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mardi 21 août 2018

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BANDES DESSINÉES... Plus de 550 articles (octobre 2017)

La BD est en force sur vivre-a-chalon.com

BD...

En partenariat avec des étudiants de l'IUT (Licence TAIS) et Michel BONNET cette rubrique s'intéresse  au "neuvième art" en général mais, et, c'est la raison d'être de notre média,  également aux acteurs chalonnais et aux initiatives locales dans le droit fil du projet "Chalon en bulles" dont Michel Bonnet fut l'initiateur et l'animateur il y a quelques années.

Avec son équipe il ira à votre rencontre... mais n'hésitez pas à faire le premier pas si vous partagez cette passion pour les bulles !

 

Des textes, des photos, des interviews audion des vidéos...
Bonne promenade !


 
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L'été c'est fait pour lire et relire Bonjour tristesse !

L’été c’est fait pour lire et j’aime revisiter certains classiques car finalement le livre n’est pas né au vingt-et-unième siècle, la littérature française a quelques siècles d’expérience et il serait bien regrettable de ne pas en profiter… Seulement, aujourd’hui, nous allons poser notre regard sur un classique bien particulier, « Bonjour tristesse » de Française Sagan, et nous allons le faire en bande dessinée avec la proposition d’un certain Frédéric Rébéna…

 

 

Pourquoi un tel défi ? Tout d’abord parce que cette bande dessinée vient de sortir en avril dernier et que le roman de Sagan, quand il est sorti en 1954, a déclenché une vive polémique. Certains l’ont adoré et d’autres y ont vu un signe du « dévergondage de l'adolescence féminine, plaie d'une époque où les plaies ne se comptent plus ». François Mauriac, excédé par le succès rencontré par Françoise Sagan, ce « charmant petit monstre de dix-huit ans », tentait là dans le Figaro de rétablir la vérité sur un texte très moyen… Alors, texte génial ou texte banal, pièce littéraire ou coup marketing, je ne vais pas trancher mais dire simplement que depuis quelques années, je n’ai pas rencontré d’étudiants qui avaient lu ce roman… Soixante quatre ans après sa sortie, soixante ans après son adaptation au cinéma, cette histoire vaut-elle le coup d’être mise en images ?

 

 

Pour ceux qui ne connaissent pas ce roman, je pense que vous êtes plusieurs dans cette situation, tentons de donner quelques éléments sans vous offrir toutes les clefs et sans détruire le suspense car il y en a un peu quand même… Un père veuf, Raymond, et sa jeune fille de dix-sept ans, Cécile, passent leurs vacances sur la Côte d’Azur. Ils ont bien l’intention de passer de bonnes vacances insouciantes et orientées sur le plaisir et la fête… Cécile qui a quand même échoué à son bac doit réviser…

 

Deux femmes et un homme vont venir tenter de perturber la situation : Elsa la jeune maitresse du père, Anne, la femme mure qui aime le père et Cyril, un étudiant qui tombe amoureux de Cécile… Seulement dans cette affaire – si on peut parler ainsi – les ficelles seront tirées par la plus jeune… D’où le scandale quand le livre sortira, scandale qui assurera à l’autrice un tirage exceptionnel, une certaine richesse et renommée, un début de carrière tonitruant dans le monde des lettres…

 

Mais, passons-en, s’il vous le voulez bien, à l’adaptation en bande dessinée. Comme ce roman est devenu pour certains un roman culte, comme chacun y a mis ses images, comme il a déjà été utilisé au cinéma et à la télévision, il fallait que Frédéric Rébéna soit inconscient ou au contraire amoureux du roman, pour oser toucher à « Bonjour tristesse » !

 

Personnellement, j’oublie très rapidement l’inconscience car le travail est si délicat, si respectueux mais personnel et si fort en émotion que je pencherais plutôt pour un bédéiste qui serait tombé sur un roman qui aurait fait naître des images, des personnages, des situations tels que le roman trouverait là une nouvelle vie, une nouvelle dynamique, une sorte de jeunesse renouvelée et peut-être même une sorte d’épanouissement imprévisible… La bédé ne remplace pas le roman, elle ne l’étouffe pas et les deux deviennent à la fois différents et inséparables… Que du bonheur pour le lecteur !

 

Je vous imagine préparant votre valise de vacances puisque l’été c’est fait pour lire, vous y glissez le roman de Françoise Sagan et la bédé de Frédéric Rébéna… et c’est ainsi que vous transformerez « Bonjour tristesse » en votre roman de l’été…

 

En attendant, bonne lecture et à demain !   

Imprimer - - par Bonnet Michel - 18 août 2018

L'été c'est fait pour lire aussi des mangas...

L’été c’est fait pour lire mais certains chuchotent dans mon dos que je ne lirais jamais de mangas… La preuve ? Je n’en parle jamais ! Alors, rectifions… Je ne suis pas un gros lecteur de mangas, c’est vrai mais j’en lis quand même quelques-uns et certains auteurs, je devrais dire mangakas, sont régulièrement à l’honneur dans mes chroniques ou émissions. Par exemple, récemment, dans une émission sur le concombre, j’ai fait une allusion au Sommet des dieux de Taniguchi. Mais puisque je vous sens en attente, parlons aujourd’hui du grand maître du manga, Osamu Tezuka. C’est d’autant plus l’occasion qu’il est né il y a 90 ans, du moins si je sais bien compter…

 

 

 

Durant de longues années, on me parlait d’Osamu Tezuka et on me le présentait comme d’un des meilleurs auteurs de mangas. Mais j’hésitais, je prenais mon temps, je cherchais par lequel j’allais commencer, je me refusais à croire trop vite mes amis qui le vantaient sans cesse…
Veuillez Dom et Maud accepter mes excuses ! Oui, vous aviez bien raison, il fallait lire Osamu Tezuka et je vous propose, maintenant, de le découvrir à travers cette série « Ayako » car après tout, il faut bien commencer par quelque chose… Il ne sera pas dit que je ne parle jamais de mangas durant l’été… Non, mais…


Commencer par Ayako n’est pas idiot car très rapidement vous allez comprendre le monde d’Osamu Tezuka. Il commence dans la bande dessinée japonaise en 1946. Le Japon d’après guerre. Je vous rappelle que cette Nation s’est retrouvée dans le camp des vaincus et que les Japonais vécurent très mal l’occupation de leurs îles par les Américains. Mais c’est justement la toile de fond de cette histoire, Ayako.


Le 13 janvier 1949, Jiro Tengé rentre au pays après avoir été prisonnier. Remarquez que c’est déjà un problème, il eut mieux valu qu’il soit mort car un prisonnier est un homme qui ne s’est pas battu jusqu’à la mort pour son pays. Jiro apporte donc avec lui un peu de déshonneur pour sa famille…

 

Mais, en fait, il va plus loin dans la honte, car il a accepté de trahir ses compatriotes en camp pour survivre et le voilà espion à la solde des Américains…


Mais sa famille n’est pas non plus parfaitement blanche et pure… Mais il ne faut pas que je vous en dise trop… Disons que le père est un sacré coucheur, c’est le moins que l’on puisse dire, que le fils aîné est très intéressé, enfin à ce point ce n’est plus de l’intérêt c’est obsessionnel… Quant à Ayako, sa petite sœur qui est née pendant la guerre, quand il n’était pas là… il se demande bien qui en est le père ? La mère ? Et elle va avoir une vie bizarre cette petite Ayako !


Mais, très vite l’histoire bascule dans une chronique glauque du Japon d’après guerre : occupation américaine, réforme agraire, loi du clan familial… Le tout avec une bonne histoire policière et vous allez passer un bon moment de lecture…


Voilà pour le cadre général de l’histoire. Pour le graphisme – Osamu Tezuka fait tout dans ce récit, dessins et texte – il est assez simple. Ce n’est pas aussi épuré que la ligne claire de Hergé mais on comprend assez facilement pourquoi il fut surnommé parfois le Hergé japonais. Tout le dessin sert le récit et on y trouve que ce dont on a besoin, pas de dorure, pas de bonus inutile, le manga est un art narratif et Osamu Tezuka ne se laisse distraire par rien… Du coup, malgré un sens de lecture japonais, incontournable pour les mangas, le lecteur plonge très rapidement dans l’histoire et après quelques pages oublie complètement le sens de lecture et ses particularités…


Osamu Tezuka est mort en 1989. C’est un grand des mangas et il faut prendre le temps de le découvrir. La série Ayako a été publiée par les éditions Delcourt qui en ont proposé une intégrale en 2011 et elle sera rééditée à l’occasion des 90 ans de la naissance d’Osamu Tezuka… Donc, comme l’été c’est fait pour lire, vous voyez ce qu’il vous reste à faire…

 

Bonne lecture et à demain !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 14 août 2018

L'été c'est fait pour lire et relire Spirou et Fantasio...

L’été c’est fait pour lire et, peut-être, cette année avez-vous choisi d’aller découvrir le nouveau parc d’animation Spirou qui a été inauguré dans le sud de la France, du côté d’Avignon. Bon, je vais oublier quelques instants ce parc que je ne connais pas pour me focaliser plus sur Spirou car, figurez-vous que ce personnage de bédé fête tous simplement ses 80 ans d’existence, d’aventures et de plaisir partagé avec les jeunes lecteurs…

 

 

Contrairement à beaucoup d’entre vous, je ne suis pas de la génération Spirou [j’entends là du magazine qui paraissait dans les temps héroïques de mon enfance, quand je lisais le Journal Tintin et Pilote]. Je croyais même que le personnage de Spirou était un héros belge… Ah ! Vous ne saviez pas que c’était un Français qui l’avait créé, un certain Rob-Vel, de son véritable nom Robert Velter. C’était le 21 avril 1938, à la veille de la guerre qui allait ravager l’Europe puis le monde… Cet auteur, atypique qui avait commencé dans l’hôtellerie avant d’enchaîner sur la marine pendant quelques années, avait la passion du dessin depuis son plus jeune âge. C’est après quelques petits essais que sa femme qui signe Davine lui offre le scénario de la première histoire de Spirou, parution dans le journal éponyme qui vient de démarrer [En fait, le nom avait été choisi pour le magazine par Emile-André Robert un ami de la famille Dupuis. Spirou est un mot wallon qui signifie écureuil, ou par extension espiègle].

 


 

C’est la guerre qui empêche Davine et Rob-Vel de prolonger les aventures de Spirou qui sont alors reprises par le grand Jijé qui est le créateur de Fantasio. La série Spirou sera alors poursuivie, à partir de 1946, par un jeune dessinateur inconnu, un certain André Franquin… Avec quelques jeunes artistes, il fréquente les studios CBA… Il y avait là Morris, Peyo, Eddy Pape…
Franquin va réellement donner vie à Spirou, va en faire une grande série, va y apporter son génie, son délire, en y plantant un animal extraordinaire, le plus étonnant de la bédé, le Marsupilami !!!
C’est cette période de Spirou dessiné et scénarisé par Franquin que les éditions Dupuis ont voulu mettre à l’honneur dans leur collection des Intégrales. Le premier volume englobera les années1946 à 1950, avec 14 histoires. Certaines de ces pages avaient été publiées dans des albums comme L’héritage ou Radar le Robot.


Bien sûr, le graphisme n’est pas encore aussi fluide que dans les aventures avec un certain Zorglub… Franquin pensait que c’était des péchés de jeunesse, son éditeur pense qu’il fallait (re)faire lire ces planches aux jeunes amateurs de Spirou et du Petit Spirou ! Moi, je suis tenté de voir les choses autrement. En effet, comme je n’étais pas très Spirou, c’est la meilleure façon de découvrir l’œuvre, de la prendre par le départ, de voir les personnages se mettre en place, construire leurs relations… Bref, c’est la meilleure des initiations, attaquer l’œuvre à sa genèse ! C’est à partir de l’histoire Les plans du robot que je commence à adhérer et que je me dis que je n’ai pas eu la chance de lire le journal Spirou dans mon enfance… Pour un peu, j’en voudrais à mes parents s’ils ne m’avaient pas offert Pilote dès sa parution, ou presque…


Contrairement à ce que je disais au départ, ces histoires initiales de Spirou fonctionnent encore assez bien avec des jeunes lecteurs… Mais elles sont aussi indispensables aux adultes qui ont eu leur jeunesse bercée par les histoires de Franquin, Gaston comme Spirou, et qui n’ont pas gardé leurs collections complètes…


C’est aussi une belle promenade dans l’histoire de la bande dessinée, car, franchement, Spirou a marqué tant de générations qu’il est impossible de l’oublier et comme l’été c’est fait pour lire pourquoi ne pas s’atteler à la lecture intégrale de la vie de ce héros de 80 ans (actuellement 16 tomes de sortis avec tous les albums qui ont suivi ceux de Franquin jusqu’en 1999 !

 

 

On peut signaler aussi, moins volumineux, un numéro spécial de Télé 7 jours consacré à Spirou et Fantasio…

 

Donc, bonne lecture et à demain !

 
 
 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 11 août 2018

L'été c'est fait pour lire et retourner en enfance avec Donald

L’été c’est fait pour lire et j’avoue que c’est parfois l’occasion de replonger dans de vieilles lectures même si on peut croiser l’originalité et la modernité dans ce classicisme d’antan… Par exemple, quand j’étais jeune, je ne lisais pas le Journal de Mickey à la maison. Il fallait que je trouve un autre lieu, donc des copains chez qui le magazine arrivait… C’est ainsi que je découvrais Donald, Picsou et Mickey, Pim Pam Poum et Zorro… Dans toutes ces histoires, je ne vous cacherai rien, c’est bien Zorro qui me fascinait le plus d’autant plus que tous les quinze jours j’avais la chance de pouvoir regarder le feuilleton chez une voisine, la seule du quartier qui avait la télévision et qui recevait les quatre ou cinq enfants voisins… A peu près trente minutes de télévision… Le rêve !

 

Plus tard, je prenais plaisir à lire les aventures de Picsou dans des recueils qui étaient vendu à prix réduits ce qui laissait maman se faire amadouer par certains de ses enfants… En fait, j’étais très peu Mickey en lui-même et quand les éditions Glénat ont pu confier le personnage de Mickey à des auteurs de bandes dessinées franco-belges, j’ai presque lu là mes premiers Mickey entiers ! Mais je ne savais pas que Mickey ne serait pas le seul personnage de Walt Disney à venir faire un tour dans notre bonne bande dessinée… Donald et Picsou arrivaient… Il suffisait d’attendre un peu, d’être patient !

 

C’est donc avec beaucoup de plaisir que j’ai ouvert et lu « Donald’s happiest adventures, A la recherche du bonheur » ! L’ouvrage est signé Lewis Trondheim et Kéramidas, les deux auteurs qui m’avaient enchanté avec leur « Mickey’s craziest adventures ». Cette fois-ci j’allais pouvoir retrouver Donald et Picsou, que du bonheur en perspective, avant même de me mettre à sa recherche…

 

Ce qui est très agréable avec cet album de bédé, c’est que l’on retrouve les personnages clefs de la série classique, entre autre les trois neveux charmants mais quelque peu turbulents, Picsou et ses missions à remplir d’urgence pour l’enrichir un peu, le cousin Gontran et sa chance incroyable, la Grand-mère, Gus… sans oublier le professeur Donald Dingue !

 

Ce n’est pas tout d’avoir réussi à les réunir dans une même histoire, fallait-il réussir à faire de cette histoire un roc, une péninsule, une digue capable d’affronter les lecteurs les plus exigeants, ceux qui s’appuyaient sur leur mémoire de lecteur… Avec leur premier album consacré à Mickey les auteurs avaient réussi et, là, avec Donald, cela va au-delà des espérances… Magnifique !

 

D’ailleurs, qu’on ne s’y trompe pas, c’est d’abord une bonne histoire de Donald. Ses neveux lui ont semé le bazar à la maison, dans sa cuisine en particulier et Picsou a dérangé sa sieste… Du grand classique ! La mission reçue est irréalisable mais au moins cela va occuper Donald…

 

Et là, l’air de rien, les auteurs entrainent le lecteur dans une quête philosophique… Oui, j’ai bien dit philosophique ! On oublie les pièces d’or de Picsou, la turbulence des neveux, la paresse et l’insouciance de Donald, et on part pour la grande quête absolue, « Qu’est-ce que le bonheur, comment le trouver et le garder ? ». Oui, rien que cela !

 

Je ne vais pas vous raconter toutes les péripéties affrontées par notre ami Donald, mais, ce qui est certain, c’est que j’ai adoré et que tout se termine dans un bon fauteuil, avec un bon livre… Et comme l’été c’est fait pour lire, je ne peux que vous conseiller de plonger dans votre enfance avec ce très bon album des aventures inédites et surprenantes de Donald !

 

Bonne lecture et à demain !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 4 août 2018

Exposition à Paris sur Peyo et ses petites créatures bleues...

Voilà une information précise qui pourrait concerner quelques parents et grands-parents… et même beaucoup plus !

 

Durant, tout le mois d’août, à Paris, le Centre Wallonie-Bruxelles reste ouvert avec une exposition de qualité sur le bédéiste complet Peyo… Peyo, cela ne vous rappelle rien… Cherchez un peu dans votre mémoire… Non, vraiment rien… Oh, comme c’est décevant…

 

En même temps, reconnaissons que Peyo a engendré une créature beaucoup plus médiatique que lui, le « Schtroumpf » !

 

L’exposition est consacrée à l’auteur et non la créature, on y trouve de nombreuses planches originales et du coup avouons que les plus petits – moins de 8 ans – ne s’y retrouveront pas trop… Par contre, quel bonheur pour les autres ! Pour les enfants, il existe un petit questionnaire très simple…

 

Je vous conseille, tout particulièrement, de prendre le temps de regarder le film entier sur la vie de Peyo car il est passionnant !

 

Je disais que le questionnaire était simple, je voulais dire quand on a visité l’exposition… Quelques questions pour vous aider à mesurer le gouffre qui vous sépare du savoir :

 

-       Pourquoi les Schtroumpfs sont-ils bleus ?

-       Quel âge ont les Schtroumpfs ?

-       Pourquoi « Schtroumpfs » ?

 

Bon, OK, je crois qu’il va falloir y aller… C’est jusqu’au 28 octobre à Paris !

 
 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 1 août 2018

L'été c'est fait pour lire : Bécassine est-elle ma cousine ?

L’été c’est fait pour lire et j’aime bien me replonger dans des livres anciens, même quand il s’agit de livres pour la jeunesse ou d’albums illustrés. C’est une façon de lire ce que nos parents, parfois grands parents, lisaient à leur époque… Pour moi, c’est aussi une façon de bien mesurer l’évolution de ces histoires, des graphismes, des narrations graphiques… De mieux percevoir l’évolution de la bande dessinée de sa création à aujourd’hui !

 

Par exemple, dans les précurseurs de la ligne claire – pour simplifier, disons la façon qu’avait Hergé de raconter les aventures de son ami Tintin, - on trouve un certain Joseph Pinchon (1871-1953). Cet artiste, en 1905, crée le personnage de Bécassine en mettant en image des gags de Jacqueline Rivière, rédactrice en chef du magazine La semaine de Suzette ! A partir de 1913, c’est Maurice Languereau, dit Caumery, qui assurera les scenarii de cette série mythique qui a enchanté – ou pas – nos ascendants… Cette Bécassine est probablement bien la cousine de la bédé...

 

Au départ, Bécassine n’était pas bretonne, c’est lorsque Caumery prend le scénario en main que Bécassine devient bretonne, une héroïne finistérienne du nom d’Annaïk Labornez. Mais que faut-il penser réellement de cette chère Bécassine ? Doit-on y voir la façon péjorative des parisiens vis-à-vis du « petit peuple breton » ? Certains l’ont dit abondement mais je voudrais que les choses évoluent…

 

Pour cette chronique, j’ai relu plusieurs histoires de Bécassine dont Bécassine aux bains de mer, album qui semble bien d’actualité. Tout d’abord, Bécassine est effectivement une jeune femme que l’on décrit avec des stéréotypes de l’époque. A ce titre, au premier abord, ce n’est pas très sympathique pour les femmes, pour le personnel de maison et pour les Bretons. On peut ajouter aussi pour les pauvres, les étrangers, les autochtones des colonies… Mais, si on prend le temps de lire l’album en entier – les textes sont beaucoup plus longs que dans les bédés contemporaines – il faut reconnaitre que l’on peut voir évoluer son jugement…

 

Oui, Bécassine est assez naïve mais elle se pose de très nombreuses questions et parfois elle fait même preuve de sagesse dans ses mesures éducatives vis-à-vis de la petite Loulotte. Même si elle est gaffeuse et qu’elle commet de très nombreuses bêtises, il n’en demeure pas moins qu’elle voyage seule en train, que c’est elle qui doit réserver l’hôtel pour le reste de la famille et qu’elle doit visiter les logements qui pourraient être loués par la suite. Elle ne décide pas tout mais prépare et aide. On est en 1932, les gens ayant voyagé de Paris à la Normandie ne sont pas encore si nombreux que cela. On la voit qui essaie de faire une soustraction et on mesure bien que le calcul mental n’est pas son point fort, mais elle sait quand même poser une soustraction… Peut-être même encore plus étonnant, elle sait nager ! Quand on pense aux Bretons qui ne savaient pas nager à cette époque, on peut se dire qu’elle n’est quand même pas si stupide et arriérée que cela…

 

Attention, je ne suis pas en train de dire que Bécassine soit un modèle de femme épanouie et qu’elle devrait servi de modèle éducatif aujourd’hui ! Bien sûr, je veux simplement attirer votre attention que trop rapidement on a condamné cette Bécassine – et ses auteurs – en oubliant de remettre cette histoire dans son contexte. Pour l’histoire de la bédé, c’est une étape capitale, pour celle de la femme c’est aussi une façon de montrer les années trente et, enfin, pour mesurer l’état de perception de la province par Paris, c’est assez éclairant…

 

Alors, puisque l’été c’est fait pour lire, pourquoi ne pas prendre le temps de lire ou relire l’un de ces albums des aventures de Bécassine, comme Bécassine aux bains de mer ?

 
 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 28 juil 2018





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