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A Chalon l'été c'est (aussi) fait pour lire !

L'été c'est fait pour lire !

En fait, ce n'est ni un souhait, ni un cri du cœur, ni une publicité pour un libraire ou un autre, c'est un fait objectif et amical que nous fait partager Michel Bonnet depuis quelques années et qu'il va reprendre encore durant cette période estivale...

Lacie Slezak
   Photo Lacie Slezak

La lecture est l'occasion de se détendre, de découvrir, d'apprendre, de passer le temps, de trouver une activité ludique, lucrative, hygiénique, éducative, familiale, touristique... Bref, de vivre, tout simplement !

A travers la présentation d'un ouvrage par jour durant tout l'été, Michel Bonnet vous emmène dans son univers livresque avec simplicité. Laissez-vous tenter et accompagner, vous ne risquez rien, si ce n'est de passer quelques heures à lire...

Tous les livres ne seront pas des nouveautés car Michel nous a appris à dépoussiérer certains auteurs, à mélanger les genres, à oser ouvrir un livre pour enfant, à lire de la bande dessinée. Bien sûr, chaque présentation sera suivie de vos commentaires et vous pouvez même relever le défi et présenter vous-mêmes vos lectures d'été, qui sait, Michel Bonnet sera peut-être le premier à les lire...

Allez savoir ?

Attention, l'été c'est fait pour lire, c'est à partir du 21 juin, évidemment !

Certains lisent les chroniques, d'autres préfèrent les écouter... A chacun selon ses goûts et ses habitudes !

Il semblait assez logique de vous permettre de l'écouter de temps en temps.
Une des radios qui la diffuse vous donne la possibilité d'écouter la chronique sur Internet :

http://www.rcf.fr/radio/rcf21/emission/636200

Pour envoyer un conseil de lecture vous aussi cliquer sur "Envoyer VOS INFOS ICI"  à droite de ce texte - Pour réagir à un message cliquer sur "Réagir" sous chaque article

 

 

L'été c'est fait pour lire : Nicolas II, dernier des tsars !

L’été c’est fait pour lire et aussi se souvenir… Il y a cent ans, un siècle déjà, la famille impériale de Russie était exécutée de façon rapide et sans un véritable procès. Aujourd’hui, on voudrait nous faire croire que c’était normal et que les révolutionnaires étaient dans leur bon droit tandis que certains autres seraient prêts à canoniser l’ensemble de la famille en les considérant comme des martyrs ! Dans le même temps, Poutine se considère comme le nouveau tsar de la Russie et clôt le mondial de football comme s’il s’agissait d’une fête en son honneur…

Alors, il me semble bon de revenir sur cette époque et de profiter de cet été pour lire une biographie de Nicolas II ou un bon livre de synthèse sur la Révolution russe. Alors, bien sûr, j’aurais pu choisir le Nicolas II d’Hélène Carrère d’Encausse… mais son ouvrage de 1986 est assez poussé et intellectuellement dense. Je pensais que pour une lecture estivale, on pouvait trouver mieux. Quant au Nicolas II de Troyat, je le considère comme trop partial… et c’est pour cela que j’ai choisi celui d’Edvard Radzinsky, « Nicolas II, le dernier des tsars » qui offre plusieurs avantages…

Tout d’abord, même s’il est assez conséquent en nombre de pages, il reste très accessible à tous les lecteurs. On lit cet ouvrage de près de 500 pages comme un roman alors même qu’il est truffé de citations et témoignages. Certes, l’auteur russe a bien une petite idée sur les communistes et révolutionnaires, sur la famille impériale et les Russes en général, mais il n’écrase pas le lecteur par ses certitudes et nous laisse nous faire notre propre idée !

Pour l’auteur, tout commence par une lecture du journal intime du Tsar Nicolas II. A partir de 1881, date ou son grand-père, Alexandre II, lui-aussi est assassiné, le jeune Nicolas consigne par écrit une partie de ce qu’il vit et, surtout, ses émotions. Car Nicolas II est avant tout un homme émotif, probablement pas fait pour régner sur un empire comme la Russie.

En 1894, après la mort de son père Alexandre III, Nicolas devient Tsar et doit s’oublier pour son empire, son peuple, son armée… Il n’a jamais aimé être Tsar et à ce titre là il fait penser à Louis XVI. Tous les deux ont été renversés par une révolution, tous les deux subissaient une crise qu’ils n’avaient pas provoquée, tous les deux ont été des victimes politiques et les drames humains furent très forts… Pour le reste, cela ne fait pas de Nicolas II un saint. Ce fut un homme complexe mais digne dans le drame final et familial…

Ce qui semble intéressant dans cet ouvrage c’est de mesurer que les révolutions sont rarement menées par ceux qui souffrent d’un régime mais bien souvent organisées par des « extérieurs » ou des bourgeois qui veulent juste confisquer un pouvoir qu’ils n’ont pas ou qu’ils n’ont plus… Les acteurs de la base, eux, sont finalement manipulés et par le régime qu’ils vont chasser et par celui qui va le remplacer… A ce titre, la Russie ne fut pas une exception…

Un bel ouvrage qui tout en racontant un destin humain et une histoire nationale, nous parle de l’humanité en général… Ma grand-mère disait toujours que le monde marchait par le pouvoir, l’argent et le cul… Elle avait bien raison même si cela n’offre pas au premier abord une solution miracle pour mettre en place un régime plus humain !

Donc, puisque tout cela s’est passé il y a un siècle et que l’été c’est fait pour lire, je vous invite à plonger dans ces temps houleux et violents avec « Nicolas II, le dernier des Tsars » !
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 18 juil 2018

L'été c'est fait pour lire : France, Terre d'immigration !

L’été c’est fait pour lire et ce n’est pas non plus interdit de lire pour réfléchir, réfléchir en lisant et lire pour discuter intelligemment avec les autres… Oui, je sais, tout un programme, mais pourquoi pas et en partant d’un ouvrage dit grand public, accessible à tous et sur une question qui nous concerne tous ! Emile Temime est un historien français, spécialiste de l’histoire espagnole contemporaine puis de l’immigration vers la France… Il faut dire que cet homme, décédé en 2008, était bien représentatif de cette « France, terre d’immigration », titre de son ouvrage…

 


Il est né en 1926, à Bayonne dans le Pays Basque, d’un père juif kabyle et d’une mère basque elle-même issue d’une famille juive basque… Il va enseigner à Aix-en-Provence, vivra à Marseille, deviendra spécialiste des migrations à Marseille et défendra l’idée que la France est bien une terre d’immigration depuis longtemps…

Alors, je sais bien que ce sujet commence à en fatiguer plus d’un, que certains ont peur de perdre leur identité, que d’autres préfèrent chanter les louanges de la France éternelle et pure qui n’a jamais existé, voir chanter la Marseillaise un soir de match de football devant une équipe de football qui est bien le fruit de cette immigration…

J’entends bien ces voix qui chantent que c’est à cause des religions, qu’il ne faut avoir peur que de l’Islam… Mais tous ces Français qui ont peur devraient relire notre histoire et ce petit livre d’Emile Temime pour comprendre que les Celtes ont eu peur des Gaulois qui eux-mêmes ont craint les Romains qui tremblèrent devant les Goths, Wisigoths, Vandales, Burgondes, Francs et autres Huns tandis que les Francs furent pétrifiés devant les Normands… Puis, Louis XIV mit en place une France centralisatrice, fédérée autour de Versailles et on oublia quelques années les origines des uns et des autres… La Révolution française donna à ce pays une image de tolérance ce qui permit à des Savoyards, des Belges et beaucoup d’autres de trouver refuge sur cet hexagone…

Puis il y eut le XIX° siècle avec son besoin d’ouvriers de toute nature et on vit des arrivées d’Italiens, de Belges, de travailleurs de tout l’Empire colonial, de Polonais, de Portugais, d’Espagnols… Génération après génération, avec plus ou moins de difficultés, la France digère ces vagues d’immigration… Après la décolonisation, on a vu encore arriver les anciens colons, plus exactement ceux qui avaient succédé aux colons et ceux qui sur place avec pactisé avec eux…

Enfin, dans les années soixante-dix, nouvelle vague d’immigration, d’abord provenant d’Afrique du Nord, immigration désirée par les entreprises françaises, ne l’oublions pas ! Ces différentes vagues, pour des raisons diverses commencent à peser sur la population, surtout parce que le vecteur essentiel de l’intégration, le travail, vient à manquer. Or, sans travail, difficile d’accueillir et d’intégrer…

Mais si on parle beaucoup de ce sujet maintenant, c’est aussi à cause des réfugiés économiques, climatiques et victimes de guerre… et, là, on mesure un effet de saturation, essentiellement psychologique, avec en plus une ghettoïsation de ces populations d’émigrés sur notre territoire… Il faudra apprendre à partager, rester humain, reconstruire un nouveau modèle… mais si nos ancêtres ont survécu aux grandes invasions à la fin de l’Antiquité, nous devrions bien être capables de récidiver et pas seulement le temps d’une coupe du monde de football !

Alors, gardons précieusement ce type d’ouvrage, « France, terre d’immigration », pour ne pas sombrer dans le désespoir et l’égoïsme et comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture et à demain !
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 17 juil 2018

L'été c'est fait pour lire : Périls en la demeure !

L’été c’est fait pour lire et quoi de plus naturel que de lire durant ses vacances un bon roman policier… Enfin, si on aime ce genre littéraire car, après tout, aucune obligation et tous les goûts sont dans la nature ! Moi, je le concède, j’aime le roman policier et régulièrement j’explore ce domaine sans me soucier trop des dates, des auteurs, des nationalités, des langues… Je n’irais pas jusqu’à dire que « tout est bon dans le polar », loin de là, mais je veux bien tout essayer !

Par expérience, on finit par connaitre des labels, des collections, des éditeurs, des écoles, des auteurs que l’on aime ou pas et cela aide dans les choix, cela évite surtout quelques grosses déceptions. C’est ainsi qu’il y a fort longtemps, j’ai lu mon premier roman lauréat du Prix du quai des orfèvres... C’est si lointain que je n’arrive même pas à me souvenir de quel roman il s’agissait, peut-être « Ne tirez pas sur l’inspecteur » ou « Vertige en eau profonde »… Qu’importe. Depuis, j’en ai lu beaucoup – le premier prix a été décerné en 1946 – et ce fut assez inégal pour être honnête. C’est un peu par hasard que je suis tombé sur « Périls en la demeure » cet hiver et j’ai plutôt apprécié, d’abord parce qu’il se passait dans le sud de la France, en été, et que je le lisais en pleine séquence de froid… Ok, c’est un peu exagéré mais pas tant que cela !

Ce roman de Maurice Périsset est d’abord bien construit et dans ce genre, c’est essentiel ! Si on comprend trop vite les tenants et aboutissements, c’est mort ! Enfin, dans un polar, il faut bien au moins un mort, et là, très vite, nous en avons deux ! Un chef de chantier et un auxiliaire de forain… A priori, aucun rapport entre les deux… et c’est bien ce qui compliquera considérablement la tâche du commissaire Jardet…

On va suivre, dès le début du roman, un personnage, Bertrand, au moment où il s’apprête à sortir en ville après une belle journée de travail… Il va certainement aller du côté de la Crau, il reviendra peut-être avec une fille, une histoire pour un soir, comme il en a l’habitude… C’est du moins ce que pense son ami Vincent…

Après, je mesure bien que je ne peux pas vous en dire beaucoup plus car très rapidement chaque élément de l’histoire est capital pour la compréhension générale de l’énigme et je ne souhaite pas vous briser en mille morceaux le suspense très bien maitrisé de Maurice Périsset. Ce dernier, décédé à Hyères dans le Var en 1999 à 79 ans, fut en son temps un homme de lettres touche à tout : poète, romancier, biographe, éditeur… Tout y est passé y compris la création d’une maison d’éditions, PAC éditions.

Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce roman, c’est l’humanisme des personnages, à commencer par celui de ce commissaire père de famille. Il est crédible, ce n’est pas le super-héros qui sait tout et réussit tout du premier coup… et cela change de certains romans excessifs !

J’ai aussi beaucoup apprécié, probablement pour des raisons familiales, le lien avec l’Algérie, les habitants de cette terre si proche et si lointaine, et la solitude du personnage clef de ce roman, mais, là, je ne peux pas vous en dire plus…

Alors, comme l’été c’est fait pour lire, n’hésitez pas à lire des romans policiers, des Prix du quai des orfèvres et même « Périls en la demeure » si vous le trouvez… D’ailleurs, mon exemplaire va bien tôt se retrouver dans une boite à livres de Chalon-sur-Saône, donc bonne lecture et à demain !
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 16 juil 2018

"L'été c'est fait pour lire" a lu pour vous cette semaine...


L'été c'est fait pour lire : Zéropédia ou quand FabCaro cherche à vous instruire...

L’été c’est fait pour lire et accumuler ainsi un savoir extraordinaire ! C’est bien pour cela que je suis encore abonné à la revue Science & vie Junior, alors que mon fils qui lisait cette publication n’est plus à la maison… Elle est très bien faite, bien écrite, fortement scientifique et documentée tout en restant adaptée au grand public… Mais je ne suis pas là pour vous conseiller cette revue mais vous parler d’un album qui vient de sortir, Zéropédia, tout sur tout (et réciproquement), de FabCaro et Julien/cdm. Vous allez me demandez où est le rapport mais j’y viens tout de suite !

C’est tout simplement que cet album est une sorte de compilation de la page que les auteurs fournissent chaque mois au magazine. Le scénario de cette page présentée sous forme de bande dessinée est simple. Un mot, un concept, une découverte… et FabCaro tente de vous expliquer avec ces mots de quoi on parle tandis que Julien/cdm met tout cela en images…

Comme FabCaro aime beaucoup jouer avec l’absurde, il ne s’en prive pas tout en donnant bien une piste sérieuse. Par exemple, ce mois-ci, il fallait expliquer Hyperloop… Si vous ne savez pas de quoi il s’agit, disons que l’hyperloop est un moyen de transport du futur qui permettrait de faire Paris-Marseille en une quarantaine de minutes… Alors, comme le numéro du magazine sort pendant les grèves de la SNCF, l’auteur ne peut pas s’empêcher de parler du retard de l’hyperloop : « Votre hyperloop aura deux secondes et trois dixièmes de retard… » et un voyageur de s’exclamer : « On nous prend en hyperotages ! »… Du FabCaro pur jus !

Donc, avec cette compilation, vous allez enfin tout savoir sur la gravitation universelle, la terraformation, le syndrome de Stendhal, l’affaire Roswell, la symbiose chez les animaux… A chaque fois, on rit, on rit beaucoup… surtout si on aime l’humour absurde car disons-le clairement, si on est trop rationnel on va finir par croire que Zéropédia est du temps de perdu puisque à chaque fois on va aller chercher dans d’autres ouvrages pour aller plus loin dans la définition, les exemples… Sauf que, sans cette page de Zéropédia, on n’irait jamais chercher ce qu’est un lithophone !

Parlons aussi du dessin de Julien/cdm, de son véritable nom Julien Solé, fils de Jean Solé lui-même dessinateur de bandes dessinées… C’est à la fois un dessin plein d’humour mais explicite qui permet à chaque lecteur de rire et comprendre, ce que je trouve très bien, que dis-je, excellent !

Cet album qui navigue entre documentaire, livre jeunesse et bande dessinée, est destiné à un très large public, peut être picoré thème par thème sans nécessité de lire tout d’un coup ce qui pourrait être indigeste et contre productif, enfin peut servir à ouvrir des discussions en famille car finalement, bien souvent, les parents n’en savent pas beaucoup plus que les enfants… D’ailleurs, sauriez-vous expliquer ce qu’est la sérendipité ou l’origine des pluies d’animaux ? Non, donc, vous n’avez qu’à lire Zéropédia et tout rentrera dans l’ordre… Non mais…

Pour les amateurs de l’ami FabCaro, cela vous confortera qu’il s’agit bien d’un auteur hors-normes de la bande dessinée contemporaine, mais je vous l’avais déjà dit et je vous le répèterai très bientôt !

Alors, puisque l’été c’est pour lire et apprendre… il ne vous reste plus qu’à lire Zéropédia, tout sur tout (et réciproquement) de FabCaro et Julien/cdm aux éditions Dargaud !
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 14 juil 2018

L'été c'est fait pour lire : Brasillach ou la trahison du clerc

L’été c’est fait pour lire mais je ne voulais pas, après la chronique d’hier, laisser croire que lire un romancier, quel qu’il soit, signifiait se désintéresser totalement de ce qu’il avait été. J’ai dit hier, mon attachement indiscutable au roman « Le marchand d’oiseaux » de Robert Brasillach mais il me faut maintenant, de façon aussi claire, dire que le journaliste-éditorialiste Robert Brasillach est un abject personnage qui a été condamné pour des incitations à la dénonciation et meurtre qui sont horribles…

Donc, si je prends le temps de parler de cette question de Brasillach c’est tout simplement parce que je me suis aperçu qu’autour de moi et parmi mes étudiants, cet homme est peu connu. Il me semble donc normal de donner quelques précisions. Je ne reviendrai pas sur l’homme de lettres dont les principaux romans ont été écrits avant la Seconde Guerre mondiale, donc quand l’auteur a moins de 30 ans, car la présentation du texte « Le marchand d’oiseaux » permet de se faire une idée. Mais Brasillach n’était pas qu’un romancier et écrivain. Il fut aussi journaliste…

Avant la déroute, l’exode et l’occupation, Brasillach tient une chronique assez littéraire dans l’Action Française, le quotidien de Charles Maurras. De cette époque, il n’y a rien à dire, il parle théâtre, écriture, poésie… Mais après avoir été prisonnier des Allemands, il rejoint le quotidien Je suis partout, un journal où il avait travaillé avant guerre et où il va se révéler un ardent défenseur de la collaboration et un antisémite convaincu et même odieux…

Pour comprendre ce qui va se passer et donc aussi suivre avec intelligence le procès rapide qui amènera à sa condamnation à mort et son exécution, le 6 février 1945, je vous conseille de lire l’ouvrage de Michel Laval, Brasillach ou la trahison du clerc, car c’est l’un des plus clairs sur la question.

Il y a tout d’abord, les faits. Les articles signés Robert Brasillach sont disponibles et on peut y lire des phrases sidérantes, effarantes, cruelles, criminelles quand on sait ce qui est effectivement arrivé aux milliers de Juifs de France. Certes, ce n’est pas lui qui tient les fusils, mais il a le stylo en main quand il écrit – et ce n’est qu’un exemple – ceci :

« Il faut frapper, qu’attend-on pour fusiller ? »

Ou :

« Nous avons déjà signalé le cas du lycée Lakanal où on ne punit pas les élèves qui déchirent le portrait du Maréchal »

Et je pourrais ainsi vous faire la lecture d’articles et de dossiers tous aussi plus abjects les uns que les autres… Oui, Robert Brasillach a écrit des textes horribles et c’est indiscutable ! A la libération, de façon attendue, il s’est donc retrouvé devant une cour d’exception pour être jugé pour intelligence avec l’ennemi. Arrive alors, la deuxième question concernant cet homme : méritait-il la mort ?

Si on se replace dans l’époque, indiscutablement, on ne pouvait que le condamner à mort. Il faut être réaliste. Mais, comme Albert Camus que l’on ne peut pas soupçonner d’être un tant soit peu fasciste, je suis contre la peine de mort et donc je pense que la République aurait pu gérer autrement cette crise terrible de la fin de guerre… Pour autant, il est insupportable de constater qu’aujourd’hui certains veuillent le réhabiliter en tant que journaliste… Comme je l’ai dit et comme je l’assume, on peut apprécier certains de ses textes sans pour autant approuver en quoi que ce soit son comportement de journaliste qui est une honte pour un métier, une corporation, la presse, la France…

Voilà, il est temps de refermer ce dossier et de passer à autre chose car comme l’été c’est fait pour lire, il reste de très bons livres à dévorer cet été !
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 13 juil 2018

L'été c'est fait pour lire : Le marchand d'oiseaux

L’été c’est fait pour lire, certes, et, parfois, il m’arrive de prendre des risques en vous proposant tel ou tel ouvrage. Par exemple, vouloir critiquer, chroniquer un roman de Robert Brasillach peut sembler à beaucoup d’entre vous un acte dangereux. Oui, Robert Brasillach a été condamné à mort puis exécuté le 6 février 1945 pour collaboration avec l’ennemi, pour crime contre la Nation… Malgré une pétition, signée par de nombreux écrivains comme Mauriac ou Claudel, Cocteau ou Camus, demandant la grâce de Brasillach au nouveau chef de l’Etat, le général de Gaulle, ce dernier restera ferme… Mais comme la condamnation ne concernait que le comportement du journaliste pendant l’occupation, comportement criminel contre des êtres humains, juifs en particulier, je pense qu’il est possible de parler du roman, « Le marchand d’oiseaux », ouvrage écrit en 1936.

 

L’auteur est alors âgé de 27 ans, il a fait l’Ecole Normale Supérieure, il se veut écrivain et son engagement n’est pas encore trop marqué. Certes il a tenté de se rapprocher de Charles Maurras, mais il est surtout fasciné par le fascisme italien… J’ai l’impression d’un grand gosse qui ne comprend rien à ce qui se passe en Europe… Et c’est très net dans ce roman qui est celui de l’insouciance, de l’inconscience, du moins pour Laurent, un étudiant, que dis-je, un personnage du roman, incarnant, certainement, l’auteur lui-même… C’est surtout un témoin, un jeune ne voulant prendre aucune responsabilité et qui, chaque fois qu’il doit dire «oui» ou «non», joue la réponse à «pile ou face»…

Mais revenons au roman lui-même. Nous sommes dans Paris, en compagnie d’un auteur qui adore cette ville et nous fait revivre le Quartier latin, le parc de Montsouris, la Cité universitaire… Les personnages sont très nombreux et pour chacun, Robert Brasillach nous donne des tranches de vie, des anecdotes pour situer chacun à sa place… Isabelle, l’étudiante intelligente et sensible, accompagnée de ses deux chevaliers servants, Daniel et Laurent. Tous les trois semblent se laisser bercer par la vie et on ne les voit pas trop travailler… et pourtant ils réussissent leurs études ! On a le père La Frite, le marchand d’oiseaux, le personnage le plus sympathique de ce roman et qui, pourtant, n’y joue qu’un rôle secondaire. J’adore cet homme qui promène ses oiseaux et ne cherche jamais à les vendre car il les aime trop… Il y a, toujours près de lui, le Kid, un jeune enfant espiègle, celui que j’aurais aimé être car toujours en liberté dans les parcs parisiens… et c’est dans l’un de ces parcs que j’ai appris à marcher… On a aussi la vieille épicière, Marie Lepeticorps. Elle est solitaire, grognonne, agressive envers les enfants, et tente d’oublier sa vie, une vie bien désagréable avec un mari qui l’a quittée depuis longtemps, heureusement d’une certaine façon… Enfin, il y a les dames de charité, des « chieuses de bas étages », et deux enfants, Serge et Michel… Ces deux là vont faire basculer le monde, perturber bien des vies tranquilles dont celle de madame Taillerand, qui avait, probablement, bien des aspects obscurs… Ah ! Je n’ai rien dit de madame Pusseigne… mais que pourrait-on en dire ? Non, je crois qu’il vaut mieux s’abstenir…

Ah ! Vous auriez voulu quelques mots de l’intrigue elle-même ? Je préfère ne rien vous en dire, elle est basée sur un suspense que je ne voudrais pas casser. Mais, soyons honnêtes, c’est surtout l’ambiance qui est de qualité, servie par une écriture que j’ai beaucoup aimée… Oui, indépendamment des idées politiques de l’auteur, je crois que l’on peut dire que c’est un bon roman.
La collection du Livre de poche, en 1974 (année de mon bac… nostalgie quand tu nous tiens !), écrivait pour le présenter : « Ce délicieux conte de fée moderne se déroule… » mais, pour moi, c’est plus un drame qu’un conte de fées…

La question qui reste en moi après cette relecture est double : parlerait-on encore de Robert Brasillach s’il n’avait pas été exécuté en 1945 et aurais-je aimé ce roman, aujourd’hui, si je ne l’avais pas découvert en pleine adolescence, il y a de nombreuses années ? Les deux questions resteront, encore pour le moment, sans réponse car il est bien difficile de trancher même si je vous ai bien dit que l’œuvre doit être lue en oubliant tant soit peu l’auteur lui-même…

Quant à l’auteur lui-même, je ne veux absolument pas le défendre pour tout ce qu’il a écrit durant la guerre dans la presse collaborationniste ! D’ailleurs, nous en reparlerons dès demain pour bien clarifier les choses !

Mais, puisque l’été c’est fait pour lire, vous pourriez tenter de répondre vous-même à ce questionnement autour du romancier en lisant « Le marchand d’oiseaux » de Robert Brasillach et ce sera alors, à vous de juger !

Bonne lecture et à très vite !

 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 12 juil 2018

J'ai lu pour vous : « L'HERITAGE DE TATA LUCIE » de Philippe Saimbert ...


La 4ème de couv. nous dit : « Tata Lucie est une emmerdeuse. De son vivant ce n’était pas une sainte mais, une fois morte, elle se surpasse pour pourrir la vie de sa famille. Le testament est clair : pour toucher l’héritage, ses neveux doivent se lancer dans une chasse au trésor rocambolesque, les pieds dans la boue. Bienvenue à la campagne !

 


Au coeur du Béarn, ils sont entraînés dans une aventure qu’ils ne risquent pas d’oublier … Mais que ne ferait-on pas pour toucher le pactole ? ».

Ce petit « poche » m’a beaucoup plu et amusée …

Un p’tit peu grinçant, parfois, mais la vie est grinçante !

Je pourrais le classer, sans arrière-pensée péjorative, dans les livres d’été qui font du bien et parce que j’ai envie de retourner la vapeur de la sinistrose.

Tata Lucie, que je rapprocherais de Tati Danièlle, (tout le monde y a pensé!!) … peut passer pour une chipie, mais je pencherais plutôt vers la thèse qu’elle se venge du manque d’attention que lui ont porté ses neveux, tout au long de sa vie.

Cet ouvrage est l’histoire d’une famille, la vôtre, la nôtre … la mienne peut -être ?

Sûrement !

Parfois, j’ai cru y reconnaître ma mère dans cette tata !

Entre nous, du haut de son nuage, elle doit bien se marrer … la Lucie !!


Christiane Chapé

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* Philippe Saimbert est romancier et scénariste. Il a déjà signé une douzaine d’albums de bandes dessinées dans des domaines aussi variés que le fantastique, le thriller, la SF et l’humour.
* L’Héritage de tata Lucie : aux Editions PIMENT.
 
Imprimer - - par christiane chapé - 11 juil 2018

LIRE : Toutes les victimes sont consentantes De Gérard-Noël Hesse

Notre société valorise le commerce des marchandises, la libération des corps, la circulation des opinions. Ce paradis du libre-échange masque une arrière-cour moins reluisante. Un paravent d'angélisme cache la face grimaçante d'un démon.

La réalité : une société fractionnée en autant de solitudes qui favorisent le repli sur soi ou l'agressivité. La défiance envers l'autre s'installe chez l'individu. Par une sorte de logique fractale, la communauté nationale devient alors un ensemble de groupes qui se considèrent avec suspicion, agressivité. Chacun est à son tour agresseur et victime.

Partant de ce constat, Gérard-Noël Hesse propose un recueil de nouvelles : Toutes les victimes sont consentantes.

Sans juger, Hesse dresse le portrait d'âmes qui peinent à trouver leur bonheur dans une France en perte de repères. Une femme dans le monde de l'édition, une étudiante que la colère fait basculer, un trader en rupture de ban, un converti égaré sur des chemins trop tortueux pour lui... Sans compter un président de la République pathétique et cynique.

Intime et politique, ample et resserré, ce texte composite et néanmoins cohérent réussit le tour de force de présenter un dispositif littéraire très lisible tout en parvenant à le faire oublier. Un même courant traverse l'ouvrage, transformant ce collage contrasté en un bloc singulier.

C'est ensuite au lecteur de décider qui sont vraiment les victimes. Sont-elles consentantes ? Que signifie ce consentement ? Une invitation à mettre entre parenthèse nos jugements trop hâtifs.


Toutes les victimes sont consentantes
De Gérard-Noël Hesse
Éditeur : Editions Saint Martin
Collection / Série : Collection Littéraire
Prix de vente au public (TTC) : 16 €
 
Imprimer - - par PO - 11 juil 2018

L'été c'est fait pour lire : Parlons foot... et livre !

Même si la lecture est bien ma passion première, je ne pouvais pas, aujourd’hui, faire autrement que glisser un ballon rond entre les pages de nos livres d’été… car l’été c’est fait pour lire !

Cette année c’est donc aussi l’occasion de s’intéresser au football, coupe du monde oblige. Heureusement, parfois, la littérature et le ballon rond passent une alliance fugitive et ainsi on voit apparaitre dans les étals des librairies de bons livres, de véritables pages de qualité qui traitent de ce sport populaire… En écoutant récemment Pierre-Louis Basse dans une des rares émissions télé en France où le foot est traité pour ce qu’il est, ni plus ni moins, je me suis dit qu’il était temps de parler d’un de ses livres qui m’ont surpris et plu avant de me donner envie de les partager avec vous. Le foot n’est qu’un sport – professionnel, il est vrai – et cela n’empêche pas d’en parler intelligemment et en écrivant bien, ce que Pierre-Louis Basse fait remarquablement bien !

Puisque la France qui a encore franchi le cap des quarts de finale, comme en 1958, 1982, 1998, 2006 et 2014 (et si j’en oublie c’est juste que je ne suis pas assez ce sport), et accède une nouvelle fois en finale, ce sera le livre « Séville 82, le match du siècle » dont je vous parlerai aujourd’hui car cette année-là nous n’étions pas allés en finale...

Certes, je reste très prudent sur le sous-titre car pour déclarer un match « du siècle », il faudrait avoir des critères de comparaison ce qui n’est pas si simple que cela. Par contre, je peux entendre une grande partie des arguments de Pierre-Louis Basse. En effet, il y a d’abord le constat de l’intensité du match et du suspense indiscutable… En fonction de l’instant, le qualifié n’est pas le même, voir à partir de 3-1, le vainqueur a l’impression que le match est plié. C’est aussi le sentiment du public, y compris celui des spectateurs… Puis, on arrivera à l’égalité totale à la fin des prolongations et on entrera dans les tirs aux buts de quoi faire encore montrer stress et adrénaline… Oui, sous cet angle, Pierre-Louis Basse a raison de désigner ce match comme un temps exceptionnel du football !

Mais pour le rendre « match du siècle » il évoque d’autres éléments et je pense qu’il a raison : il y a la faute gravissime du gardien allemand sur un joueur français ; il y a le fait que cette rencontre met face à face deux pays qui se sont affrontés trois fois (je ne parle pas ici de match sur terrain vert) depuis un peu plus d’un siècle, la dernière guerre remontant à 37 ans – l’Allemand est encore malgré la construction européenne, un Boche, voire un « sale boche » – et ce type de rencontre est vécu avec des tensions nationales ; des écrivains en profitent pour écrire des textes sur cette rencontre transformant l’évènement sportif en drame antique… Oui, ce match de foot a été bien plus qu’un simple match de foot !

Plus fort, alors que la France perd la rencontre, on sent que le public n’est pas si affecté par le résultat : un peu comme si cette défaite permettait de penser que dorénavant tout serait possible, y compris la victoire sur les plus grandes équipes, comme si la défaite de 82 portait en ses entrailles les sources de la victoire de 98 ! Si jamais la France gagnait la finale 2018, il faudra aller chercher les raisons… qui sait, à Séville et même en Afrique du Sud ? Les défaites apportent beaucoup si on sait les comprendre, ce qu’a probablement très bien fait Deschamps…

Tout cela semble exagéré, grandiloquent, romantique, outrancier… et c’est justement pour cela que l’on aime Pierre-Louis Basse : il est un observateur passionné du football, il respire le foot, il se nourrit du foot, il est le foot ou du moins une de ses incarnations. Il écrit plutôt bien et ses phrases font revivre le sport, donnent du rythme aux actions comme aux pensées, donnent chair aux sportifs, transforment les footballeurs en combattants légendaires, en dieux ancestraux… Même si vous êtes nés après ce match, même si vous ne l’avez pas regardé en son temps et en direct, vous ne pourrez pas rester insensibles à la verve de Pierre-Louis Basse ! Et si vous avez suivi cet homme dans son épopée sur Europe 1, alors, à chaque page vous aurez le sentiment qu’il vous parle à l’oreille…

Alors, avant ou après le match, n’hésitez pas à lire cet ouvrage footballistique passionnant Séville 82, le match du siècle… Après tout, l’été c’est fait pour lire, pas seulement pour regarder des matches à la télé en buvant des bocks !
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 11 juil 2018

L'été c'est fait pour lire : Littérature interdite ?

L’été c’est fait pour lire et c’est bien l’occasion de ressortir de nos bibliothèques un certain nombre d’ouvrages et de s’interroger : pourquoi on les a aimés, est-ce que l’on a envie de les relire, que nous ont-ils apporté… bref, c’est le temps des questions existentielles sur notre rapport fondamental avec les livres et les auteurs !


Aujourd’hui, je voudrais vous parler de tous ces auteurs que l’on nous présente comme infréquentables à cause de leurs idées politiques, leur féminisme déclaré, leurs comportements sexuels, leurs habitudes alimentaires ou leur appartenance à une ethnie ou religion particulière… Hitler voulait brûler tous les auteurs juifs, détruire les peintres dégénérés, interdire de penser à tous ceux qui étaient différents de lui… Mais était-ce une exception dans l’histoire de l’humanité ?


Rien n’est certain car depuis que je suis tout petit, j’en ai entendu des choses sur les auteurs et leurs œuvres… Il ne fallait pas lire Gide l’homosexuel, Maurras l’antisémite, Kessel le juif, Aragon le communiste, Brasillach le collabo, Oscar Wilde l’homosexuel, Villon le bandit de grand chemin, Apollinaire l’alcoolique… et ma liste pourrait être sans fin avec Céline, Prévert, Matzneff…

 

 


Quand j’étais jeune en classe préparatoire Lettres, j’ai appris qu’il fallait lire les œuvres sans se poser trop de questions sur les auteurs. Le texte d’abord, le texte avant tout, voire le texte et seulement le texte pour certains enseignants… Je m’y suis fait, j’ai lu et je me suis fait plaisir, parfois j’ai été déstabilisé, horrifié, scandalisé, charmé, révolté… Je crois qu’il faut faire très attention de ne pas mélanger ce qui ne doit pas l’être… Un bon restaurateur n’est pas un homme qui mettrait en application les règles de morale – et il faudrait encore savoir de quelle morale on parle – et un bon chirurgien n’est pas celui qui est fidèle à sa femme et honnête avec les impôts… Pourquoi en serait-il autrement avec un romancier ?

Lire Aragon ne signifie pas devenir communiste ! Aimer le roman « Le marchand d’oiseaux » de Robert Brasillach n’implique absolument pas de partager ses idées politiques et on peut apprécier certains romans de Gabriel Matzneff sans avoir envie de faire la cour à des petits garçons… Tout cela me parait simple et n’implique pas non plus de réhabiliter certains écrivains sous prétexte que parmi leurs livres il y aurait de bons romans… Un bon roman ne signifie pas que les idées politiques soient bonnes !



Oui, il y a des œuvres littéraires que j’apprécie beaucoup et que je souhaite vous voir ouvrir, lire et, qui sait, apprécier. Pour autant, je laisse d’autres porter un jugement sur les auteurs en tant qu’hommes. Je cite donc dans ces œuvres à dépoussiérer et oser découvrir : « La ballade des pendus » de François Villon, « L’avenir de l’intelligence » de Charles Maurras, « La porte étroite » d’André Gide, « Voyage au bout de la nuit » de Céline, « Le marchand d’oiseaux » de Robert Brasillach, « L’homme à cheval » de Drieu La Rochelle, « Aurélien » de Louis Aragon, « Le deuxième sexe » de Simone de Beauvoir… Et ma liste pourrait couvrir des pages et des pages, remplir des heures de radio… même si j’entends bien que l’on puisse avoir peur de ces auteurs !

Mais, puisque l’été c’est fait pour lire, promis, je reviendrai vous présenter quelques ouvrages de cette liste et probablement très vite en commençant par « Le marchand d’oiseaux » qui est, peut-être mon chouchou !

Alors, en attendant, très bonne lecture et à très vite !

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 10 juil 2018

L'été c'est fait pour lire : Amour, été, livres... Tout un programme !

L’été c’est fait pour lire et je l’ai toujours dit c’est le temps idéal pour lire et relire ces livres qui nous ont façonnés et que l’on peut nommer comme des classiques même si l’histoire officielle de la littérature ne les identifie pas – encore – comme tels. Dans ces classiques, ces livres ou auteurs qui m’ont changé, je positionne Francesco Alberoni et sa trilogie magnifique, objet de ma chronique du jour…

Francesco Alberoni est un sociologue italien qui enseigne – enfin enseignait car il a 88 ans aujourd’hui – cherchait et écrivait à Milan. Fortement imprégné de la culture italienne et chrétienne, il propose à ses lecteurs une série d’ouvrages pour mieux comprendre les sentiments humains, à commencer par l’amour et l’amitié. Il est l’auteur de cette fameuse trilogie qui fait encore référence, « L’amitié », « Le choc amoureux » et « L’érotisme ». C’est surtout le second volet de cette œuvre majeure que je veux vous inviter à découvrir… ou, pour certains, redécouvrir !

Qui n’est jamais tombé amoureux aura bien du mal à comprendre le cheminement de Francesco Alberoni, mais, par contre, sera beaucoup plus averti et donc protégé lorsque l’heure aura sonné… En effet, cet état transcendant et magique, douloureux et incompréhensible, est un passage obligé pour beaucoup et ce que l’on soit jeune ou vieux, homme ou femme, hétéro ou homo sexuel… Car qu’est-ce que tomber amoureux ? C’est tout simplement entrer dans une phase de création, de mise en place, atteindre le mouvement naissant qui permettra à un mouvement collectif à deux d’exister. Ce n’est donc pas quelque chose de magique… « Tomber amoureux n’est ni un phénomène quotidien, ni une sublimation de la sexualité, ni un caprice de l’imagination ». Mais pour mieux comprendre cette situation et se l’expliquer, si c’est possible, alors il vous faudra lire ce petit essai que l’on peut prendre aussi pour un hymne à l’amour digne du Cantique des cantiques ou comme une enquête à la Hercule Poirot… Et, pour moi, cet ouvrage tient des deux…

Un hymne sacré, d’abord, car c’est une certitude, il y a bien un discours amoureux : « Dès qu’il tombe amoureux, l’être le plus simple et le plus démuni est obligé, pour s’exprimer, d’utiliser un langage poétique, sacré, mythique. On peut en rire, mais c’est ainsi. Car le sacré et le mythe naissent eux aussi de l’expérience extraordinaire commune aux différents mouvements, c’est-à-dire, l’état naissant. » Entre le discours amoureux et un psaume de David, entre la déclaration tendre et folle d’un jeune homme à sa dulcinée et la transfiguration mystique de la femme chez Dante… il n’y a que fort peu de différence, il y a plus qu’une simple similitude. Et c’est cela que démontre Alberoni dans une grande partie de son étude. Mais, pour cela, il chemine comme Poirot c’est à dire avec la certitude que la raison et la logique vont tout prouver y compris dans les sentiments humains…

Le vocabulaire de l’enquête est bien là tout au long du texte : abordons maintenant… examinons le cas contraire… y a-t-il un autre signe… c’est peut être selon ce scénario… mais ces phénomènes se vérifient… le fait que des personnes… Quand on parle de choc amoureux et de vocabulaire, comment ne pas évoquer un autre de mes livres cultes, une autre classique qui m’a changé, Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes. Voilà deux classiques finalement que l’on ignore durant nos études et qui pourraient en aider plus d’un de ces lycéens en quête d’absolu… Si quelqu’un à l’Education national me lit – on peut toujours espérer – voici une idée qu’il faudrait travailler car ces deux ouvrages, tout en parlant bien de la vie, le font avec style, classe et culture…

 

 

Ces livres peuvent-ils nous servir dans la vie, pas la vie des bouquins, mais la vraie, celle que nous vivons, celle qui, parfois, nous fait souffrir ? Oui ! Mille fois oui ! Car, Francesco Alberoni comme Roland Barthes nous expliquent pourquoi le choc amoureux est si fort, pourquoi cet amour naissant disparaît progressivement dans la banalité, dans la répétition… et comment l’amoureux doit se battre toute sa vie pour garder sa fraîcheur, sa force, sa vigueur à cet état des sentiments qui garantit une vie totalement heureuse avec la personne que l’on aime…

Oui, tout un programme mais on peut commencer par la lecture de ces deux ouvrages de qualité, des classiques pour moi, et comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture et, surtout, aimez bien !

 
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 9 juil 2018

J'ai lu pour vous : « Mémé dans les orties » d'Aurélie Valognes


La 4ème de couv. nous dit : « Ferdinand Brun, 83 ans, solitaire, bougon, acariâtre – certains diraient : seul, aigri, méchant –, s'ennuie à ne pas mourir. Son unique passe-temps ? Éviter une armada de voisines aux cheveux couleur pêche, lavande ou abricot. Son plus grand plaisir ? Rendre chèvre la concierge, Mme Suarez, qui joue les petits chefs dans la résidence. Mais lorsque sa chienne prend la poudre d'escampette, le vieil homme perd définitivement goût à la vie ... jusqu'au jour où une fillette précoce et une mamie geek de 92 ans forcent littéralement sa porte, et son coeur.


Un livre drôle et rafraîchissant, bon pour le moral, et une véritable cure de bonne humeur ! »



Récupéré par hasard lors d’un don de livres dans une bibliothèque, ce petit « poche » a attiré mon attention par son titre, par sa couverture carreaux vichy de nappe de cuisine ancienne et par son résumé, qui présumait d’en savoir plus sur ce vieux bonhomme acariâtre, voir méchant.

C’est délectant l’histoire d’un « méchant » !!

Je n’ai pas été déçue à sa lecture que j’ai effectuée en quelques heures.

J’y ai découvert des personnages attachants, une leçon de vie, des scènes cocasses et un bon roman d’été …

Je n’oserais dire une pépite … mais je le dis quand même.

A lire sans modération, sur la plage, sa chaise longue, au bord du lac ou à l’ombre d’un saule pleureur.

Je vous le recommande, c’est un livre drôle et tendre … qui ne pique pas !!

Aurélie Valognes, née en 1983 à Chatenay-Malabry, est une écrivaine française de littérature contemporaine.

Elle publie son premier roman « Mémé dans les orties » en 2014 en auto-édition puis chez Michel Lafon.
Son livre se vend à plus de 300 000 exemplaires et est traduit dans plusieurs pays.


Christiane Chapé

 
Imprimer - - par christiane chapé - 8 juil 2018

L'été c'est fait pour lire : A table et du bon, du beau, du sucré !!!

L’été c’est fait pour lire mais aussi pour réfléchir… Et la question du jour est simple : pourquoi la gourmandise serait un défaut ? Je vous le demande bien… Et dire que certains ont même essayé de me convaincre que la gourmandise était un péché, que dis-je, un péché capital…



 

 

J’aurais plutôt tendance à penser qu’une personne, qu’un adulte, qui ne fait pas preuve de gourmandise a des vices cachés beaucoup plus graves, plus dangereux… Je sais que cette position n’est peut-être pas très orthodoxe mais je crois ne pas être le seul à penser ainsi et, du coup, j’ai voulu vous offrir un petit livre pour cultiver cette gourmandise et vous aider à préparer votre table pour me recevoir… Oui, car de mon côté, je suis bien obligé de reconnaitre, une certaine gourmandise et mon corps ne le cache pas ! J’assume…

« Desserts et gourmandises aux fruits » est un joli objet car, avant d’être un recueil de recettes, c’est une présentation en couleur, en dessins, en aquarelles, de tous ces desserts, de tous ces fruits que nous allons ensuite, bien évidemment, manger, car tout se finira bien dans notre assiette…

Mais c’est aussi un guide médical, puisqu’on n’arrête pas de nous dire qu’il faut manger beaucoup de fruits pour éviter les méchantes choses que sont les cancers et autres problèmes digestifs, circulatoires, esthétiques et respiratoires… Je ne suis pas médecin, heureusement pour vous, mais puisqu’il faut manger des fruits, obéissons à l’Académie et faisons-le avec goût…

Dans ce petit joyau de la littérature gastronomique nous allons trouver des recettes de salades de fruits, de sorbets, de confitures et de gâteaux… Souvent on partira des fruits de chez nous, parfois de fruits plus exotiques, mais dans tous les cas il faudra tenir compte des fruits de saison, car impossible ou presque de faire ces recettes avec autre chose que des fruits frais, mûris au soleil et prêts à être consommés avec amour…

Alors, bien sur, j’ai fait mon choix, celui que je tente de communiquer à mes filles cuisinière et pâtissière, celles qui aiment le plus faire la cuisine et qui entretiennent ma gourmandise au fil du temps… Omelette aux fruits, ne pas oublier de la faire flamber au rhum, tarte aux abricots et fleurs de lavande, biscuits coco-amandes, oreillettes aux zestes de citron et orange, yaourt-shake aux fruits rouges, mousse au citron, crème glacée aux cerises, sorbet à l’ananas, brochettes de fruits…

En fait, tout est bon, semble facile à réaliser et se fait à partir de produits naturels avec un minimum de sucre. Tout ce qu’il faut pour séduire nos médecins un peu trop regardants…

Ce livre comporte, en plus, de nombreux petits trucs pour réussir ses confitures, ses crêpes, ses fruits à l’eau de vie… C’est donc un cadeau idéal à offrir à ceux que vous aimez pour qu’ils vous aiment encore plus… certains enfants seront heureux des résultats car on y trouve la recette pour de bonnes sucettes, de bons œufs de Pâques et des petites folies au miel, amandes et ananas…

Donc allez-y, offrez-vous ce petit livre, travaillez bien et dès que vous êtes prêts, n’hésitez pas, invitez-moi, seul ou, encore mieux, avec toute l’équipe familiale… Pour les proportions, il faudra un peu les augmenter, mais vous verrez, une simple règle de trois et tout ira pour le mieux…
Alors, à table sans plus tarder… Mais attention, je n’aime ni les châtaignes ni les poires…

Donc puisque l’été c’est fait pour lire et cuisiner pour ses amis, je ne peux que vous souhaiter une bonne lecture et une bonne séance de travail en cuisine… Quant à la dégustation, pas de souci, je m’en charge bien volontiers !

 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 8 juil 2018

Un chalonnais, Frédéric Buy, vient de publier un deuxième recueil de poèmes

Frédéric Buy imprime son deuxième recueil « Lumières des fêlures » sur les tablettes de nos consciences.


Cinq années ont produit cette singulière poésie, divisée en quatre sections
Ce recueil qui vient dans la foulée poétique, fait suite à « l'Âme innée ».


Sa laborieuse rédaction s'étale sur cinq années, durant lesquelles il a surfé sur le signal de l’oscilloscope. 
Ayant mis le plus de courage à essayer, certains textes restent pour lui encore flous.
Cependant, il a voulu les partager leurs mystères d'un langage compréhensible jadis.


Pendant ce quinquennat, son fils est né et lui dois le fruit de certaines inspirations. 
Il laisse libre la façon d'expirer, en conseillant de reprendre régulièrement votre souffle.

Frédéric Buy est âgé de 41 ans. Le deuxième recueil est en vente au prix de 10 euros, à l « île au tabac », rue de Strasbourg.

 
 
Imprimer - - par Daniel DERIOT - 7 juil 2018





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