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BANDES DESSINÉES... Plus de 650 articles (octobre 2018)

La BD est en force sur vivre-a-chalon.com

BD...

En partenariat avec des étudiants de l'IUT (Licence TAIS) et Michel BONNET cette rubrique s'intéresse  au "neuvième art" en général mais, et, c'est la raison d'être de notre média,  également aux acteurs chalonnais et aux initiatives locales dans le droit fil du projet "Chalon en bulles" dont Michel Bonnet fut l'initiateur et l'animateur il y a quelques années.

Avec son équipe il ira à votre rencontre... mais n'hésitez pas à faire le premier pas si vous partagez cette passion pour les bulles !

 

Des textes, des photos, des interviews audion des vidéos...
Bonne promenade !


 

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L'équipe TAIS à Angoulême : Estelle

Bonjour !

Moi c’est Estelle et je suis originaire du Nord (et non je ne suis pas ch’tie, mais flamande ça fait toute la différence !).


Passionnée par le dessin et la création, je me suis orientée vers un BTS Design Graphique à l’ESAAT de Roubaix. J’ai ainsi pu travailler sur des projets très diversifiés qui m’ont permis d’acquérir des compétences variées et une grande polyvalence. Je suis ensuite descendue dans cette chère Bourgogne pour développer encore plus cette polyvalence en licence TAIS à l’IUT de Chalon-sur-Saône.

Lire étant ma passion n°1 dans la vie, je suis très enthousiaste à l’idée de participer au festival d’Angoulême, de rencontrer des auteurs que j’ai pu suivre et pouvoir leur poser pleins de questions !

J’espère pouvoir vous donner aussi envie de découvrir à votre tour ces auteurs, ces bédés…

 
Imprimer - - par Estelle, étudiante en TAIS à l'IUT de Chalon-sur-Saône - 15 jan 2019

L'équipe TAIS à Angoulême : Dorian

Bonjour, je m’appelle Dorian et même si ce n’est pas aussi original que ce que je souhaitais, voici ma présentation pour que vous fassiez un peu ma connaissance avant Angoulême…

1998, événement d'ampleur mondiale, Je ne vous parle pas de jeu de balle aux pieds, mais bien de moi, Dorian.

Chanceux depuis toujours, j'ai commencé par naître pile le jour de mon anniversaire (J'étais cependant un peu triste car mon petit frère et ma petite sœur n'ont pas pu assister à cet événement).


J'ai également brillamment réussi à intégrer l'une des 15 places de l'option théâtre au lycée parmi les 15 postulants.

Manquant vaillamment par la suite l'audition pour la classe libre du cours Florent et pour contrecarrer les plans de mon père, j'ai pu poursuivre mes études par l'obtention d'un DUT MMI (métiers du multimédia et de l'internet).

Pour calmer les frustrations de mon père, j'ai du malgré tout m'inscrire pendant deux ans au conservatoire d'arts dramatiques de Blois. Par malheur, contre toute attente et malgré des lacunes certaines j'obtins avec brio mon certificat d'études théâtrales.

Parallèlement à tout ceci, j'ai développé une véritable passion pour la musique de chambre. En effet, je développe dans mes 12 mètres carrés de la musique électronique rythmée. J'ai la chance d'avoir un père qui me soutient énormément dans mon projet grâce au rythme endiablé des coups de balais au plafond.

Pour éviter d'intégrer cette année une école de théâtre à Paris, j'eus la brillante idée de m'expatrier à Chalon-sur-Saône pour y faire une licence « techniques et activités de l'image et du son ». Je crains qu'en 2020 toutes mes cartouches soient grillées.

Sur la photo, c'est moi dans le rôle de Nick Navette dans la pièce "Songe d'une nuit d'été" de Shakespeare mise en scène par le cycle 3 du conservatoire de Blois en 2018.

Merci de m'avoir lu et souhaitez moi bonne chance pour cette nouvelle aventure !

 
Imprimer - - par Dorian, étudiant en TAIS à l'IUT de Chalon - 15 jan 2019

Souvenirs de Saint-Malo avant d'aller à Angoulême : Davy Mourieir en vidéo

Imprimer - - par Chloé et Anton, étudiants de la TAIS de l'IUT de Chalon-sur-Saône - 14 jan 2019

L'équipe TAIS à Angoulême : Bazir

Je suis Bazir… il me semble que je suis un accroc à l'art en noir et blanc et je peux aussi avouer que je me définis comme quelqu'un de créatif, même si cela n’engage que moi !

Mon quotidien, c’est comme dans un comics avec une touche d’humour. Attention, je ne suis quand même pas un super héros… Quoi… que… Allez savoir !

Mes croquis parfois sombres sont un enchaînement de portraits, silhouette, mouvement. En fait, je dessine toujours et durant le festival d’Angoulême, c’est moi qui vais regarder les auteurs dessiner…
Imprimer - - par Bazir, étudiant de la TAIS de l'IUT de Chalon - 14 jan 2019

L'équipe TAIS à Angoulême : Julie

Bonjour, je me nomme Julie et j'ai 20 ans. Actuellement en licence TAIS (techniques et activités de l’image et du son), j'ai la chance de pouvoir me rendre cette année au Festival international de la BD d'Angoulême.

Derrière cette présentation tout à fait sommaire se cache une personne passionnée par la culture nippone et les Arts (musique, théâtre, peinture,...).

Pour tout vous dire, je suis quelqu'un de très (trop?) spontanée.

L'imagination et la créativité sont pour moi un trésor immense dont il faut prendre soin tout en l'utilisant avec minutie.

De nature loquace, si tant est que je sois dans un contexte propice à la discussion, j'aime faire des rencontres et parler avec les gens.

Le festival de la BD est pour moi l'opportunité de découvrir un Art qui m'intéresse mais pour lequel mes connaissances ne sont qu'à un stade néophyte.

J'espère que cette semaine au sein de l'événement me permettra de faire de nombreuses rencontres riches en connaissances (voire en émotions).

Peut-être même nous verrons nous au Festival ou à Chalon au retour !
Imprimer - - par Julie, étudiante en TAIS à l'IUT de Chalon-sur-Saône - 14 jan 2019

Préparons nos rencontres d'Angoulême 2019 : Didier et Lyse Tarquin

Didier Tarquin est essentiellement connu pour son dessin dans la série Lanfeust de Troy. Certes, il a bien dessiné quelques autres albums mais sans le succès qu’il a rencontré avec Lanfeust… Seulement, voilà, le troisième cycle de cette série vient de se clore avec un très bel album et c’est le moment idéal pour trouver, pour prendre, le temps de travailler à « autre chose »… C’est ce qu’il a décidé de faire avec cette série UCC Dolores dont le premier volume vient de sortir, La trace des nouveaux pionniers. Pour cette histoire, il travaille avec Lyse Tarquin, celle qui avait assumé les couleurs de très nombreux albums dessinés par Didier…


Cette fois-ci, on quitte la fantasy de l’univers de Troy pour aller se faufiler dans la science-fiction, une SF forte, puissante, profonde… qui mérite certainement toute notre attention ! Nous voilà dans une grande aventure – longue, on ne le sait pas encore – dynamique qui enchante objectivement le lecteur dès les premières pages malgré la mise en place des personnages, phase inhérente à tout début de série !

UCC Dolores est un vaisseau spatial qui a toute une histoire, une réputation et quand Mony le touche en héritage de son père elle n’en connait rien… Il faut dire que Mony est plutôt une oie blanche qui sort de son institution religieuse. Une sorte de bonne sœur, un peu naïve, quelque peu idéaliste et plutôt sympathique… Les yeux sont braqués sur elle et ce navire car son père, général pas très sympathique, quelque peu pirate ou corsaire, aurait accumulé un trésor… Mais est-ce bien vrai, là nous n’en savons encore rien…

Pour que la pauvre et innocente Mony ait la moindre chance de s’en sortir, le scénariste Didier Tarquin la fait croiser Kash, un ancien de la guerre, plein d’expérience et très réaliste. Il n’est pas très expansif mais accepte de servir l’UCC Dolores aux ordres – au service – de Mony… Le duo va pouvoir partir à l’aventure…

J’ai lu ce premier tome avec beaucoup de plaisir trouvant là une bande dessinée d’aventures comme je les aime et même si les problématiques ne touchent pas à la haute philosophie, il faut bien reconnaitre que Didier Tarquin se révèle un scénariste solide et très agréable à suivre…

C’est donc tout naturellement que j’ai demandé à rencontrer Didier et Lyse Tarquin – d’ailleurs, cela me permettra de savoir comment ils ont travaillé et la répartition exacte de leur participation à cette aventure – et pour une fois, on ne parlera pas (trop) de Lanfeust de Troy… Enfin, peut-être un peu quand même…

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 14 jan 2019

Préparons nos rencontres d'Angoulême 2019 : Bernard Yslaire

Généralement, quand on parle de la série bédé Sambre, on se doit de donner une multitude de qualificatifs extraordinaires, d'y joindre des citations littéraires, poétiques, romantiques... Certains vont jusqu'à parler d'une nouvelle Comédie humaine en bande dessinée et ainsi Bernard Yslaire devient le Balzac de la fin du vingtième siècle...

Une telle démarche, même si je la comprends, me déplait car la bande dessinée est pour moi un art narratif à proprement parler et je n'ai pas besoin de convoquer les grands romanciers ou poètes du dix-neuvième siècle pour affirmer que Bernard Yslaire est un grand de la bande dessinée !

C'est en 1986 que deux auteurs, Bernard Yslaire et Balac (connu aussi dans le monde de la BD sous le nom de Yann) crée cette grande saga familiale, Sambre. Dès le premier album nous sommes plongés dans le drame et une époque (1848). Le drame puisque le père, Hugo Sambre, se suicide. Il laisse inachevé un manuscrit, La guerre des yeux. Sa femme semble penser que son mari était fou, tout simplement tandis que sa fille Sarah veut terminer le manuscrit paternel et que Bernard, le fils, semble très perturbé par la mort de son père... Et, il y a aussi Julie, une jeune femme braconnière, de la rue, aux yeux rouges...

Un drame va se nouer dans cette famille de province et le lecteur entre dans la grande saga des Sambre ! Yslaire, qui maintenant travaille seul sur cette série, pensait décliner la série sur 12 albums. Seulement, les cinq premiers sortiront sur dix-sept ans et de nombreux lecteurs se diront alors - dépités - que la série ne connaitra jamais sa fin, son apothéose...

Mais, en bédé comme en amour, il ne faut jamais jurer de rien, n'est-ce pas ? Alors, Bernard Yslaire s'est remis au travail et depuis 2011, trois nouveaux albums sont arrivés... Du coup les lecteurs ont repris le moral et finissent par espérer que les quatre derniers albums puissent sortir un jour... Même si, parfois, Bernard Yslaire laisse entendre que sa crainte est de ne pas pouvoir terminer son grand œuvre, car il s'agit bien d'une œuvre au sens propre du terme, une œuvre majeure de la bande dessinée !

Alors, pour moi, ce fut d'abord l'occasion de relire les huit albums parus puis de demander un entretien avec Bernard Yslaire. Je me réjouis à l'avance de cette rencontre, ce sera la deuxième fois que j'aurais le privilège de l'interviewer, et je vais même tenter d'intéresser mes étudiants à cette série magnifiquement dessinée et mise en couleur...
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 14 jan 2019

Préparons nos rencontres d'Angoulême 2019 : Christophe Bec

Et voilà, ça recommence, il n’y aura donc jamais de fin à cet engrenage incroyable et terrible… Christophe Bec continue de sévir… Je m’explique…

 


Christophe Bec est un scénariste qui sévit sur moi avec régularité, à chaque fois le même mécanisme. Je prends la bande dessinée dans les mains, je lis la quatrième de couverture, j’ouvre l’album et regarde le graphisme rapidement… Les dessinateurs changent mais à chaque fois je suis légèrement dubitatif… On verra bien… et je commence à lire !

 


Au bout de quelques pages, j’ai le sentiment d’une histoire bien ficelée, j’ai envie d’aller plus loin et finalement je trouve cette narration graphique bien efficace… Quelques pages encore et je ne peux plus poser la bande dessinée, il me faut lire jusqu’au bout… mais comme toujours, c’est à suivre… Alors, il faut attendre… parfois longtemps (c’est toujours trop long quand vous attendez une suite d’histoire !).

Puis, quand le nouvel album arrive, je relis le ou les précédents, histoire d’être bien dans l’ambiance de l’histoire et je savoure la nouveauté… Ce fut le cas avec Sanctuaire, Bunker, Le Fulgur…



Quand j’ai ouvert pour la première fois le tome 1 de la série Olympus Mons, dessin de Raffaele, j’ai encore eu ce même sentiment… On va bien voir… De la science fiction avec une pointe de fantastique et une écriture proche des thrillers… Oui, pourquoi pas… des anomalies, des retours dans le passé, un glissement dans le futur… La conquête de Mars… Oui, ça tient la route…

Puis, soudain, on glisse entièrement dans l’histoire, on jubile, on se laisse prendre au jeu et c’est tout simplement jubilatoire… Le tome 5 vient de sortir et j’ai relu il y a deux jours les quatre albums précédents avant de prendre le temps de lire le dernier sorti mais pas le dernier de la série…

C’est toujours aussi bon et agréable et c’est avec beaucoup de plaisir que nous allons rencontrer Christophe Bec à Angoulême, plaisir partagé car un des étudiants est tombé dans le piège de Bec… Et oui, on peut partager de telles bandes dessinées même avec presque 40 ans d’écart…

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 13 jan 2019

Préparons nos rencontres d'Angoulême 2019 : Christophe Simon

Oui, je sais que certains vont me dire que cette bande dessinée est agaçante, pénible, moralisante, trop belle pour être utile… C’est vrai que le jeune ingénieur François est trop gentil, trop naïf, trop mignon et que le personnage manque un peu de réalisme… Oui, tout cela est bien vrai… et pourtant !

 

 


Faudrait-il pour autant abandonner l’idée de dire que ce qui se passe dans la province du Kivu est inhumain, inacceptable, affreux et insupportable ? Faudrait-il abandonner l’envie de dénoncer ces crimes, désigner les criminels et aider ceux qui au quotidien luttent contre le mal pour tenter de sauver une partie de la population ? Faudrait-il refuser de montrer avec des dessins l’ampleur du drame humain vécu par cette région avec la complicité des grandes entreprises multinationales ? Non, même si cet album de Jean Van Hamme – scénario – et Christophe Simon – dessin – peut agacer, il est aussi salutaire et c’est même une bonne chose qu’un grand scénariste ait accepté d’écrire cette histoire…



Attention, il ne s’agit pas d’une belle histoire pour enfant ! Le drame de cette région du Congo est marqué par le crime, le viol, la prostitution, les enfants soldats, la corruption, l’esclavagisme, le colonialisme, le capitalisme sans limite… Donc, la lecture de cet album de bande dessinée évoque tout cela avec parfois des détails terribles…

J’ai été bouleversé par cette lecture car je connais un peu l’Afrique et je sais que tout cela n’est pas exagéré. Je n’ai pas les moyens de tout changer mais au moins il est possible d’en parler, de faire savoir et ainsi de rendre la tâche moins aisée à ceux qui exploitent cette région, ce pays, ce continent…

C’est aussi pour cela que j’ai demandé aux éditions Le Lombard de pouvoir interviewer le dessinateur Christophe Simon durant le prochain festival international de la Bd d’Angoulême. Christophe Simon est un dessinateur formé par le grand maître Jacques Martin. Après avoir fait ses armes sur Orion et Lefranc, il a dessiné quatre albums des aventures d’Alix… Ce sera donc un plaisir de le rencontrer et de l’interviewer pour la seconde fois…

 
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 12 jan 2019

Préparons nos rencontres d'Angoulême 2019 : Olivier Jolivet

La série Team Rafale est une série particulière qui vient se positionner dans la lignée des séries consacrées à l’aventure aéronautique. Il faut dire que lorsque trois compères, Hubinon, Charlier et Troisfontaines, avaient créé le personnage de Buck Dany, pilote de l’aéronavale américaine, ils ne savaient pas qu’il y aurait autant de « descendants », à commencer par Michel Tanguy et son incroyable ami Ernest Laverdure, sans oublier Dan Cooper. Depuis, la filière a toujours existé, a ses lecteurs fidèles pour ne pas dire passionnés, et Team Rafale vient trouver sa place à l’ombre protectrice de ces grands pilotes…


 

Deux personnages principaux, deux pilotes de chasse français, Tom Nolane et Jessica Nate, pilotes sur Rafale vont vivre des aventures multiples, plutôt très bien construites et se basant sur des thèmes très réalistes même si cela reste de la fiction.

Les dessins d’avions, les détails sur la vie des pilotes, l’entretien des matériels et les conditions des missions de guerre, sont très soignés et demandent de toute évidence une enquête, une documentation, des contacts privilégiés avec des pilotes de l’armée française… D’ailleurs, les albums sont toujours agrémentés d’un dossier texte et photos pour préciser certains éléments bien réels.

C’est donc une belle série pour ceux qui aiment ce genre et actuellement on en est au dixième album. La série a été créée par Frédéric Zumbiehl (scénario) et Eric Loutte (dessin). Olivier Jolivet a, pour sa part, dessiné les tomes 9 et 10, North Korea et Le vol af414 a disparu à chaque fois sur un scénario de Frédéric Zumbiehl, le scénariste unique de la série, ancien pilote de combat… et qui a aussi commis quelques albums du côté de Buck Dany et Tanguy et Laverdure… Je vous disais bien qu’il y avait des liens entre ces séries !

C’est Olivier Jolivet que nous allons rencontrer à Angoulême cette année et je ne doute pas un seul instant que ce sera un véritable plaisir !

 
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 12 jan 2019

Fin de mon bilan des lectures BD de 2018...

Voilà, pour clore ces souvenirs de lectures BD de 2018, quelques albums qui m’ont marqué… Pour certains, j’ai déjà écrit des chroniques conséquentes, pour d’autres pas encore… Mais voilà quelques éléments…

Clinch, parce que ce fut une belle surprise ! Zelba nous offre un texte fort, une narration graphique tonique, une histoire profondément humaine…

Le chant des Stryges, parce que c’est la fin de la série de Corbeyran et Guérineau que j’ai suivie depuis le premier volume… Parce que j’aime ce genre de fantastique et cette apothéose graphique du dernier volume…

En attendant Bojangles, car j’ai beaucoup aimé cette histoire coincée entre folie et amour… Je n’avais pas lu le roman et donc je ne porte pas de jugement sur l’adaptation de Carole Maurel et Ingrid Chabbert, elles m’ont juste emporté et j’ai beaucoup apprécié cette lecture…

Elma une vie d’ours, parce que dès le départ je me suis senti un gros ours refuge… Une très belle bande dessinée pour jeune lecteur… mais aussi pour tous les autres !

Le Fulgur, parce que dès le départ et durant trois volumes j’ai retrouvé l’ambiance de mes lectures de Jules Verne. Christophe Bec et Dejan Nenanov réalisent là une très belle bande dessinée pour tous ceux qui aiment l’aventure pure et dure…

Sous les bouclettes, parce que j’ai tellement apprécié Gudule que ce fut une petite bulle douce que de dialoguer avec sa fille en évoquant cette autrice de qualité… Mélaka signe là un très beau roman graphique…

Algériennes, parce que Meralli et Deloupy font revivre la guerre d’Algérie par les femmes montrant là leur rôle essentiel dans l’évènement ce qui a aussi pour effet de redonner de l’humain dans cette période… Après tout, les femmes sont bien les seules capables de rétablir du lien humain même après une guerre… non ?


L’homme gribouillé, parce que ce fut un choc de lecture, le premier de 2018 et que Serge Lehman et Frederik Peeters proposent là un ouvrage atypique, mythique, féminin, pétri d’humanisme… J’ai adoré !


Voilà, une sélection, c’est toujours frustrant et, en plus, j’ai un peu triché car certains auteurs seront présents à travers quelques expositions dont je viendrai parler prochainement… Heureusement, je garde tout cela en mémoire et je vous remercie, vous les auteurs, de nous offrir tant de belles bandes dessinées…

 


 

 

Et, maintenant, direction Angoulême 2019 !

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 4 jan 2019

Bilan de mes lectures BD, quatrième volet et on approche de la fin...

L’avantage de chroniquer la bande dessinée c’est que l’on finit par aborder en une année tous les sujets de société, tous les thèmes de la vie, tous les aspects de cette humanité, les bons comme les mauvais… Alors, en 2018, il fut question plus d’une fois de la migration des peuples… Pour aborder ce sujet, j’ai retenu deux albums différents mais de qualité, L’Odyssée d’Hakim de Fabien Toulmé et Humains : la Roya est un fleuve de Baudoin et Troubs.


Oui, je sais bien que pour beaucoup de Français la question des migrants est une question simple : y a qu’à, il suffit de, on devrait, pourquoi ce manque de fermeté, c’est la faute de l’Europe… Et une fois que cela est dit, on a bonne conscience et on fait cuire son diner…

Je sais bien que c’est trop facile de critiquer ces positionnements simplistes avec des mots. Je sais bien que je ne vais rien changer avec ma chronique et que des milliers de migrants vont continuer à souffrir, être rejetés, exploités, parqués, refoulés et rejetés à la mer, renvoyés chez eux et, pour certains, la mort surviendra durant cette grande migration ou en rentrant chez eux… Et nous ne voulons pas le voir ! Et c’est là, la première force et richesse de l’ouvrage de Baudoin et Troubs, « Humains, la Roya est un fleuve » : ce livre montre et permet de voir ceux que l’on appelle les migrants. Ici, ils sont d’abord Bashar, Mohamed, Adam Sidik… Ce sont des humains, de simples humains qui entrent chez vous et se posent… Fabien Toulmé, lui, va interviewer, longuement, un Syrien pour le comprendre, pour mesurer tout ce qu’il a vécu, enduré, souffert… et il restitue cela sans pathos, avec objectivité, tout simplement…

Ces livres ne sont pas des ouvrages d’intellectuels ou de politiques qui voudraient nous faire comprendre, nous convaincre, nous motiver, nous pousser à… Non, juste nous montrer les visages de ces êtres humains qui tentent d’échapper à la violence, à la dictature, à la guerre, à l’injustice, à la misère, au climat défavorable… Ces êtres humains ont souvent un rêve, une envie, une espérance… Retrouver le bonheur quelque part sur cette planète…

Baudoin et Troups sont allés sur place, dans cette vallée dont on parle beaucoup depuis quelques années, celle de la Roya… Un petit fleuve côtier qui naît en France et va jusqu’à Vintimille… Un passage entre la France et l’Italie… Oui, ces migrants cherchent à poursuivre leur voyage, leur errance et, pour cela, doivent passer la frontière entre la France et l’Italie…

En arrivant dans cette vallée, les auteurs découvrent d’autres être humains… Ils se nomment Cédric, Isabelle, Alex, Enzo, Jacques… Ils n’ont pas tous les mêmes motivations, ni le même âge, ils viennent d’un peu partout et se comportent juste en humains… Ils aident des humains qui souffrent… Parfois c’est un repas chaud, dans d’autres cas c’est une escale de deux ou trois jours, ou une aide pour remplir des dossiers administratifs, enfin, c’est aussi un accueil définitif pour aider ceux qui viennent encore…


Fabien Toulmé, lui, est resté chez lui mais il a offert le thé à ce Hakim, au fur et à mesure des rencontres, la confiance s’est établie, tout a été dit, sans ombre… Finalement, Hakim était juste un jeune Syrien, comme les autres… Il avait envie de construire sa vie, d’avoir un métier, une famille et de rester en contact avec ses parents, ses proches… et ce n’est pas lui qui a choisi de se mettre sur les routes de l’exil via la Jordanie, le Liban, la Turquie…


Les auteurs ne recherchent pas des arguments, ne cherchent pas à nous attendrir ou nous émouvoir, ils nous montrent des femmes et ces hommes qui se rencontrent dans cette vallée, qui s’écoutent dans un appartement français loin des combats de Syrie... Ils les dessinent pour que l’on ne les oublie pas, qu’ils survivent quoi qu’il arrive…

Ces albums de bande dessinée sont des récits pas des fictions, des témoignages pas de l’esthétique, une mémoire vivante pas un souvenir figé… Ceux qui aident ces migrants sont venus du monde entier, chacun donne ce qu’il peut, certains venus quelques jours n’arrivent pas à repartir et restent beaucoup plus longtemps… Fabien Toulmé ne savait pas comment les aider, il leur donne son crayon, ses oreilles, sa voix…

Ce travail de Baudoin et Troubs et cet album de Fabien Toulmé, sont magnifiquement et profondément humains aussi. Pour faire parler les humains en errance, ils proposent un échange simple : quelques mots contre un dessin, un livre contre un dialogue… Et cela fonctionne, certaines langues se délient, on mesure certaines souffrances, on perçoit les désirs les plus profonds, on a envie de tendre la main, nous aussi… Après tout, nous sommes humains aussi, non ?

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 3 jan 2019

Bilan de mes lectures BD, troisième volet... et ce n'est pas encore terminé !

Cette année, 2019, la série XIII fêtera ses trente-cinq ans ! L’année 2018 a été l’occasion de quelques publications qui m’ont poussé à relire un grand nombre d’albums, soit de la série initiale, soit de la deuxième saison, soit, enfin, de XIII Mystery. Dernièrement, il y a eu cet album « Judith Warner » (scénario de Jean Van Hamme et dessin d’Olivier Grenson) pour clore cette série XIII Mystery et un très bon prolongement de l’album 13 de la série initiale, « L’Enquête ». Tout cela pour dire qu’il m’est difficile de parler de mes lectures 2018 sans évoquer, ne serait-ce que quelques instants, la série XIII…


Il y a quelques années, on me mettait dans les mains le premier volume de la série XIII, c’était ma bibliothécaire si je me souviens bien. Immédiatement, je reconnaissais un graphisme, celui de William Vance, celui que j’avais adoré dans les adaptations des aventures du héros de mon adolescence, Bob Morane. Cette fois-ci le scénario était signé Jean Van Hamme, un auteur que je ne connaissais pas encore et que j’ai appris à découvrir, décortiquer, analyser et suivre depuis… Ce n’était pas à la création de la sortie (1984) mais plutôt entre 1992 et 1994 si mes souvenirs sont exacts. On en était donc déjà au tome 9, « Pour Maria »…


Attendez, j’ai le sentiment qu’il y en a encore quelques uns qui ne connaissent pas la série… Un homme est découvert agonisant sur un bord de mer. Un retraité qui pêchait là le ramène à la maison. Isolé de tout ou presque, lui et son épouse décident de ne pas appeler les forces de l’ordre mais de faire appel à une voisine qui a été médecin par le passé. Elle va sauver notre homme qui a été blessé par balle. Il va survivre mais il est devenu amnésique et, du coup, la saga peut démarrer : qui est cet homme, pourquoi a-t-il un XIII tatoué dans le creux de la clavicule, pourquoi ses sauveurs, Abe et Sally, sont-ils assassinés sauvagement, pourquoi à peine sauvé est-il déjà en danger ? Les questions vont nous suivre pendant des années et nous suivent encore puisque toutes les réponses ne sont pas encore publiques…

Dès ce premier album, on va découvrir tous les héros ou presque qui vont animer la série, la faire rebondir aux moments les plus improbables, à commencer par le mystérieux et cynique colonel Amos et la terrible Mangouste, deux hommes que nous allons finir par connaître sur le bout des doigts alors que leur première apparition nous laisse de marbre…

Le graphisme du premier épisode est assez proche de celui des Bob Morane déjà cités et le personnage de XIII n’est pas encore arrivé à maturité. William Vance s’échauffe en quelque sorte pendant que son compère scénariste, lui, s’occupe de faire défiler des scènes qui n’ont pas encore leur sens. Il pose ses personnages et il est même obligé d’en laisser quelques-uns uns mourir car il faut aller à l’essentiel. Ainsi va disparaître la pauvre Martha, plutôt sympathique malgré son alcoolisme. Heureusement, elle meurt après un baiser de XIII, le fantasme de toutes les femmes… Non ?


Nous étions alors en 1984 et trente-cinq après la série fonctionne toujours ! Rien qu’un tel élément permet d’affirmer que Jean Van Hamme avait créé là une des meilleures séries de la bande dessinée. Fallait-il qu’elle soit si longue ? Etait-il indispensable de la prolonger aujourd’hui ? Devait-on mobiliser d’autres auteurs pour des séries parallèles et explicatives ? C’est un tout autre débat mais XIII restera bien une grande série de notre neuvième art chéri !

Et, puisque nous sommes au bilan de cette année 2018, il est temps de rentre hommage à William Vance, le créateur graphique de la série décédé le 14 mai 2018 en Espagne où il résidait. C’était un grand de la bédé comme Frank Giroud, scénariste d’un des albums de la série XIII Mystery, « Martha Shoebridge » qui lui décèdera le 13 juillet 2018. Je pense qu’au paradis des auteurs, ce sont deux belles signatures qui viennent d’arriver et les parutions seront, n’en doutons pas, excellentes !

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 3 jan 2019

Deuxième partie de mon bilan des lectures BD 2018... et ce n'est pas fini !

Poursuivons notre petit voyage au cœur des lectures 2018 dans le genre dit de la bande dessinée. Après avoir parlé assez longuement de la collection Aire Libre qui a fêté ses trente ans, je voudrais le temps d’évoquer le travail de FabCaro et celui, très différent, d’Emile Bravo.



Il est toujours très délicat de porter un regard sur un objet nouveau (même s’il est nouveau depuis maintenant quelques années), non identifié et qui plus est appartenant à la catégorie des œuvres d’art. Précisons cela avec soin…

Tout d’abord, vous le savez bien si vous me suivez depuis longtemps, la bande dessinée est un art ! Certes, un art narratif mais cela n’enlève rien à son patrimoine artistique, sa réalité profonde et les émotions qu’elle va apporter au lecteur-admirateur-spectateur…

Deuxième élément, très délicat, face à l’œuvre d’art, nous allons tous ressentir des émotions qui peuvent être très diverses, de l’indifférence absolue à l’admiration totale. Tous ces sentiments, ce vécu, cette expérience… tout cela est légitime car c’est lié à ce que nous sommes, ce que nous avons vécu et expérimenté, à notre éducation… Donc, je ne vais jamais vous dire ce qu’il faut ressentir mais ce que j’ai expérimenté moi-même en lisant telle ou telle bédé… Comme je dis souvent, je ne critique pas une bande dessinée, je la chronique… J’assume cette situation, oui, je suis chroniqueur !



J’en reviens maintenant à ma première considération, en effet, quand je suis confronté, pour la première fois, à une forme de bande dessinée nouvelle, à un thème novateur, à un style narratif d’avant-garde… je suis d’abord surpris, étonné, déstabilisé… ce qui m’empêche parfois d’admirer ou même simplement de comprendre l’histoire proposée…

Il y a quelques années, je me suis retrouvé par hasard avec un petit opuscule dans les mains, « Zaï Zaï Zaï Zaï »… Comme beaucoup de lecteurs, j’ai été agréablement surpris par une « petite » bande dessinée qui ne payait pas de mine au premier abord. Je suis entré doucement, puis j’ai été secoué par un premier éclat de rire, puis un second, un troisième… Franchement, cela faisait longtemps que je n’avais pas rigolé avec une bande dessinée…

Par contre, quand je me suis retrouvé devant mon écran vierge pour écrire ma chronique, ce fut assez difficile de trouver les mots… Pourquoi avais-je ri en premier ? Parce que le héros prend un poireau pour se défendre ? Parce que le délit est d’avoir oublié sa carte de fidélité ? Parce que la menace extrême du vigile est de faire une roulade arrière ? En fait, difficile de le préciser car une fois que l’on est entré dans cette histoire, tout devient drôle, absurde, profondément humain et… aussi, désespérant comme une vie sur terre quand on sait que l’on va mourir un jour…

Du coup, la seule chose que je me suis dit et que j’ai gardée en tête c’est que FabCaro était un auteur contemporain comme Becket et Ionesco. Oui, c’est un chantre de la vie humaine comme ces deux dramaturges l’avaient été avant lui… Certes, il ne fait pas du théâtre mais de la bande dessinée… mais, finalement, c’est la même chose !

C’est ainsi que j’ai lu en 2018, « Et si l’amour c’était aimer ? » puis « « Moins qu’hier (plus que demain) » et la fibre ne s’est pas brisée, le rire était toujours là ainsi que mon admiration profonde pour cet auteur venu d’on ne sait où… ou, tout simplement, du cœur de l’humanité !

Fabcaro est un auteur de bandes dessinées difficile à cerner – il n’est d’ailleurs pas certain qu’il souhaite à tout prix être cerné – et pour résumer on pourrait dire qu’il développe dans ses récits un triptyque incroyable : absurde-humour-humain ! Alors quand il parle d’amour, il se lâche totalement et cela fait du carnage !

Ces ouvrages sont d’une humanité forte et profonde tout en nous plongeant dans l’absurde, un absurde qui touche à notre nature humaine et ce que nous appelons l’amour, la fidélité, la réussite, la chance… Il regarde cette humanité au révélateur de l’amour, du coup de foudre et de la séparation… Parfois, le lecteur éclate de rire, tandis que d’autres images ou textes le poussent à la réflexion, voire le plonge dans la mélancolie… Mais, c’est sa force incroyable, après nous avoir fait toucher du bout des doigts le désespoir, il nous propulse dans la vie : oublie tout cela et vis !

Attention, avant de dire quelques mots d’Emile Bravo, je dois préciser que lire Fabcaro comporte des risques d’addiction ! C’est dit…

Donc, cette année, ce fut aussi le retour de Spirou, du moins le Spirou d’Emile Bravo avec la première partie de « L’espoir malgré tout »…

Les éditions Dupuis ont décidé, il y a quelques années, de confier, pour une histoire, les personnages de Spirou et Fantasio à un auteur de bédé ou un duo… C’est ainsi qu’en 2008, Emile Bravo a eu cet honneur, car il s’agit bien d’un honneur, de passer après le créateur, Rob-Vel, mais aussi des signatures aussi prestigieuses que celles de Jijé ou Franquin sans oublier Tome et Janry… Emile Bravo a relevé donc ce défi, cela en est un aussi, et il l’a fait après Yoann, Vehlmann, Le Gall, Tarrin et Yann… Qu’allait-il nous offrir ?

La première surprise, elle est de taille, c’est qu’il a choisi de nous raconter une des premières aventures de Spirou. En effet, et ce n’est pas seulement un choix esthétique, Spirou ne connaît pas encore Fantasio, il travaille bien au « Moustic Hotel », il est groom et il est bien dans sa tenue traditionnelle…

A ce stade, j’ai même eu peur de tomber dans les premières histoires car je n’ai jamais trop apprécié les débuts de Spirou avec Rob-Vel. Mais dès le départ, on sent que Bravo va nous raconter tout autre chose en faisant de son héros d’une histoire un personnage en fabrication. Ce n’est pas un véritable ingénu, c’est un jeune homme en devenir et la période choisie, qui correspond bien avec la réalité de la vie de Spirou, est cette période où les Européens croient qu’il est encore possible d’éviter la guerre avec l’Allemagne… Une rencontre secrète aura lieu au «Moustic Hotel» entre une délégation polonaise et un officiel allemand de très haut niveau… Le sort de l’Europe, du monde qui sait, est en train de se jouer…

En effet, Emile Bravo en profite pour stigmatiser une partie de la bourgeoisie occidentale – les Belges ne sont pas seuls – qui ne comprend rien aux enjeux de cette période, qui ne comprend pas pourquoi les Juifs sont en danger, qui est prête à faire la paix avec Hitler quel qu’en soit le prix à payer…
Le côté le plus touchant est de découvrir la première histoire de cœur de Spirou. Souvent on parle des héros de cette époque comme de petits garçons graines de machos… ici, Spirou, en jeune ingénu, je le reconnais, découvre que l’on peut passer du temps avec une belle jeune ukrainienne et ne pas arriver à lui dire sa flamme… mais avec une pointe de rouge sur les joues, quand même !
Enfin, j’apprécie de découvrir comment la conscience est venue à notre ami animal Spip et cela le rapproche, aussi, d’un certain Milou qui a une conscience aussi…

Cette lecture m’avait donné beaucoup de joie et je confirme que ces personnages de nos enfances sont beaucoup plus que des amusements. Non, ils sont devenus, les Spirou, Tintin, Gaston, Modeste, Cubitus… les acteurs de nos changements, de nos expériences, de nos apprentissages de la vie et je leur en suis reconnaissant ! C’est toujours avec beaucoup de plaisir que je les retrouve et les accompagne dans leurs nouvelles aventures…

Or, voilà que dix après Le journal d’un Ingénu, Emile Bravo revient en 2018 à Spirou avec le premier tome – et il y en aura quatre – de L’espoir malgré tout. C’est la suite directe du premier album, cette fois la guerre à bien commencé et elle va balayer toutes les certitudes des Belges. Spirou ne comprend plus rien à ce monde qui tremble sur ses bases et nous allons découvrir les affres de l’occupation avec ce personnage de Spirou.

Voilà un bel album, accessible à tous car on peut le lire comme une simple aventure tandis que l’on peut en avoir une lecture beaucoup plus politique. J’ai beaucoup aimé l’explication de l’antisémitisme faite par un paysan, le Père Anselme, au jeune Spirou… Comme quoi, un Spirou peut en cacher un autre…

Comme il va y avoir quatre tomes au total nous aurons l’occasion d’y revenir mais ce livre est d’une très grande qualité et mérite d’être lu et placé dans les mains de beaucoup de lecteurs de 7 à 77 ans… Que les lecteurs de Spirou et de Tintin ne déterrent pas immédiatement la hache de guerre…

Ces deux auteurs, FabCaro et Emile Bravo m’ont donc offert cette année de bien belles lectures et je ne pouvais que partager cela avec vous… Mais nous aurons certainement l’occasion de revenir en compagnie de l’un ou de l’autre dans les mois à venir…

 


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BD : 1ère partie du bilan 2018 1 jan 2019

 
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 1 jan 2019

BD : Dans l'interview, le petit détail technique peut tout détruire...

L’épisode d’aujourd’hui n’est pas lié à la personne interviewée mais à l’émotion de l’intervieweur. C’est cette dernière qui déclenche une petite catastrophe en quelque sorte…

Parfois, on garde de sa jeunesse des souvenirs forts et persistants, dont on ne peut pas sortir, dont on ne veut pas se séparer… C’est un peu mon cas avec Daniel Ceppi, auteur d’une bande dessinée sortie en 1977, Le guêpier. C’était une publication à compte d’auteur et c’est seulement l’année suivante que la maison Humanoïdes associés se met à publier cette histoire qui commence et qu’aujourd’hui on appelle tout simplement Stéphane Clément, chroniques d’un voyageur. La revue, alors en vogue, Métal Hurlant, pré-publie deux épisodes en noir et blanc, A l’Est de Karakulak et Le repère de Kolstov.


Dans ces trois premières aventures on découvre tout le talent de Daniel Ceppi, talent qui repose sur un art de raconter les histoires avec des images. Certains lui reprochent de mal dessiner, peu importe au lecteur, car lui, au moins, il a quelque chose à nous dire. Il nous parle de la vie, du voyage, des autres, de l’avenir du monde, d’écologie, d’amour, de bonheur, de la mort, de la haine, du manque de dialogue…

J’ai à peine plus de vingt ans quand je découvre cet auteur – oui j’ose parler de lui comme d’un auteur – et je vais pendant des années me régaler de ces lectures, même si les albums sont espacés dans le temps au niveau des sorties en librairie. Il faut dire qu’après Métal Hurlant, le voilà chez (A suivre), et qu’après avoir travaillé en noir et blanc il passe à la couleur… Un autre auteur de bandes dessinées, le fameux Hergé, papa de Tintin, avait commencé sans couleur avant d’y passer et même de se faire aider pour y arriver. Et c’est d’autant plus intéressant de préciser que, petit à petit, Daniel Ceppi met en place un dessin sobre, narratif et accessible à tous, qui devient une référence dans le microcosme franco-belge. Ce n’est pas à proprement parler de la ligne claire, comme Hergé ou Ted Benoît, mais ce n’est pas non plus du réalisme. Nous pourrions dire que c’est un dessin narratif, un peu plus évolué mais où tout ce qui est présent dans la case participe au récit et à l’information du lecteur.
Or, jeudi 27 janvier 2005, j’avais rendez-vous avec Ceppi lui-même, sur le stand des Humanoïdes associés, sa maison d’édition fétiche, lors du 32ème festival international de la bande dessinée. C’était mon interview majeure de ce jour et j’arrivais juste à l’heure, un peu intimidé… Oui, on a beau avoir déjà interviewé un grand nombre de personnes, dont certaines très connues, il y a toujours un instant d’angoisse au départ d’une rencontre avec ceux qu’on aime le plus. Probablement la peur de ne pas être à la hauteur, ou, et c’est peut-être encore plus fort, le fait d’attendre tellement de ce moment que l’on sait déjà, au fond de soi, que l’on ne pourra pas être pleinement satisfait … Mais c’est aussi une activité qui réserve tellement de surprises que je ne peux plus m’en passer, un peu comme une drogue douce que l’on voudrait garder sans jamais s’en sevrer…
Dès le début, le contact avec Daniel Ceppi est bon. On commande une boisson, il sera à la bière pendant que j’avalerai mon énième café de la journée. Sabine est là avec moi, même si pour elle cet auteur n’a pas la même importance que pour moi. Elle sait que c’est un instant qui va compter pour moi et elle a choisi d’y participer.


Daniel Ceppi est un homme d’une cinquantaine d’année, qui va se livrer sans retenue, nous parlant de ses voyages, de sa femme, de ses albums, de son style de narration, des grands problèmes du monde actuel, de la drogue, de ses angoisses…

Le voyage, il ne le conçoit qu’en prenant son temps – il a fait deux fois Genève Bombay en bus – et il ne quitte chez lui que pour aller à la rencontre de l’Autre. Il nous raconte que la première fois qu’il est allé à Kaboul, l’escale durait une semaine et que ses compagnons de voyage ont préféré rester une semaine dans leurs chambres d’hôtel, en testant, bien sûr, tandis que lui découvre le pays en profondeur, y compris ces fameux Bouddhas de Bamyan qu’il a dessiné dans Les routes de Bharata, c’était avant le saccage des statues par des intégristes incultes… Quant à ces drogués qu’il découvre en rentrant de sa petite aventure, ce sont eux qui vont le sauver de cette tentation car il se dit : « jamais je ne veux devenir dépendant comme eux… »

Mais Daniel Ceppi n’est pas seulement un voyageur. C’est aussi un fin observateur de notre monde. Il voit avec intérêt comment les riches exploitent encore et toujours les pauvres et les plus démunis. Deux albums, qui n’appartiennent pas à la série Stéphane Clément, viennent donner un éclairage particulier sur sa vision du monde, même s’il les réalise avec des scénaristes : La nuit des clandestins (avec Pierre Christin) et Corps diplomatique (avec Paule Ceppi son épouse). On pourrait le classer, probablement en faisant un raccourci trop rapide comme un tiers-mondiste, mais je pense qu’il appartient plutôt aux humanistes, à ceux qui respectent les êtres humains quelles que soient leurs couleurs, leurs origines, leurs classes sociales…

- Ah, merci Stéphane Ceppi de nous avoir écrit de si belles histoires !

- Mais je m’appelle Daniel Ceppi ! Ah, les gens qui font ce lapsus sont si nombreux que parfois je les laisse dire sans corriger… Mais moi c’est Daniel !

Mais, en fait, son personnage Stéphane lui ressemble même s’il s’en défend. Stéphane est trop naïf, ce n’est pas lui qui est le héros, il ne parle pas en mon nom…

 

Quoiqu’il en soit, Daniel Ceppi tu m’as offert une magnifique interview qui va rester dans ma mémoire mais je ne pourrais pas en faire profiter mes auditeurs car…

…miracle de la technique et de ma maladresse ce sera l’entretien que j’ai effacé par erreur !

Heureusement que ma mémoire à réussi à capter cet instant de bonheur ! Quant à vous, ceux qui avaient eu la chance de me lire vous pouvez retrouver Stéphane Clément dans maintenant plus d’une douzaine d’albums dont le dernier, Lady of Shalott, est sorti aux éditions du Lombard. Depuis cette interview désastre je suis très attentif à la technique… et je conseille à mes étudiants de l’être aussi !

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BD : 1ère partie du bilan 2018

L’hirondelle ne fait pas le printemps de même que le trentième anniversaire de la collection Aire Libre ne peut pas résumer à lui seul l’année de la bande dessinée. Certes. Néanmoins, on peut dire que dès janvier la barre était placée haut en célébrant cette collection qui a produit durant trois décennies quelques belles bandes dessinées, quelques beaux chefs-d’œuvre. Impossible de tous les citer donc gardons seulement en mémoire quelques beaux titres… SOS Bonheur, par exemple avec Jean Van Hamme au scénario et Griffo au dessin… D’autant plus pertinent que l’année 2017 avait vu sortir le premier tome d’une seconde saison avec Desberg au scénario cette fois-ci… Il s’agissait de nous faire réfléchir à l’avenir de l’humanité… et c’était remarquable !


Pourrais-je réaliser une sorte de top 5 de cette collection ? Je pourrais dire – du moins aujourd’hui – que ces albums seraient : Dali de Baudoin (2012), Le photographe de Guibert, Lefèvre et Lemercier (2003), Lune de guerre de Van Hamme et Hermann (2000), Quelques mois à l’Amélie de Jean-C Denis (2002), SOS bonheur de Van Hamme et Griffo (1988)… et j’ai déjà mangé mon quota !!! Quelle tristesse quand je pense à tous les autres que j’ai dévorés avec plaisir !!! Disons pour être parfaitement honnête que je n’ai pas pris en compte dans mon choix les deux derniers albums lus en janvier 2018, deux merveilles que sont Cinq branches de coton noir de Steve Cuzor et Yves Sente et Jolies ténèbres de Fabien Vehlmann et Kerascouët…

Et je souffre déjà de ne pas avoir cité L’enragé de mon ami Baru (2004)… ni aucun album de Cosey… Voyez, en trente ans cette collection a drainé de tels ouvrages qu’il est impossible de se limiter à juste une liste banale…

2018 cela aura donc été les trente ans de cette magnifique collection et pour moi la lecture de cet ouvrage de Steve Cuzor et Yves Sente, Cinq branches de coton noir… Cet album m’avait échappé et c’est un ami qui m’a poussé à le lire… Grand bien m’a fait de l’avoir écouté car c’est bien une grande bande dessinée… Une très grande…

Steve Cuzor est un dessinateur que j’ai rencontré la première fois autour d’une série chez Casterman, Blackjack, au début du vingt-et-unième siècle… j’avais beaucoup aimé sa façon de dessiner ses personnages. Je l’avais lu dans la série Quintett pour laquelle il avait dessiné le tome 3 puis, je l’avais perdu de vue…

 

L’histoire de ces Cinq branches de coton noir est à la fois simple et complexe car elle se déroule sur plusieurs époques et plusieurs lieux. Pour faire simple, sans pour autant vous priver du suspense, on peut dire que nous allons partir à la recherche du premier drapeau des Etats-Unis, celui conçu par George Washington lui-même, celui créé par Betsy Ross, celui modifié par une certaine Angela Brown… C’était en 1776…

Ce drapeau a connu toute une vie perturbée car il fut pris par l’ennemi, s’est retrouvé en Allemagne, en Angleterre, en France… Et voilà que des soldats américains reçoivent comme mission de le reprendre à un dignitaire nazi qui l’a récupéré… Nous sommes pendant la Seconde Guerre Mondiale…

Je n’ai pas envie de vous en dire beaucoup plus car le scénario est tellement bien dosé et calibré au millimètre que pour vous sauvegarder la lecture il faut savoir se taire un peu… Attention, quand même, ne croyez pas qu’il s’agit d’un simple hommage aux Américains, à leur bannière étoilée et aux guerriers… En fait, le propos de l’album est beaucoup plus large, beaucoup plus humain, beaucoup plus profond…

Il est question d’une histoire qui prend ses racines dans l’histoire des Etats-Unis et qui va parler de l’humanité entière car elle aborde les notions, concepts et réalités de la nation, de l’amitié, de la fidélité, de l’égalité des hommes, du travail, de la guerre, de la vie, de la mort, de la transmission, de l’autorité… Oui, tout passe en revue, le lecteur se laisse prendre, n’oppose aucune résistance…
Il est maintenant temps de vous parler du graphisme de Steve Cuzor, des spécificités de sa narration graphique, de l’adéquation de son style à cette histoire ! Oui, j’ai le sentiment de voir un dessinateur arriver à son paroxysme et je ne voudrais pas dire par là qu’il ne fera plus rien après, seulement qu’il ne pourra plus faire comme avant ! La première chose qui saute aux yeux c’est que nous sommes ici dans une bande dessinée où les visages délivrent les sentiments, les émotions, les informations… Quand on était dans l’exposition, on sentait cela, quand on lit l’album on se pénètre de cette réalité et quand on referme le livre, que l’on tente de se souvenir… on voit le visage de Betsy, de Justin, de Lincoln, d’Angela, Johanna… et tous les autres car même les personnages secondaires sont bien dessinés ce qui les rend vivants, attachants, bien réels…

Et donc, encore un merci sincère à celui qui m’a poussé à lire cette bande dessinée qui sera donc dans mon top dix mais je ne vais pas donner de numéro dans ce top dans l’exercice est délicat… A suivre, bien sûr !

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BD, vers un bilan de lectures 2018 ?

On arrive à l’époque où traditionnellement on va me demander : Au fait, c’est quoi ta meilleure bande dessinée de l’année 2018 ? Et là, comme à chaque fois, je vais rester silencieux de longues minutes car j’ai beaucoup de mal à répondre à une telle question. Comment comparer des albums aussi différents que le dernier album de la série Le chant des Stryges ou le roman graphique Amour minuscule ? Comment arriver à mesurer les avantages de cette histoire profonde Le chemisier en le comparant à ce travail quasi journalistique L’Odyssée d’Hakim ? C’est juste impossible et ce serait faire comme si la bande dessinée était un genre simple, unifié et destiné à un seul public… alors qu’il s’agit d’un genre hybride, complexe et d’une diversité incroyable ! Il ne vient jamais à l’idée d’un critique de cinéma de comparer Mon voisin Totoro avec le Jeanne d’Arc de Victor Fleming ! Et, pourtant, c’est ce que l’on me demande trop souvent… Alors, jouons un peu le jeu… Juste un peu !

 



J’ai toujours revendiqué d’être un chroniqueur et non un critique, c'est-à-dire que je prends plaisir à vous raconter et vous partager mes lectures, mes spectacles, mes expositions sans prétendre en faire l’analyse exhaustive et complète. Certains pensent que je suis trop gentil mais, en fait, je ne parle que de ce que j’aime. Quand je n’aime pas, je préfère m’abstenir ! Comme nous arrivons en fin d’année, il me semble judicieux de faire un petit retour en arrière et vous rappeler les spectacles, les romans, les bandes dessinées, les expositions qui ont retenu mon attention. Pour les lectures, ce sont parfois des parutions plus anciennes mais lues ou relues cette année 2018. Il s’agit donc bien d’un bilan 2018 et rien de plus… et comme toujours, je suis tout sauf objectif ! Normal, puisque je vous parle de ce que j’ai aimé !

 

 

J’ai décidé arbitrairement de vous diviser cela en chapitres, un pour les romans, un pour la bande dessinée, un pour les livres enfant, un pour les spectacles et un pour les expositions ! Là encore, c’est arbitraire, mais ce sera comme cela ! Et pour les délais, disons que je vous promets cela pour les deux semaines qui viennent sachant que ce genre de promesses n’engage que ceux qui y croient…


Donc, bonne lecture et vous avez entièrement le droit de ne pas partager avec moi ces impressions de lecteur ou spectateur… et vous avez même le droit de le dire !



Pour ce qui de mes amis romanciers, auteurs, dessinateurs ou coloristes… désolé, tout le monde ne pouvait pas être dans la sélection annuelle… mais je vous aime tous, bien sûr !

 

 

 


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BD : Avoir rendez-vous ne suffit pas pour faire une interview !!!

Souvenir, souvenir…

Ma rencontre avec Albert Weinberg à Angoulême, il y a quelques années, restera certainement un évènement assez original et bien gravé dans ma mémoire à défaut d’être fixé sur une bande sonore… Mais, cette fois-ci, je n’y étais pour rien !



Albert Weinberg ? Oui, pour certains ce nom n’évoque pas grand-chose… Pour d’autres, au contraire, il est bien connu comme le nom d’un auteur de bande dessinée, le créateur de Dan Cooper… C’est d’ailleurs avec les aventures de Dan Cooper que j’ai découvert cet auteur. Pourtant, avant il avait travaillé avec Hubinon sur certains albums de Buck Dany, Jacobs sur un album de Blake et Mortimer et même avec Hergé sur deux ou trois albums… On lui devrait, par exemple, le personnage de Wolf sans le diptyque lunaire des aventures de Tintin ou la coupe de la grande pyramide de Khoufou dans Le mystère de la grande pyramide… Ce n’est quand même pas rien ! Mais, à partir de 1954, c’est avec Dan Cooper qu’il va s’illustrer, devenir célèbre et atteindre des enfants comme moi… J’ai du lire mon premier Dan Cooper en album dans les années 66/67… Les aventures de Tanguy et Laverdure dans Pilote m’avaient ouvert à cette fameuse troisième dimension, Dan Cooper puis Buck Dany allaient me convaincre de la qualité de ces aventures…

Aujourd’hui, je ne peux plus dire avec certitude l’album que j’ai lu en premier, probablement L’escadrille des Jaguars. Par contre, ce qui est certain, c’est que dès cet instant j’ai essayé de me faire offrir les nouveaux albums au fur et à mesure… 41 albums au format classique sans compter les histoires courtes de la revue Tintin, ces albums étant encore disponible dans les 12 volumes de l’Intégrale que j’ai dans ma bibliothèque et que je viens de ressortir pour cette chronique...


Mais tout cela ne nous dit rien sur ma première et unique rencontre avec Albert Weinberg… Lors d’un de mes premiers festivals d’Angoulême, alors que je n’étais pas encore accompagné d’étudiants, j’avais choisi de rencontrer cet auteur qui avait enchanté ma jeunesse. Je ne savais pas grand-chose sur lui, je n’avais lu que Dan Cooper et j’étais surtout curieux de rencontrer cet homme, sans aucun à priori. Et pour une rencontre avec l’homme, c’en fut une !

J’aurais peut-être du me méfier d’un rendez vous à 12h sur son stand…

Quand je suis arrivé, Albert Weinberg était bien là avec quelques amis et ils étaient en train de prendre l’apéritif. Très sympathiquement, il m’a invité à me joindre à eux et m’a immédiatement offert un verre de rouge et quelques tranches de saucisson… Il m’a dit qu’il fallait prendre quelques forces avant de passer au travail…


Pour certains, on aurait pu se croire dans un club de retraités ou du troisième âge, pour d’autres dans un musée vivant des auteurs de la bande dessinée des années 50/60… Pour moi, c’était comme un petit rêve où je croisais ceux que j’avais lus dans ma jeunesse… Albert Weinberg en particulier mais pas que…


Ce qui devait arriver arriva… On a bu, mangé, échangé, ri, rebu, remangé, reparlé… et on n’a jamais pu faire l’interview… Je n’ai même pas pu lui faire faire une dédicace sur mon livre d’or car il n’était plus tout à fait en état de tenir correctement son crayon…

Heureusement, je l’avais rencontré, lui le créateur de Dan Cooper. J’étais heureux malgré tout et j’ai bien fait de prendre cela comme un petit bonheur car quelques années plus tard, en 2011, il décédait… Je crois même que c’est lors de son dernier passage à Angoulême que j’ai eu ce plaisir de la rencontre… et d’un joyeux apéritif avec beaucoup d’auteurs dont certains ont pu passer devant mon micro, heureusement !


Et la philosophie de cette histoire est bien qu’il faut savoir saisir les évènements, les moments, les rencontres… Les vivre sans souci et à fond ! Et tant pis s’il n’en reste que le souvenir… C’est déjà beaucoup… Non ?

Heureusement, il reste aussi ces albums à lire et relire !

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BD ? Oui, on peut en parler partout ! Non ?

Souvenir… Souvenir…

Dans le cadre du festival international de la bande dessinée d’Angoulême, j’ai eu l’honneur de pouvoir m’entretenir avec Tibet, un des grands dessinateurs de la bédé. C’est en 1950 qu’il a été engagé au studio du journal Tintin alors édité par la jeune maison du Lombard. C’est là qu’il fera son apprentissage et que naîtra, en 1953, une série Chick Bill, qui deviendra un phénomène, au moins pour le nombre d’albums sortis. C’est en 1955, qu’avec son compère scénariste André-Paul Duchateau, il dessine le premier Ric Hochet, Traquenard au Havre. Depuis, de très nombreux albums sont venus compléter ce qui est la série référence en policier bédé jeunesse. La rencontre a eu lieu dans un endroit étonnant… Mais, pour réussir certaines interviews, il faut accepter les rencontres mêmes improbables…


Michel : Tibet, si on vous avait dit, il y a cinquante ans, qu’un jour se tiendrait une exposition sur Ric Hochet dans une cathédrale, est-ce que vous y auriez cru ? (L’entretien a lieu dans une sacristie de la cathédrale d’Angoulême où les visiteurs peuvent prendre du plaisir à regarder cinquante ans de Ric Hochet… Très belle exposition !)

Tibet : Pas du tout ! C’était inconcevable… même sur Hergé qui pourtant était le dessinateur le plus célèbre quand j’étais petit. La notion de dédicace elle aussi était inexistante. Un jour Hergé, dont j’étais proche – on travaillait au Journal Tintin – va présenter un film, un documentaire dont il était l’objet. A la fin de la séance, une dame lui tend un petit papier pour qu’il fasse une dédicace. Hergé a accepté, il a dédicacé… puis une autre a demandé, le maître a continué. Et le pauvre Hergé a du dédicacer à tous les spectateurs de la projection ! Il a déclaré, à la fin de ce long et pénible travail : Plus jamais je ne dédicace en public ! C’était la première fois que l’on parlait de dédicace en bande dessinée. Nous, on faisait des histoires qui étaient lues en cachettes par des enfants, car quand ils étaient pris à l’école en train de lire une bédé, ils étaient punis. Tout d’un coup, ça prenait une ampleur qui me surprenait déjà, mais il n’était pas question d’organiser un festival autour de la bande dessinée, encore moins une exposition dans une cathédrale ! Quand je vois le monde à Angoulême qui se déplace pour rencontrer des auteurs je suis toujours très surpris, mais tant mieux pour nous ! Je dois dire aussi que je suis très fasciné par le fait que cette exposition sur ma personne et mon travail a été entièrement réalisée par un vieux monsieur qui a fait cela par passion… (J’aime entendre Tibet parler d’un vieux monsieur, car lui, le petit jeune, a quand même 74 ans !)

 


Michel : Quand on regarde ce monde étonnant, comme vous dites, de la bande dessinée à travers vos personnages Chick Bill ou Ric Hochet, on constate que vous avez devant vous plusieurs générations de lecteurs : grands-parents, parents et enfants…

Tibet : Mais ça fait partie du même étonnement, il y a des gens qui viennent me voir en me disant : Vous avez enchanté mon enfance… Et je me dis, ce vieux il me prend pour son grand-père ou quoi ! Mais c’est vrai que j’ai 74 ans, que j’ai créé Ric Hochet il y a 51 ans, Chick Bill il y a 53 ans, ils ont pu lire quand ils avaient 10/12 ans, et donc 50 ans plus tard, ça leur fait quel âge à ces vieux là… Mais, plus sérieusement, c’est bien. Quand on s’attache à un personnage, que ce soient les miens ou ceux de mes confrères, on reste fidèle à ces personnages. Moi, quand je relis Gaston, Astérix, Tintin… Ah, quand je relis un Tintin, un album de Hergé… Même quand je cherche un document, une attitude dans un Tintin, un élément dont je me souviens mais dont j’ai besoin, je suis sûr que je vais le relire en entier, et si c’est une histoire en deux albums, je relis les deux en entier et je ne travaille pas beaucoup ce jour là… On reste attaché à ces personnages, ça fait partie de notre vie ! C’est un peu comme pour le cinéma. J’étais un fanatique de Gary Cooper, plus personne ne connaît Gary Cooper, il est mort il y a bien longtemps, mais je lui suis resté fidèle et quand on passe un de ses films à la télévision, j’ai le même enchantement que quand j’étais plus jeune et que j’allais au cinéma voir ses films. Je pense qu’il y a le même attachement pour les personnages de bande dessinée.


Michel : Vous parlez de fidélité, fidélité à un scénariste, un éditeur, vous êtes vraiment un homme de fidélité ?

Tibet : Oui, je suis fidèle dans mes amitiés, mais aussi dans mes haines. Quand je hais quelqu’un, même mort je continue à le haïr, donc je suis fidèle en tout et jusqu’au bout ! En ce qui concerne l’éditeur, c’est aussi par flemme, ce n\\\'est pas facile de changer d’éditeur, même si plusieurs fois j’ai eu envie de le faire parce que je piquais des colères, on n’est pas toujours d’accord avec son éditeur, on a eu des engueulades, des échanges de lettres assez durs mais je suis toujours resté mais plus par flemme, oui, c’est ça… Mais c’est aussi mon éditeur, ma maison d’éditions, je m’y sens chez moi…


Michel : Alors, Angoulême, c’est aussi des centaines de jeunes auteurs, dans une parution annuelle gigantesque… Vous les enviez, vous avez peur pour l’avenir, comment voyez vous ce monde actuel de la bédé ?

Tibet : Je crois que ça me fait d’abord un peu peur. Il y en a peut-être trop de bédés. Vous savez les libraires, ils sont limités par la taille de leurs librairies. Ils ne peuvent pas tout avoir, tout stocker. Il y a trop de sorties. Dans mes débuts, quand je sortais un nouvel album, tous les libraires en avaient quelques-uns uns. Aujourd’hui, ils ne peuvent pas tout avoir, tout présenter. En plus, ils ne peuvent plus lire ce qu’ils vendent, c’est aux lecteurs de se débrouiller seuls, comme pour le cinéma. Aujourd’hui, il y a tellement de films, qu’on ne peut plus tout voir, d’ailleurs tout ne passe pas partout. Ceci étant dit le monde change, c’est comme ça ! Mais je ne souhaiterais pas débuter aujourd’hui. Celui qui commence maintenant a une concurrence ahurissante ! Au début du journal Tintin, nous étions dix dessinateurs, dix seulement… On travaillait, mais on bouffait ensemble, on se voyait, on formait une famille… Et la famille s’est agrandie et maintenant on est… je ne sais pas... mais énormément. Le mois dernier, il y a eu une réunion des dessinateurs du Lombard, le sandwich-bar, et j’ai vu plein de gens dont je me disais à chaque fois : Mais qui est ce gars-là, je ne le connais pas ? J’en connais deux trois de ma génération ou de celle d’en dessous, mais tous ces petits jeunes… Mais ça venir, je vais finir par les connaître, mais le monde a changé, beaucoup changé, du moins dans la bande dessinée… Faut se faire une raison…

Michel : Quel est votre meilleur souvenir de dessinateur, l’album dont vous êtes le plus fier ?

Tibet : Je ne peux pas répondre à cette question, vous rendez-compte… J’ai dessiné 150 albums… Il y a au moins 70 de mes albums que je préfère aux autres, mais je ne peux pas dire, non, je ne peux pas répondre à cette question…

Michel : Est-ce que votre scénariste, André-Paul Duchateau, vous a surpris ?

Tibet : Oui, tout le temps ! C’est une très bonne question, mais je crois que c’est ça, il me surprend tout le temps, même quand l’histoire me paraît un peu plus faible, il y a toujours des trouvailles. Ce qui m’époustoufle le plus c’est qu’il est observateur comme il n’est pas permis. Un jour, j’avais acheté une nouvelle voiture dont j’étais très fier de la commande à distance pour verrouiller/déverrouiller les portes… Tout de suite André-Paul a dit : Non d’un chien ! On va l’utiliser dans Ric Hochet. Il réagit toujours rapidement à ce qu’il voit ou entend. Un jour, je lui parle d’un ami qui avait eu des problèmes avec son lecteur de cassette dans un train à cause d’un phénomène électrique. Aussitôt, il intègre cela dans un Ric Hochet… Une fois, dans un album, Ric Hochet suit avec sa voiture un camion qui transporte de gros rouleaux de papier. A un moment, ils se détachent et tombent sur la route mettant en danger notre journaliste de la Rafale. Je suis sûr que Duchateau a du suivre un camion de ce genre et imaginer que ça pourrait lui tomber dessus… Moi, je me serais dit, bon, il se pousse un peu cet emmerdeur que je puisse le doubler ! Lui, non… Il est vraiment comme ça ce scénariste… Il m’épate depuis toujours. Mais tout à l’heure vous me demandiez les plus grandes joies de ce métier… Je crois que c’est d’avoir pu rencontrer des gens que j’admirais. Je n’ai pas été un ami très proche de Hergé, mais suffisamment pour en avoir des souvenirs formidables… Hergé que j’admirais, que j’adorais, je l’ai croisé, j’ai travaillé avec lui, j’ai rigolé avec lui, c’est fantastique. Et un autre qui est devenu un ami, c’est Franquin. On ne travaillait pas ensemble mais on était copain, on sortait, on allait au cinéma ensemble, on bouffait ensemble, comme avec Goscinny… Lui c’était un ami très proche et pourtant on n’a presque pas travaillé ensemble, mais qu’est-ce qu’on a pu rigoler. Que cet homme était drôle, qu’on a pu rigoler ensemble… Son bonheur, c’était de faire rire les autres, dans les bandes dessinées comme dans ses livres, au resto comme ailleurs. Ce type n’avait qu’un bonheur c’est de faire rire les autres. Et comme j’ai un peu le même bonheur, on a eu de ces fous-rire fantastiques, avec lui, avec Franquin, avec Hergé et d’autres encore, y compris maintenant. Il faut dire que nous avons douze ans et c’est merveilleux d’avoir douze ans toute sa vie…

La rencontre a eu lieu en janvier 2006 et Tibet s’est éteint en janvier 2010. J’ai eu l’occasion d’interviewer, après son décès, son épouse et son fils… Oui, il y a des occasions qu’il faut saisir même dans une cathédrale…

 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 30 déc 2018

Une belle série à relire ou découvrir... Le périple de Baldassare

Transformer un grand roman en grande bande dessinée n’est pas chose aisée. Souvent les «adaptateurs» rencontrent les pires difficultés à trouver le bon rythme, le bon tempo… Ainsi proposer des albums qui ne sont ni trop bavards – la bédé n’est pas le roman – ni trop frustrants – à force de faire des ellipses on finit par perdre le cœur de l’œuvre initiale – est travail rare et exceptionnel ! Alors, c’est pour cela que j’ai réellement envie de vous dire que nous tenons-là une grande œuvre, quelque chose d’étonnant et de grande qualité, une série bédé originale et atypique et, pourtant, née de la lecture d’un roman, Le Périple de Baldassare d’Amin Maalouf…


Alors, bien sûr, ce n’est pas une nouveauté car le roman a été publié en 2000 et la bande dessinée en 2001. Mais cela est-il réellement un problème ? A l’école, on passe un temps fou à lire, analyser, étudier des ouvrages vieux, parfois même désuets et après on ne devrait lire que des nouveautés ? Non, définitivement, lisons ce que nous aimons, partageons nos lectures sans tenir compte des dates de parutions et, enfin, je vous rassure, cette histoire est encore disponible en librairie…


Alors, revenons à cette adaptation… Attention, il ne s’agit pas d’une adaptation mot à mot, validée par le romancier, mais bien d’une série bédé d’après l’ouvrage d’Amin Maalouf, un récit écrit et mis en bédé par Joël Alessandra, en trois volumes. Joël Alessandra utilise un style qui lui est cher, le style «carnet de voyage» qui s’adapte parfaitement à ce récit. Il garde la richesse d’Amin Maalouf, c’est à dire une multitude de récits qui s’enchainent les uns aux autres en ne laissant que peu de répit au lecteur pour reprendre son souffle. Du coup, on parle de tout dans cette histoire : de la vie, de la mort, de l’amour, de la haine, de la femme, de l’homme, de la religion, de l’Apocalypse, du commerce, du voyage, de la mer, des couleurs, du pouvoir, de l’arbitraire, de l’argent… sans oublier tout ce que j’oublie de citer tant le récit est riche…


Dès la première page, l’émotion est montée en moi et je me suis dit que j’avais là en mains un livre qui serait probablement inoubliable. En effet, le personnage de Baldassare m’a paru vivant, cohérent, réaliste, proche… ce qui n’était pas évident puisqu’il vit au dix-septième siècle, au Moyen-Orient, qu’il est libraire, qu’il est d’origine génoise… Au début de l’histoire – du récit, du voyage, de la série, à vous de choisir, tout est valable – il est aussi veuf, sérieux, intelligent… je précise bien cela car il va s’embarquer dans une véritable folie…

 

 


Au départ, l’objet des recherches – pas que des siennes d’ailleurs – est le livre « Le centième nom » d’Aboumaher Al Mazandarani… Mais on ne sait même pas si cet ouvrage a existé. C’est un livre mythique et à moins de le tenir un jour en main… Ce qui arrivera à Baldassare, un jour, un peu par hasard !


Mais avoir un trésor en main, si on n’y pas prêt peut être un non-événement, ce qui sera le cas pour Baldassare. Il va s’en séparer un peu vite en passant à côté de ce qui est une richesse incroyable – du moins c’est ce que d’autres ont l’air d’affirmer… Quand il réalise les choses, c’est trop tard. Du moins c’est ce que penseraient de nombreuses personnes intelligentes. Lui, va se lancer à la recherche de ce livre et c’est ce qui va devenir l’occasion de faire un grand voyage bien réel, mais aussi un périple intérieur, une sorte de quête qui va le faire grandir au moment où le monde craint une Apocalypse totale… Le voyage sera long, on visitera de nombreuses villes dont Gène et Londres, Lisbonne et Constantinople… Chaque album aura une femme en toile de fond… Marta, Bers puis Giacominetta…


J’ai adoré ce récit, son découpage, ces dessins, des éléments de carnet de voyage, les personnages, le dessin et la narration graphique de Joël Alessandra, Baldassare et ses neveux, Marta… J’ai aussi adoré cette façon de construire le récit de Maalouf, la façon de faire mourir les personnages en une nuit ou au contraire, d’en faire apparaître un dans le groupe en quelques instants sans raison bien réelle… C’est une féérie, un feu d’artifices, une magie des mots enrichie maintenant par les couleurs et les traits de Joël Alessandra… c’est tout simplement extraordinaire !!!

Je ne peux que donc vous inviter à lire le roman et la bande dessinée car les deux sont complémentaires et il ne faut surtout pas passer votre chemin sans vous arrêter lire ces pages géniales et admirables !!!

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 30 déc 2018

Angoulême, c'est dans un peu plus d'un mois... Qu'on se le dise !

A un mois d'Angoulême, il est temps de se préparer... Je vais aller couvrir le festival avec une équipe de 7 étudiants et nous allons tendre le micro à une cinquantaine d'auteurs, dessinateurs, éditeurs, coloristes...



Or, ce petit micro vient perturber beaucoup des relations humaines... Nos interviewés peuvent être profondément touchés et l'intervieweur aussi...


C'est pour cela que je vais vous raconter quelques petites histoires vécues en trente ans de cette expérience particulière, l'interview... Ces récits ne sont pas là pour juger les uns ou les autres, juste pour aider à anticiper les évènement...

 
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 20 déc 2018

BD : Tout commence mal mais il faut savoir être patient...

Je sais bien qu’il n’est pas si simple que cela de raconter des histoires d’interviews avec des auteurs de bandes dessinées qui ont un peu dégénéré à cause d’une trop grande absorption d’alcool. Oui, on pourrait croire qu’il s’git alors d’une dénonciation d’alcoolisme et non d’une anecdote, d’un fait divers, d’une péripétie… Parfois, ce sont les intervieweurs qui montrent leurs défauts, leurs travers, et je comprends bien que parfois on préfère les taire, les masquer, les dissimuler…


Si j’ose aujourd’hui passer outre aux précautions habituelles c’est tout simplement que chaque année, avant de partir pour Angoulême avec mes étudiants, je leur raconte ces petits secrets – de polichinelle – pour qu’ils soient prêts à tous les dérapages, toutes les situations… On en rit bien, une fois pour toutes, puis on travaille pour ne jamais être surpris… Voici donc quelques-unes de ces aventures périlleuses dont il vaut mieux rire… Et, tant pis – ou tant mieux – si ces rencontres n’ont pas été diffusées à la radio !

Que ce soit bien clair entre nous, il n’y a rien contre ces auteurs ou ces étudiants que j’aime toujours autant même si ce jour-là, ils avaient bu un petit verre de trop, étaient dans la lune ou ailleurs… Quant à mes étudiants, qu’ils voient cela comme une sorte d’enseignement !

C’est loin dans ma mémoire qu’il faut que j’aille chercher les plus anciennes rencontres de ce genre… Certaines d’ailleurs s’étaient très bien terminées car, là aussi il faut être honnête, parfois tout se finit bien… Par exemple, je cherchais à rencontrer Jean Pleyers, auteur de la série Jhen avec Jacques Martin. Nous étions à Nancy, au livre sur la place. C’était au début des années 90. J’avais rendez-vous pour l’interroger pour l’album Le secret des templiers. Seulement, voilà, à l’heure prévue, en fin de matinée, il n’était pas sur son stand. Je me signale, j’attends et toujours rien… Celui qui tient le stand commence à être gêné, me recommande de passer plus tard et comprenant bien que j’étais là pour repartir avec un son me fixe même un rendez-vous en début d’après-midi… Sûr, il sera là à 14h et répondra à vos questions !


Seulement, voilà, 14h arrive et toujours pas de Jean Pleyers ! J’avoue que je suis aux limites de la patience et je demande quand même au libraire sur place dans quel restaurant se trouve notre ami auteur. Après quelques hésitations – légitimes – il me donne le nom du restaurant et j’y vais…

Seulement, je ne suis pas seul. Je suis avec mon épouse et un de mes enfants dans les bras, une petite de presque 16 mois… On trouve le restaurant et on comprend très vite la situation. Jean Pleyers est en très galante compagnie – je n’en dirai pas plus – et c’est beaucoup plus prenant que de répondre à mes pauvres petites questions…

Néanmoins, dès qu’il comprend la situation, il redevient un auteur professionnel et même un parfait gentilhomme. Il commence par dessiner ma fille sur la première page de l’album, avant même de répondre à l’interview, comme pour se faire pardonner de son retard… quelque peu conséquent !

Ensuite, nous passons à la rencontre radio, et cette première interview marquera le début d’une « amitié » sereine ponctuée par de nombreuses rencontres, interviews et dédicaces… D’ailleurs, il a dessiné quatre de mes enfants… Comme quoi, il ne faut jamais s’énerver, rester patient et être toujours prêt à enclencher le magnétophone… Du moins, quand c’est possible, car pour le prochain souvenir ce ne sera pas possible !

(A suivre)

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 20 déc 2018

L'aventure de Pierrot-le-fou en bande dessinée...

Le gang des tractions avant – puisque tel fut le nom qu’on lui donna – est un groupe de gangsters mené par un certain Pierrot-le-fou. Dit comme cela, on a l’impression d’une aventure un peu romantique… alors qu’en fait, ce fut assez glauque, violent et malsain. Cette bande de malfaiteurs a sévit après guerre et elle a uni ce qu’il y avait de pire dans la collaboration française et dans la résistance, c'est-à-dire des hommes sans foi ni loi, juste prêts à faire le coup de feu pour quelques billets de plus… Pierre Loutrel, le chef mythique, tuait avec une irresponsabilité incroyable d’où ce surnom de « fou »… Il a trouvé avec Naudy, Attia, Boucheseiche, Ruart, Danos et Fefeu, une équipe qui acceptait cette folie… car il y avait beaucoup d’argent à gagner !



Rodolphe qui aime l’histoire, l’aventure, les voitures… a puisé dans ce fait divers les éléments pour construire un très bon livre – La légende de Pierrot-le-fou – et, maintenant, le scénario d’un récit en bande dessinée avec Gaël Séjourné et Jean Verney. Cette bande dessinée en trois volumes porte le nom significatif « A la vie à la mort » et on comprend très vite que ce sera surtout « à la mort » car le récit commence par le décès de Pierrot-le-fou !



L’histoire est assez connue car de nombreuses personnes en ont parlé dans des romans, des livres de souvenirs, des films… Cette bande qui frappe fort, tue, s’enrichit et disparait très vite quelques mois plus tard avec le décès de presque tous ses membres… tout cela avait de quoi exciter le lecteur en recherche d’émotions fortes… Mais je trouve que Rodolphe trouve lui le moyen à la fois d’intéresser le lecteur, de susciter une certaine attirance pour le gang tout en montrant bien que ce gang n’est qu’un vulgaire gang de bandits de grands chemins, de bandit ayant peu de valeurs humaines à présenter : violents, misogynes, excessifs en tout, criminels et meurtriers… Bref, le lecteur n’a pas envie de les défendre même si les policiers font parfois preuve de bêtise !


La narration graphique est de grande qualité dans la lignée de ce que nous avait déjà proposé Gaël Séjourné (Tatanka par exemple). Toutes les phases d’action sont très bien décrites, vivantes et dynamiques. Les éléments d’époque, costumes, voitures et autres éléments architecturaux sont crédibles et participent à immerger le lecteur dans l’époque des années d’après-guerre… Les séquences en Afrique, dans les locaux de la Gestapo française ou dans un camp de concentration sont elles-aussi très bien dessinées. Du très bon travail !

Du coup, l’ensemble donne une bonne biographie d’un gang de bandits des années 45/46 et cela devrait plaire à de nombreux lecteurs, des passionnés d’histoire aux amateurs de la grande aventure qui fait un peu peur… Les trois albums sont maintenant disponibles et on peut donc offrir l’histoire complète d’un seul coup… Enfin, c’est vous qui voyez !

Très bonne lecture !

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 16 déc 2018

Antigone, chef d'oeuvre adapté en bédé par Régis Penet

Il m’arrive souvent, emporté par mon élan et soutenu par mes souvenirs d’études littéraires classiques, d’affirmer un peu rapidement que rien n’a été inventé en termes d’histoires à raconter aux humains depuis la tragédie grecque… C’est certainement un peu excessif mais, à y regarder d’un peu plus près, il s’agit probablement d’une sentence portant une grande part de vérité !

 

Antigone


On ne peut pas prouver une telle affirmation qui relève plus du postulat que du théorème. Aussi, je ne vais pas chercher à en démontrer le bien-fondé mais à montrer comment Régis Penet, auteur de bandes dessinées, a mis en application cela. En effet, puisque la tragédie antique porte en elle l’alfa et l’oméga de la destinée humaine, n’hésitons pas à s’approprier cette tragédie pour la faire revivre aujourd’hui… Et c’est ainsi que l’album Antigone arriva sur ma table de nuit…

Bon, avouons que Régis Penet n’a pas commencé son travail avec la tragédie grecque puisqu’il commit avant son Antigone un Lorenzaccio qui a été apprécié par de nombreux lecteurs et critiques. Mais, Antigone étant pour moi un chef d’œuvre, j’avais une grande impatience de découvrir ce que Régis Penet allait pouvoir en faire…

Antigone, un grand chef d’œuvre ? Mais de quelle Antigone parlons-nous ? Oui, Antigone est un personnage de drame par excellence et je me réfère, au départ, aux deux pièces de Sophocle. Mais ce drame d’Antigone est si puissant que de très nombreux auteurs se sont approprié le personnage pour la faire revivre et mourir… Lors de mes études, j’ai dû étudier la version de Sophocle mais aussi celles de Brecht, Cocteau, Anouilh… Depuis, j’en ai même découvert d’autres. J’ai eu le plaisir de pouvoir côtoyer Antigone au spectacle, au théâtre et dans la rue… et c’est donc bien un personnage connu que j’ai vu apparaitre sous les pinceaux de Régis Penet.

Je dis bien pinceaux car la bande dessinée de Régis Penet est une œuvre avant tout esthétique. Chaque case pourrait être un tableau dans un musée. Attention, cela ne signifie pas que le scénario serait d’une faiblesse incroyable. Loin de là. Régis Penet est bien un auteur complet qui dans son Antigone assume le texte, le dessin et la mise en couleur… Il est donc responsable de son adaptation, de sa mise en scène, du casting des acteurs, des costumes, de la scénographie… Oui, il fait revivre à lui tout seul Antigone dans toute sa splendeur, ses excès, son courage, son obstination… et cela jusqu’à sa mort !

J’ai beaucoup aimé cet album. J’y ai retrouvé à la fois l’Antigone de mes premières lectures mais aussi une Antigone moderne qui nous parle de l’humanité aujourd’hui, de l’exercice du pouvoir, de la fidélité, de la foi, de la vie, de la mort…

Il s’agit bien d’un album profond, grave et tragique. La narration graphique est dans la stricte lignée de la tragédie antique revisitée au XVII° siècle et au bout de trois pages on n’oublie le livre pour se retrouver au théâtre… Une merveille !

Signalons aussi un très bon dossier sur la tragédie grecque, sur Antigone et sur la réflexion philosophique portée par ce drame par Jean-François Gautier avec des illustrations de Régis Penet.

Le tout fait un bel ouvrage à offrir à tous les passionnés de Littérature avec un grand L. oui, je sais que certains tiqueront un peu, mais entre la tragédie au théâtre et une bande dessinée, la distance peut être parfois très faible…
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 12 déc 2018

Une idée de cadeau : Dodo et c'est pour les plus jeunes...

Oui, souvent, on l’a bien compris, la bande dessinée n’est pas pour les plus jeunes. D’une part, sa lecture n’est finalement pas si aisée que cela puisqu’il s’agit bien d’un genre narratif hybride qui mêle image et texte, ce qui donc laisse souvent l’enfant en difficulté mais d’autre part, les thèmes proposés ne sont pas toujours accessibles aux jeunes lecteurs. Aussi, quand à Montreuil, lors du salon du livre et de la presse jeunesse, j’ai rencontré une autrice jeunesse proposant des albums de bande dessinée pour les petits, j’ai sauté sur l’occasion… Enfin, une bédé de plus pour les plus jeunes…

 


L’album « Dodo » de Dorothée de Monfreid est sorti en 2014 à l’Ecole des Loisirs, et on peut le lire à des enfants très tôt puisque je l’ai lu à un petit garçon de 18 mois ce week-end… Comme il est bien destiné aux petits, il est cartonné… Comme il s’agit bien d’une bande dessinée, les personnages parlent avec des bulles… Comme le thème doit être adapté aux lecteurs, ce sera la sieste à la garderie, la crèche ou la maternelle… Enfin, comme il ne s’agit pas d’un documentaire pour les parents, ce sera une véritable fiction et les enfants de cette structure petite enfance seront des animaux…

Oui, il s’agit donc bien d’une bande dessinée pour les plus jeunes lecteurs et quand j’ai fait découvrir ce livre à mon petit-fils, il a été conquis dès le départ. Pas de phase d’adaptation, immédiatement le grand plongeon dans ce dortoir collectif…

Popov ronfle et les autres, du coup, ne dorment pas… Le lecteur est obligé de faire le ronflement et cela participe bien sûr à l’immersion de l’enfant dans le monde magique de l’histoire lue à haute voix… On ne le dit pas assez, mais il faut lire à haute voix ! Beaucoup plus que ce que l’on fait généralement dans les familles et à l’école… Je dis bien « à l’école » car c’est en plongeant dans cet univers incroyable des histoires que le jeune – à tous les âges en fait – va réaliser que lire est une chance incroyable qui ouvre sur un bonheur réel et profond…

Dans notre histoire, la question qui reste posée, c’est ce que vont bien pouvoir faire Micha, Jane, Pedro, Omar, Zaza, Nono et Kaki pendant que Popov ronfle tout ce qu’il peut ? Il semblerait que Micha sache un peut raconter les histoires même s’il ne sait pas encore lire… Sa mémoire fonctionne, il raconte en s’appuyant sur les dessins et en se souvenant de ce que les adultes lui ont raconté… Alors, il peut lire lui-même une histoire aux autres…

C’est cela aussi la magie de lecture à voix haute : faire naitre une vocation de lecteur à voix haute aux autres… D’auditeur passif, Micha peut devenir lecteur pour les autres… Il devient populaire : « Tu me lis une histoire ? »

Tous les autres du dortoir vont se retrouver dans le lit de Micha pour une lecture qui se terminera par une sieste collective profonde… « Il était une fois… » et les ronflements seront généralisés dans le dortoir ce qui finira par réveiller Popov qui se croira un instant seul avant de réaliser que tous les autres dorment autour de Micha le lecteur qui s’est endormi le livre à la main…

 


Un livre que j’ai beaucoup apprécié et qui me semble participer à la bonne compréhension de la lecture et du lecteur… Lire est une chance incroyable, une richesse insoupçonnable, une source de lien social… Bref, il faut que l’enfant comprenne que lire est un bonheur… tout simplement !

Voici pourquoi, je pense que ce « Dodo » est bien un livre à offrir aux enfants très jeunes même si dans un premier temps vous devrez, vous lecteurs à voix haute, apprendre à ronfler… Enfin, pour moi, je sais ronfler depuis longtemps et cet ouvrage ne m’a posé aucun problème !

Bonne lecture à tous !

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 10 déc 2018





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