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jeudi 21 septembre 2017

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BANDES DESSINÉES...

La BD est en force sur vivre-a-chalon.com

BD...

En partenariat avec des étudiants de l'IUT (Licence TAIS) et Michel BONNET cette rubrique s'intéresse  au "neuvième art" en général mais, et, c'est la raison d'être de notre média,  également aux acteurs chalonnais et aux initiatives locales dans le droit fil du projet "Chalon en bulles" dont Michel Bonnet fut l'initiateur et l'animateur il y a quelques années.

Avec son équipe il ira à votre rencontre... mais n'hésitez pas à faire le premier pas si vous partagez cette passion pour les bulles !

 

Des textes, des photos, des interviews audion des vidéos...
Bonne promenade !

 

 

 

 

Rentrée BD 2017 : Député

J’ai déjà expliqué longuement et en variant mes exemples à l’infini ou presque que la bande dessinée avait beaucoup évolué et qu’elle arrivait à une sorte de maturité. Elle pouvait maintenant aborder tous les sujets, des plus graves aux plus légers, par exemple de l’énergie nucléaire et ses risques aux découvertes de la sexualité par la jeune Heidi, des risques pour la planète du réchauffement climatique à la troisième mi-temps des joueurs de rugby des petits clubs de villages… Oui, la bande dessinée peut être documentaire, mémoires, fiction, journal, gag, policier, apprentissage… et vous pouvez continuer cette liste sans aucun souci car tout semble possible même si tout n’a pas encore été exploré !

 

Avec l’album étonnant Député, la noble assemblée, les auteurs, Xavier Cucuel et Al Coutelis, nous proposent une histoire politique, citoyenne et profondément humaine. Ce qui rend cette bande dessinée d’une grande actualité c’est qu’elle a été écrite avant 2015 et qu’elle sort en 2017. Or, en 2015, il n’était pas très important de parler d’un député qui découvre le palais Bourbon et tout son fonctionnement. Certes, il y avait bien régulièrement un nouvel arrivant mais jamais une masse de nouveaux arrivants… Or, en 2017, le renouvellement des députés est tel – 424 nouveaux députés – que les découvertes du héros de cette histoire, Jean-René Galopin, deviennent pertinentes pour tous et expliquent même quelques petites histoires entendues ici ou là depuis quelques mois… Oui, les auteurs de bandes dessinées peuvent parfois être en avance sur leur temps !

 

Sans vouloir tout raconter, disons que cette bande dessinée peut avoir quatre niveaux de lecture, chaque axe pouvant presque à lui seul justifier de la lecture de l’album. Il y a tout d’abord, indiscutablement, une visite guidée les lieux et une explication des fonctionnements de l’Assemblée, de l’accueil le premier jour jusqu’aux éléments les plus cocasses sur les commissions, les lois, le travail de nuit, les lobbies, les partis, les groupes… Tous les lecteurs apprendront sauf s’ils font partie des députés réélus depuis des années, il en reste quelques-uns…

 

Mais, la seconde vision des choses réside dans le fait que notre ami, Jean-René Galopin, arrive comme non-inscrit. Là, on va voir, tout au long de l’histoire que cette position n’est pas si simple à tenir dans un univers qui globalement, je parle bien avant 2017, est profondément marqué par un dualisme terrible : on est de gauche ou de droite, point barre ! Je ne sais pas si les choses vont évoluer ou pas, si le macronisme mettra des nuances dans cette vision des choses politiques, ce qui est certain c'est que tout le monde voudrait voir le député Galopin s’engager dans un des deux camps…

 

Le troisième regard sur l’Assemblée et ses Députés, réside dans le fait que Jean-René Galopin est un médecin de campagne. Il a un métier, une clientèle – d’ailleurs très hétéroclite puisque les animaux sont parfois aussi ses clients – et que son départ pour Paris déclenche des problèmes majeurs pour ses patients. On voit aussi que les remplacements en campagne ne sont pas simples du tout et que parfois des médecins roumains se retrouvent dans les campagnes françaises… C’est dans ce domaine que parfois les anecdotes sont cocasses et drôles mais je vous laisse découvrir cela par vous-mêmes…

 

Le point suivant est assez classique en soi mais abordé de façon exemplaire. La question est simple : peut-on faire de la politique autrement ? Tout le monde dit oui mais quand Jean-René Galopin est confronté à la réalité c’est tout de suite plus compliqué. Oui, il est confronté au choix de ses assistants, au courrier reçu, aux pressions des lobbies, au jeu politicien des uns et des autres… Oui, rien n’est simple même si on est plein d’envies respectables et de bonnes intentions…

 

 

Enfin, dernier volet et pas le moindre, la bande dessinée nous montre un visage pas toujours simple de la vie humaine d’un député qui est très souvent en déplacement, qui vit en décalé par ses horaires, qui ne voit pas sa famille aussi souvent qu’il le souhaiterait… oui, le côté humain est loin d’être négligé c’est peut-être même un des points forts de l’album… On peut mettre aussi dans ce domaine l’attachement de chaque député à son terroir, sa cuisine, ses produits, ses habitudes…

 

Je ne suis pas un spécialiste de l’Assemblée même si j’y suis allé quelques fois y compris dans le cadre de rencontres de travail avec des députés, mais je crois que cette bande dessinée apporte beaucoup de clefs de compréhension du travail législatif ce qui en fait un outil d’éducation civique de qualité. Pas étonnant que Jean-Louis Debré, qui a été député, ministre, président de l’Assemblée puis du Conseil constitutionnel, ait accordé une préface à cette bande dessinée !

 

Oui, il s’agit bien d’une bande dessinée à lire et faire lire… comme quoi, la bédé, ce n’est pas que du gag et de la légèreté ! 
 
 
Imprimer - - par Michel Bonnet - 20 sept 2017

Rentrée BD 2017 : On Mars

Je ne suis pas un grand lecteur de science-fiction, plus d’ailleurs par circonstances que choix raisonnés, et mes lectures dans ce domaine, bande dessinée en particulier, ne sont pas assez nombreuses pour que je puisse vous parler de cet album en montrant des liens avec tels ou tels autres ouvrages… Je me contenterai de vous en parler en tant que lecteur car On Mars de Sylvain Runberg et Grun m’a beaucoup plu et je ne pouvais pas rester silencieux…

 

 

Nous sommes donc sur la planète Mars, en 2132. La colonisation de la planète bat son plein mais elle ne repose que sur la main d’œuvre spéciale des prisonniers qu’envoie la Terre après leur condamnation… Le Cayenne de l’espace en quelque sorte… Il s’agit pour les colons et les prisonniers de créer sur la planète les conditions nécessaires à l’implantation humaine, entre autres planter un maximum de végétation pour créer une source d’oxygène…

 

Les conditions de travail sont très difficiles et on comprend assez vite que pour les prisonniers le retour sur Terre n’est guère envisageable… Ce sera bien l’un des thèmes de cette bande dessinée, la vie en univers carcéral. Il ne sera pas le seul abordé car cet album traitera aussi le travail et l’esclavagisme avec cette question importante : peut-on exploiter un prisonnier et, si oui, jusqu’à quelles limites ?

 

Pour ce récit, on va être en compagnie de Jasmine Stenford, ancienne policière devenue criminelle après ce que l’on appelle généralement une bavure. Il faut dire qu’il n’est pas bon de tuer la fille d’un ministre dans une opération policière… La voilà, après six mois de voyage, prisonnière, bagnarde en train de creuser des canaux… Le travail est pénible et elle comprend très vite, à ses dépens, que les prisonniers sont organisés, qu’il y a des clans, des gangs et qu’il va être difficile de survivre dans cet univers carcéral atypique…

 

On va aussi parler des richesses de la Terre, de Mars, des gouvernements conscients ou pas des enjeux de cette colonisation planétaire… C’est là un couplet qui n’est pas essentiel mais qui est très bien dosé car il donne le sens politique global de cette histoire… La petite touche développement durable en quelque sorte…

 

Enfin, quand des êtres humains, si criminels soient-ils, sont enfermés sur une planète lointaine, sans beaucoup de chances d’en revenir vivants et réhabilités, il n’est pas très étonnant de voir surgir quelque gourou… et ce sera la touche spirituelle de l’histoire… Ah, quand les religions s’en mêlent !

 

Le scénario de Sylvain Runberg m’a totalement convaincu, les différents éléments sont en place et on a maintenant envie d’entrer dans le vif du sujet car on a bien compris qu’on n’allait pas se croiser les bras et attendre que Jasmine ait purgé sa peine, soit 20 ans de Mars ! Le dessin de Grun est d’une exceptionnelle qualité et je n’ai pas été surpris d’apprendre qu’il venait du jeu vidéo et qu’il avait muri longuement ce projet avec de très nombreuses recherches graphiques…

 

 

Maintenant, le lecteur n’a plus qu’à attendre que le tome 2 sorte car, franchement, on va frôler l’état de manque très vite… Signalons que le tome 1 de 54 planches de bande dessinée est complété par un magnifique cahier de dessin de ces fameuses recherches et ce n’est que du bonheur visuel !

 

Voici donc le premier tome d’un triptyque de science-fiction qui devrait, si la suite est du même acabit, vite figurer dans les grandes histoires du neuvième art…

 
 
Imprimer - - par Michel Bonnet - 20 sept 2017

Rentrée BD 2017 : Gold Star Mothers

Certaines bandes dessinées peuvent sembler atypiques et sans aucune utilité et c’est ce que m’a dit une personne qui venait de lire Gold Star Mothers. C’est d’ailleurs cette réaction qui m’a poussé à écrire plus vite que prévu sur cet album car je ne suis pas du tout d’accord avec cette vision…

 

 

Oui, c’est vrai que dans l’univers des bandes dessinées – pour se limiter à ce domaine de l’édition – sur la Guerre de 14-18, cet album peut sembler dans un autre tempo, d’un autre rythme, un peu en retrait… On n’y parle pas de la guerre directement, aucune scène de bataille, aucune explication historique, aucun soldat en grande tenue de combattant… Et, pourtant, on ne parle que de la guerre et de sa réalité humaine ce qui me semble bien le plus important…

 

Resituons le contexte. Cette première guerre mondiale a duré cinq ans de 1914 à 1918 et les victimes les plus nombreuses viennent de trois pays, France, Allemagne et Russie. On compte d’ailleurs ces victimes en millions et c’est vrai que l’on peut penser que les plus de 116000 morts américains sont un peu secondaires. D’ailleurs les Américains ne sont venus que tardivement dans cette guerre et les Etats-Unis n’ont pas eu la guerre sur leur territoire…

 

Il n’en demeure pas moins que leur arrivée dans le conflit a considérablement aidé les Alliés ce qui rendait d’ailleurs légitime leur présence dans le défilé du 14 juillet 2017 sur les Champs Elysées. Et j’ai trouvé que la scénariste de cette bande dessinée a su trouver un biais exceptionnel pour entrer dans la commémoration…  Elle nous raconte le voyage d’un groupe de mères de combattants sur les lieux des combats et dans les cimetières où sont enterrés les membres de leurs familles…

 

En fait, les Etats-Unis ont organisé plusieurs voyages de ce genre en offrant, tous frais payés, un voyage à ces femmes. Cela durait généralement quatre semaines, une pour y aller en bateau, une à Paris, une sur les lieux et une pour revenir… Ces femmes sont choyées durant tout le voyage où elles n’ont pas le droit de dépenser d’argent leur appartenant et elles doivent porter en continu cette fameuse médaille, Gold Star…

 

On peut trouver qu’il ne se passe pas grand-chose durant ce voyage – la bande dessinée retrace un de ces voyage – mais en fait si on lit bien cet album on réalise que l’on va faire connaissance avec des Américains qui, volontairement, vont accepter de venir mourir sur notre territoire pour notre liberté. Certains le font par idéalisme, d’autres par qu’ils aiment l’aventure, qu’ils s’ennuient chez eux… mais au bout de leur guerre, des mères, plus rarement des épouses, connaitront un deuil terrible et n’auront pas toujours envie de faire rapatrier le corps sur le sol américain… Trop difficile ? Besoin de laisser les combattants entre eux, même unis dans la mort ? Oui, il y a un peu de tout cela et d’ailleurs l’émotion est forte plus on se rapproche des champs de bataille et des tombes…

 

J’ai beaucoup aimé cette bande dessinée merveilleusement dessinée par Fred Bernard avec beaucoup de délicatesse et de sens humain. J’ai aimé parce que cela rappelle que la guerre est toujours un drame humain, que derrière ces combattants morts pour la liberté, pour la France ou leur pays, il y a des fils, des maris, des frères que des proches vont pleurer longtemps, et qui seront pour certains définitivement inconsolables !

 

 

Attention, cette bande dessinée n’est pas du tout mortuaire et triste, pathétique ou poussant à la dépression… On peut rendre hommage et se souvenir avec un humanisme paisible. On est plus de dix ans après la guerre et les douleurs se sont atténuées ce qui ne signifie pas qu’elles ont entièrement disparu…

 

Finalement, c’est probablement la bande dessinée qui manquait pour que la célébration de cette guerre par la bande dessinée soit complète !!! Merci aux auteurs et en particulier à Catherine Grive qui eut connaissance de ce fait et qui a tout fait pour nous le raconter… Elle en a d’ailleurs fait un roman qui sort aux éditions Lattès, Reste le chagrin

 
 
Imprimer - - par Michel Bonnet - 19 sept 2017

BD : Une très belle série sur Charles De Gaulle

 Dans un grand destin, il y a toujours des moments clefs, des périodes où tout se joue à pas grand-chose, ou le grand personnage passe entre la vie et la mort, la réussite et l’échec total… Quand on relit les faits, on se dit qu’il s’en est fallu de pas grand-chose, d’une petite dose de culot, de chance et parfois de malchance… César est exactement dans cette vision quand il dit – si jamais il l’a bien dit – Alea jacta est !

 

Le second volet de Charles De Gaulle de Jean-Yves Le Naour et Claude Plumail, série bédé chez Grand Angle, montre que les années 1944 et 1945 sont certainement une de ces périodes pour ce grand personnage de notre histoire. Il y en a eu d’autres, bien sûr, 1940 et 1958 par exemple…

 

De Gaulle a quitté la France et incarne la France Libre… mais aux yeux de qui ? Surtout aux yeux des Français qui l’on rejoint en Grande Bretagne mais on sait bien qu’ils n’étaient pas très nombreux… Les Alliés se seraient bien passés de lui et étaient prêts à traiter avec Pétain quitte à l’obliger d’organiser très rapidement, sous leur contrôle, des élections générales…

 

Dans cet album, 1944-1945, L’heure de vérité, on va voir comment le général en exil va réussir à inverser les évènements, va prendre tout le monde de vitesse, entrera dans Paris avant les Alliés et comment les Français pourront prendre leur destin en main, seuls ! Alors, c’est le beau côté de la lorgnette gaullienne et probablement que pour cela il dut être un peu moins sympathique que dans la bande dessinée et certains historiens seraient peut-être plus critiques sur les dossiers Darlan, Giraud, FFI, Débarquement…

 

Ce qui est certain, c’est que l’on a beau connaitre les faits – il n’y a aucune surprise – on lit cet album comme on dévore certaines séries d’aventures. On a beau savoir qu’il va arriver à ses fins, on tremble quand même pour lui et on craint les pièges des Américains jusqu’à la fin…

 

Pour ceux qui ne sont pas férus d’histoire, ce sera l’occasion de comprendre pourquoi le général De Gaulle n’avait pas trop envie de voir les troupes américaines s’éterniser sur le territoire français… Une bonne raison de plus de lire et faire lire cette série !

 

Par ailleurs, la narration graphique est très bonne, dynamique et tonique, si bien que l’on oublie très rapidement l’aspect didactique et historique. On est tout simplement dans une histoire humaine en face d’un personnage qui vaut bien des héros de fiction…

 

Je pense que cette série est de grande qualité et le dossier historique de quelques pages qui suit le récit en bédé est aussi très précieux pour bien mettre en place les connaissances du lecteur. A ce titre, on peut affirmer qu’il s’agit bien d’une excellente bande dessinée qui devrait être dans de nombreuses familles et dans tous les CDI des collèges…

 
Imprimer - - par Michel Bonnet - 19 sept 2017

Patrimoine et BD : la ville de Nantes

Parfois, la bande dessinée participe à la survie d’un patrimoine architectural tout simplement en incarnant une histoire dans un lieu-dit, à une époque donnée… On sait, par exemple, que Tardi a montré la ville de Paris lors de la Commune, puis au début des années vingt ou, enfin, dans les années cinquante. A chaque fois une histoire solide, un scénario très bien construit et des personnages crédibles permettaient au lecteur de profiter de paris en toile de fond… Parfois, il était difficile de dire si l’héroïne était Adèle ou la ville de paris mais qu’importe…

 

 

 

 

Dans Les voleurs de cerveaux de Cyrille Launais, on va avoir une bande dessinée de cette catégorie mais la ville de Paris sera remplacée par celle de Nantes, Nantes des années cinquante… On verra que le scénario est certainement pas aussi solide que dans les bédés de Tardi mais le tout va rester assez agréable pour le lecteur et c’est bien ce qui compte…

 

Commençons par donner quelques éléments sur ce scénario policier. Tout commence par des cadavres de moutons retrouvés dans le port de Nantes. Nous sommes en 1957… Assez inexplicable d’autant plus que l’arme utilisée ne correspond à aucune connaissance de la police. Quelques jours plus tard, un livreur de livres, découvre un cadavre, le cadavre d’un de ses clients qu’il venait servir… le voilà plongé dans une histoire criminelle dans laquelle il va entrainer sa cousine…

 

L’histoire est un peu loufoque et pas très réaliste même si le lecteur va jusqu’au bout… Ne serait-ce que parce que décupler la puissance d’un cerveau avec de la poudre de cerveau d’agneau et tout cela pour trouver… Stop, il ne faut quand même pas que je vous en dise trop car cela reste un polar !

 

D’une histoire moyenne – attention, elle n’est pas mauvaise du tout, juste un peu légère et farfelue – l’auteur va faire une bonne bande dessinée. Comment ? Tout simplement en montrant un Nantes des années cinquante parfaitement représenté, précis et très bien documenté. On pourrait presque refaire tous les trajets dans la ville si tout n’avait pas tant changé depuis… Les rues, les places, les équipements, le port… très belle immersion urbaine !

 

Et deuxième point fort, les voitures ! Chaque déplacement est l’occasion de montrer des voitures de cette période avec, là aussi, une grande expertise et une précision fine du dessinateur…

 

 

 

 

On ne sera pas étonné d’apprendre que le dessinateur et le scénariste de cette bande dessinée, Cyrille Launais, est un nantais pur jus, descendant d’une famille implantée à Nantes depuis longtemps et que son grand-père était lui-même un scaphandrier du port de Nantes… Ce dernier a peut-être même sorti du port une carcasse de mouton, allez savoir ! L’éditeur, Sixto, est lui-aussi nantais et donc l’album est 100% nantais ce qui pour défendre le patrimoine de la vielle est parfaitement normal…

 

Encore la preuve que le patrimoine d’une ville peut trouver un défenseur dans la bande dessinée et donc à mettre à l’honneur en ces journées européennes du patrimoine !

 
 
Imprimer - - par Michel Bonnet - 17 sept 2017

Patrimoine et BD : Pinocchio

Dans le patrimoine, objet de toutes les attentions à l’occasion de ces journées européennes du patrimoine, on trouve les mythes, les contes et les mythologies. Mais, force est de constater, que parfois nous ne connaissons plus que l’adaptation en dessin animé des studios Walt Disney ce qui est assez limité… Prenons un exemple avec Pinocchio… Qui a lu la version originale ? Qui se souvient du nom de l’auteur ? Oui, quelques mains se lèvent mais pour beaucoup on a juste une image ou deux du nez du pantin de bois en train de s’allonger…

 

 

Philippe Bonifay et Thibaud de Rochebrune nous proposent dans un album de bande dessinée, un one shot, de découvrir les origines de cette histoire… Attention, Philippe Bonifay va jouer avec les faits, va imaginer une grande partie de l’histoire et ce faisant nous plonge dans la genèse de ce conte… Au bout d’un moment, on ne sait plus ce qui est vrai, ce qui est plausible, ce qui est complètement imaginaire… Mais la magie a œuvré, on a envie de (re)lire l’original et le conte est devenu une pièce de notre patrimoine culturel personnel… Le conte vivra et il sera transmis ce qui était bien le but de cette série « A l’origine des contes »…

 

Pour commencer, je rappellerai que Les aventures de Pinocchio sont une fiction pour enfant écrite par le journaliste italien Carlo Collodi et c’était une parution de 1881… et notre bande dessinée, elle, va démarrer en 1875, à Paris, lors d’une représentation du Don Giovanni de Mozart dans le nouvel opéra de Paris, l’opéra Garnier…

 

Ce soir-là, nous allons faire connaissance, en particulier, de la petite Louise, une jeune fille espiègle qui aime chanter et danser, raconter et faire rire… Elle est là car elle vit dans l’opéra avec son père adoptif Gaston… Il y a aussi, lors de cette représentation, notre journaliste Carlo Collodi et c’est après une rencontre imprévue que la petite Louise fera visiter l’opéra qu’elle connait comme sa poche, au journaliste italien…

 

La question que je vais laisser en suspend est simple : la petite Louise, pleine d’imagination et qui a tendance sinon à mentir au moins à enjoliver les histoires, sera-t-elle peu ou prou à l’origine du petit Pinocchio ? Comment tout cela se mettra-t-il en place ?

 

Cette histoire nous fait aller à la fois dans le Paris post drames des années 1870 et 1871 – et ceux-ci sont évoqués – et dans cet opéra célèbre qui a été décidé par Napoléon III, conçu par Charles Garnier, construit en deux temps avant et après les drames évoqués – guerre de 1870 et Commune de 1871 – avant d’être inauguré par Mac-Mahon… Le conte de Pinocchio est très présent car il va être joué par Louise dans des circonstances qui nous permettront d’appréhender certains aspects de la vie sanitaire et médicale de la fin du dix-neuvième siècle… Enfin, quelques très belles images de Paris de cette époque…

 

Nous avons donc bien là une très belle bande dessinée à mettre à l’honneur lors de ces journées européennes du patrimoine 2017 !

 
Imprimer - - par Michel Bonnet - 17 sept 2017





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