le mariage parce que les « fiancés » n’étaient pas protestants et elle va suivre finalement l’école normale d’enseignement ménager de Paris. Elle enseignera cette discipline toute sa vie finissant inspectrice d’enseignement ménager de la ville de Paris… et auteur de nombreux ouvrages de cuisine !

 

D’ailleurs, sa famille, toujours la même et cela ne devait pas être drôle tous les jours, lui a interdit au départ de signer un contrat au pourcentage avec les éditions Albin Michel pour son premier ouvrage, Je sais cuisiner, donc elle touchera environ 1500 euros (si on convertit approximativement les francs de l époque en euros d’aujourd’hui) alors que le tirage va atteindre des chiffres incroyables, plus de  2 500 000 en 1998, année de sa mort ! Heureusement, elle écrira de nombreux ouvrages, les tirages seront souvent impressionnants et elle enseignera toute sa vie…

 

Mais revenons à la pâtisserie. Je possède son ouvrage de base, acheté 50 centimes d’euros chez Emmaüs (ce n’est pas de la publicité, juste une incitation à faire vivre les livres au-delà de leur première vie), et j’en suis très content pour ces fameuses recettes de bases… et aussi l’originalité de certaines recettes. En effet, contrairement aux idées reçues, on ne manquait pas d’imagination à cette époque : omelette aux abricots, crème à la banane, groseilles à la neige, poires flambantes, beignets d’oranges sans oublier les sirops faits maison bien meilleurs (au goût et pour la santé) que ceux que l’on trouve dans le commerce…

 

Alors voilà le petit ouvrage qu’il faut avoir chez soi, qu’il faut lire l’été puisque l’été c’est fait pour lire mais qu’il faut surtout mettre en application toute l’année pour le plaisir des papilles et le bonheur de vos convives !

 

Bonne lecture et bonne dégustation !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 8 août 2019

L'été c'est fait pour lire : 1 et 1 font 3

L’été c’est fait pour lire, certes, mais quand vous achetez un livre cartonné pour un tout petit lecteur, voire un bébé, vous ne recherchez pas nécessairement un texte de qualité… Parfois, d’ailleurs, vous le regrettez amèrement car quand vous devez lire un ouvrage à voix haute, autant que les mots soient agréables à lire…

 

Néanmoins, parfois, le texte va se ranger paisiblement au second plan, en particulier quand il s’agit d’un ouvrage mettant en valeur la numération… Oui, parfois le livre accompagne l’apprentissage des premiers chiffres et pour cela rien de tel que le très classique : 1 ballon, 2 chaussures, 3 casquettes, 4 verres de lait… Bon, le problème pour « ces ouvrages qui comptent tout seuls », est que généralement l’intérêt pour le lecteur – le jeune comme le prescripteur – est proche de zéro… On frôle l’encéphalogramme plat ! Alors, si le texte ne permet pas d’avancer, regardons au moins le graphisme…

 

C’est ainsi que dans une librairie – oui, il faut que je vous dise que la librairie est un lieu particulier où on peut trouver des livres de qualité et un conseil. Or, il se trouve qu’il en reste encore quelques-unes en France et il faut en prendre soin en les fréquentant le plus souvent possible en fonction de vos envies, de vos désirs et de votre budget (ce que je n’oublie pas, loin de là) – donc, disais-je, dans une librairie avec ma fille, nous sommes tombés sur 1 et 1 font 3, un cartonné d’Iris F. dont le graphisme nous a immédiatement séduit… Je dois dire aussi que mon petit fils de 7 mois a, lui-aussi, été subjugué… C’est le livre qu’il voulait…

 

Iris F. est née en 1981, son père était graveur et sa maman sculptrice. Evidement, avec une telle ascendance, soit elle fuyait les arts à tout jamais soit elle tombait dans la marmite et mijotait pour devenir artiste à son tour… Elle a donc suivi une formation à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris ainsi qu’aux Beaux-arts. Elle ne savait pas trop ce qu’elle ferait, elle absorbait, elle se préparait…

 

À la fin de ses études, elle a été nommée membre artistique à la Casa de Velázquez à Madrid pendant deux ans. Il s’agit d’une des cinq écoles Française à l’étranger, c’est à la fois un centre artistique et un lieu de recherches. Ici, les artistes et les jeunes chercheurs en hautes études hispaniques et ibériques se côtoient au quotidien… C’est une magnifique formation pour un jeune artiste…

 

C’est à ce moment-là qu’Iris rencontre Marie Sellier qui lui fait découvrir le livre jeunesse qui n’est pas une sous littérature mais bien un lieu de création extraordinaire ! Cet ouvrage 1 et 1 font 3 est son second livre…

 

Alors, ce livre est-il particulier ? Oui, en quelque sorte car s’il est avant tout un livre pour compter et il n’y a pas d’âge pour commencer à apprendre à l’enfant la numération… 1, 2, 3… Il faut reconnaitre quelques autres points spécifiques. Tout d’abord, on va compter des pingouins… Attention, on ne compte que les pingouins, le morse qui vient troubler la fête ne compte pas… On ne compte ensemble que les éléments de même nature, principe fondamental de la physique qui doit commencer à entrer très tôt dans les têtes : non, mais, on ne va pas additionner les poules et les cochons, quand même !

 

Deuxième particularité, les textures. L’illustratrice ne propose pas seulement un dessin mais bien un beau travail sur le pingouin avec l’utilisation d’un dessin en noir et blanc et la présence de doré ce qui attire bien l’œil de l’enfant…

 

Enfin, après le 10, objectif de l’ouvrage, il y aura aussi le « beaucoup »… Beaucoup de pingouins sur la banquise – oui, là il y en a encore une – et, bien sûr, beaucoup de bonheur pour le jeune lecteur !

 

Donc, un joli cartonné, 1 et 2 font 3, esthétique, sympathique et fonctionnant bien avec un petit lecteur de sept mois… Comme l’été c’est fait pour lire, comme il n’y a pas d’âge pour lire, bonne lecture à tous !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 6 août 2019

L'été c'est fait pour lire Hercule Poirot

L’été c’est fait pour lire et rien de tel qu’un bon polar pour récupérer de sa fatigue de l’année. Attention, je ne parle pas d’un polar banal, non, juste d’un bon bouquin, de ceux qui apaisent… Oui, chez moi, le bon roman policier apaise, même si cela peut vous surprendre. Mieux, le nec plus ultra, reprendre un bon roman d’Agatha Christie avec comme enquêteur un certain Hercule Poirot…

 

 

Alors, je sais bien que certains d’entre vous sont agacés par ce personnage trop imbu de sa personne et je les rassure, c’est bien normal, Agatha Christie elle-même était lassée par ce Belge… Mais, je vous l’avoue bien simplement, moi, j’aime beaucoup…

 

Pour ceux qui ne connaitraient pas du tout Hercule Poirot – cela doit exister même si avec la série TV je ne suis pas certain qu’il y en ait beaucoup – commencez par une nouvelle comme L’express de Plymouth. Ce texte était un petit récit indépendant (1923) qui a été inclus dans un recueil en langue française en 1979, Le bal de la victoire. Par contre, cette nouvelle a été la base du roman Le train bleu (1928)…

 

Pourquoi cette nouvelle ? Tout simplement parce qu’elle livre tous les éléments clef des enquêtes d’Hercule Poirot. On y croise Hasting, le narrateur attitré, Japs, le policier de Scotland Yard pas toujours lumineux, ces deux personnages étant bien les faire-valoir d’Hercule Poirot. On y voit Hercule Poirot à l’œuvre, du moins, on ne voit pas grand-chose puisque tout se passe dans sa tête avec ses « chères petites cellules grises »…

 

Enfin, on comprend à la fin comment chaque petit détail est venu se glisser au bon endroit et donner du sens et de la certitude à l’explication finale d’Hercule Poirot… Son raisonnement, son sens de l’observation, sa logique, sa déduction… Tout est incroyable et on n’avait rien vu venir…

 

Ceci étant, Agatha Christie a un jour décidé de faire disparaitre ce personnage. Elle a écrit son dernier roman avec hercule Poirot et elle a fait en sorte que le roman soit publié post-mortem… Et après ?

 

Fallait-il reprendre le personnage d’Hercule Poirot d’Agatha Christie pour en prolonger la vie et les enquêtes. Cette question mérite d’être posée indépendamment de la qualité reconnue ou pas aux romans de Sophie Hannah !

 

En effet, Agatha Christie, contrairement à de nombreux auteurs a, elle-même, écrit ce qu’elle considérait comme la dernière enquête d’Hercule Poirot, comme elle l’a fait aussi pour son héroïne fétiche, Jane Marple. Ces deux derniers romans, « Hercule Poirot quitte la scène » et « Dernière énigme » avaient été enfermés dans un coffre pour être publiés de façon posthume. Cela signifiait, du moins pour moi, deux choses. D’une part, elle ne souhaitait pas spécialement une vie ultérieure pour ses héros et d’autre part qu’elle voulait mettre elle-même en scène la fin de ses personnages.

 

Précisons tout de suite pour être clairs que le dernier aspect a bien été respecté car les nouvelles enquêtes d’Hercule Poirot se déroulent dans une période de sa vie où il ne se passait rien. Ce sont des insertions et non un prolongement…

 

Mais quelles furent les motivations des héritiers d’Agatha Christie quand ils se sont mis en recherche d’un auteur ou une autrice pour reprendre le personnage d’Hercule Poirot ? Malheureusement, la première réponse qui nous vient à l’esprit est d’ordre financier. Agatha Christie, du moins son œuvre, arrive à grande vitesse dans le domaine public. Prolonger ses aventures c’est garder la main sur le personnage, faire perdurer la poule aux œufs d’or, rester maitre d’œuvre ! D’autant plus qu’ils ont donné accès à la romancière à de nombreux carnets et notes de la « reine du crime ». Ils ont tout fait pour que l’aventure continue, que les rentrées d’argent ne se tarissent pas, que les lecteurs soient toujours au rendez-vous y compris pour les œuvres originales…

                                          

Pour autant, quel regard porter sur les trois romans de Sophie Hannah ? Sont-ils bien écrits ? Globalement, oui ! Bien construits ? Oui, sans aucun doute ! Poirot est-il crédible ? Plus complexe à répondre, oui, c’est bien Poirot mais on sent que l’auteur n’arrive pas à bien doser le caractère : il ne faut pas en surajouter mais il faut que Poirot reste Poirot… Personnage à sa mesure, Agatha Christie était peut-être bien la seule à pouvoir actionner un tel personnage !

 

 

Les lecteurs s’y retrouvent-ils entièrement ? Encore plus délicat… Pour moi, ces trois romans on le goût d’Agatha Christie, sa saveur, son odeur… mais on sent bien que c’est une copie… Comme s’il manquait une âme à ses personnages…

 

Alors, comme l’été c’est fait pour lire, si vous avez déjà lu tous les romans d’Agatha Christie, si vous voulez prolonger quelques heures la présence de votre héros préféré, alors, sans en attendre trop, vous pouvez lire Meurtres en majuscules, La mort a ses raisons et Crimes en toutes lettres… Mais, vous pouvez aussi relire certains romans comme, à votre choix, La mort dans les nuages, Meurtre en Mésopotamie, Mort sur le Nil, Je ne suis pas coupable

 

 

Alors, bonne lecture !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 5 août 2019

J'AI LU POUR VOUS : « LE MAITRE DES ABEILLES » d'Henri Vincenot ...


Bon ... je suis une privilégiée parce que privilâgée !! ... car j'ai connu Henri Vincenot ...

Je l'ai, parce dijonnaise, souvent rencontré -bien avant ses passages à la télé chez Pivot- dans sa galerie de la rue Vauban à Dijon, où il exposait ses œuvres picturales, des aquarelles magnifiant notre belle Bourgogne mais aussi au Musée de la Vie Bourguignonne, où ses sculptures de bois sont exposées.

Car, Henri Vincenot, multipliait les talents : ingénieur à la SNCF, dessinateur, peintre, sculpteur, musicien, écrivain ... et conteur.

Un conteur qui roulait les « R » comme nous savons si bien le faire en Bourgogne.

J'ai eu envie, en cette période estivale, de me replonger dans une de ses œuvres, et j'ai choisi -en poche à prix réduit dans une librairie chalonnaise- : LE MAITRE DES ABEILLES.

La 4ème de couv. nous dit : « « Le Bourguignon de Paris Louis Châgniot assiste en rêve à l'effondrement de sa vieille maison familiale. Il y voit un signe prémonitoire et décide de «vivre sa vie». Il retourne à Montfranc-le-Haut, avec son fils Loulou, étudiant à la dérive, toxicomane. Il retrouve dans son village natal une pléiade de personnages hauts en couleur, que domine la figure de Balthazar, le maître des abeilles. Celui-ci fera découvrir à Loulou à la fois les valeurs fondamentales de l'existence et l'amour, en la personne de la radieuse Catherine. Tout le roman se passe pendant la semaine sainte, au moment de l'explosion du printemps, ce qui permet à Vincenot de marier l'ancienne culture païenne et la spiritualité chrétienne, et de célébrer ainsi pleinement sa Bourgogne, de nous en communiquer jusqu'à la sensation physique » ».

L'enchanteur Henri Vincenot bourdonne à mes oreilles tout au long des chapitres de ce livre par ses mots simples et son bon sens paysan.

Lorsque j'entends parler de « permaculture » aujourd'hui, je bondis face au snobisme des mots ... parce que nos anciens, et la famille d'Henri Vincenot, cultivaient leurs jardins à la « naturelle » ... et mangeaient ce qu'ils récoltaient ... le fruit de la terre ... la leur ... la bourguignonne.

Par amour pour un de ses fils, toxicomane, et pour lui offrir une vie plus saine, il quitte la ville pour investir la maison de ses ancêtres, là-bas, en Bourgogne ... son fils, qui sera sevré grâce à Balthazar, le Maître des abeilles et ses potions naturelles et magiques.

Quoi de mieux que la nature gorgée de soleil et ses bienfaits gratuits pour se refaire une santé et de ré-ancrer dans la vraie vie ?

Une belle balade, de surcroît, dans cette Bourgogne, au travers des mots de Vincenot qui la connaît à fond et l'aime tant, qui parle, sous ses airs bourrus, de solidarité et d'amour.

La paysannerie ça se mérite !

Une histoire truculente que je vous recommande ... mais c'est vous qui voyez !

Il est à noter qu'Henri Vincenot, natif de Dijon, a vécu dans la maison familiale de la rue des Perrières, qu'il a été employé à la gare de Louhans où il ne s'est pas vraiment plu -il quittait son emploi, quelques fois ... souvent ... pour aller pêcher et retrouver son amoureuse-, et qu'il a vécu pendant de nombreuses années, une jolie maison familiale à Commarin, proche du château du village, où il était copain avec le fils du châtelain ... la maison de ses parents.

La Sienne, maintenant inoccupée à Commarin, est visible au bout du village, avec une plaque commémorative apposée sur sa façade ...

Profitez de votre balade dans la vallée de l'Ouche pour visiter ce joli village bourguignon, le château, la rivière et les jolies petites communes alentour ... et Châteauneuf-en-Auxois ... village typique par son architecture médiévale dominant l'Auxois.

Henri Vincenot, né à Dijon en 1912 est décédé dans sa ville en 1985.

Il repose dans le jardin de la « Peurrie », une ruine, dans les bois de La Bussière-sur-Ouche, qu'il a retapée avec sa famille, aux côtés de sa femme et de son fils, restaurateur, décédé avant lui, sous des tombes celtes.

Une promenade recueillement que je vous recommande vivement ...

La tempête de 1999 a un peu bouleversé les lieux ... mais l'amour du Maître vous conduira tant bien que mal à la Peurrie ... et à ses tombes celtes.

LE MAITRE DES ABEILLES ... un livre à mettre entre toutes les mains ...

N'ayez crainte, il ne pique pas !

Les abeilles non plus ... d'ailleurs.


Article : Christiane Chapé

 
Imprimer - - par christiane chapé - 5 août 2019

L'été c'est fait pour lire, : La cuisine crétoise

L’été c’est fait pour lire mais, c’est comme ça, vous, vous voulez découvrir Héraklion, visiter Knossos, marcher sur les lieux de la mythologie grecque, revivre les grandes amours de Zeus et vous baigner dans la mer Méditerranée… Bien sûr, vous ne seriez pas trop opposés à suivre le régime local, à perdre quelques kilos et revenir sveltes et bronzés… Seulement, voilà, vous êtes un peu écolos, l’avion est donc hors de vos propos et rejoindre la Crète à la nage n’est pas de votre âge… Alors, puisque l’été c’est fait pour lire et cuisiner pour vos amis, ouvrons ensemble Cuisine crétoise des éditions Artémis…

 

 

 

Oui, je sais, vous allez encore râler car le livre est difficile à trouver… D’accord, mais c’est ainsi et quand un livre est à mon goût – surtout en cuisine – je ne le change pas toutes les semaines même s’il existe plus récent, plus cher, plus compliqué… Là, au moins, c’est simple et les résultats sont conformes aux photographies de du livre… Non, mais…

 

Alors partons vers cette Crète dont on vante tant les vertus culinaires, ce régime crétois qui nous garantirait la santé éternelle… Bon, soyons honnêtes dès le départ, avec ou sans régime crétois, avec ou sans effort à table, on finit tous par mourir un jour… Le seul avantage du régime crétois c’est de mourir après avoir mangé, dégusté et pris plaisir à sentir des marinades incroyables, des salades à l’huile d’olive odorante et gouteuse, des poissons frais – surtout s’ils viennent bien de la Méditerranée – et toutes sortes de bonnes choses qui peuvent parfois nous sembler exotiques… Pourtant, Crète, c’est presque notre voisine !

 

Une petite pensée – malheureusement difficile de faire beaucoup plus même si le simple fait d’en parler met un peu la pression sur nos gouvernants européens – pour tous ceux qui depuis quelques années se noient dans la Méditerranée car fuyant leur pays et exploités par tous les brigands qui leur promettent le passage en sécurité sur cette mer intérieure… Certains se noieront cet été dans l’indifférence totale… Pire, accompagnés par la haine de certains… Alors que ces îles grecques servent aux plus chanceux de lieux de villégiature…

 

Revenons à notre régime crétois gastronomique de l’été, fait chez nous, à offrir, pourquoi pas à des migrants… Pour rester aux légumes de saison, je vous propose une salade, celle qui a fait la renommée de l’île, avec mesclun, concombre, feta, tomates cerises, olives noires et, bien sûr, huile d’olive !  

 

Pour ce qui est d’un plat chaud de saison – que l’on peut compléter, pour les carnivores, de brochettes d’agneau ou de poulet – on peut s’offrir des courgettes farcies au caviar d’aubergines et riz. J’aime bien cette idée car souvent on manque d’imagination quand on parle courgettes – enfin sauf ceux qui ont suivi mon conseil de lecture et cuisinent avec Courgettes, je vous aime de 83 façons… – car les courgettes peuvent se farcir de multiples façons et résistent très bien au four (gardez la peau non d’une pipe en bois !). De plus, comme c’est aussi la saison des aubergines, d’une pierre deux coups, faites vous plaisir autrement qu’avec votre traditionnelle ratatouille ! En plus, dans cette recette, un peu de poivron, de l’échalote, de la mozzarella et de l’huile d’olive… Cette sainte huile d’olive !

 

Enfin, pour le dessert, j’ai retenu que bien souvent dans ces pays quelques fruits suffisent et sont à la hauteur de nos attentes. Néanmoins, pour ceux qui veulent faire un peu plus festif, tentez la poêlée de fraises au basilic et olives noires confites… Surprenant au départ, juste délicieux après…

 

Bon, après un tel voyage, relisez votre mythologie grecque dans votre version préférée et vous aurez fait un beau voyage sans bouger de votre logement… C’est beau de lire durant l’été… Non ! Alors bonne lecture et n’oubliez pas de m’inviter pour la dégustation crétoise !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 3 août 2019

L'été c'est fait pour lire : Valois et Reine Margot

L’été c’est fait pour lire et souvent c’est un film, une série TV, une discussion, une rencontre, une exposition… qui ouvrent l’envie de lire un ouvrage ! Surtout quand il s’agit d’un livre historique, d’une biographie, d’une fresque historique ou d’une saga romancée sur fond historique. Vous ne vous levez pas le matin, de bonne humeur, en affirmant avant même d’avoir bu une gorgée de café : « ce soir je vais lire une biographie de Marie Stuart » ! Non, je sais, vous êtes comme moi, il nous faut des circonstances, tout simplement ! Des aides à la décision…

 

 

 

Heureusement, en tous cas pour certaines périodes historiques, la télévision peut nous être d’une aide incontournable… Par exemple, elle aime beaucoup rediffuser La Reine Margot de Patrice Chéreau… La première fois que je l’ai vu – ce film date de 1994 – j’ai éprouvé le besoin, juste après le film, de me replonger dans l’histoire, celle avec un grand H. Certes, je n’ai rien à redire sur le film lui-même, si ce n’est qu’il n’est pas déconseillé au public de moins de 12 ans ce qui serait parfaitement justifié compte tenu, entre autres, des scènes du massacre de la Saint-Barthélemy… Passons sur cela, mais aussi sur les fantaisies de Dumas et celles de Chéreau, après tout un film est un spectacle non un récit historique, et revenons-en à ce que nous savons de cette époque très importante de notre histoire…

 

Précisons tout de suite de façon à être clair, La reine Margot est une adaptation d’une fiction de Dumas. Donc, déjà au départ, c’est un roman historique. Qui plus est, Patrice Chéreau l’adapte au cinéma, c'est-à-dire qu’il va bien en retenir que ce qu’il considère, lui, comme indispensable… Il va trahir Dumas qui lui-même avait trahi l’histoire… Alors, maintenant, tournons-nous vers l’historienne…

 

Janine Garrisson est une historienne, professeure d’histoire réputée, auteure confirmée et protestante de surcroît, ceci étant dit pour dire qu’elle ne peut pas être suspectée d’embellir l’histoire pour faire plaisir aux catholiques. Elle a écrit plusieurs ouvrages sur la question, dont un sur le massacre lui-même et une biographie sur la reine Marguerite de Valois, la fameuse reine Margot. J’ai choisi Les derniers Valois, présentation des derniers membres de la famille Valois car c’est certainement l’ouvrage le plus simple pour donner quelques repères sur l’ensemble de cette période.

 

 

 

Tout commence avec le règne d’Henri II, du moins sa fin, c’est à dire au moment où le roi Henri II meurt et que la France s’apprête à vivre une période chaotique. Rappelons que le roi Henri II est mort bêtement lors d’un tournoi à l’âge de 40 ans… Il laisse sa femme, Catherine de Médicis, et ses enfants pour gérer la France…

 

On a tout d’abord un jeune roi qui ne reste que le temps de mourir, François II, puis Charles IX qui devient roi alors qu’il est encore à l’âge d’aller jouer avec ses amis et non de s’occuper du royaume. Roi à 10 ans, sacré à 11, il reste toute sa vie sous la tutelle de sa mère, la fameuse Catherine de Médicis… Mais tout cela n’aurait été qu’un événement mineur si la période n’avait pas été, en plus, celle de la Réforme qui va se transformer en guerres de religion.

 

Quand on lit cet ouvrage consacré à cette famille maudite qui n’aura pas apporté grand chose à la France, on mesure que la fameuse Margot, celle que certains osaient appeler la putain royale, fut quand même celle qui a le plus marqué la France. En effet, dans un premier temps, son mariage avec Henri de Navarre marque le début d’une normalisation des rapports entre catholiques et protestants, malgré cet horrible massacre de la Saint-Barthélemy. On notera que durant le massacre elle se fait effectivement repérer comme protectrice de quelques protestants, à commencer par son époux. Après des jours sombres pour elle, puisqu’elle sera exilée, emprisonnée et divorcée de force, la voilà qui termine sa vie à la cour de France où elle aide la seconde épouse d’Henri IV à se familiariser avec l’étiquette, elle qui mit tant de temps à l’accepter. Ironie du sort, elle survivra même à son époux assassiné par un certain Ravaillac en 1610…

 

Entre temps, on aura le dernier fils de Henri II à devenir roi, Henri III, qui vivra des temps très difficiles, qui sera accompagné de ses mignons et qui mourra assassiné par un moine affilié à la Ligue, un certain Jacques Clément, le 2 août 1589… Il y a juste 430 ans…

 

 

 

Cet ouvrage historique, Les derniers Valois, est très plaisant à lire et il sera, peut-être, pour vous l’occasion de découvrir une historienne qui mérite d’être plus connue. Je vous recommande deux autres ouvrages qu’elle a écrits sur la même période et qui peuvent vous apporter des éclairages complémentaires : Marguerite de Valois et L’Edit de Nantes.

 

Et comme l’été c’est fait pour lire… Bonne lecture !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 2 août 2019

L'été c'est fait pour lire : Croc-Blanc

L’été c’est fait pour lire et il est parfois délicat de vouloir allier lecture pour les enfants et grands classiques car, du moins c’est ce que je pense, un roman classique n’est pas fait pour être coupé, résumé, pulvérisé… le résultat n’étant que la présentation de quelques pages fades et insipides… Aussi, quand il faut quand même trouver un livre pour enfant, je préfère ceux qui construisent une adaptation avec respect de l’œuvre originale. Bien sûr, adapter c’est toujours trahir mais on peut le faire avec beaucoup de considération pour le créateur et son travail…

 

 

Lorsque j’étais jeune, je n’ai jamais lu le roman de Jack London, Croc-Blanc. Je ne vais donc pas vous faire croire que c’est un grand roman qu’il faut faire lire à tout le monde. Par contre, je peux dire qu’il a déjà été adapté au cinéma plus de dix fois et que la dernière version date de 2018, que c’est un film d’animation de qualité et que de nombreux jeunes sont allés le voir… L’histoire est donc entrée, au fur et à mesure, depuis 1906 date de la publication aux Etats-Unis, dans l’imaginaire des gens, des jeunes et des moins jeunes… jusqu’à toucher un certain Antoine Guilloppé !

 

Antoine Guilloppé ? Oui, un auteur jeunesse dont je vous ai déjà parlé car il a écrit/dessiné un magnifique ouvrage pour les enfants, Loup noir, en 2004. On avait pu voir alors le talent graphique de ce dessinateur qui s’était lancé dans un album sans texte. Le loup était magnifique de vie et l’histoire était très prenante et touchante même si l’album n’était pas si simple à lire à ses enfants, petits-enfants et autres jeunes lecteurs…

 

 

Ici, dans Croc-Blanc, il va s’appuyer sur un texte d’Arsène Lutin (pseudonyme d’un écrivain français) qui propose ici une version très simplifiée du roman de London mais qui respecte tous les éléments essentiels de l’œuvre originale. Croc-Blanc – pour ceux qui ne connaitraient pas du tout l’histoire – est un chien-loup. Cet animal sera d’abord adopté par un Indien, puis vendu à un homme blanc violent qui va élever ce chien-loup au combat puis, enfin, récupéré par un homme qui lui fera découvrir une autre vie, celle où la tendresse a sa place…

 

Bien sûr, on comprend très vite que l’histoire ne parle pas seulement des chiens-loups mais d’un autre animal à deux pattes, qui marche droit et qui se croit civilisé, surtout quand il règne avec violence… C’est donc une façon de faire entrer l’enfant à la fois dans la violence humaine – bien réelle – mais aussi dans la démarche du cœur, celle de la non violence, celle qui peut changer le monde…

 

Oh, ni le roman ni l’adaptation en album jeunesse ne sont aussi directifs et moralisants. Mais, tout dans le dessin remarquable d’Antoine Guilloppé nous pousse dans ce sens. Les dessins sont expressifs, parfois en ombres comme dans Loup noir, et les enfants sont saisis par cette histoire, ces personnages, cette vie dure et cruelle… A la fin, quand Collie et Croc-Blanc vivent heureux avec leurs enfants, la paix redescend sur eux…

 

Attention, il ne s’agit pas de croire que dans cette histoire, ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants… Il s’agit de voir que le loup, qui sommeille en nous, peut se réveiller mais aussi se maitriser, se dompter, s’apprivoiser… C’est seulement à ce prix que la vie peut devenir plus belle, pas simplement parce que vous avez des enfants… Non, mais…

 

Bon, puisque l’été c’est fait pour lire, les grands classiques, comme Croc-Blanc, restent des bonnes références, même en bande dessinée… Alors, bonne lecture !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 1 août 2019





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