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jeudi 19 juillet 2018

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BANDES DESSINÉES... Plus de 550 articles (octobre 2017)

La BD est en force sur vivre-a-chalon.com

BD...

En partenariat avec des étudiants de l'IUT (Licence TAIS) et Michel BONNET cette rubrique s'intéresse  au "neuvième art" en général mais, et, c'est la raison d'être de notre média,  également aux acteurs chalonnais et aux initiatives locales dans le droit fil du projet "Chalon en bulles" dont Michel Bonnet fut l'initiateur et l'animateur il y a quelques années.

Avec son équipe il ira à votre rencontre... mais n'hésitez pas à faire le premier pas si vous partagez cette passion pour les bulles !

 

Des textes, des photos, des interviews audion des vidéos...
Bonne promenade !


 
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L'été c'est fait pour lire : Hommage à Frank Giroud...

L’été c’est fait pour lire et comment ne pas relire un album scénarisé par Frank Giroud au lendemain de l’annonce de son décès ? Alors, c’est vrai que ce géant de la bédé me laisse finalement un grand choix… Décalogue ? Quintett ? Louis la Guigne ? Azrayen ? Secrets ? Le vétéran ? Oui, presque toutes ses productions sont très bonnes et le choix était difficile… Alors, je me suis porté résolument sur cette série magnifique, « Quintett » !



Frank Giroud était l’un des scénaristes les plus prolixes de la bande dessinée moderne. Pensez donc, il fut le maître d’œuvre de tellement de chefs d’œuvre ! Il n’était donc pas étonnant de le voir arriver avec Quintett (non, ce n’est une faute d’orthographe, c’est un choix délibéré de l’auteur et il s’en expliquera lors de la série…) accompagné de cinq dessinateurs différents, un par album, pour nous vendre un scénario improbable ayant pour cadre la Guerre de 14-18 dans les Balkans... Devenu expert de ce concept – une histoire, plusieurs tomes, plusieurs dessinateurs – il montrait ainsi que le scénario est essentiel dans une bande dessinée et il répondait aux lecteurs qui ne voulaient plus attendre si longtemps entre chaque parution…

 

 

 


Le premier dessinateur est Cyril Bonin, l’artiste très original de la série Fog, sur un scénario de Seiter, une très belle série qui se déroule dans le Londres brumeux du début de vingtième siècle. Nous retrouverons ensuite Paul Gillon, Steve Cuzor, Jean-Charles Kraehn et Alessandrini… Ce n’est pas rien quand même !

La série Quintett est un récit basé sur un concept particulier assez original puisque peu de récits en bédé sont construits sur ce modèle. Les quatre premiers albums vont raconter une séquence de vie qui se déroule durant la Première Guerre mondiale. Chaque album donne le point de vue d’un personnage. Le premier donne celui de Dora Mars… Le dernier, le cinquième, éclairera l’ensemble du récit et lui donnera son sens… Mais, en attendant, je ne vous dirai que le strict minimum, ce qui devrait vous donner envie de plonger et consommer, sans modération, Quintett, la bédé qui rend dépendant…

Il faut dire, que chaque album exige une relecture du précédent et quand vous arrivez au dernier, il faut relire les quatre premiers. Dès le cinquième terminé, vous aurez envie, que dis-je, vous serez pris d’une irrésistible envie de relire l’ensemble de la série pour vérifier que le scénariste ne s’est pas pris, à un moment, les pieds dans le tapis. De ce côté-là, pas de risque, le scénario de Quintett est un des plus rigoureux que je connaisse. Il faut dire que prenant la même histoire, d’abord racontée à travers quatre personnages différents, mais aussi mis en images par quatre illustrateurs, eux aussi, différents, il fallait que le scénario de Frank Giroud soit des plus précis, des plus rigoureux, des plus méticuleux… Mission remplie, la série est presque parfaite ! Ah, on va encore me demander pourquoi « presque »… Alors, disons-le, je suis d’accord et j’assume, « parfait » !

L’histoire se déroule en 1916, dans le village de Pavlos, situé en Macédoine. Nous sommes en zone neutre. Là, un petit détachement français doit empêcher le combat prévisible entre les Grecs et les amis des Allemands, les Bulgares au premier chef.

Dora Mars, chanteuse de revue tombe amoureuse d’un pilote français en permission à Paris. Elle fait tout pour le revoir… Il est affecté à Pavlov, alors quand elle reçoit son mandat pour aller chanter devant les soldats français à Pavlov… elle croit s’embarquer pour le paradis ! Que trouvera-t-elle sur cette terre austère ? Armel son héros sera-t-il heureux de la retrouver ? Comment se comporteront les autres militaires devant cette chanteuse populaire ?

 

 


Très belle histoire qui pourrait se lire comme un tome unique tant le talent de Frank Giroud est de nous faire croire que tout a été dit, que tout est terminé et que le destin de Dora, Armel et les autres est définitivement scellé…

Le dessin de Cyril Bonin est très proche de celui développé dans la série Fog, pourtant, on sent son envie de se positionner dans une autre narration graphique. C’est d’autant plus estimable que les personnages sont appelés à revenir dans la suite des albums mais apprivoisés par les autres dessinateurs…

 


Un très bel album, une extraordinaire aventure, une lecture positive indiscutable, du très beau et bon travail… Bref, à lire sans aucune hésitation et vous mesurerez alors, pour ceux qui ne connaissez pas encore Frank Giroud, que nous venons de perdre un immense scénariste… et je n’ose même pas envisager le chagrin de sa compagne et de sa fille ! Ah, si nos pensées pouvaient vous soulager…

 

 

 

En attendant, puisque l’été c’est fait pour lire, lisons et continuons de faire vivre Frank Giroud dans nos cœurs…

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 15 juil 2018

L'été c'est fait pour lire : direction Cuba... ou pas !

L’été c’est fait pour lire et la bande dessinée fait bien partie des lectures possibles dès cet été… En effet, la bédé n’est pas ni une sous littérature ni une occupation pour enfant, c’est, tout simplement, un récit avec du texte et de l’image mêlés et cette narration hybride – c’en est bien une – peut aborder toute sorte de thèmes, de genres, de forme pour toucher parfois des publics spécifiques, dans d’autres cas le grand public, mot difficile à définir d’ailleurs, donc disons un plus large public… Cette fois-ci, Davy Mourier, nous propose un ouvrage accessible à tous ou presque avec comme thème principal, le voyage à Cuba pour les vacances… Même si votre attention sera bien retenue par ce titre « Davy Mourier VS Cuba »… VS ? Contre ? Contre Cuba ? Mystère et boule de gomme, hâtons-nous d’ouvrir cet ouvrage qui est tout, sauf un guide touristique !



J’aime beaucoup Davy Mourier, il ne s’agit pas d’une déclaration d’amour, plutôt d’un constat, un drôle de constat car rien au départ ne me poussait vers lui… Je ne suis pas geek, je ne l’ai pas suivi dans ses premières aventures de vidéaste – n’oublions pas qu’il fait bien partie des précurseurs des youtubeurs – et c’est par hasard que je suis tombé sur son travail en bande dessinée – la série La Petite Mort pour être précis – et que je l’ai rencontré pour la radio. Là, allez savoir ce qui peut bien se passer lors d’une rencontre, j’ai été séduit par la personne et je continue à le fréquenter régulièrement… Comme avec un ami j’ai l’impression de prolonger la première conversation comme si le temps n’existait plus… Oui, j’aime beaucoup cet auteur, ce touche à tout, ce créatif surprenant, cette personnalité touchante, cet homme attentif aux autres et ce bédéiste qui respecte toujours celui qu’il a en face de lui, même le plus obscur de ses lecteurs…


Là, dans un petit ouvrage très accessible, il se propose de vous raconter un voyage à Cuba. Sa mère qui n’a pas trop bougé durant sa vie – et il explique pourquoi dès le départ – veut aller visiter Cuba. Lui n’y tient pas du tout car ce fan des nouvelles technologies est finalement assez casanier… Mais peut-on refuser quelque chose à sa gentille maman ? Non, c’est donc décidé, il faut aller à Cuba…

Je vous passe tous les détails organisationnels, mais sachez que parfois la chance fait défaut aux voyageurs qui doivent subir sur place les affres de la météo et les difficultés du retour… Et je ne vous parle même pas de la pénurie de pâtes et de l’abondance de mayonnaise !


Oui, vous l’avez bien compris, ici, ce n’est pas un complément du guide du routard en encore moins le Guide bleu de Cuba. Davy Mourier prend du recul sur ce qui ne fut pas son séjour idéal dans un pays où il ne voulait pas aller de toute façon, et, au fur et à mesure des dessins, cases, des situations et des péripéties, on découvre encore plus la profondeur de cet homme, sa conception de la vie, la réalité de ses valeurs… Bref, Cuba fut une grande aventure !

Pour le lecteur, c’est aussi un éclat de rire, une parenthèse qui fait oublier tous les problèmes de la vie quotidienne car finalement, on a échappé à une vie à Cuba, une file d’attente devant une station d’essence, une langouste avariée, une chambre sans ventilation ni climatisation et, surtout, une coupure intempestive de la Wifi !

Bien sûr, l’ouvrage de Davy Mourier ne prétend pas donner la vérité sur Cuba et son organisation politique, non, il s’agit juste d’un regard décalé sur un voyage bien réel dont Davy Mourier – et c’est bien là l’information essentielle – est revenu indemne ! Et dire que l’on aurait pu le perdre… enfin, l’oublier à l’aéroport ! Alors, amis qui allez voyager, qui allez prendre l’avion, qui allez subir des météos peu clémentes et qui vous apprêtez à découvrir des pays lointains, n’hésitez pas à glisser dans vos bagages ce magnifique petit opus, Davy Mourier VS Cuba… Et, comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture et bon voyage !

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 7 juil 2018

L'été c'est fait pour lire : Florida mais pas pour les vacances !

L’été c’est fait pour lire et prendre la direction de la Floride semble au départ une belle idée estivale… Les vacances en quelque sorte dans un des plus beaux pays du monde…

 

Sauf que nous sommes au seizième siècle et qu’il ne s’agit pas du tout de vacances mais de conquête, de colonisation, de guerre… D’accord, mais comme il s’agit d’une bande dessinée, on peut quand même affirmer qu’il s’agit d’une lecture facile et compatible avec le repos ! Quoi que cela reste à prouver, finalement, car « Florida » de Jean Dytar n’est pas une bande dessinée de gare, n’est pas un livre facile et ce n’est certainement pas un album pour enfant. Je serais tenté de vous dire que nous sommes là en présence d’une magnifique bande dessinée intelligente et de qualité pour adulte !

Cet ouvrage va nous raconter l’histoire de ce que fut la Floride française ou plus exactement ce qu’elle aurait pu être si… Oui, avec des si on met Paris en bouteille mais avec de tels albums tout devient possible y compris expliquer ce que nous ne savons pas, répondre aux questions qu’on ne se pose pas et imaginer l’avenir du passé sans aucun problème…

Dans cette magnifique histoire, il y a du réel, du romancé, du politique, du fantasmé, du géographique, du féminin, de l’historique, du culturel, du religieux, de l’humain, surtout du profondément humain ! Je ne vais ni vous raconter cette histoire, ni passer en revue tous les éléments du scénario, seulement parler de ce qui m’a touché et ce sera déjà beaucoup !

Tout d’abord, on y parle d’une période capitale pour l’Europe, les Guerres de religion. Ces guerres, on le sait bien maintenant, ont d’abord été des guerres politiques et de pouvoir. Il n’y a aucun doute sur ce point… Mais ceux qui ont vécu ces terribles périodes l’ont fait avec leurs certitudes, leur foi, leurs connaissances, leur spiritualité… On comprend ce que furent certains déchirements, certaines tensions, y compris au sein des royaumes, des villages, des familles…

Il y a la position de la femme et les espérances qu’elle peut avoir pour se réaliser, pour aller au bout de ses compétences… Eléonore incarnera cette femme qui est loin d’être sotte, qui est cultivée, qui est compétente, qui est cartographe… enfin, dans les faits, c’est une certitude. Mais peut-on laisser une femme voyager comme géographe dans une expédition ?

Il y a aussi ce mécanisme de la découverte des autres, de ceux qui ne sont pas de la même couleur, qui ont des langues différentes, des religions mystérieuses… et qu’il faut « mettre au service » de celui qui devient l’occupant, le colonisateur… le méchant ! Dans cette bande dessinée, il y a indiscutablement une « discussion » autour de la colonisation, de ce que l’humain, voit, ce qu’il fait, ce qu’il tolère, ce qu’il accepte, ce qu’il défend… D’ailleurs, quand on revient d’une telle expédition, on n’est plus le même et Jacques sait de quoi il s’agit, lui qui ne s’est jamais remis de son voyage en Florida !


Il y a aussi et ce n’est pas négligeable, la vie d’un couple avec ses enfants, Eléonore et Jacques… On partage, on se dit, on souffre, on se relève, on survit, on éduque… ensemble même quand c’est difficile !

Il y a encore le talent de Jean Dytar, son écriture, son dessin, sa façon de construire son histoire, sa narration graphique tout en finesse et pétrie d’humanité…

Tout cela pour dire, sans trop vous en dévoiler le contenu, que Florida est une grande bande dessinée qu’il faudra avoir lue car il y aura désormais ceux qui l’ont lue et ceux qui ne l’auront pas fait ! Alors, comme l’été c’est fait pour lire, il est peut-être temps de lire Florida, de l’offrir, la faire lire…

Donc très bonne lecture et à demain !

 
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 6 juil 2018

L'été c'est fait pour lire : Florida mais pas pour les vacances !.

L’été c’est fait pour lire et prendre la direction de la Floride semble au départ une belle idée estivale… Les vacances en quelque sorte dans un des plus beaux pays du monde… Sauf que nous sommes au seizième siècle et qu’il ne s’agit pas du tout de vacances mais de conquête, de colonisation, de guerre… D’accord, mais comme il s’agit d’une bande dessinée, on peut quand même affirmer qu’il s’agit d’une lecture facile et compatible avec le repos ! Quoi que cela reste à prouver, finalement, car « Florida » de Jean Dytar n’est pas une bande dessinée de gare, n’est pas un livre facile et ce n’est certainement pas un album pour enfant. Je serais tenté de vous dire que nous sommes là en présence d’une magnifique bande dessinée intelligente et de qualité pour adulte !

 


Cet ouvrage va nous raconter l’histoire de ce que fut la Floride française ou plus exactement ce qu’elle aurait pu être si… Oui, avec des si on met Paris en bouteille mais avec de tels albums tout devient possible y compris expliquer ce que nous ne savons pas, répondre aux questions qu’on ne se pose pas et imaginer l’avenir du passé sans aucun problème…

Dans cette magnifique histoire, il y a du réel, du romancé, du politique, du fantasmé, du géographique, du féminin, de l’historique, du culturel, du religieux, de l’humain, surtout du profondément humain ! Je ne vais ni vous raconter cette histoire, ni passer en revue tous les éléments du scénario, seulement parler de ce qui m’a touché et ce sera déjà beaucoup !

Tout d’abord, on y parle d’une période capitale pour l’Europe, les Guerres de religion. Ces guerres, on le sait bien maintenant, ont d’abord été des guerres politiques et de pouvoir. Il n’y a aucun doute sur ce point… Mais ceux qui ont vécu ces terribles périodes l’ont fait avec leurs certitudes, leur foi, leurs connaissances, leur spiritualité… On comprend ce que furent certains déchirements, certaines tensions, y compris au sein des royaumes, des villages, des familles…

Il y a la position de la femme et les espérances qu’elle peut avoir pour se réaliser, pour aller au bout de ses compétences… Eléonore incarnera cette femme qui est loin d’être sotte, qui est cultivée, qui est compétente, qui est cartographe… enfin, dans les faits, c’est une certitude. Mais peut-on laisser une femme voyager comme géographe dans une expédition ?

Il y a aussi ce mécanisme de la découverte des autres, de ceux qui ne sont pas de la même couleur, qui ont des langues différentes, des religions mystérieuses… et qu’il faut « mettre au service » de celui qui devient l’occupant, le colonisateur… le méchant ! Dans cette bande dessinée, il y a indiscutablement une « discussion » autour de la colonisation, de ce que l’humain, voit, ce qu’il fait, ce qu’il tolère, ce qu’il accepte, ce qu’il défend… D’ailleurs, quand on revient d’une telle expédition, on n’est plus le même et Jacques sait de quoi il s’agit, lui qui ne s’est jamais remis de son voyage en Florida !

Il y a aussi et ce n’est pas négligeable, la vie d’un couple avec ses enfants, Eléonore et Jacques… On partage, on se dit, on souffre, on se relève, on survit, on éduque… ensemble même quand c’est difficile !

Il y a encore le talent de Jean Dytar, son écriture, son dessin, sa façon de construire son histoire, sa narration graphique tout en finesse et pétrie d’humanité…

Tout cela pour dire, sans trop vous en dévoiler le contenu, que Florida est une grande bande dessinée qu’il faudra avoir lue car il y aura désormais ceux qui l’ont lue et ceux qui ne l’auront pas fait ! Alors, comme l’été c’est fait pour lire, il est peut-être temps de lire Florida, de l’offrir, la faire lire…

Donc très bonne lecture et à demain !
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 30 juin 2018

Décès de William Vance

William Vance (véritable nom Van Cutsem) nous a quittés lundi 14 mai 2018. C’est pour moi un grand dessinateur de la bande dessinée qui s’en va et cela me rend malheureux. Il avait 82 ans et avait annoncé depuis quelques années souffrir de la maladie de Parkinson…


Je l’avais découvert avec la série Bruno Brazil, puis suivi avec assiduité dans la série Bob Morane sans oublier sa plus brillante création en compagnie de Jean Van Hamme, XIII…

Son épouse est Petra est coloriste de bandes dessinées et a d’ailleurs colorisé un certain nombre d’albums de son mari… Elle est aussi la sœur de Coria qui a repris la série Bob Morane après Vance et ce durant plusieurs années…

Je pense qu’il est grand temps de relire quelques albums de ce grand dessinateur qui, pour moi, n’a pas été assez reconnu pour son talent propre ! Merci Vance pour ce que tu nous laisses…

 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 15 mai 2018

BD : Un ouvrage à ouvrir de toute urgence !!! Humains, la Roya est un fleuve !

Oui, je sais bien que pour beaucoup de Français la question des migrants est une question simple : y a qu’à, il suffit de, on devrait, pourquoi ce manque de fermeté, c’est la faute de l’Europe… Et une fois que cela est dit, on a bonne conscience et on fait cuire son diner…



Je sais bien que c’est trop facile de critiquer ces positionnements simplistes avec des mots. Je sais bien que je ne vais rien changer avec ma chronique et que des milliers de migrants vont continuer à souffrir, être rejetés, exploités, parqués, reflués et rejetés à la mer, renvoyés chez eux et, pour certains, la mort surviendra durant cette grande migration ou en rentrant chez eux… Et nous ne voulons pas le voir ! Et c’est là, la première force et richesse de l’ouvrage de Baudoin et Troubs, « Humains, la Roya est un fleuve » : ce livre montre et permet de voir ceux que l’on appelle les migrants. Ici, ils sont d’abord Bashar, Mohamed, Adam Sidik… Ce sont des humains, de simples humains qui entrent chez vous et se posent…

Ce livre n’est pas un livre d’intellectuels ou de politiques qui voudraient nous faire comprendre, nous convaincre, nous motiver, nous pousser à… Non, juste nous montrer les visages de ces êtres humains qui tentent d’échapper à la violence, à la dictature, à la guerre, à l’injustice, à la misère, au climat défavorable… Ces êtres humains ont souvent un rêve, une envie, une espérance… Retrouver le bonheur quelque part sur cette planète…


Les auteurs sont allés sur place, dans cette vallée dont on parle beaucoup depuis quelques années, celle de la Roya… Un petit fleuve côtier qui naît en France et va jusqu’à Vintimille… Un passage entre la France et l’Italie… Oui, ces migrants cherchent à poursuivre leur voyage, leur errance et, pour cela, doivent passer la frontière entre la France et l’Italie…


En arrivant dans cette vallée, les auteurs découvrent d’autres être humains… Ils se nomment Cédric, Isabelle, Alex, Enzo, Jacques… Ils n’ont pas tous les mêmes motivations, ni le même âge, ils viennent d’un peu partout et se comportent juste en humains… Ils aident des humains qui souffrent… Parfois c’est un repas chaud, dans d’autres cas c’est une escale de deux ou trois jours, ou une aide pour remplir des dossiers administratifs, enfin, c’est aussi un accueil définitif pour aider ceux qui viennent encore…


Les auteurs ne recherchent pas des arguments, ne cherchent pas à nous attendrir ou nous émouvoir, ils nous montrent des femmes et ces hommes qui se rencontrent dans cette vallée. Ils les dessinent pour que l’on ne les oublie pas, qu’ils survivent quoi qu’il arrive… Certains témoignent un peu, se racontent, évoquent… Dans tous les cas, ils sont bien là, ensemble… Fabienne, Alkmir, Chamberlain, Sandra, Pascal, Ludovic, Michel…

Cet album de bande dessinée est un récit pas une fiction, un témoignage pas de l’esthétique, une mémoire vivante pas un souvenir figé… Ceux qui aident ces migrants sont venus du monde entier, chacun donne ce qu’il peut, certains venus quelques jours n’arrivent pas à repartir et restent beaucoup plus longtemps…


Ce travail de Baudoin et Troubs est magnifiquement et profondément humain aussi. Pour faire parler les humains en errance, ils proposent un échange simple : quelques mots contre un dessin… Et cela fonctionne, certaines langues se délient, on mesure certaines souffrances, on perçoit les désirs les plus profonds, on a envie de tendre la main, nous aussi… Après tout, nous sommes humains aussi, non ?

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 3 mai 2018





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