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Entre-nous : parlons livres

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A Chalon l'été c'est (aussi) fait pour lire !

L'été c'est fait pour lire !

En fait, ce n'est ni un souhait, ni un cri du cœur, ni une publicité pour un libraire ou un autre, c'est un fait objectif et amical que nous fait partager Michel Bonnet depuis quelques années et qu'il va reprendre encore durant cette période estivale...

Lacie Slezak
   Photo Lacie Slezak

La lecture est l'occasion de se détendre, de découvrir, d'apprendre, de passer le temps, de trouver une activité ludique, lucrative, hygiénique, éducative, familiale, touristique... Bref, de vivre, tout simplement !

A travers la présentation d'un ouvrage par jour durant tout l'été, Michel Bonnet vous emmène dans son univers livresque avec simplicité. Laissez-vous tenter et accompagner, vous ne risquez rien, si ce n'est de passer quelques heures à lire...

Tous les livres ne seront pas des nouveautés car Michel nous a appris à dépoussiérer certains auteurs, à mélanger les genres, à oser ouvrir un livre pour enfant, à lire de la bande dessinée. Bien sûr, chaque présentation sera suivie de vos commentaires et vous pouvez même relever le défi et présenter vous-mêmes vos lectures d'été, qui sait, Michel Bonnet sera peut-être le premier à les lire...

Allez savoir ?

Attention, l'été c'est fait pour lire, c'est à partir du 21 juin, évidemment !

Certains lisent les chroniques, d'autres préfèrent les écouter... A chacun selon ses goûts et ses habitudes !

Il semblait assez logique de vous permettre de l'écouter de temps en temps.
Une des radios qui la diffuse vous donne la possibilité d'écouter la chronique sur Internet :

http://www.rcf.fr/radio/rcf21/emission/636200

Pour envoyer un conseil de lecture vous aussi cliquer sur "Envoyer VOS INFOS ICI"  à droite de ce texte - Pour réagir à un message cliquer sur "Réagir" sous chaque article

 

 

Vive les livres en chalonnais ce week-end !

Foire aux livres d'occasion d'Amnesty International Chalon et Alternalivres le 11 à Messey-sur-Grosne. Après les journalistes, les économistes, les politiques force est de constater que les critiques littéraires sont de plus en plus villipendés. Internet et les échanges d'opinions sont passés par là encore. Est ce pour le meilleur ou pour, comme pour d'autres sujets, réunir le plus de gens possible autour du plus petit dénominateur commun. Question d'économie sans doute. Pas sur que l'audace et la créativité en sortent grandis ?

En attendant on peut encore faire confiance aux amoureux du livre à Chalon et Messey et aussi faire une bonne action.

 

Foire aux livres d'occasion d'Amnesty International Chalon
Plusieurs milliers d'ouvrages (romans, poches, livres « jeunesse », BD...) seront proposés à la vente à des tarifs attractifs. Le bénéfice de cette foire est destiné à financer les actions du groupe, et de la section française, en faveur de la défense des droits humains à travers le monde.



 
Alternalivres, avec Pef
Lectures, rencontres, projections

 
 
 
Imprimer - - par @La rédaction - 8 nov 2018

LITTERATURE ET NOSTALGIE ... « Les Veillées des Chaumières » crée en novembre 1877


Les Veillées des chaumières est une publication hebdomadaire de 60 pages, créée en novembre 1877 par l'éditeur Henri Gautier, puis acquise en 1994 par les Éditions mondiales, et aujourd'hui publiée par les éditions Mondadori.



Elle perpétue depuis l'origine la tradition du roman feuilleton, et édite par ailleurs des poésies et articles à coloration culturelle, notamment liés au patrimoine français et international.

La rubrique " Causerie" signé par Tiburce passe en revue les informations régionales, nationales et internationales récoltées ici et là dans tous les domaines qu'ils soient culturels, sociaux, financiers, industriels et politiques ... par exemple en 1907, on s'inquiète de l'état de santé de l'Empereur d'Autriche et du devenir de l'Europe et d'une probable guerre mais aussi des grandes inondations qui se produisent dans le Sud de la France.

Le lectorat est essentiellement féminin, et majoritairement senior.

Depuis l'année 2016, la revue est exclusivement diffusée par abonnement.

Entre 1886 et 1894, elle tirait à 75 000-80 000 exemplaires à chacune de ses parutions.

Cette revue à la connotation « désuète » … connaît encore à ce jour un vif succès de lecture … et pas seulement dans les maisons de retraite …

Son actualité, sa rubrique nostalgie, son dossier expositions, le billet d’Hélène, les nouvelles, le monde chrétien, l’agenda médical, le feuilleton … les jeux de la semaine, les bonnes histoires de Fernande Huc, les poésies des lecteurs, la rubrique « femme d’exception », la bonne cuisine, en visite, le musée en clair, le muée des veillées … autant de rubriques variées et joyeuses qui comptent pour ses nombreux abonnés …


Article et photos : Christiane Chapé

 
Imprimer - - par christiane chapé - 17 oct 2018

J'ai lu pour vous : « Le camélia de ma mère » d'Alain Baraton ...


Alain Baraton, jardinier et chroniqueur, je l’écoute avec délectation dans ma radio préférée, parler de la nature et donner quelques conseils pour que nos terrasses et jardins soient beaux et sentent bon.

Alain Baraton, je l’ai rencontré au salon du livre d’Autun, accompagné de son compère, Alain Bougrain-Dubourg, et je l’ai trouvé -les ai trouvé- sympathique, simple d’abord et chaleureux.

Ils ont même accepté de faire un selfie avec ma pomme … flétrie !!

J’ai adoré le livre qu’Alain Baraton a écrit sur sa désolation à la suite de la tempête de 1999, qui avait détruit de vieux arbres centenaires dans le parc du château de Versailles.

Dans « Le camélia de ma mère », la 4ème de couv. nous dit : « Alain Baraton, aussi talentueux conteur que jardinier, évoque ce qui fut à l’origine de se vacation : un camélio offert à sa mère, qui a marqué à jamais son imagination.

Dans la maison de son enfance, on découvre le jeune Alain entretenant passionnément le jardin familial. Plus tard, la maison est devenue château, et le jardin, un parc : celui de Versailles, où il exerce son métier avec le même amour. »

Moi qui suis une amoureuse des jardins et ai … quelque peu la main VERTE, j’ai adoré ce petit livre à déguster sans modération en gratouillant la terre de son jardin ou en remportant quelques lavandes de jardin sur sa terrasse.

Un livre qui nous recentre à l’essentiel : la nature et ses bienfaits.


Article et photo : Christiane Chapé

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Infos pratiques :

* « Le Camélia de ma mère » aux éditions Feryane dans la rubrique « témoignages » au prix de 16€
* En large vision pour les hôpitaux, maisons de retraite et foyers logements
* Mise en page : « Le vent se lève »
* Dépôt légal janvier 2018
 
Imprimer - - par christiane chapé - 3 oct 2018

J'ai lu pour vous : « L'HERITIERE DES FAJOUX » de Sylvie Baron


Sylvie Baron, que l’on pourrait classer dans la rubrique roman du terroir, s’avoisinant avec Françoise Bourdin, voir Françoise Bourdon … ajoute à ses récits, des énigmes policières régionales tenant en haleine le lecteur … jusqu’à une fin que l’on n’imagine pas toujours.

Telle est sa différence, ne reniant pas pour autant, les livres des sus-citées qui me font voyager, rêver … et imaginer un monde meilleur.

Emprunt souvent de bons sentiments et d’amour … manquant, parfois, souvent … à notre société actuelle …

La 4ème de couv. nous dit : « « A la mort de son père, lors d’un accident de débardage dans la petite scierie familiale auvergnate, Marie, qui résidait depuis vingt ans au Québec, décide de revenir sur sa terre natale, l’Aubrac.
Elle y voit la possibilité d’un nouveau départ après une crise conjugale.
Sa fille, Flore, âgée de 18 ans, l’accompagne afin de découvrir ses racines.
La reprise de l’affaire familiale se révèle difficile. Aidée par ses amis d’enfance, Marie se bat sur tous les fronts dans un univers dominé par les hommes.
Elle doit se familiariser avec un dur métier qu’elle apprend petit à petit à maîtriser pour faire face à la convoitise des grosses scieries industrielles.
Alors qu’elle reprend goût à la vie, Marie commence à soupçonner que le décès de son père n’était peut-être pas accidentel.
Menant sa propre enquête, elle comprend qu’elle est étroitement surveillée ... » »

A partir de ce résumé, une intrigue s’installe sur les hauts plateaux de l’Aubrac, un pays rude occupé par des paysans abrupts, qui permet au lecteur de découvrir la vie rurale des forestiers, des querelles et intrigues non résolues, des crimes non élucidés … et toute la vie d’une région de taiseux qui font passer le travail de la sylviculture avant les sentiments propres et personnels …

Et qui cachent parfois, souvent … la vérité vraie … celle qui bouleverserait la vie de toute une vallée !!!

Ne rien dire vaut-t’il mieux qu’affronter ??

Un livre à lire sans modération … pour s’évader, apprendre, découvrir le monde des scieries, des forêts, des entourloupes entre propriétaires terriens … et réfléchir sur la sauvegarde du patrimoine régional face à la grosse machine de la mondialisation !!

Article et photo : Christiane Chapé

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* Sylvie Baron, professeur agrégée, passionnée de littérature et amoureuse de la nature, a élu domicile dans la Haute-Auvergne.
En émule talentueuse des reines du crime anglo-saxonnes, elle signe des thrillers captivants ancrés dans une campagne française pleine de charmes et de secrets.

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* L’héritière des Fajoux aux éditions « France de toujours et d’aujourd’hui » chez Calman Lévy
* www.calmann-levy.fr
 
Imprimer - - par christiane chapé - 30 sept 2018

L'été c'est fait pour lire ... mais c'est terminé !

L’été c’est fait pour lire, chronique estivale qui est destinée à la radio et Internet à pris fin. Cela ne signifie d’ailleurs nullement un arrêt des lectures et des présentations de livres, seulement que le rythme deviendra plus souple, plus libre…

 

 

Merci à tous ceux qui ont lu, commenté, partagé… Au total, 93 chroniques – sans compter quelques compléments – ce qui signifie aussi de nombreux ouvrages lus dans la période de mars à août… Mais, pour moi, lire est un plaisir, donc pas trop de souci !

 

Je sais que certains ont regretté qu’il y ait trop de bandes dessinées, trop de livres de cuisine ou trop de classiques… C’est comme cela, on ne peut pas plaire à tout le monde et il en faut pour tous les goûts. J’espère quand même que chacun aura trouvé là au moins une bonne idée de lecture… D’ailleurs, dites-moi le résultat : que vous ayez aimé ou pas, c’est tellement passionnant de voir ce que les autres ont trouvé dans les livres que l’on a aimés… Parfois, heureusement, nous avons des sentiments à l’opposé et c’est bien pour cela qu’il faut se battre pour que nous gardions la diversité dans l’édition… Attention, c’est bien un véritable combat !

 

 

En attendant, de nombreux évènements vont venir rythmer notre vie de lecteurs et vous pouvez vous préparer à des présentations multiples de bandes dessinées car dans quelques jours, c’est le festival Quai des bulles à Saint-Malo où je serai avec 8 étudiants !

 

A très vite !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 23 sept 2018

A Chalon l'été c'est (aussi) fait pour lire se termine bientôt...

L'été c'est fait pour lire ! Et l'été touche à sa fin...

En fait, ce n'est ni un souhait, ni un cri du cœur, ni une publicité pour un libraire ou un autre, c'est un fait objectif et amical que nous fait partager Michel Bonnet depuis quelques années et qu'il va reprendre encore durant cette période estivale...

Lacie Slezak
   Photo Lacie Slezak

La lecture est l'occasion de se détendre, de découvrir, d'apprendre, de passer le temps, de trouver une activité ludique, lucrative, hygiénique, éducative, familiale, touristique... Bref, de vivre, tout simplement !

A travers la présentation d'un ouvrage par jour durant tout l'été, Michel Bonnet vous emmène chaque été dans son univers livresque avec simplicité. Laissez-vous tenter et accompagner, vous ne risquez rien, si ce n'est de passer quelques heures à lire...

Tous les livres ne sont pas des nouveautés car Michel nous a appris à dépoussiérer certains auteurs, à mélanger les genres, à oser ouvrir un livre pour enfant, à lire de la bande dessinée. Bien sûr, vous pouvez même relever le défi et présenter vous-mêmes vos lectures d'été, qui sait, Michel Bonnet sera peut-être le premier à les lire...

Allez savoir ?

Attention, l'été c'est fait pour lire, depuis le 21 juin, et jusqu'au 23 septembre en 2018 ! Retrouvez toutes les publications dans Parlons LIVRES et  Bande-dessinée

Certains lisent les chroniques, d'autres préfèrent les écouter... A chacun selon ses goûts et ses habitudes !

Il semblait assez logique de vous permettre de l'écouter de temps en temps.
Une des radios qui la diffuse vous donne la possibilité d'écouter la chronique sur Internet :

http://www.rcf.fr/radio/rcf21/emission/636200

Pour envoyer un conseil de lecture vous aussi cliquer sur "Envoyer VOS INFOS ICI"  à droite de ce texte 

 

Imprimer - - par @La rédaction - 23 sept 2018

L'été c'est fait pour lire même si les chants son insensés

L’été c’est fait pour lire et dans les derniers jours de l’été j’ai ouvert, un peu par hasard, un ouvrage d’Henri Troyat, Le chant des insensés. Je sais que cet académicien ne fait pas, encore aujourd’hui, l’unanimité. Il fut parfois soupçonné de plagiat ou d’être trop nostalgique de l’ancien régime russe, la grande époque des tsars. Attention, Henri Troyat ne minimise pas les excès du régime, la misère du peuple russe ou la violence qui peut régner à Moscou ou Saint-Pétersbourg… En fait, Henri Troyat se plait à raconter la Russie en slave, avec nostalgie, avec tristesse, avec des mots choisis et enchanteurs et c’est ce qui donne ce sentiment profond et attachant : avec ce romancier on devient Russe !

 

Par ailleurs, ma mère m’a transmis deux choses : un, l’amour de la Russie par la littérature et la musique, par sa façon de raconter comment elle avait découvert cet univers lors d’un voyage à Moscou et en Ouzbékistan à l’occasion d’un congrès du pétrole dans les années soixante-dix ; deux, la lecture des romans d’Henri Troyat avec, tout particulièrement, le cycle romanesque Les semailles et les moissons que l’on a lu à la même période… Depuis, j’ai encore lu beaucoup d’ouvrages russes et j’ai eu le plaisir de voyager à Moscou et Saint-Pétersbourg…

 

Alors, il est temps que je vous parle de ce roman Le chant des insensés d’autant plus que je le trouve d’une très bonne qualité. Cet ouvrage, d’ailleurs, aurait pu être une biographie. Il faut dire que l’auteur nous raconte la vie de Vassili Joukovski, poète romantique russe. Mais comme cet auteur est totalement inconnu en France, comme il a eu lui-même une existence mouvementés et romantique, comme il fut l’ami et le protecteur de très grands poètes comme Pouchkine ou Gogol et, enfin, comme il fut l’un des professeur du futur Alexandre II, Henri Troyat a préféré en faire un personnage de roman pour s’offrir plus de liberté dans les dialogues entre le poète et le tsar, le poète et ses amis, le poète et sa femme… et c’est une réussite !

 

Aujourd’hui encore, Joukovski est considéré comme un grand poète russe mais, surtout, il est pour certains le plus grand traducteur de poésie en langue russe. Traduire la poésie est une opération des plus délicate et Vassili se pétrissait de la poésie des autres jusqu’à la restituer en russe à sa façon. La traduction pouvait être considérée comme libre mais elle était, surtout, poétique ! Il a aussi travaillé sur des textes anciens comme L’Odyssée.

 

Bien sûr, fréquentant la famille impériale, il arrivait à obtenir quelques protections pour ses amis poètes mais il ne put sauver Pouchkine qui finalement va mourir des conséquences d’un duel à l’âge de 37 ans…

 

J’ai trouvé ce roman passionnant même si je ne peux pas avoir la certitude que tout y est véridique. J’ai le sentiment que la profondeur humaine vient plus de Troyat que des personnages et que l’on entre ici dans l’amour de l’âme slave et littéraire. Mais, c’est aussi très tragique, cruel, sanglant, absurde, terrible, oppressant car la vie en Russie au XIX° siècle n’est pas un fleuve tranquille, loin de là !!!

 

Alors, puisque l’été c’est fait pour lire, puisque cet été n’est pas encore terminé et qu’il nous offre même quelques beaux rayons de soleil, pourquoi ne pas lire Le chant des insensés et même s’il le fallait, pourquoi ne pas le garder pour les longues soirées d’hiver ?

 

Bonne lecture à tous !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 20 sept 2018

J'ai lu pour vous : « LE SEL DE LA VIE » de Françoise Héritier ...

J’ai lu pour vous : « LE SEL DE LA VIE » de Françoise Héritier …

La 4ème de couv. nous dit : « Il y a une forme de légèreté et de grâce dans le simple fait d’exister, au-delà des occupations, au-delà des sentiments forts, au-delà des engagements, et c’est de cela que j’ai voulu rendre compte. De ce petit plus qui nous est donné à tous : « Le sel de la vie ».

Dans cette méditation tout en intimité et en sensualité, l’anthropologue Françoise Héritier, traque ces choses agréables auxquelles notre être profond aspire, ces images et ces émotions, ces moments empreints de souvenirs qui font le goût de notre existence, qui la rendent plus riche, plus intéressante que ce que nous croyons souvent et dont rien, jamais, ne pourra être enlevé à chacun.

Un bijou d’énumération, une petite madeleine de Proust.

Un coup de cœur !!


Christiane Chapé

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* Françoise Héritier, auteur notamment des Deux sœurs et leur mère et de Masculin/féminin, est professeur honoraire au Collège de France, où elle a dirigé le Laboratoire d’anthropologie sociale. Elle a été directeur d’étude à l’Ecole des hautes études en sciences sociales et présidente du Conseil national du sida.

* Le sel de la vie aux éditions Odile Jacob acheté en solde chez Gibert à Chalon-sur-Saône
 
Imprimer - - par christiane chapé - 19 sept 2018

L'été c'est fait pour lire Chronique d'une France blessée

L’été c’est fait pour lire et les jours passent si vite que nous voilà presqu’en automne… Bien sûr, personne n’arrêtera de lire d’un seul coup et donc ces propositions de lectures pourront alimenter votre table de nuit durant tout l’hiver… reste une question fondamentale : pourquoi lire en hiver 2018-2019 une chronique politique qui s’étale de juillet 2015 à janvier 2017 ? Pourquoi prendre le temps de lire une journaliste qui a fait son temps, Anne Sinclair ? Tout cela a-t-il un sens ?

 

 

Oui tout cela a non seulement un sens mais même devient un acte salutaire car cet ouvrage dégage une puissance intellectuelle, une finesse de la perception politique, une connaissance des acteurs politiques et une intuition de l’avenir assez fortes pour tenir le lecteur en haleine du début à la fin des presque 600 pages…

 

Il faut dire que si vous, lecteur, connaissez la fin de l’histoire, l’autrice, elle, ne la connait pas. En effet, Anne Sinclair a relevé le pari d’écrire son journal de campagne présidentielle à partir de juillet 2015, au jour le jour ou presque et sans le retoucher après même si elle se trompait. De plus, elle arrête son journal après la primaire de janvier 2017, c'est-à-dire sans avoir le résultat final et alors que l’affaire Pénélope Fillon ne fait que commencer…

 

On voit ainsi la journaliste aller de surprise en surprise. En effet, qui aurait pu, quatre mois avant la primaire de droite, imaginer que Fillon sortirait vainqueur d’un combat qui devait voir Juppé et Sarkozy s’affronter au second tour ? Or, nous allons avoir son point de vue, au fur et à mesure, parfois avec de la lucidité surprenante, tantôt avec des erreurs de jugement ou de perception… Tout est là car elle joue totalement le jeu et je trouve cela passionnant…

 

Mais, les circonstances sont beaucoup plus fortes que prévues car cette période est aussi celle des attentats de Nice et de Paris – et je ne compte pas ceux qui touchent d’autres régions du monde et dont elle parle – et alors que dans le monde on voit le Brexit et l’élection d’un certain Donald Trump. Pour tous ces évènements, Anne Sinclair nous donne ses sentiments, ses réflexions, ses avis, heure après heure, jour après jour… Parfois angoissants, souvent modérés et réfléchis, dans certains cas lumineux et clairvoyants, toujours intelligents, les mots de la journaliste et de la femme nous aident à réfléchir, à comprendre ce que nous avons vécu là, à nous revoir dans les votes des primaires ou de la présidentielle, à mesurer les informations qui nous manquaient peut-être, bref, à évaluer d’une certaine façon le fonctionnement de notre démocratie…

 

J’ai beaucoup apprécié, entre autre, la réflexion sur les rapports et liens des journalistes avec les personnages politiques, Anne Sinclair revenant plusieurs fois sur le sujet et expliquant comment elle faisait pour garder de la distance avec ceux qu’elle rencontre et interroge… L’ouvrage devrait être utilisé dans les écoles de journalisme, de communication, de sciences politiques… Tient, cela me donne quelques idées…

 

Franchement, un ouvrage d’une grande qualité que beaucoup devraient prendre en mains, malgré la taille qui fera peur à certains, même si le lecteur peut avoir à un moment ou un autre le sentiment que la vérité est difficile à débusquer et comprendre, même si les acteurs politiques ne sont pas toujours à leur avantage…

 

Sur ce dernier point, la réflexion sur l’échec de la présidence Hollande est prenant… Elle contemple, fait après fait, comment Hollande descend dans le cœur des Français malgré tout ce qu’il entreprend et elle montre que sur certains sujets il est effectivement remarquable et, surtout, comment après avoir démontré ce qu’il est, il peut, en un instant, détruire son image, la meurtrir, la rendre terrible…

 

Voilà, un livre que vous devriez lire et que je ne pourrais même pas vous prêter car il y a déjà trois ou quatre lecteurs en attente dans la famille… Mais comme il faut lire, et pas que l’été, Chronique d’une France blessée, de Anne Sinclair aux éditions Grasset est un titre à garder en mémoire… Bonne lecture et à demain !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 17 sept 2018

L'été c'est fait pour lire et découvrir la cuisine végétarienne

L’été c’est fait pour lire mais en arrivant en cette fin d’été je commence avoir moins d’idées de livres à présenter… Enfin, n’exagérons pas, disons que les piles autour de mon bureau ont diminué, que j’ai déjà beaucoup prêté et donné et que je commence à respirer un peu… Là, juste à mes côtés, il y a un livre capital dont je veux vous parler mais, désolé pour certains, il ne va pas s’agir d’un grand classique, ni d’un Goncourt ou d’un Nobel, seulement d’un livre de cuisine… Enfin, « seulement » ce n’est pas très gentil pour ce manuel qui me semble essentiel à plus d’un titre… Je m’explique !

 

Chaque année, je réalise que le nombre de gens qui souhaitent avoir une alimentation végétarienne augmente. Je mesure cela dans ma famille avec mes enfants et les pièces enrichissantes de la famille qui les ont rejoints mais aussi avec mes étudiants que je reçois ou avec qui je vais en reportages. A chaque fois la question se pose : que manger tous ensemble si on enlève la viande ? Se passer d’une bonne potée lorraine nous prive-t-il un grand repas convivial ?

 

Je sais que tout le monde va me dire que se passer de viande n’est pas grave et que cela ne va surtout pas enlever le plaisir de manger ensemble. Soit, mais que faire comme grand plat à partager, car telle est bien ma question ?

 

Alors, petit à petit, des pistes se sont ouvertes, de la tarte salée à la soupe, de la crêpe à la galette, mais ce n’est pas si simple quand on est nombreux. L’avantage des grands plats d’antan étaient de faciliter grandement la tâche du cuisinier : un jarret, un bout de poitrine, des légumes et sur le feu pendant trois heures, l’affaire était jouée ! Maintenant, il faut réapprendre à cuisiner autrement ce qui est, d’ailleurs, bon pour la santé et la planète, dit-on !

 

C’est là que mon ouvrage/manuel prend sa place, car « Cuisine végétarienne, 300 techniques, 100 recettes pas à pas » est bien un livre qui va nous accompagner avec des produits et plats que l’on connait moins comme tempeh, seitan, tofu, soja, polenta, algues… D’un seul coup, on a le sentiment, malgré ses études et son expérience, d’avoir tout à réapprendre…

 

L’ouvrage est très pédagogique et on peut partir sans problème de zéro et arriver à faire sa pâte à choux, son pain, ses gnocchis, ses pizzas, ses soupes, ses sauces… Réellement un très bon guide pour la vie quotidienne de la famille qui veut soit manger végétarien soit tout simplement varier les plaisirs !

 

Bien sûr, j’ai retenu quelques plats à tester – car ce livre va m’accompagner durant les vacances à venir – comme la paella végétarienne que certains à la maison pourront enrichir de crevettes ou poulpe, de calamar ou de poisson car chez nous la liberté est reine !

 

Mais ce qu’il faudrait faire maintenant, c’est une belle étude pour mesurer si manger végétarien est la solution miracle pour sauver la planète… Pour le moment, je suis un peu dubitatif et je préfère penser que la priorité est d’une part de manger moins de viande et de poisson et d’autre part de manger plus local et de saison… Si un jour on doit aller plus loin, on aura déjà fait un bout de chemin et cet ouvrage « Cuisine végétarienne, 300 techniques, 100 recettes pas à pas » peut nous aider à le faire en douceur, avec plaisir et élégance…

 

Alors comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture, tous à la cuisine et à très bientôt !        

Imprimer - - par Bonnet Michel - 13 sept 2018

L'été c'est fait pour lire et cuisiner italien...

L’été c’est fait pour lire mais aussi pour cuisiner car quand on a beaucoup lu il faut bien manger avec ses amis, prendre des forces et échanger sur nos nombreuses lectures… Bon, rassurez-vous, je ne parle pas que de livres dans la vie et la cuisine a une importance capitale comme certains le savent déjà… Donc, parlons cuisine, gastronomie et convivialité !

 

 

Quand je dis à mes amis que je n’aime pas spécialement les pizzas et les pâtes, ils me répondent en cœur que pourtant c’est bon et agréable de se faire un petit repas italien de temps en temps… Ce à quoi je ne peux qu’acquiescer car je suis un grand amateur de cuisine italienne car cette dernière n’est pas qu’une suite sans fin de pâtes et pizzas… Non, mais ! Quand je suis allé à Rome, il y a quelques années, je me suis régalé avec des champignons, du veau, des légumes variés, de la glace et du café presque unique au monde… Seulement, en France – et dans de nombreux autres pays – on associe cuisine italienne et pizzas/pâtes, comme on le fait avec crêpes et cuisine bretonne, kebab et cuisine turque… et à chaque fois c’est pour le moins une faute, voire même une grosse erreur ! Alors, pour l’Italie, nous pouvons remédier avec ce bel ouvrage de recette de Nadia et Giovanni Santini, « Le meilleur de la cuisine italienne dans votre cuisine » …

 

Nadia Santini, a remporté le Prix Veuve Clicquot  de la meilleure chef femme du monde en 2013 et avec elle c’est la véritable cuisine gastronomique italienne qui pénètre dans votre cuisine ! Trois étoiles au Michelin, prix du « Meilleur chef de l'avenir » en 2011 par l'Académie internationale de la gastronomie, Nadia Santini et son fils Giovanni offrent une cuisine généreuse et colorée.

 

Quand une cheffe de cuisine étoilée parle de sa cuisine, donne des recettes, je peux vous dire que par expérience le commun des mortels a du mal à s’y retrouver et quand il compare ce qu’il a réussi à faire avec beaucoup de difficulté, il se retrouve dans la même situation morale que Vatel quand la marée n’arriva pas à l’heure… Enfin, presque !

 

Ici, on va sortir du traditionnel pour être plus dans la pédagogie ou l’accompagnement. Certes, l’ouvrage s’adresse bien à ceux qui savent déjà un peu cuisiner mais il n’est pas du tout réservé aux professionnels. Chaque recette est accompagnée d’éléments sur les produits, l’origine de la recette, ses variantes, les traditions autour du plat et des explications concrètes sur certains gestes, certaines précautions à prendre… Certes, les photographies de Francesca Brambilla et Serena Serrani restent des œuvres d’art, mais elles semblent accessibles – en termes de résultats visuels – aux cuisiniers que nous sommes… C’est certain, cette fois-ci, on va y arriver !

 

Alors, bien sûr, pour vous mettre les sens aux aguets, je vais citer quelques plats… En entrée, après avoir enlevé toutes les soupes que je ne trouvais pas de saison,  j’ai gardé deux plats. Le premier fera un clin d’œil à la Bourgogne tout en restant dans l’Italie classique avec quelques pâtes – mais très peu – et c’est la soupe d’escargots aux farfalles, aux cèpes et aux herbes fraiches. Puis, pendant italien de notre œuf en meurette, je vous invite à découvrir l’œuf frit des Santini… Je n’en dis pas plus !

 

Côté des poissons et fruits de mer, c’est le poulpe aux pommes de terre qui a retenu mon attention et que j’aurais certainement choisi si j’étais allé dans leur restaurant en Lombardie… Pour les viandes, je retiens le foie gras aux cerises car il est bon de rappeler que ce produit n’est pas cuisiné que dans le Sud-ouest de la France… On le trouve dans la gastronomie alsacienne, par exemple, ou italienne. A titre personnel, je ne suis pas un amateur de foie gras et c’est pour cela que mon attention a été captée par ce jarret de veau au four… Si certains aiment ce genre de plat, il faut vous signaler…

 

Enfin, est-il possible d’avoir un petit dessert ? Oui, pourquoi pas… S’il n’y en avait qu’un à retenir, je prendrais le soufflé parfumé à l’orange au coulis de fruits de la passion… Mais le choix est grand comme pourrons le constater ceux qui prendront cet ouvrage pour découvrir que les Italiens ne mangent pas que des pizzas et des pâtes !!!

 

En attendant, puisque l’été c’est fait pour lire et bien manger, dès que vous avez enfourné le jarret, prenez un bon livre et bonne lecture ! 

Imprimer - - par Bonnet Michel - 9 sept 2018

L'été c'est fait pour lire de beaux et bons livres pour la jeunesse

L’été c’est fait pour lire et les enfants ont le droit d’avoir de bons livres pour découvrir ce bonheur. Aujourd’hui, je vais faire une proposition double, deux livres pour la jeunesse mais deux ouvrages pour toute la famille car il serait injuste de priver les adultes de bonnes lectures, non ?

 

 

 

Alors, on va parler « rat », ce petit animal qui se multiplie dit-on dans toutes les villes, à Paris en particulier. Je ne suis pas assez compétent sur le sujet pour dire si c’est grave ou pas, si le rat porte ou non tous les maux de la terre et si ce petit rongeur doit être pourchassé par tous les moyens. D’ailleurs, quand je me suis retrouvé face à un rat en liberté, il y a quelques années, j’avoue que j’ai plutôt été séduit même si je l’ai invité à quitter le plus rapidement possible ma cuisine… A un moment donné, j’ai eu l’impression qu’il me regardait en disant : eh, l’ami, pourquoi tu veux que je quitte chez moi, on peut bien vivre ensemble ici, non… Bon, j’exagère peut-être un peu mais pas tant que cela…

 

Aussi, quand j’ai trouvé un album portant le nom de « L’abécédaire du rat de marée », j’ai tout de suite eu envie de l’ouvrir, le lire et de l’emmener en vacances puisque c’est en bord de l’océan que je vais retrouver tous mes petits enfants… Cet album, format à l’italienne, de Guillaume Jacquet, est sympathique à double titre. D’une part, tout au long de l’ouvrage on va apprendre un langage spécifique à la mer, à la navigation et au voyage. D’autre part, le guide n’est autre qu’un rat ! Sans oublier, et ce n’est pas négligeable, qu’il y a quelques petites questions et jeux pour maintenir l’attention de l’enfant en éveil… D’ailleurs, méfiez-vous, chers lecteurs, les enfants peuvent être plus vifs que vous pour trouver le chemin qui va permettre au rat de trouver un bout de fromage dans le porte-containers !

 

 

 

Alors, quittons le rat de marées pour rencontrer le « Rat & les animaux moches » de Sibylline, pour le texte, de Capucine, pour le lettrage, et Jérôme d’Aviau, pour le dessin. Là, une fois encore, le guide de l’ouvrage est bien un rat, un rat qui en a marre d’être rejeté et qui veut bien faire… Donc, il va commencer par fuir la maison où il ne reçoit que des coups de balai, il va chercher dans toute la grande ville mais il ne trouvera pas mieux et finira par arriver dans un lieu très particulier… Le village des animaux moches qui font un petit peu peur… Tout un programme !

 

Alors, je ne vais pas vous raconter comment Rat le rejeté va pouvoir redonner confiance à tous ces animaux méprisés et, eux-aussi, rejetés, mais l’histoire est simple, agréable et elle ne fait pas beaucoup peur, juste un tout petit peu… Il faut dire que les animaux ne sont pas tous très sympathiques… Allez, j’en cite quelques-uns, mais pas tous car il faut un peu de surprise même pour l’adulte lecteur… Il y a donc l’araignée – un grand classique – mais aussi la lamproie, le phasme, la scolopendre et son amie la scutigère – un peu moins classique – sans oublier le bousier… et tous les autres !

 

Heureusement, Rat va y mettre beaucoup du sien et le village finira par changer un peu de nom… Vous verrez ! L’ouvrage est très sympathique et les dessins sont excellents. C’est un ouvrage atypique entre livre illustré, bande dessinée et texte théâtral. Je sais, cela peut en surprendre plus d’un mais allez l’ouvrir et vous allez comprendre…

 

Tous les textes sont calligraphiés par Capucine qui a fait là un remarquable travail que tout les lecteurs vont apprécier. C’est totalement lisible et cela a un petit air d’antan bien sympathique… J’ai adoré ce livre et je suis heureux de le glisser dans mes bagages pour le lire à mes petits-enfants cet été. D’ailleurs, quand j’ai rencontré Sibylline pour l’interviewer, j’ai fait dédicacer mon ouvrage au nom de tous mes petits-enfants nés à cette date… Du coup, je ne sais pas qui le gardera à l’issue de ces vacances d’été… Mais comme l’été c’est fait pour lire, je vous souhaite à tous bonne lecture et à très bientôt !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 8 sept 2018

L'été c'est fait pour lire, cuisiner et manger avec ses amis...

L’été c’est fait pour lire mais reconnaissons que cette période estivale est propice à des lectures légères, faciles, agréables et plaisantes… Tout cela est bien vrai mais, pour une fois, je veux allier directement le plaisir, la lecture et le sérieux tout en restant léger… Enfin, pas si léger en fait ! Il faut dire que l’on va parler de repas, de table, de menus et tout cela avec les repas officiels !

 

 

En effet, Jean-Victor Roux, ancien étudiant de l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, aujourd’hui enseignant et chercheur, est devenu rapidement un expert reconnu dans l’étude des mœurs, des us et coutumes des gens de pouvoir… Tout un programme ! Dans son ouvrage de 2017, « La table, une affaire d’état », il explique et démontre que manger peut devenir un acte politique, un acte de révolte voire de révolution, un acte diplomatique et même une combinaison plus large englobant tout et ponctuant cela par l’amour comme Louis XV savait si bien le faire quand il descendait aux cuisines concocter un petit plat pour sa favorite du moment…

 

Comme Jean-Victor Roux s’est limité à la cuisine, à la gastronomie, à l’histoire et à la politique françaises, certains actes de table, si on peut se permettre l’expression, ne sont pas cités. Mais, d’une certaine façon, il faut se souvenir de la Cène – un repas qui fonde finalement une grande tradition religieuse – et de certains banquets bibliques, des banquets grecs et des dialogues philosophiques qui les accompagnaient, enfin des empereurs romains et de leurs fameuses orgies même s’il est parfois difficile d’en connaitre la réalité totale !

 

Ici, la part belle est faite d’abord au roi, enfin aux différents rois qui ont porté la table française au zénith c'est-à-dire principalement Louis XIV et Louis XV. Même si on parle bien de la « brioche » de Marie-Antoinette, il semble bien que Louis XVI n’ait pas été un grand amateur de la cuisine française, ce n’est pas sa grande passion, pas comme l’horlogerie…

 

Après, on parle de ces repas où l’on discute, argumente, critique… Il semblerait que certaines révolutions soient nées à table… Et, là, malheureusement, reconnaissons-le, le contenu des assiettes prenaient beaucoup moins d’importance…

 

Arrive alors la tradition du banquet républicain ! Il faut dire que jadis, cette grande cuisine française n’était pas accessible à tous. Seule la grande noblesse pouvait se vanter de participer à ces grands repas et bien souvent les petits nobles perdus en France ne mangeaient que guère plus et pas mieux que les populations qui les entouraient… Avec le banquet républicain, il y a comme une démocratisation de cette gastronomie et les premiers menus sont tout simplement gargantuesques ! Mais, ne nous trompons pas, cela ne signifie pas que l’on passait sa journée à table, enfin, pas la journée toute entière, enfin de nombreuses heures quand même…

 

Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion d’organiser quelques repas pour accueillir en France, que dis-je, à Paris, des délégations étrangères. La consigne était claire : le repas doit mettre à l’honneur certains aspects de la gastronomie française. Le budget était en conséquence et à chaque fois ce fut une véritable promotion de cette fameuse cuisine française… que tous nos invités n’appréciaient pas de la même façon, reconnaissons-le !

 

Ce livre de taille modeste et mais au contenu savoureux, se déguste avec bonheur et plaisir. Parfois, on apprend, dans d’autres périodes on se souvient… En effet, quand on parle de Giscard qui s’invite chez les français, j’avoue avoir vécu – par médias interposés – cela et m’en souvenir…

 

Alors, pour ceux qui légitimement regretteront que tout cela ne concerne que les grands de ce monde, qui se lassent d’entendre parler de Chirac et de la tête de veau, qui voudraient que l’on aborde plus l’alimentation en général, j’ai en réserve pour vous un remarquable ouvrage, « L’histoire de l’alimentation » de Jean-Louis Flandrin et Massimo Montanari aux éditions Fayard. Et là, on trouve tout ce qui n’est pas abordé chez Jean-Victor Roux…

 

Bon, je ne sais pas ce que vous faites mais j’ai une odeur qui arrive directement de mon four et il va être temps de me mettre à table… mais sans invité politique, je le concède ! Quant à vous, je vous souhaite une bonne lecture et vous dis à demain !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 6 sept 2018

L'été c'est fait pour lire et cuisiner breton

L’été c’est fait pour lire et en profiter pour engranger une multitude de bonnes recettes pour l’hiver. En effet, l’été, on n’a pas toujours le temps de tester toutes les découvertes culinaires, mais lors des longues soirées hivernales, lors que l’on se retrouve seul avec plein d’amis dans la cuisine, on recherche de bonnes recettes ancestrales agréables à partager. Or un chef avait cultivé cet univers dans son auberge et même s’il a pris sa retraite on peut continuer à l’honorer…

 

C’est en 2013 que Jacques Thorel a décidé de vendre son auberge, la fameuse Auberge Bretonne de La Roche-Bernard. Quand on va en Bretagne en partant de Bourgogne et si on évite de se mettre sur l’autoroute A6, on arrive en Bretagne par la route qui vient de Nantes. On n’ergotera pas 106 ans pour savoir si Nantes est ou n’est pas en Bretagne, donc ce qui est certain, c’est que notre entrée majestueuse se fait par La Roche-Bernard… et donc par cette auberge qui se voulait être une sorte de musée vivant de la gastronomie bretonne !

 

Il faut dire que Jacques Thorel a appris la cuisine de sa grand-mère et de sa mère qui toutes les deux lui ont transmis une multitude de conseils, de recettes, de coutumes de Bretagne. Souvent, celui qui vient de l’extérieur croit que la gastronomie bretonne est simpliste. D’ailleurs, croit-il, les Bretons ne savent faire que des plateaux de fruits de mer et des galettes !

 

Bien sûr, tout n’est pas entièrement faux dans cette remarque préalable mais la première chose à noter c’est que la gastronomie bretonne est basée sur bons produits et simplicité ! A ce titre, le fameux plateau de fruits de mer a bien sa place dans la gastronomie locale même si ce n’est pas toujours une spécificité bretonne… Encore que… les huitres de Cancale… les coquilles Saint-Jacques de la baie de Saint Brieuc… les langoustes des abers… la langoustine de Loctudy… la Belon de la baie de Quiberon… Oui, tout cela fait saliver quelque peu !

 

Une des grandes spécialités est le Kik ha farz. La première fois que j’ai entendu ce nom, j’avais fantasmé sur ce que pouvait être ce plat… Mais j’étais loin de la vérité. En fait, c’est un nom breton qui signifie viande et farine !  Tout de suite cela devient moins poétique mais quand on suit Jacques Thorel dans les recettes cela devient beaucoup plus appétissant !

 

C’est une recette du Léon, donc du Finistère Nord et au départ c’était un plat de pauvres. Si je vous la présente de façon traditionnelle, on pourrait dire que l’on met un jarret de porc salé dans l’eau à bouillir avec quelques légumes et que l’on plonge dans la même casserole un sac avec du blé noir – sarrasin – pour que cette farine cuise avec le même bouillon. Cette farine cuite devient une boule que l’on peu trancher et qui accompagne la viande. Cela tient bien au corps. C’est la potée bretonne en quelque sorte.

 

Dans son ouvrage Jacques Thorel, nous présente plusieurs versions. Dans les Abers, de façon très classique, on prendra plats de côte et jarret de porc avec navet, panais, carottes, poireaux et chou. Du côté de la cuisine léonarde, on trouve deux versions dont une assez originale avec un mélange de porc et de bœuf. C’est ainsi qu’avec du paleron ou de la macreuse de bœuf, un jarret et de la poitrine de porc et des navets, on arrive à un excellent résultat en bouche… Parfois, on a même des recettes ou le blé noir est remplacé par du froment… comme si c’était la spéciale pour touristes !

 

Voilà donc un ouvrage de qualité pour ceux qui voudront prolonger tout au long de l’année les vacances bretonnes à travers une gastronomie qui ne cherche qu’à mieux se faire connaitre et reconnaitre ! Alors, comme l’été c’est fait pour lire et préparer l’hiver en cuisine, bonne lecture avec « Le grand classique de la cuisine bretonne » et à demain !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 1 sept 2018

L'été c'est fait pour lire et poursuivre la réflexion sur la télévision (31 août)

L’été c’est fait pour lire et comme nous avons plusieurs fois abordé la question de la télévision, il n’était pas possible de ne pas proposer, au moins une fois, d’ouvrir le petit ouvrage de Pierre Bourdieu sur la question… Oui, du Pierre Bourdieu pour lecture estivale, c’est un peu osé, mais pourquoi pas ?

 

 

 

En mai 96, deux cours de Pierre Bourdieu au Collège de France sont diffusés par Paris Première, chaine de télévision. Ils ont pour objet la télévision et les dangers qu’elle fait courir aux « sphères de la production culturelle, art, littérature, science, droit, philosophie, droit » mais aussi à la politique et à la démocratie. Sujet fort qui mérite, même 22 ans plus tard, toute notre attention…


C’est le monde journalistique qui est, non pas attaqué, mais analysé dans son fonctionnement en espace clos, ce que Bourdieu appelle « la circulation circulaire de l’information » où la rivalité qui s'exerce sur fond d’audimat a pour but de guetter l’événement voire de le produire ou de renchérir au plus vite sur des informations traitées ailleurs. Dans l'urgence où elle est tenue de travailler, la télévision fait appel à une panoplie de « fast thinkers » qui peuvent commenter à chaud l’actualité et qui passent aux yeux du public pour les véritables penseurs dans leur domaine alors que, comme le montre très bien Bourdieu, ce sont généralement les éléments en marge de leur discipline, non reconnus par leurs pairs, qui gagnent par l'apparition télévisée le plébiscite du plus grand nombre. L’exemple emblématique étant Bernard-Henri Lévy. Aujourd’hui, seul complément qu’il faudrait faire, c’est nommer quelques-uns de ceux qui sont venus remplacer BHL avec souvent encore moins de compétences et d’expériences…


Pour ne pas heurter le public, les journaux télévisés n'abordent pas de sujets qui fâchent ou entraînent trop à la réflexion. Ils relatent à grand renfort d’images et de paroles les faits divers les plus spectaculaires et les grandes compétitions sportives.


« On a ce produit très étrange qu’est le journal télévisé, qui convient à tout le monde, qui confirme les choses déjà connues, et surtout qui laisse intactes les structures mentales », écrit Pierre Bourdieu. Il montre aussi comment ces intellectuels peuvent passer à la collaboration, ce qu'il appelle la loi de Jdanov : « Plus un producteur culturel est autonome, riche en capital spécifique et exclusivement tourné vers le marché restreint sur lequel on n’a pour clients que ses propres concurrents, plus il sera enclin à la résistance. Plus, au contraire, il destine ses produits de grande production (comme les essayistes, les écrivains journalistes, les romanciers conformes), plus il est enclin à collaborer avec les pouvoirs externes. »


Notre conférencier montre aussi comment certains animateurs journalistes censés représenter le savoir et la rigueur morale, tel Cavada en son temps, peuvent orienter le cours d'un débat. Il semble d’ailleurs que rien n’ait changé…


Il montre comment les journalistes, faute de savoir garder la distance nécessaire à la réflexion, jouent le rôle de « pompier incendiaire », de quelle façon ils peuvent créer l’événement en montant en épingle un fait divers, comme cela fut encore le cas, en France, à l'approche des élections présidentielles.


Ce livre est paru dans la maison d’éditions créée autour de Bourdieu, et qui avait déjà donné cet ouvrage dénonciateur du milieu journalistique parisien : « Les Nouveaux chiens de garde » de Serge Halimi. Même si Pierre Bourdieu a disparu depuis, ses « leçons » demeureront... du moins, si on veut bien encore les lire, et comme l’été c’est fait pour lire, n’hésitons pas à ouvrir « Sur la télévision » de Pierre Bourdieu…

 

Alors, bonne lecture et à demain !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 31 août 2018





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