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Manifestation, migrants et mon regard, acte II

8 août 2017 - Corentin, journaliste stagiaire

L’histoire ne se répète jamais mais elle emprunte des chemins parallèles pour ne pas dire identiques… Du moins, il semble si on regarde les choses – les évènements – avec raison, précaution et sans affect.


Les populations, sur la planète, ont toujours bougé, beaucoup bougé. Depuis que l’on étudie l’ADN on a ainsi constaté que les homo erectus et sapiens ont réalisé de grandes migrations et ont ainsi accumulé des traces d’ADN des autres humains et même de l’ADN de certains singes… C’est ainsi, on n’y peut rien, c’est factuel et scientifique…


 

Depuis que nous sommes dans la période historique, en se limitant à notre espace national, les migrations ont continué sans cesse et c’est ainsi que les Celtes ont reçu la visite des Romains, des Goths, Wisigoths, Burgondes, Francs et Normands… progressivement, ils ont donné naissance tous ensemble à un pays, la France. Combien de Celtes dans la population française ? Probablement très peu et qu’importe !

Au cours des deux derniers siècles, ces migrations ont continué. Parfois l’objectif était de trouver de la main d’œuvre pour nos usines et nos mines : c’est ainsi que nous avons accueilli des Polonais, des Italiens, des Espagnols, des Portugais… Parfois, il s’agissait d’anciens combattants de notre Empire colonial qui restaient – quand ils avaient survécu – sur cette terre qu’ils avaient défendu : on a ainsi vu des gens du Sénégal, d’Algérie ou de Nouvelle-Calédonie rester chez nous… Puis, il y eu la décolonisation qui a poussé sur notre territoire des anciens colons et des colonisés qui nous étaient restés fidèles. Tout ce monde-là a tenté, tant bien que mal de vivre ensemble et l’équilibre n’a pas toujours été simple à trouver mais est arrivé, progressivement…


 

Parfois, la source des migrations était très politique et on se souvient que bon nombre de Russes, Arméniens, Cambodgiens, Vietnamiens, Juifs d’Europe centrale sont arrivés chez nous chassés de leurs pays… On a alors encore ouvert nos portes pour accueillir ceux qui n’avaient plus rien, voire qui avaient laissé une partie de leur famille dans des prisons ou des cimetières…

Chaque étape, ne nous voilons pas la vue historique, a été difficile à franchir, les rejets existaient bien, les tensions ont été présentes et il a fallu du temps pour avancer. Nous n’avions pas toujours du travail à proposer ni une richesse incroyable à partager. Nous n’avions que l’envie de ne pas exclure, de ne pas laisser sur les chemins d’errance…


 

Aujourd’hui, de nouvelles populations sont de nouveau sur les routes de l’exil, dans la souffrance, dans l’angoisse… Souvent, cela part de pays où les Occidentaux n’ont pas su travailler en bonne intelligence avec les populations et leurs leaders. Parfois même, les nations occidentales avaient carrément mis en place des alliances terribles avec des dictateurs…

Alors, je ne dis pas que tout est simple mais je me pose quelques questions simples :

- que diront mes enfants – quand j’en aurai – et qu’ils apprendront dans l’histoire que la France, ma France, n’a rien fait pour aider ces populations dans la souffrance ?
- comment pouvons-nous continuer à penser à nos vacances, à nos petits conforts, à nos petits crédits, quand des familles manquent de tout à commencer par nourriture, eau, et toit ?
- comment peut-on accepter que des représentants de la République Française – vous savez, celle qui préconise la Liberté, l’Egalité et la Fraternité – puissent couper l’eau à des camps, certes de fortunes, où vivent entassés des hommes, des femmes et des enfants ?
- comment accepter que des concitoyens manifestent ouvertement pour chasser ces migrants sans une once d’humanité ?


 

Je suis en stage de journalisme et je dépasse le simple récit médiatique pour interroger une société sur ses fondements humains. Je ne suis pas encore en position de participer activement à la vie politique mais je ne pouvais pas rester silencieux.

Je respecte les choix des uns et des autres – c’est bien le moins que l’on puisse faire dans une démocratie – mais je voulais que ces questions soient posées pour que l’on ne puisse pas me dire un jour : mais qu’as-tu dis, toi journaliste, quand c’est arrivé ?


Je me suis donné, samedi dernier, comme objectif d'écouter jusqu'à la fin les nationalistes dans leur discours sur les migrants. J’ai souvent pensé qu’il s’agissait d’un discours assez populiste et manipulateur, pour le moins incomplet. Non, ce ne sont pas les migrants qui ont mis au chômage des personnels hôteliers… Leur hôtel allait déjà mal avant, bien avant !

Je voulais aussi faire remarquer que le Front National, parti qui insiste souvent sur ses différences avec l’extrême droite était bien représenté à cette manifestation ainsi que la tendance catholique Civitas. Cela signifie bien que ces fractions politiques revendiquent les mêmes choses concernant l’immigration, l’accueil des migrants et le repli sur soi que les groupuscules extrémistes organisateurs…

Les slogans entendus cet après-midi sont très clairs : les nôtres avant les autres, expulsons les clandestins, stop à l’invasion… On est bien dans une volonté nationaliste absolue. Or, le nationalisme mène beaucoup trop souvent à des guerres et les guerres sont néfastes à toutes les populations…


 

Voilà, je ne pouvais pas rester silencieux et j’ai tenté de prendre la parole avec modération et à la lumière de notre histoire…

 


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