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Et pour terminer les bilans 2018, parlons spectacles !

9 jan 2019 - Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon

Quand on suit la saison de l’Espace des arts de Chalon-sur-Saône, quand on couvre Chalon dans la rue pour divers médias locaux et quand on a une ville qui elle-même joue dans certains spectacles, il est réellement difficile de faire une petite sélection de l’année… Néanmoins, puisque j’ai décidé de le faire pour la bande dessinée et les expositions, voici ma petite mémoire bonheur de l’année 2018 !


Encore une fois, tout cela est subjectif, mais c’est assumé. Donc, je commencerai par le concert d’Aldebert à la salle Marcel Sembat en mars dernier. Certes, vous pourrez être surpris de voir cet évènement dans mon choix mais j’ai une tendresse particulière pour Aldebert et ses « enfantillages ». Durant de nombreuses années, j’ai eu le sentiment que l’on ne proposait aux enfants que des chansons de mauvaise qualité, tant par le texte que par la musique. Ici, c’est un peu le contraire, la musique est moderne, inventive, de qualité et jouée avec énergie. Quant aux paroles, elles couvrent la vie de l’enfant mais sans facilité, sans concession et dans un lien raisonnable avec les parents, les référents, la société… Du coup, lors du concert, salle pleine d’enfants mais bien accompagnés par parents et grands-parents. Tous semblent heureux de partager ce beau moment et il me tarde de pouvoir accompagner mes petits-enfants à une telle soirée… Très belle performance d’Aldebert et ses musiciens qui enchainent à Chalon deux concerts dans la journée !

 

En mai, c’est le spectacle Noire que retiendra ma mémoire sélective… Certaines lectures et certains spectacles marquent profondément. Parfois, on le sait dès la dernière page lue ou dès le tomber de rideau, parfois c’est plus tard que l’on s’en rend compte. Avec Noire de Tania de Montaigne, ce fut dès la première page… Avec le spectacle Noire de Lucie Nicolas et du Collectif 71, dès les premiers mots prononcés par Sophie Richelieu…

« Prenez une profonde inspiration, soufflez, et suivez ma voix, rien que ma voix, désormais, vous êtes noir, un noir de l’Alabama dans les années 1950… »

Pourtant, je n’avais rien demandé à personne, je n’avais aucune envie d’être noir et je ne connais même pas l’Alabama… D’accord, j’avais bien lu ce livre sans être forcé par personne… Mais c’était pour me préparer au spectacle où j’avais été invité… Ce n’était pas un véritable choix… Juste des circonstances qui m’avaient poussé vers ce texte et ce spectacle… Reste à parler de cet aspect attendu et assez méconnu, le roman graphique théâtral !


Jusque-là on connaissait la scénographie classique avec de très nombreuses possibilités de décors… On avait découvert à Angoulême des concerts dessins qui permettaient à un illustrateur de dessiner en même temps qu’un chanteur ou conteur racontait une histoire, faisait voyager dans un univers… Mais, là, c’est encore autre chose et c’est très fort…

Il y a une véritable osmose narrative entre un texte, une actrice, une illustratrice, les dessins, les photos, des sons d’époque… Au bout de quelques minutes, le spectateur ne sait plus où il est… Dans une bande dessinée ? Dans une exposition ? Au théâtre ? A l’opéra ? A une conférence ? Dans la rue ? Dans un bus de Montgomery ? Il ne sait plus mais il comprend vite qu’il est au spectacle vivant ! Au spectacle vivant tout peut arriver, tout est imprévisible… Il doit accepter d’être surpris, de voir l’actrice entrer dans le dessin, le dessin envahir la scène, la dessinatrice parler… Ici, tout est possible !


Bien, vous l’avez bien compris, un grand spectacle humain et politique et je ne vais pas en dire plus ici si ce n’est que j’espère que ce spectacle va pouvoir encore tourner et qu’il sera prochainement joué à Chalon-sur-Saône car ce fut indiscutablement un de mes gros coups de cœur de l’année 2018 !

Bizarrement, Chalon dans la rue 2018 ne laissera pas beaucoup de traces dans ma mémoire. Quelques mois plus tard, j’ai du mal à me souvenir de plus de trois spectacles forts et de qualité… Je ne vais donc en citer qu’un seul car il aura eu le mérite de me faire relire Antigone dans plusieurs versions y compris en bande dessinée…

 

Je ne vais pas vous redire ici tout ce que j’ai dit dans ma chronique sur Antigone car ce spectacle, Hybris, fut bien une adaptation de la tragédie grecque Antigone de Sophocle… Hybris signifie la démesure et ceux qui ont lu la tragédie savent que ce nom n’est pas inapproprié, loin de là !

Pourquoi vouloir, aujourd’hui, au vingt-et-unième siècle, mettre en scène une telle tragédie ? Il faut laisser la compagnie s’exprimer et nous montrer le chemin de son questionnement :
« Pourquoi cette DEMESURE TRAGIQUE, l’hybris, chez Antigone ? Quelle est cette force qui la pousse à RESISTER au pouvoir en place pour S’ENGAGER dans un combat qui lui coutera la vie ? »
On comprend très vite que l’enjeu est de nous inviter à raisonner et comprendre l’être humain qui s’engage, qui résiste, qui va au bout de sa logique, qui prend des risques pour ne pas se renier… Oui, Antigone, c’est comme une invitation à rester humain même si le risque est de perdre la vie…

 


Pour ce qui est de la mise en scène, des costumes, de la musique, du jeu des acteurs… presque tout fut parfait ! Franchement, en sortant d’un tel spectacle, on se sent bien, tragiquement bien dans son humanité… On a aussi une envie folle de se replonger dans Antigone, de Sophocle à Anouilh, de Cocteau à Régis Pennet… Bref, on plonge dans la grande tragédie classique et c’est, pour moi, un véritable bonheur !

La saison de l’Espace des arts, 2018-2019, a commencé si fort qu’il est difficile de choisir un spectacle ou un autre… Néanmoins, c’est Festen que je citerais car ce fut une soirée exceptionnelle… Oui, il s’agissait bien d’un spectacle hors-normes avec des acteurs aux talents multiples, une technique maitrisée dans les moindres détails, une scénographie parfaite, une mise en scène étonnante… Il est même difficile de trouver des défauts à ce spectacle, si ce n’est celui de montrer la noirceur de l’humanité… mais est-ce un défaut ? Bref, une soirée qui restera dans ma mémoire et dans celle de ceux qui m’accompagnaient ce soir-là…

 

Enfin, dans mes spectacles de l’année 2018, je retiendrai Soulèvement de Tatiana Julien. Ce spectacle fut pour moi un gros choc, un coup de massue, un bouleversement et ce fut si fort que je n’ai pas encore réussi à écrire un texte construit. Soulèvement est à la fois une performance d’artiste, une écriture magistrale, une prouesse émotionnelle sans égale ou presque, un cri politique, humain, sociétal… Bref, un soulèvement de l’humanité porté par une femme courageuse qui s’expose et prend des risques considérables… On sort de ce spectacle sans voix, tremblant, hésitant, bouleversé, hagard… et j’ai bien conscience de ne vous avoir finalement rien dit de ce spectacle où Tatiana Julien est tour à tour chanteuse, boxeuse, leader politique, révoltée, danseuse, nue, femme, tout simplement femme… femme forte, femme exposée, femme fragile, femme à la portée de tous, femme porteuse de l’humanité entière… Bon, ben, il ne vous restera plus qu’à voir ce spectacle s’il passe près de chez vous et à votre tour vous serez exposés à un des spectacles les plus forts qu’il m’ait été donné de voir ces dernières années…


Voilà, une année de spectacles résumée en quelques lignes mais déjà les trois coups raisonnent et le spectacle continue ! Bonne année 2019 !

 


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