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jeudi 22 février 2018

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BANDES DESSINÉES... Plus de 550 articles (octobre 2017)

La BD est en force sur vivre-a-chalon.com

BD...

En partenariat avec des étudiants de l'IUT (Licence TAIS) et Michel BONNET cette rubrique s'intéresse  au "neuvième art" en général mais, et, c'est la raison d'être de notre média,  également aux acteurs chalonnais et aux initiatives locales dans le droit fil du projet "Chalon en bulles" dont Michel Bonnet fut l'initiateur et l'animateur il y a quelques années.

Avec son équipe il ira à votre rencontre... mais n'hésitez pas à faire le premier pas si vous partagez cette passion pour les bulles !

 

Des textes, des photos, des interviews audion des vidéos...
Bonne promenade !


 
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BD Fabcaro ? Quel bonheur de le lire !!!

Il est toujours très délicat de porter un regard sur un objet nouveau, non identifié et qui plus est appartenant à la catégorie des œuvres d’art. Précisons cela avec soin…

Tout d’abord, vous le savez bien si vous me suivez depuis longtemps, la bande dessinée est un art ! Certes, un art narratif mais cela n’enlève rien à son patrimoine artistique, sa réalité profonde et les émotions qu’elle va apporter au lecteur-admirateur-spectateur…

Deuxième élément, très délicat, face à l’œuvre d’art, nous allons tous ressentir des émotions qui peuvent être très diverses, de l’indifférence absolue à l’admiration totale. Tous ces sentiments, ce vécu, cette expérience… tout cela est légitime car c’est lié à ce que nous sommes, ce que nous avons vécu et expérimenté, à notre éducation… Donc, je ne vais jamais vous dire ce qu’il faut ressentir mais ce que j’ai expérimenté moi-même en lisant telle ou telle bédé… Comme je dis souvent, je ne critique pas une bande dessinée, je la chronique… J’assume cette situation, oui, je suis chroniqueur !

J’en reviens maintenant à ma première considération, en effet, quand je suis confronté, pour la première fois, à une forme de bande dessinée nouvelle, à un thème novateur, à un style narratif d’avant-garde… je suis d’abord surpris, étonné, déstabilisé… ce qui m’empêche parfois d’admirer ou même simplement de comprendre l’histoire proposée…

Il y a quelques années, je me suis retrouvé par hasard avec un petit opuscule dans les mains, Zaï Zaï Zaï Zaï… Comme beaucoup de lecteurs, j’ai été agréablement surpris par une « petite » bande dessinée qui ne payait pas de mine au premier abord. Je suis entré doucement, puis j’ai été secoué par un premier éclat de rire, puis un second, un troisième… Franchement, cela faisait longtemps que je n’avais pas rigolé avec une bande dessinée…

Par contre, quand je me suis retrouvé devant mon écran vierge pour écrire ma chronique, ce fut assez difficile de trouver les mots… Pourquoi avais-je ri en premier ? Parce que le héros prend un poireau pour se défendre ? Parce que le délit est d’avoir oublié sa carte de fidélité ? Parce que la menace extrême du vigile est de faire une roulade arrière ? En fait, difficile de le préciser car une fois que l’on est entré dans cette histoire, tout devient drôle, absurde, profondément humain et… aussi, désespérant comme une vie sur terre quand on sait que l’on va mourir un jour…

Du coup, la seule chose que je me suis dit et que j’ai gardée en tête c’est que Fabcaro était un auteur contemporain comme Becket et Ionesco. Oui, c’est un chantre de la vie humaine comme ces deux dramaturges l’avaient été avant lui… Certes, il ne fait pas du théâtre mais de la bande dessinée… mais, finalement, c’est la même chose !

C’est ainsi que j’ai lu il y a quelques semaines son nouvel opus, « Et si l’amour c’était aimer ? », toujours édité dans cette petite maison de Montpellier, 6 pieds sous terre. Ceci dit en passant, c’est bien la preuve qu’une petite maison d’éditions peut détecter et proposer de la grande bande dessinée…

Cette fois-ci, tout, même le format, nous pousse à penser à certains romans-photos, ces romances à deux balles que l’on avoue lire chez le coiffeur tellement on aurait honte de lire cela chez soi… Enfin, il faudrait tout mettre au passé car voilà bien longtemps que je n’ai plus vu ces romans-photos…

Donc, nous y sommes, avec dès le début la romance douce qui se met en place… Le coup de foudre !

Une fois passé cet élan du cœur, Fabcaro nous emmène dans une histoire dont il a le secret, une histoire absurde et folle, profondément humaine et désespérante, une histoire d’amour qui n’en est pas une, tout en en étant une, bien sûr ! Vous êtes perdus ? Normal, c’est fait pour et c’est probablement parce que vous n’avez pas commandé depuis longtemps une bonne macédoine… La macédoine livrée à domicile ! La macédoine objet phallique par excellence ! La macédoine de l’amour !

Fabcaro est un auteur de bandes dessinées difficile à cerner – il n’est d’ailleurs pas certain qu’il souhaite à tout prix être cerné – et pour résumer on pourrait dire qu’il développe dans ses récits un triptyque incroyable : absurde-humour-humain ! Alors quand il parle d’amour, il se lâche totalement et cela fait du carnage !

Ce dernier livre est d’une humanité forte et profonde tout en nous plongeant dans l’absurde, un absurde qui touche à notre nature humaine et ce que nous appelons « amour »… Il regarde cette humanité au révélateur de l’amour, du coup de foudre et de la séparation… Parfois, le lecteur éclate de rire, tandis que d’autres images ou textes le poussent à la réflexion, voire le plonge dans la mélancolie… Mais, c’est sa force incroyable, après nous avoir fait toucher du bout des doigts le désespoir, il nous propulse dans la vie : oublie tout cela et vis !

Voilà, je suis devenu, de lecture en lecture, un inconditionnel de Fabcaro. Je viens de lire le petit opus, En attendant, réalisé avec Gilles Rochier, un autre atypique de la bande dessinée, et je reste adepte de cet humour si particulier et si moderne…

Donc, si vous avez envie de partager cet humour décapant avec moi et tous ceux qui ont adhéré à Zaï Zaï Zaï Zaï, il ne vous reste plus qu’à vous lancer dans la lecture de ces livres… Attention, lire Fabcaro comporte des risques d’addiction !

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 17 fév 2018

Bel exemple d'album de bande dessinée de la Ligne claire !

J’ai toujours eu un faible pour cette bande dessinée que l’on classe, parfois un peu rapidement, dans le grand vrac de la Ligne claire… D’ailleurs, qu’est-ce que la ligne claire ? Un défaut ? Une menace ? Un art naïf ?


Avant de donner mon strict point de vue, faisons une petite escale dans les théories officielles et universitaires puisque maintenant la bande dessinée est aussi étudiée et scrutée par des étudiants, des enseignants, des chercheurs…

La ligne claire est une expression que l’on doit à Joost Swarte. Ce Néerlandais est un auteur de bandes dessinées. Il n’est pas très lu en France mais je me souviens bien de sa série chez Casterman, Coton et Piston.

En utilisant cette expression en 1977, il voulait parler d’une bande dessinée où le dessin était réduit en quelque sorte à ce qui servait la narration. Alors, bien sûr, c’est un peu court comme définition et il faut aller écouter Hergé pour mieux comprendre car le modèle, la référence, c’est Hergé le créateur de Tintin…

On pourrait dire que la ligne claire est avant tout un dessin narratif figé par des conventions. Chaque dessin est passé à l’encre, avec une taille de trait constant, avec des couleurs en aplats, sans ombre. Les décors sont réalistes, les personnages n’ont pas d’ombre, les dessins ne sortent pas des cases… Tout ce qui est dessiné apporte des éléments au scénario qui est roi mais rien est ajouté ce qui risquerait de perdre le lecteur…

Chez Hergé lui-même, on trouve des dysfonctionnements de cette ligne claire mais certains albums sont remarquables, du moins sous cet angle. Je pense surtout à l’Affaire Tournesol et aux Bijoux de la Castafiore.

Dans les auteurs, ils sont nombreux à avoir emprunté ce chemin de la ligne claire même si chacun se la réapproprie à sa façon, à sa main, à son récit… On ne va pas tous les citer mais on peut penser à Jacobs, Willy Vantersteen, Bob de Moor, Jacques Martin, Jacques Juillard, Ted Benoît, Yves Challand, Floc’h…



Cette semaine, en recevant le tome 3 de la série Robert Sax, Villa Borg, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à la ligne claire et à Floc’h en particulier. Il faut dire que le dessin en haut de la page 23, dans le salon quand « Sale-Gueule » sert le thé, est une image digne de Floc’h et je trouve normal que les auteurs de cette série aient repris cette image pour la livrer au lecteur dès l’ouverture de l’album…

Les auteurs ? Oui, il s’agit de Rodolphe pour le scénario, Louis Alloing pour le dessin et Pascale Drac pour les couleurs… On comprend très vite et Rodolphe l’avoue sans détour lors des interviews, cette série est bien un hommage à la bande dessinée franco-belge classique des années passées… On retrouve facilement le genre des albums que l’on a lu dans nos enfances entre 1950 et 1970… Il y a un peu de l’Affaire Tournesol, de la Marque jaune, de la Grande Menace, du Rendez-vous de Sevenoacks… Et c’est bien ce qui m’a enchanté !

Alors, pour ceux qui ne connaissent pas la série Robert Sax, offrons quelques éléments. Nous sommes à la fin des années cinquante, en pleine Guerre froide. Nous sommes en Belgique et Robert Sax est garagiste, enfin, plus exactement, il s’occupe d’un garage ce qui lui donne de grandes libertés car il n’est pas obligé de réparer lui-même les voitures des clients… Robert va donc régulièrement être mêlé à des affaires pas très claires qui naviguent entre espionnage et faits divers… Et cette fois-ci, il est question d’uranium…

Alors, oui ce sera trop classique pour certains, le scénario trop typé et l’ensemble cousu de fil blanc… Mais pour moi c’est le plaisir de retrouver des histoires comme j’en ai lu autrefois et dessinées par des artistes qui évoquent ceux qui ont disparu aujourd’hui et que j’aimais beaucoup…

Alors, pour ceux qui me ressemblent, je vous souhaite une excellente lecture !

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 16 fév 2018

BD : Un nouveau départ pour cette série ?

Au départ, cette série n’en était pas une, juste une histoire un peu longue… Gil Saint-André, un chef d’entreprise, mène une vie tranquille à Lyon avec sa femme et sa fille. Sa femme est très belle et la petite famille est dans la sérénité… Mais, un soir, son épouse descend faire une course d’appoint et… disparaît !



Comme toujours dans de telles circonstances, la police est convaincue d’avoir affaire à non pas un rapt ou une disparition mystérieuse mais une disparition volontaire, une fugue, une fuite amoureuse…

Cette situation imprévisible pousse Gil Saint André à prendre l’affaire en main. Il est chef d’entreprise et n’a pas l’habitude de subir… Il va donc mener l’enquête… Il ne sera pas entièrement seul car il trouve un peu d’aide dans la police avec une stagiaire… On entre alors dans une aventure qui sera plus longue que celle imaginée à Jean-Charles Kraehn qui, d’ailleurs, va finir par se faire aider par Sylvain Vallée. Cette histoire va se prolonger pendant 5 albums !

On va avoir alors deux nouveaux cycles, un qui nous permettra de prendre la direction du Maghreb pour empêcher un mariage de force (3 albums) puis un qui va transformer le petit chef d’entreprise en PDG d’un grand groupe du CAC 40 (3 albums aussi).

Restait à Jean-Charles Kraehn de décider la direction à prendre pour sa série… car un PDG qui mène des enquêtes, c’est Largo Winch et le créneau était déjà bien pris, occupé et sans possibilité de prendre la place ! C’est pour cela qu’il fallait que Gil passe à autre chose et qu’il puisse reprendre une vie plus normale en province… Ce douzième album, Un passé encombrant, dessiné et mis en couleur par Chris Millien, est justement le récit de l’histoire qui va faire le lien et qui ramène Gil vers sa bonne ville de Lyon…

Probablement aussi l’occasion de permettre à la série de repasser à un rythme plus régulier de 1 histoire = 1 album, ce que les lecteurs d’aujourd’hui préfèrent, surtout si les histoires sont complètement indépendantes ce qui permet de ne pas se sentir obligé de tout acheter !

Ce douzième opus est sympathique, agréable à lire et Chris Millien a très rapidement pris le tempo graphique de la série… Maintenant, on attend la suite avec impatience !

 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 13 fév 2018

Une bande dessinée à ne pas lire le soir : histoire d'amour... cruel !

L’amour, c’est parfois l’enfer… Du moins c’est ce que certains disent de temps en temps. On peut imaginer que ce n’est qu’une expression mais… Zidrou et Springer ont décidé d’explorer un peu plus profondément cette expression… Et si c’était la vérité ?


Imaginez une grande exploitation agricole, un élevage d’autruches pour être précis. Là, vivent un homme, une femme, une fille… Une famille en quelque sorte avec un enfant qui est sur le point de fêter ses dix-huit ans… Ok, je le concède, Pep, l’homme, n’est pas le père de Beli, la fille. Juste son beau-père.

On a l’impression que tout pourrait aller pour le mieux, mais les choses sont beaucoup plus complexes. L’amour, la tendresse, la douceur de vivre, le bonheur familial… tout cela a dû disparaitre au fil du temps… Que reste-il ? En apparence de la lassitude et de l’indifférence… mais dans les cœurs, dans les têtes, dans les corps… c’est peut-être déjà de la haine qui s’est installée. Allez savoir ?

Alors, c’est là que Zidrou, un grand scénariste de bandes dessinées, s’empare de l’histoire. L’homme tue sauvagement sa femme à la masse. Oui, je sais, c’est sanglant et nous ne sommes pas chez les Bisounours ni dans une bande dessinée pour enfants… Une fois qu’elle est morte, il la jette au fond d’un puits profond et desséché. Le puits est presque en plein désert et le crime devient une ébauche de crime parfait…

Seulement voilà, quand il rentre chez lui, sa femme est encore là pour l’accueillir…



Je vous entends déjà en train de m’insulter car vous pensez que je viens de tout vous dire, que j’ai brisé le suspense de cette histoire et qu’il n’y a plus d’intérêt à lire cette bande dessinée… Sauf que, chers amis, nous n’en sommes là qu’au tout début de notre bande dessinée… C’est là que tout commence et que les deux auteurs vont se faire plaisir et vous accompagner en enfer… Du moins, on pourrait le croire !

Il s’agit d’une bande dessinée en petit format, avec une cinquantaine de pages, une sorte de thriller étonnant et cruel qui dépeint une humanité fatiguée et malade… Les personnages sont dépassés par ce qui arrive et le lecteur va tenter de comprendre la situation malgré les surprises réservées par le scénariste qui s’en donne à cœur joie ! Enfin, joie n’est peut-être pas le mot à utiliser…

J’ai adoré la lecture de ce récit sombre pour ne pas dire noir. C’est merveilleusement bien dessiné, cruel à souhait et je ne vais même pas vous souhaiter une bonne lecture car si ça se trouve cela va même vous faire trop peur… Oui, la bande dessinée ce n’est pas que du gag pour enfant, parfois c’est du gag noir pour adulte… ou pire !

Zidrou confirme quant à lui qu’il sait bien faire les deux car il sait faire rire les enfants depuis longtemps. Cet ancien instituteur est le scénariste de plusieurs séries jeunesse : L’élève Ducobu, Les Crannibales, Sac à puces, Tamara… tout en explorant d’autres domaines, d’autres champs… c’est ainsi qu’il est aussi le scénariste de Protecto, Rosko ou Emma G Wildford. De toute façon, ce scénariste a tant produit que l’on ne peut pas tout citer, même si on se limitait aux meilleures histoires, je n’aurais pas le temps de tout citer !

Quant à Benoît Springer, même s’il est beaucoup moins productif – en même temps dessiner cela prend du temps – il faut citer qu’il fut le dessinateur de la série Volunteer que j’avais beaucoup appréciée…

Une bande dessinée à ne pas lire le soir si on a un petit coup de mou…

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 12 fév 2018

Un magnifique album, un coup de coeur, un ouvrage à lire d'urgence !

On en a beaucoup parlé ici déjà et, pourtant, il est temps que je vous propose ma vision de cet album Cinq branches de coton noir d’Yves Sente et Steve Cuzor, un magnifique album publié par les éditions Dupuis dans la collection Aire libre qui fête cette année ses trente ans d’existence…



Yves Sente est connu, surtout, pour ses reprises des séries XIII, Thorgal et Blake et Mortimer. Pourtant, les grands lecteurs de bandes dessinées se souviennent d’une très grande et exceptionnelle histoire, La vengeance du comte Skarbek, réalisée avec Grzegorz Rosinski… Seulement, voilà, quand on arrive à signer avec talent de grandes reprises, il est plus difficile de se positionner sur des projets personnels… Et c’est le cas cette fois-ci avec cet album…



Steve Cuzor est un dessinateur que j’ai rencontré la première fois autour d’une série chez Casterman, Blackjack au début du vingt-et-unième siècle… j’avais beaucoup aimé sa façon de dessiner ses personnages. Je l’avais lu dans la série Quintett pour laquelle il avait dessiné le tome 3 puis, je l’avais perdu de vue…

Il faudra l’insistance éclairée d’un ami pour que j’emprunte à mon libraire préféré cet album, que je le lise, que je sois séduit, que j’aille voir l’exposition consacrée à cette histoire lors du dernier festival d’Angoulême, que je prenne le temps d’interviewer les deux auteurs… et, maintenant, que je prenne le temps d’écrire ma chronique…

Pour ceux qui n’ont pas encore compris la situation de l’édition « bande dessinée » il faut rappeler que les près de 5000 publications annuelles rendent difficile voire impossible de tout lire… Du coup, on peut passer à côté de petites merveilles… sauf si les amis nous aident à y voir clair !

L’histoire de ces Cinq branches de coton noir est à la fois simple et complexe car elle se déroule sur plusieurs époques et plusieurs lieux. Pour faire simple, sans pour autant vous priver du suspense, on peut dire que nous allons partir à la recherche du premier drapeau des Etats-Unis, celui conçu par George Washington lui-même, celui créé par Betsy Ross, celui modifié par une certaine Angela Brown… C’était en 1776…

Ce drapeau a connu toute une vie perturbée car il fut pris par l’ennemi, s’est retrouvé en Allemagne, en Angleterre, en France… Et voilà que des soldats américains reçoivent comme mission de le reprendre à un dignitaire nazi qui l’a récupéré… Nous sommes pendant la Seconde Guerre Mondiale…

Je n’ai pas envie de vous en dire beaucoup plus car le scénario est tellement bien dosé et calibré au millimètre que pour vous sauvegarder la lecture il faut savoir se taire un peu… Attention, quand même, ne croyais pas qu’il s’agit d’un simple hommage aux Américains, à leur bannière étoilée et aux guerriers… En fait, le propos de l’album est beaucoup plus large, beaucoup plus humain, beaucoup plus profond…

Il est question d’une histoire qui prend ses racines dans l’histoire des Etats-Unis et qui va perler de l’humanité entière car elle aborde les notions, concepts et réalités de la nation, de l’amitié, de la fidélité, de l’égalité des hommes, du travail, de la guerre, de la vie, de la mort, de la transmission, de l’autorité… Oui, on passe tout en revue, le lecteur se laisse prendre, n’oppose aucune résistance…

Il est maintenant temps de vous parler du graphisme de Steve Cuzor, des spécificités de sa narration graphique, de l’adéquation de son style à cette histoire ! Oui, j’ai le sentiment de voir un dessinateur arriver à son paroxysme et je ne voudrais pas dire par là qu’il ne fera plus rien après, seulement qu’il ne pourra pas plus faire comme avant ! La première chose qui saute aux yeux c’est que nous sommes ici dans une bande dessinée où les visages délivrent les sentiments, les émotions, les informations… Quand on était dans l’exposition, on sentait cela, quand on lit l’album on se pénètre de cette réalité et quand on referme le livre, que l’on tente de se souvenir… on voit le visage de Betsy, de Justin, de Lincoln, d’Angela, Johanna… et tous les autres car même les personnages secondaires sont bien dessinés ce qui les rend vivants, attachants, bien réels…

Il faudrait aussi dire un petit mot des couleurs, travail de Meephe Versaevel. Certes l’album en noir et blanc est magnifique mais le jeu des couleurs est très bien réalisé et ces dernières participent indiscutablement à la narration… Du grand art !

Alors, puisqu’il faut à un moment refermer cette chronique, je crois qu’il est tempos de dire la vérité de façon claire et précise : Yves Sente et Steve Cuzor démontrent de façon indiscutable et définitive qu’avec « Cinq branches de coton noir » ils sont devenus des grands auteurs du neuvième art, que cet album va entrer dans les chefs d’œuvres que l’on va garder précieusement chez soi, que l’on relira avec plaisir et que l’on prêtera à ceux que l’on aime !

Et donc, encore un merci sincère à celui qui m’a poussé à lire cette bande dessinée !

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 11 fév 2018

Angoulême 2018 : Encore une belle rencontre d'Angoulême...

Parfois, on est tellement admiratrices d’un auteur que l’on prend mille et une précautions pour en parler. On ne veut pas bien faire, on veut la perfection pour rendre hommage à celui ou celle que l’on admire ! Voilà pourquoi nous avons mis tant de temps pour écrire sur Alessandro Barbucci car Charline et Chloé sont des admiratrices inconditionnelles de ce dessinateur, tout simplement !



Pour nous "He is the best ever !!", alors en s'approchant de lui pour l’interviewer ce samedi 27 janvier, nous étions toutes excitées, mais aussi paralysées, angoissées, pétrifiées !

Le grand Alessandro Barbucci, le dessinateur des W.I.T.C.H. et plus récemment de Ekhö et Sky doll était là devant nous, à notre disposition… et nous allions pouvoir en apprendre un plus sur sa façon de travailler… Et, vous, si vous voulez savoir, restez avec nous, c’est le moment !

Arleston nous avait dit : travailler avec Barbucci pour Ekhö, c'est travailler avec un boulimique du travail. Et bien en réalité, Barbucci possède un coup de crayon assez précis et rapide pour tenir une allure de parution élevée. Oui mais ce n'est pas tout : il ne peut s'empêcher de dessiner, partout où il va, un petit carnet l'accompagne. D'ailleurs, il préfère dessiner des lieux qu'il a visités. Vous savez maintenant que dans Ekhö, la quasi-totalité des endroits est inspirée par ses visites, ses souvenirs, ses dessins réalisés dans différentes villes. Il faut dire que c’est quand même plus facile de réadapter une ville quand on connaît déjà un peu les rues, les bâtiments, les proportions…

Alessandro Barbucci aime raconter des histoires à travers ses dessins. Et même s'il ne fait que le crayon et l'encrage pour ses commandes, Alessandro est un curieux qui va toujours chercher à se perfectionner dans différentes techniques de graphismes : cours de peinture, d’aquarelle, essais à la tablette graphique, chaque style représente une façon de raconter ses histoires. Mais pourquoi on ne voit toujours que le même style ? Et bien le dessinateur est piégé par son propre succès. Son style charme et il n'est pas question d'en changer lors d'une commande.



Mais il n'est pas curieux que de la technique ! Il aime rencontrer de nouveaux talents, des artistes en herbe. C'est pourquoi il a l'intention de créer une plateforme de partage avec tous ceux veulent sur laquelle il donnera des conseils et des réflexions sur les œuvres ! Ce nouveau projet est né d’une envie de partager ses connaissances car pour lui le dessin est très important et permet d’exprimer beaucoup de choses. Il a toujours dessiné et a toujours voulu en faire son métier, même si il a dû galérer pour y arriver, car les métiers artistiques ne sont pas les mieux payés, il n’a jamais lâché !

Étant de grandes fans de Barbucci nous sommes super contentes d’avoir pu échanger avec lui et en apprendre plus sur son travail. Nous avons eu droit à quelques anecdotes comme par exemple qu’il aimait dessiner des pin-up quand il était au lycée. Ce qui l’a inspiré pour ses personnages féminins par la suite.

De plus le saviez-vous : Barbucci s'est essayé au manga !

Merci Alessandro Barbucci pour cette interview, il nous tarde de découvrir votre prochain travail ! Enfin, dans quelques temps, vous pourrez aussi écouter cet entretien sur RCF en Bourgogne, dans le Kiosque à BD !

 


D ans le cadre d'un partenariat entre le site vivre-a-chalon, l’IUT de Chalon et de nombreuses structures culturelles chalonnaises les étudiants de la licence professionnelle TAIS (techniques et activités de l’image et du son) proposent leurs reportages, leurs critiques de spectacles, leurs ressentis de lectures, leurs idées de cadeaux, leurs recettes…

 

 
 
Imprimer - - par Chloé et Charline, étudiantes à la TAIS de l'IUT de Chalon-sur-Saône - 11 fév 2018





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