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BANDES DESSINÉES... Plus de 700 articles (janvier 2019)

La BD est en force sur vivre-a-chalon.com

BD...

En partenariat avec des étudiants de l'IUT (Licence TAIS) et Michel BONNET cette rubrique s'intéresse  au "neuvième art" en général mais, et, c'est la raison d'être de notre média,  également aux acteurs chalonnais et aux initiatives locales dans le droit fil du projet "Chalon en bulles" dont Michel Bonnet fut l'initiateur et l'animateur il y a quelques années.

Avec son équipe il ira à votre rencontre... mais n'hésitez pas à faire le premier pas si vous partagez cette passion pour les bulles !

 

Des textes, des photos, des interviews audio, des vidéos...
Bonne promenade !


 

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BD : Red Dragon... de la qualité, c'est sûr !

Je vous présente aujourd’hui un manga, Red Dragon. Il s’agit d’un shonen d’Ikeno Masahiro, aux éditions Glénat, en 5 tomes. Shonen ? Oui, c’est vrai, tout le monde n’est pas encore familiers avec ces noms de catégories de mangas. Un shonen, c’est tout simplement un manga destiné prioritairement aux adolescents de sexe masculin. Au Japon, on a tendance à cibler de façon très précise les mangas, comme par exemple shonen (garçon) contre shojo (fille) ! Mais on ne va quand même pas jusqu’à interdire aux filles de lire des shonen !


Ce manga qui s’inscrit dans un univers d’aventure et de guerre se situe à la période des Qin, en Chine antique, période instable qui souffre de nombreux conflits… Deux personnages vont insuffler la vie de ce manga dès le départ, Lu Wan, un puissant guerrier aux aptitudes physiques surprenantes, et Liu Bang, un stratège très rusé qui associe audace et coups de poker ! Un sacré tandem qui survivra toute la durée du manga, pour enrichir le plaisir du lecteur, en tout cas ce fut bien mon ressenti !

Le graphisme que je trouve intéressant, propose des scènes de guerres violentes mais bien fluides, pas de longueurs, des ponctuations d’humour pour alléger l’histoire, des belles valeurs défendues comme la confiance et l’amitié… Certes, la guerre est toujours violente et désagréable mais il y a beaucoup plus. Comme si dans ces temps difficiles l’humanité se révélait sous des angles plus flatteurs, plus doux… Moi, très vite, je me suis retrouvé dans ce manga ! La guerre, les dangers, les turbulences… c’était ma vie !

L’histoire amènera d’autres guerriers valeureux voir cruels ; on voyage aussi pour découvrir la période des Qin, et son quotidien. Je trouve que le point fort de ce manga est l’amitié solide des deux héros, et moi j’ai particulièrement aimé le déroulement graphique et narratif des batailles ainsi que l’évolution des combats, un petit bijou ! Tout simplement !

 
 
Imprimer - - par Pierre - 19 fév 2019

BD : Pascal Regnault à Chalon-sur-Saône

Aujourd'hui, samedi 16 février, à Chalon-sur-Saône, à la librairie L'antre des bulles, un auteur de bédés dédicace ! Il s'agit de Pascal Regnault qui vient présenter son petit dernier, Balle tragique pour une série Z, aux éditions Glénat.


C'est la première fois que je le reçois dans mon émission de radio et j'en profite pour aborder plusieurs aspects de son travail, de Canardo à Balle tragique en passant par Trou de mémoire...


Une belle rencontre, une belle interview et un beau dessin du caporal Reyes, l'idiot de service de la série Zorro... Profitez-en pour voir le dessin prendre vie...

 
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 17 fév 2019

Dernier volet du talent de Pascal Regnault qui sera à Chalon samedi 16 février !

Pascal Regnault vient à Chalon-sur-Saône samedi 16 février, à la librairie L’antre des bulles pour une magnifique séance de dédicaces à partir de 15h. Ce sera l’occasion de rencontrer et deviser avec le dessinateur des histoires Trou de mémoire et Balle tragique pour une série Z, deux bandes dessinées dont je vous ai déjà parlé… Mais, Pascal Regnault c’est aussi un dessinateur qui s’est retrouvé progressivement aux commandes graphiques de la série Canardo, excusez du peu !


Canardo est une série qu’a créée Benoît Sokal à partir de 1978 en collaborant au magazine (A suivre). Au départ, ce furent des petits récits puis on en vit à des histoires longues qui prirent place dans de très beaux albums… J’avoue avoir aimé ce canard, que dis-je, cet inspecteur pas très futé, un privé à l’ancienne, capable de quelques facilités, approximations et autres vulgarités… mais qui finit toujours, plus ou moins, à conclure le travail… On dit que ses modèles furent Philip Marlowe et Mike Hammer. Oui, vous l’avez bien compris, on est au cœur du roman noir américain… Le vieux polar couvert de poussière que l’on dégage à coup de souffle pour le plaisir…


Attention, roman noir mais bande dessinée animalière et en couleurs… L’inspecteur est bien un canard anthropomorphe. Comme souvent ses illustres modèles, il est alcoolique, fumeur, dragueur, dépressif… Mais tout cela en beaux dessins en couleur ce qui évite aux lecteurs la chute trop violente dans cet univers glauque car ici on est bien au cœur du glauquissime !

Seulement voilà, Benoît Sokal n’est pas le genre à se laisser enfermer dans une seule série, une seule activité même s’il fait tout du scénario au dessin sans oublier les couleurs… Aussi, en 1994, quand il se lance dans le jeu vidéo, une autre de ses passions, il pense à se faire aider sur la série Canardo… La rencontre entre Pascal Regnault et Benoît Sokal a lieu grâce à un intermédiaire et finalement le contact initial se transforme en collaboration… qui dure ! Le créateur de Canardo lui demande de travailler avec lui pour garder le rythme d’un album par an… Au départ une aide graphique, les couleurs puis le dessin seul !


Alors, oublions un instant Pascal Regnault qui s’est fondu dans la série et revenons à Canardo lui-même… Depuis quelques albums, il se passe des évènements dramatiques dans le duché du Belgambourg… En effet, la population wallonne, du moins la partie ouvrière et populaire, passe clandestinement le lac Belga pour venir « envahir » le duché qui vivait paisiblement… Jusqu’à cette date, les seuls étrangers qui arrivaient au Belgambourg venaient pour ne pas subir leur fiscalité nationale, pour blanchir des revenus pas très nets, pour vivre paisiblement de leur fortune… Ainsi, on verra l’ancien policier Garenni prendre la tête de la police du lac…

Attention, il ne faut pas que je vous en dise trop car ces albums (Mort sur le lac, La mort aux yeux verts, Un con en hiver) sont liés entre eux et je dois préserver le suspense. Oui, je sais bien que le suspense n’est pas le point capital de la série, il n’en demeure pas moins que dans une série policière on ne peut pas tout vous dire si on veut que vous puissiez lire avec plaisir… Donc, je vais faire état de mon devoir et droit de réserve !


Il n’en demeure pas moins que l’on sent un renouveau et une redynamisation de la série. Au scénario, Benoît Sokal est aidé par son fils Hugo et au dessin, Pascal Regnault œuvre seul avec assurance et talent. Le tout fonctionne très bien, c’est le bonheur garanti pour les lecteurs et il se dit même que certains lecteurs des origines qui avaient oublié la série y reviennent avec délectation…

Il me semble donc juste et raisonnable de venir rencontrer à Chalon, ce samedi 16 février 2019, Pascal Regnault qui est bien en train de devenir un grand de la bande dessinée ! C’est en tout cas mon avis et je suis fasciné par ses talents pour mettre en scène ces histoires policières et noires qu’il semble bien aimer !

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 14 fév 2019

BD : En attendant Pascal Regnault à Chalon...

Puisque Pascal Regnault nous fait le plaisir de venir à Chalon-sur-Saône, le samedi 16 février à partir de 15h à la librairie L’antre des bulles, parlons de son travail car il n’y a pas que la nouveauté qui doive retenir notre attention. En effet, en dehors de sa collaboration avec Benoît Sokal dont nous reviendrons rapidement parler, il y a eu un très bon diptyque, en 2015/2016, aux éditions du Long Bec, avec le scénariste Roger Seiter, le duo que nous venons de lire avec « Balle tragique pour une série Z ». Cette histoire que l’éditeur vient de sortir en Intégrale est elle aussi excellente et elle mérite plus qu’un détour au moment de rencontrer le dessinateur…


Alors, je sais bien que certains vont encore s’agacer en ouvrant « Trou de mémoire » ! Encore une histoire avec un amnésique… Vous ne trouvez pas qu’il y en a assez comme cela ? Oui, je peux entendre que le filon scénaristique n’est pas de toute première jeunesse, qu’il faut être prudent, que l’on pourrait bien être déçu… En même temps, le théâtre de boulevard peut encore faire rire s’il est bien écrit et joué tout en parlant pour la énième fois du triangle amoureux… Non ? Alors, voyons ce que Roger Seiter fait de son amnésique…

Un homme se retrouve sur une scène de crime, blessé, avec une arme et plus aucun souvenir. Jusque là c’est bien propre, classique et efficace. L’homme ne sait même plus qui il est, ne reconnaît pas la victime qui est à côté mais il semble avoir un vieux réflexe de survie : il faut fuir avant que la police arrive car je serais dans l’impossibilité de répondre à ses questions !

Les premières planches sont magistralement exécutées par Pascal Regnault qui propose là une narration graphique forte, sombre, prenante et un personnage que l’on a envie de suivre dès le départ… La voix off proposée par Roger Seiter va nous accompagner jusqu’à la fin de l’histoire avec à la fois la pure tradition noire américaine et aussi un petit je ne sais quoi de cynisme, de dérision, de distance qui finit même par faire sourire… Et c’est ce que j’adore dans cette histoire !

A la fois, on se dit que tout est écrit, qu’il n’y aura pas d’autre issue que celle que l’on devine rapidement et, en même temps, on est pris par le suspense car tant qu’il y a le moindre doute on préfère lire l’histoire… On ne sait jamais… Et on a bien raison de le faire car le scénariste joue avec son lecteur avec bonheur… Jamais rien n’est définitif avec Seiter, les fausses pistes sont bien là, les pièges sont nombreux… Et notre personnage va bien avoir du mal à retrouver son identité… Enfin, attention, ici on n’est pas dans XIII et le diptyque offrira au lecteur toute l’histoire sans avoir besoin d’attendre le 137ème album…

Le récit est mené à travers trois visions qui se croisent, s’enrichissent, se complètent, se répondent… Il y a l’homme qui cherche son identité, il y a la police qui a le cadavre initial – je dis initiale car ce ne sera pas le seul, bien sûr – et il y a la sacrée mafia car elle est bien là ! On commence sur la côte Ouest et on termine sur la côte Est, et on sent bien que Roger Seiter a décidé de rendre hommage à certains romans et films américains qui ont bercé sa vie, lui qui aime tant le polar et le noir ! On est parfois dans l’hommage, certains y verront des citations, des clichés… Bref, on y est vraiment !

La fin attendue arrivera réellement mais peut-être que ce n’est pas celle que vous attendiez alors allez quand même vérifier ! Moi, j’avoue avoir adoré cette façon de jouer avec l’histoire et les personnages, avec cette culture policière américaine et cette petite pointe d’humour – noir, c’est évident – m’a enchanté…

Quand on dessinateur, c’est fascinant de voir comme le duo devient une certitude. On se dit que personne ne pouvait aussi bien mettre en chair ce scénario de Seiter. Pascal Regnault ne fait plus du Canardo ou du Sokal, il ne fait pas plus du Regnault, il fait, que dis-je, ils font du Seiter-Regnault et c’est tout simplement exceptionnel ! Ce Trou de mémoire est absolument à lire !

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 13 fév 2019

Une série à découvrir, un dessinateur à rencontrer à Chalon...

Bien sûr, si je vous dis qu’une actrice s’écroule atteinte d’une balle réelle lors d’un tournage à Hollywood au sein des studios Disney… vous allez trouver cela très étrange ! D’ailleurs, il s’agit bien d’une histoire Treize étrange, label appartenant aux Editions Glénat qui fête d’ailleurs leur anniversaire cette année… 50 ans d’éditions !


Mais revenons à notre mort très étrange que l’on va vite pouvoir qualifier de meurtre. Nous sommes au cœur du tournage de la série mythique « Zorro ». Vous savez cette histoire incroyable d’un justicier masqué qui défend le pauvre et l’opprimé, la veuve et l’orphelin et, aussi, le pouvoir de l’Espagne au sein de cette jeune Californie… J’avoue que cette série est pour moi mythique et culte… Ce n’est pas, vous vous en doutez bien à cause du suspense insoutenable, de l’issue improbable de chaque épisode ou en raison de la bêtise crasse de Garcia et de Reyes. ! Non ! C’est tout simplement parce qu’il s’agit de mon premier souvenir télévision du temps où j’étais invité comme plusieurs enfants de mon quartier à venir voir tous les quinze jours l’épisode tant attendu de notre série… Oui, à cette époque, il fallait attendre deux semaines pour découvrir la suite des aventures de notre héros… Et il y eut ainsi 78 épisodes ! Je soupçonne le scénariste Roger Seiter, scénariste de cette histoire en bande dessinée, d’avoir le même âge que moi ou presque et de rendre hommage à sa façon à une série TV de son enfance…

Donc, revenons au tournage de cette série Zorro et à notre bande dessinée du jour, une histoire complète en un seul album, une histoire policière, je dirais même une histoire noire et cruelle à ne pas mettre dans les mains des enfants en bas âge… Nous allons suivre un personnage, Jimmy White, acteur de second rôle apparemment inventé par les auteurs de la bédé. Cet acteur est là parce qu’il manie très bien le fleuret ce qui était aussi le cas de Guy Williams, l’acteur phare de la série, celui qui incarne Zorro. Les combats sont difficiles car comme c’est très bien expliqué dans la bande dessinée, on se battait avec des armes réelles, sans protection spécifique… Parfois les coups portaient et même Guy Williams a été blessé deux fois… Or, lors d’une belle bagarre dans la taverne, une des figurantes, Sally Davis, s’écroule touchée par une balle…

Mais voilà, Sally Davis était celle qui donnait encore un peu de goût à la vie de notre ami Jimmy White. Il faut dire que ce dernier avait perdu le grand amour de sa vie – disparition mystérieuse – et même le jeu ne suffisait plus à le motiver… Il ne lui restait que des dettes… Ah, j’oubliais, il y avait aussi son agent, une certaine Brenda Thomson… D’ailleurs, s’il avait dit oui, elle n’aurait pas dit non… mais c’est probablement une tout autre histoire !

Voilà, les choses sont posées, il ne reste plus qu’à voir comment chacun va réagir à ce crime et découvrir comment la police mènera l’enquête. Attention, ce n’est pas réellement une bande dessinée classique – dans le dessin comme dans l’enquête, dans les couleurs comme dans la narration graphique – et les lecteurs peuvent être surpris. Je pense en particulier à ceux qui n’aiment pas les enquêtes stéréotypées, statiques et sans trop de surprises… Ici, rien de tout cela et on n’est pas dans Agatha Christie… peut-être plus dans certains romans noirs de Charles Exbrayat… Enfin, vous jugerez par vous-même !

Les personnages sont bien attachants et on finit même par trouver ce pauvre Jimmy White sympathique malgré le jeu, l’alcool, la naïveté, le talent pour se mettre dans la panade, le manque d’ambition et le manque d’énergie… Quoi que… Attention, le lion pourrait bien surgir du chat qui ronronne… Allez savoir !

J’ai beaucoup apprécié cette histoire noire et dramatique, mais j’ai beaucoup aimé le second degré qui se glisse un peu partout, cet hommage déguisé à la série Zorro, le talent de Roger Seiter pour produire des scénarii au cordeau, le dynamisme de la narration graphique de Pascal Regnault… D’ailleurs, ce dernier viendra en séance de dédicaces à la librairie L’antre des bulles de Chalon-sur-Saône le samedi 16 février à partir de 15h… Un rendez-vous à ne pas manquer !

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 12 fév 2019

Une série à découvrir : Constance d'Antioche !

J’ai lu, hier, le premier album de la série Constance d’Antioche, La princesse rebelle, de Jean-Pierre Pécau (scénario), Gabriele Parma (dessin) et Dimitri Fogolin (couleurs). Cette série vient prendre sa place dans la collection Les reines de sang, une excellente collection qui compte déjà de nombreuses reines et albums, en particulier le très bon travail sur la reine Aliénor d’Aquitaine…


Avec Constance d’Antioche, Jean-Pierre Pécau va nous raconter la vie d’une femme que l’on connait peu… Il faut dire que l’on a déjà du mal à donner quelques éléments factuels concernant les croisades, à citer au moins deux rois de Jérusalem… alors commencer à parler de la femme héritière d’une ville secondaire, Antioche… Cela relève de l’expertise ! Mais le scénariste relève le défi sans se préoccuper trop des difficultés (ou alors, il le cache bien !).

Tout commence en 1130, lorsque le corps de Bohémond, seigneur d’Antioche, est ramené dans sa ville après une embuscade dans les montagnes de Cilicie. L’ennemi des Francs était alors l’émir Gazi Gümüchtegin, un prince arménien devenu allié du calife de Bagdad… Dès maintenant, vous allez devoir ouvrir un livre de cartes de géographie politique du douzième siècle pour bien mesurer les emplacements du royaume de Jérusalem, de la ville d’Antioche, de Bagdad et aussi, dès maintenant, de la ville de Constantinople…


Très vite, on va bien comprendre que la jeune héritière Constance va avoir une première adversaire en la personne de sa mère et régente, Alix de Jérusalem… Marina Dédéyan, romancière, a beaucoup fait pour la notoriété de cette femme du Moyen-âge avec son ouvrage, Moi, Constance, princesse d’Antioche. Depuis elle est le symbole d’une femme façonnée par l’esprit de la chevalerie et qui ose tenter de se faire une place dans un monde brutal d’hommes…

Jean-Pierre Pécau fait là œuvre de vulgarisation historique et je trouve cela remarquable au moment où certains reparlent de croisades avec beaucoup d’approximation et imprécision… quand ce n’est pas tout simplement avec moult erreurs et bêtises ! Ici, Constance est certainement plus proche de la vérité – mais qu’est-ce que la vérité dans le domaine historique – et c’est une excellente occasion de réviser un peu son histoire… Vous avez bien noté, je n’ai pas dit Histoire de France mais Histoire, tout simplement !

La narration graphique de Gabriele Parma est souple, légère, et elle nous fait oublier très vite que nous sommes dans une biographie… Elle traite cette histoire comme un roman, une épopée, une saga… Les couleurs de Dimitri Fogolin rendent le tout crédible et participent à nous faire voyager dans cet Orient proche et pourtant si lointain de nous, de nos préoccupations, de nos vies…

Une excellente bande dessinée qui devrait rapidement trouver sa place dans les CDI (centre de documentation et d’information) de collèges…

 
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 8 fév 2019

BD : Et pour commencer place à « I hate fairyland »

Il faut toujours se méfier des apparences, une couverture de Comics ne donnant pas de garanties absolues pour le contenu... Par exemple, « I hate fairyland », un comics de Skottie Young (scénario et dessin) est une série complète en quatre tomes et si on ne jugeait que par la couverture, on pourrait penser à un univers rose, féerique, jovial, au goût sucré de bonbons et avec pleins de paillettes, un vrai univers de petite fille…

 

Et c’est quand même un peu cela, mais pas totalement !

Le personnage principal se nomme Gertrude, une petite fille quasi ordinaire, qui aime les poneys, les licornes, les fées. Un jour, elle se fait happer par son tapis pour atterrir à Fairyland, un pays merveilleux destiné aux enfants. Ici, ils doivent perpétuer une quête… Il s’agit d’un voyage où le but ultime est de trouver la clé qui les ramènera chez eux….sauf que Gertrude, mal conseillée par son guide, ne trouvera pas la clé à temps, et se retrouvera enfermée longtemps, devenant une vielle fille enfermée dans son corps de fillette… Du coup tout dégénère et ses mauvais esprits massacrent tout dans le royaume… Le carnage pur !


On retrouve alors des univers imaginaires totalement décalés, avec des personnages métissés, le tout dans un ensemble qui mêle gore et féerie… Tout n’est pas tragique, il y a des gags surprenants, des détournements de gros mots et insultes, et ces aspects hilarants, décalés et surprenants donnent à ce comics une touche barge que j’affectionne beaucoup !

Donc si vous voulez passer un moment de lecture, sans prise de tête, avec des fous rire garantis, je vous conseille fortement de le lire « I hate fairyland » et, ce, sans modération !

 


D ans le cadre d'un partenariat entre le site vivre-a-chalon, l’IUT de Chalon et de nombreuses structures culturelles chalonnaises les étudiants de la licence professionnelle TAIS (techniques et activités de l’image et du son) proposent leurs reportages, leurs critiques de spectacles, leurs ressentis de lectures, leurs idées de cadeaux, leurs recettes…

 

 
 
Imprimer - - par Pierre - 8 fév 2019

Un nouveau chroniqueur bédé, manga et comics...

Certains ont pu croire que la page « Bande dessinée » de votre site www.vivre-a-chalon.com était la propriété privée de Michel Bonnet et de l’IUT… Erreur, elle est bien sûr complètement libre même si, grâce à un partenariat spécial, elle est bien richement alimentée par l’équipe d’étudiants que je manage et accompagne à Saint-Malo, Angoulême et parfois même dans des lieux beaucoup plus bourguignons… Mais il arrive parfois que l’on rencontre des énergies nouvelles… Un chroniqueur régulier nous rejoint et il n’a rien à voir avec l’IUT ni la licence image et son… Il s’agit de Pierre !


Pierre vous a été présenté il y a quelques mois par des étudiants de la licence qui avaient effectué des portraits de Chalonnais. Pierre était fan de mangas et comics, il ne restait plus qu’à le convaincre de venir partager ses lectures avec nous… C’est chose faite et vous allez avoir le plaisir de découvrir tout cela sur le site avec une régularité que l’on espère hebdomadaire… mais on ne lui met pas trop la pression… Les choses viendront quand elles viendront…


En attendant, relisez ce portrait de septembre dernier et préparez-vous au grand voyage dans un univers que nous n’avions encore guère fréquenté…

http://www.vivre-a-chalon.com/lire_Portrait-Chalonnais-_-A-la-rencontre-de-Pierre-un-homme-en-dehors-des-cases,23021543ba6eb126f6e0a1cdeb3d5aaff181aeae.html

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 8 fév 2019

Rencontres à Angoulême : Wilfrid Lupano et Relom

Wilfrid Lupano est un scénariste, certes, prolixe, mais surtout pertinent ! Je lis ses ouvrages depuis longtemps, presque depuis le premier, et je l’ai interviewé plusieurs fois, toujours avec autant de plaisir, d’attention et de satisfaction… En fait, pour être précis, c’est avec la série Alim le tanneur que je l’ai découvert (dessin de Virginie Augustin) et jamais je n’ai été déçu par ses bandes dessinées. Certes, elles peuvent être plus ou moins fortes, géniales ou agréables, mais elles ne sont jamais mauvaises, du moins à mes yeux, et ce malgré l’avis de certains…


Chaque année, à Angoulême ou Saint-Malo, je tente de le rencontrer car ses productions multiples permettent des interviews variées même si elles sont régulières. Cette année, durant le festival international de la bande dessinée, il fut question, avec lui et son dessinateur Relom, de la série Traquemage qui se termine avec son tome 3, Entre l’espoir et le fromage.

Il s’agit-là d’une fable, d’une drôlerie, d’une fantaisie – qu’importe le nom pourvu que l’on ait l’ivresse – qui pourrait être qualifiée d’écolo, alternative, anticapitaliste, fromagère, délirante, déjantée… Mais, là encore, n’allons pas trop vite ni trop loin. Cette fable pourrait être aussi humaniste, philosophique, métaphysique, politique, économique (et chacun remettra les mots dans l’ordre qui lui convient).

 

 


Quant à moi, je trouve cette fable lupanesque, tout simplement. C'est-à-dire qu’elle est tout cela à la fois et c’est justement ce qui me plait chez ce scénariste depuis toujours… Dans Alim le tanneur, en faisant preuve d’une réflexion forte avant beaucoup, il pointait du doigt les religions quand elles sortent de leur cadre traditionnel – la vie privée et intérieure de chacun – pour devenir un objet de pouvoir politique. En clair, c’était la dictature des clercs… Et, ici, avec Traquemage, il continue et enfonce le clou !

Pistolin, son village de Troussec, ses cornebiques et son fromage, le Pécadou, tout cela, c’est nous, l’humanité normale et paisible… Enfin, celle qui aimerait bien rester paisible ! Seulement, voilà, dans ce monde de fou il y a des perturbateurs, des mages, des tyrans de toute nature et même un Dieu un peu perdu… La survie va s’avérer délicate mais il ne faut pas désespérer de voir Troussec retrouver un peu de tranquillité+…

Pour une fable, pour raconter une telle histoire décalée, il fallait trouver un dessinateur de qualité et il a bien été trouvé, Relom. Or, durant ce festival, j’ai eu la chance de rencontrer les deux, Relom et Lupano, et ce fut un plaisir…


On a pu parler du projet, de la recherche de l’équipe pour le réaliser, de son apparition dans le monde éditorial, des objectifs déclarés de Lupano, de la façon de travailler de ce duo improbable… Que faut-il garder en mémoire de cet entretien ? Le mieux est que vous patientez un peu pour l’écouter à la radio et vous faire votre opinion vous-mêmes… Mais… Je peux quand même vous donner mon avis…

En fait, on rencontre-là un Lupano simple, modeste, paisible et profond. Il dit le respect qu’il a pour les différents dessinateurs qui ont travaillé avec lui… Il parle aussi de ceux avec qui il aimerait travailler mais qu’il n’ose pas venir déranger dans leur travail… Il démontre, une fois encore, qu’il est tout simplement un grand, timide et modeste, chaleureux et plein d’humanité, un homme que je suis content de rencontrer régulièrement et qui fait grandir la bande dessinée même s’il ne revendique surtout pas cette mission…


« Moi, je me contente de raconter des histoires… C’est mon plaisir ! »

Et c’est le nôtre aussi. Merci !

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 7 fév 2019

Rencontres à Angoulême : Jean Dytar

"Florida" est une bande dessinée qui peut à la fois faire peur par son impressionnant volume (256 pages) et attirer par la poésie se dégageant de la couverture. Une fois ouverte, il est très difficile de la lâcher. En effet, Jean Dytar nous emmène avec cet ouvrage dans le Londres de la fin du XVIe siècle. Nous suivons à travers le regard d'Eléonore, l'histoire de la conquête de la Floride par la France et plus particulièrement le destin de Jacques Le Moynes, son mari. Ce dernier a fait partie, alors qu'il était un jeune cartographe, d’une expédition en Floride qui fut un véritable échec. Traumatisé par son expérience, il lui faudra du temps avant de confier son histoire à sa femme et aux lecteurs….


Jean Dytar signe ici son troisième ouvrage historique et nous apprend que l'Histoire n'est pas toujours celle que l'on croit… Lorsque que nous avons rencontré cet auteur complet avec Roxane, nous avons pu l'interroger sur son choix de concentrer l'histoire sur le point de vue d'Eléonore. Il nous expliqua que cela était né de son envie de créer un personnage féminin fort et du mystère qui entourait l'épouse de Jacques Le Moynes, dont on ne savait que très peu de choses.


Jean nous parla également de son dessin, qui exploite deux atmosphères différentes : l'une pour les souvenirs, l'autre pour le présent. Un autre point à noter est qu'il a structuré ses pages autour d'un réseau de lignes que l'on retrouve dans les cartes marines. Associé au dessin vaporeux des souvenirs, ces lignes créent une cartographie mentale des personnages, inspirée du travail de Pascal Rabaté dans "Ibicus".


Alors que l'on pourrait s'attendre à un nouveau récit historique se déroulant pendant la Renaissance, l'auteur nous surprend en nous informant de la sortie de son prochain album, qui se trouve être une bande dessinée jeunesse et se déroulant dans le monde contemporain ! Mais comme l'action se passe au Louvre, une dimension historique restera néanmoins présente… On ne se change jamais totalement !

Cette rencontre fut très plaisante et le temps que Jean a pris pour nous faire nos dédicaces nous a permis à Roxane et moi de poursuivre plus longuement notre discussion et de poser encore quelques questions. Une discussion très enrichissante, indiscutablement ! Merci !

Imprimer - - par Estelle, étudiante en TAIS à l'IUT de Chalon-sur-Saône - 5 fév 2019

Rencontres à Angoulême : Robin Cousin

Les nouvelles technologies dont désormais bien ancrées dans nos vies. Il y a des applications pour tous nos besoins : GPS, réseaux sociaux, météo, ... Il existe même un coach personnel pour nous aider à mieux gérer notre vie. Enfin ça c’est ce qui existe dans la bande dessinée «Le profil de Jean Melville».


Dans l’œuvre de Robin Cousin, une application révolutionnaire de coaching individuel sur lunettes connectées voit le jour. Ces lunettes peuvent être des alliées très utiles : connaître le meilleur chemin pour se rendre au boulot, avoir un guide pour la cuisine, nous souffler les meilleures réponses à dire à nos interlocuteurs... Toutefois, attention de ne pas perdre tout pouvoir de décision et réflexion, et même notre humanité. Eh oui car l’humanité, c’est, aussi, se tromper, c’est ne pas savoir quoi faire, découvrir !

Robin Cousin nous livre une œuvre questionnant et critiquant notre usage de ces nouvelles technologies et non les technologies en elles-mêmes. Et tout ça sur fond de polar car il ne faut pas oublier cette partie. «Le profil de Jean Melville» a été pensé avant tout comme une enquête policière. Enfin policière pas tout à fait, nous suivons le détective Gary enquêter sur les sabotages des câbles sous-marins d’Internet pour le compte de la multinationale de consulting Jimini, les créateurs des fameuses lunettes.

Toute cette histoire est accompagnée d’un dessin au style très simple mais très efficace. On voit se mettre en place un dessin épuré à l’extrême ou presque : moins de détails, des personnages plus simples, des décors non surchargés. Le dessin est donc au service de l’histoire, de sa compréhension et non l’inverse. De plus avec la couleur, Robin Cousin traite la superposition de la réalité et des éléments virtuels lisibles et envoûtants à regarder. D’un point de vue pratique, ce style graphique permet de sortir des livres plus rapidement. Et à l’instar du Tintin d’Hergé, grand maitre de la ligne claire, ce dessin permet de lire rapidement et ne pas s’arrêter sur chaque page. Ça permet de retranscrire la rapidité des mouvements comme le disait Hergé. «Le profil de Jean Melville» est une bande dessinée à la fois intéressante dans le dessin et dans l’histoire. Avec d’autres projets en cours, dont plusieurs collaborations en tant que scénariste, Robin Cousin avec 10 ans de festival d’Angoulême en tant qu’étudiant, d’actif et d’auteur, derrière lui, reviendra l’année prochaine pour nous présenter de nouvelles œuvres.

J’ai été contente de rencontrer et interviewer Robin Cousin lors du festival d’Angoulême. J’ai pu lui poser les questions qui me taraudaient sur sa bande dessinée et j’ai beaucoup apprécié ses réponses... mais pour en savoir plus il faudra écouter l’émission de radio…

 


D ans le cadre d'un partenariat entre le site vivre-a-chalon, l’IUT de Chalon et de nombreuses structures culturelles chalonnaises les étudiants de la licence professionnelle TAIS (techniques et activités de l’image et du son) proposent leurs reportages, leurs critiques de spectacles, leurs ressentis de lectures, leurs idées de cadeaux, leurs recettes…

 

 

 
Imprimer - - par Roxane,étudiante en Tais à l'IUT de Chalon-sur-Saône - 5 fév 2019

Estelle à la conférence de presse de Guy Delcourt...

Nous démarrons officiellement le festival international de la bande dessinée d'Angoulême par la conférence de presse Delcourt. C’est une sorte de grand-messe médiatique durant laquelle la maison d’édition et son grand chef, Guy Delcourt, annoncent les points forts de l’année à venir…


Dans le hall du CGC, nous sommes accueillis chaleureusement par du jus d'orange et des viennoiseries, c'est l'occasion de déjà repérer quelques têtes connues, notamment celles de Boulet, Jérémie Moreau et Davy Mourier. Après s'être fait gracieusement offrir du pop-corn dans une éco-cup à l'image de la maison (oui, être journaliste a du bon), la présentation commence. Cette dernière revient sur les 30 ans des éditions Soleil mais aussi sur les 10 ans de la collection Métamorphose, en revenant sur leurs incontournables respectifs.


La seconde partie de la conférence fut dédiée à l'annonce des prochaines sorties : préparez vos portes monnaie, car de beaux ouvrages sont à venir !

Chez Soleil nous pouvons notamment citer "La Guerre de Tolkien", qui va retracer l'expérience du père du "Seigneur des anneaux" pendant la guerre de 14-18 et surtout la bataille de la Somme. D'autre part, "Le Boiseleur" promet beaucoup de poésie, avec l'histoire d'un jeune sculpteur de bois, passionné d'oiseaux. Les plus jeunes ne seront pas en reste avec "Lulu et Nelson", le nouveau projet d'Aurélie Neyret, la dessinatrice des "Carnets de Cerise".

Côté Delcourt, si vous avez aimé "La saga de Grimr", vous serez également conquis par "Penss et les plis du monde" de Jérémie Moreau également, avec une histoire qui se déroule cette fois-ci durant la préhistoire. De même, les fans de "Blacksad" et de séries animalières trouveront leur compte dans "Les Cinq Terres", un beau projet de série fantastique avec David Chauvel au scénario mais secondé par toute une équipe. Pour finir, FibreTigre et Arnold Zephir signent avec Héloïse Chochois "Intelligences Artificielles, miroir de nos vies" qui plaira à tous ceux qui s'interrogent sur la création et les enjeux de cette technologie.

Certes, il ne s’agit là que de mes ressentis mais cette année 2019 promet d'être riche en lectures et chacun devrait trouver chaussure à son pied ou album à son goût ! Alors à vos BD, prêts ? Partez !

 


D ans le cadre d'un partenariat entre le site vivre-a-chalon, l’IUT de Chalon et de nombreuses structures culturelles chalonnaises les étudiants de la licence professionnelle TAIS (techniques et activités de l’image et du son) proposent leurs reportages, leurs critiques de spectacles, leurs ressentis de lectures, leurs idées de cadeaux, leurs recettes…

 

 
Imprimer - - par Estelle, étudiante en TAIS à l'IUT de Chalon-sur-Saône - 4 fév 2019

Rencontres à Angoulême : Nathalie Ferlut

Ma première rencontre avec Nathalie Ferlut fut à travers la poétique bande dessinée "Dans la forêt des lilas" dont elle est la scénariste. J'ai immédiatement été attirée par la sublime couverture créée par Tamia Boudouin avec qui, je l'appris par la suite, Nathalie avait déjà travaillé pour "Artemisia".


En rencontrant l'autrice, juste après une de ses séances de dédicaces, j'étais très interrogative. Pourquoi avait-elle choisi d'être seulement scénariste sur cette BD alors qu'elle sait elle-même dessiner ? Comment construit-on une histoire qui se caractérise surtout par son dessin et son atmosphère ?


Nathalie Ferlut me raconta que justement, cette histoire, elle l'avait écrite pour Tamia. Pour son dessin à elle. Elle compare leur collaboration à du Jazz : "Même quand c'est de l'improvisation, pour le peu qu'on se connaisse bien, on se répond et on essaye de mettre en valeur les choses".

 


Ce fut aussi l'occasion de parler de ses inspirations. Si « Dans la forêt des lilas » m'avait fait penser à un mélange d'Alice au pays des merveilles, à l'univers des sœurs Brontë et à la bande dessinée "Emma G.Wilford" par Zidrou et Edith, j'ai pu apprendre que c'est surtout les contes de la comtesse de Ségur qui ont influencé son travail. Mais elle me confia également que cette histoire représentait une partie de sa vie où beaucoup de personnes de son entourage étaient malades, l'écriture lui avait donc certainement permis d'évacuer tout cela.

Après cela, Nathalie m'expliqua la relation entre les deux sœurs de l'histoire. Celles-ci sont toutes deux opposées mais complémentaires, comme les deux faces d'une seule pièce. C'est pourquoi ces personnages sont aussi intéressants.

Notre échange fut donc très instructif pour moi, et ce fut un réel plaisir de rencontrer cette femme très sympathique et pleine de bienveillance. Je suis donc repartie non seulement avec une très jolie dédicace, mais aussi avec le sourire aux lèvres, heureuse d'avoir découvert et rencontré une autrice très talentueuse.


 


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Imprimer - - par Estelle, étudiante en TAIS à l'IUT de Chalon-sur-Saône - 4 fév 2019

Rencontres à Angoulême : Claude Guth

La couleur fait pour moi partie intégrante du dessin. Je ne peux pas imaginer le trait et la couleur séparés l’un de l’autre. Et pourtant, le monde de la dessinée découpe le dessin en plusieurs métiers, le scénariste, le dessinateur, le lettreur, l’encreur et le coloriste...


C’est sur ce dernier métier que nous allons nous attarder. Dans les dernières nouveautés de la maison d’édition Soleil, Il y a Sangre, une nouvelle série de planet-fantasy d’Arleston, le créateur de Lanfeust de Troy. Cette fois-ci, il est accompagné d’Adrien Floch au dessin et Claude Guth à la couleur !

Et c’est justement Claude Guth que j’ai pu interviewer. Saviez vous que les deux noms présents sur la couverture sont ceux du scénariste et du dessinateur, et que celui du coloriste n’a jamais cette chance. Toutefois cela ne gène pas Claude Guth. Il se considère comme l’auteur des couleurs. Le coloriste est un métier de l’ombre. Ironiquement son rôle est de mettre en lumière l’action au sein des cases, donner une ambiance et fluidifier l’histoire.


Rien ne destinait Claude Guth à la bande dessinée. C’est dans les assurances qu’il a commencé pour ensuite aller dans le graphisme et la communication. Au final, il reprit des études d’art après avoir découvert le mondes des couleurs en colorisant des bédés pour un magasine de sa région natale : l’Alsace.


A l’école des arts déco de Strasbourg, il apprit le métier d’illustrateur, la narration par l’image. Au terme de trois années d’études, il pu commencer à travailler sur des projets de bande dessinée de plus en plus intéressants en tant qu’illustrateur et de coloriste. Ces projets l’ont mené par la suite sur Lanfeust et Troll de Troy. Économiquement, ce fut une occasion en or mais aussi l’occasion de rencontrer Arleston et Adrien Floch. Il travailla par la suite à de nombreuses reprises avec eux sur divers projets jusqu’à Sangre. L’entente entre le dessinateur et le coloriste semble essentiel. En effet, le dessinateur doit accepter de déléguer la couleur de son dessin à une autre personne. Une entente qui se passe donc très bien entre Adrien Floch et Claude Guth qui n’en sont plus à leur première collaboration.


Malheureusement, les coloristes sont très peu représentés et mis en avant dans le monde de la bande dessinée au grand regret de Claude Guth. Son souhait serait de voir un prix au festival d’Angoulême pour les coloristes et donner ainsi une visibilité à sa profession au niveau national et international… Quand sera-t-il entendu et suivi ?

 


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Imprimer - - par Roxane,étudiante en Tais à l'IUT de Chalon-sur-Saône - 4 fév 2019

Rencontres à Angoulême : Pacco et Margaux Motin

Lorsqu'à Angoulême, on m'a annoncé qu'une interview avec Pacco et Margaux Motin s'était ajoutée, j'ai tout de suite voulu y être ! Car ces deux là, ça fait déjà des années que je les suis et lis leurs petites notes rigolotes sur Internet. Donc vous pouvez imaginer ô combien j'étais excitée à l'idée de les rencontrer !


A peine l'interview avec Hubert et Gatignol terminée avec Roxane, nous cherchons du regard les deux auteurs. Ils arrivent avec un peu de retard et Pacco donne le ton de la rencontre en nous disant : "Attendez, faut vraiment que j'aille aux toilettes sinon cette interview va être une catastrophe!". L'ambiance est tout de suite détendue et le stress descend directement. Tout du long, Pacco fait le clown et Margaux terriblement sympathique, si bien qu'on a l'impression d'avoir deux bons amis en face de nous plutôt que deux auteurs que l'on voit en vrai pour la première fois.


Le couple nous raconte comment une de leurs amies a complètement paniqué à son mariage, se demandant si finalement elle faisait le bon choix. C'est ainsi qu'est né "OUI ! 101 questions à se poser avant de se marier". Le ton de cette bande dessinée est léger et humoristique, c'est pourquoi je suis surprise d'apprendre qu'ils ont tout deux mené de longues recherches sur des sites très sérieux sur le mariage pour créer cet ouvrage. Car après tout c'est vrai, si jamais votre compagne a un casier judiciaire, comment pourriez vous le savoir si vous ne lui demandez pas ?

Les 101 questions peuvent donc faire véritablement réfléchir sur son couple, même si dans la forme, on sent que les auteurs se sont amusés sur la création de l'album. Ils nous expliquent avoir voulu représenter un très large panel de personnages, pour que chacun s'y retrouve et ils en ont même profité pour intégrer certains de leurs amis !


Nous nous attardons ensuite sur "Les Raspberry". Si Pacco en est l'auteur complet, Margaux l'a beaucoup aidé à sa construction. Comme il le dit si bien "de toute façon, tout ce que l'on fait c'est nous deux!". Je connaissais déjà cette petite famille préhistorico-futuriste, dont les petites aventures étaient publiées sur les réseaux sociaux. Je ne m'attendais donc pas, à ma lecture de cette bande dessinée, à une interrogation sur la paternité, les pressions sociales et les masculinités. Réussir de parler de tout ça en 56 pages et avec humour, quelle prouesse ! Surtout qu'il est plutôt rare de voir des hommes s'emparer du sujet, j'ai donc été agréablement surprise et 100% conquise. J'attends les suites avec impatience !

Cette rencontre a été vraiment intense et m'a permis de clore ma série d'interview en beauté ! Il arrive parfois d'être déçu par les gens que l'on admire lorsqu'on les rencontre en vrai, mais avec Pacco et Margaux ce ne fut pas du tout le cas ! Ce sont des personnes vraiment entières et sympathiques avec qui nous avons pu passer un très bon moment, au point où nous nous sommes quittés en nous faisant la bise, ce qui était tout de même incroyable !

 


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Imprimer - - par Estelle, étudiante en TAIS à l'IUT de Chalon-sur-Saône - 3 fév 2019

Rencontres à Angoulême : Etienne Le Roux

J’ai toujours eu une forme d’admiration pour ceux qui se lançaient dans des projets au long terme et qui allaient jusqu’au bout de leur idée, de leur concept… Quand Eric Corbeyran et Etienne Le Roux m’avaient parlé de leur idée, suivre un groupe de personnes durant toute la guerre de 1914-1918, avec une série de dix albums, sans être dubitatif, je me disais quand même que ce serait long d’aller jusqu’à la fin, surtout avec des albums qui sortiraient tout au long des années 2014-2018. Oui, un anniversaire, c’est un anniversaire, pas un à-peu-près !


Alors, j’ai lu le premier album, fait connaissance avec ces jeunes hommes appelés à partir à la guerre alors qu’ils avaient des projets de vie en gestation, en devenir… Ils avaient aussi des amours, des passions, des sacrés caractères… En lisant, j’ai découvert un talent graphique, celui d’Etienne Le Roux. Je le connaissais un peu mais là ce fut une belle révélation. Ses personnages étaient crédibles, vivants, attachants…

Chaque année, je retrouvais Etienne, parfois accompagné de son scénariste Eric Corbeyran que je connais bien et depuis fort longtemps, et nous parlions de ces personnages et de cette guerre qui allait changer leur vie… Je me suis attaché à ces personnages, j’ai souffert avec eux, j’ai attendu la fin de la série pour qu’enfin ils puissent retrouver la vie… Mais dans quel état ?


La question qui se posait pour moi et Estelle, seule étudiante à être tombée sous le charme de cette magnifique série, était de savoir comment le dessinateur se sentait après avoir terminé cette grande saga humaine…


Alors, on peut dire qu’il va bien, qu’il est partagé entre le soulagement d’avoir terminé et le fait que ses personnages le quittent, en quelque sorte… Il faut passer à autre chose et c’est le propre des auteurs qui dans une carrière font plusieurs séries, racontent plusieurs histoires… Etienne Le Roux avait commencé avec difficultés sa carrière en bandes dessinées car il n’avait pas eu la chance de tomber sur la bonne série qui allait fonctionner et trouver ses lecteurs. Je l’avais lu dans l’Education des assassins, série de qualité, et c’est pour cela que j’ai été heureux de le voir arriver avec 14-18. En cours de série, il a aussi écrit un très bon scénario qui est devenu une magnifique bédé avec le dessin de Vincent Froissard ce qui démontre que cet homme, Etienne Le Roux, est un très bon auteur de BD.


Après une belle rencontre où j’ai laissé Estelle mener les débats, j’attends maintenant avec impatience et curiosité les prochains travaux d’Etienne Le Roux… J’ai le sentiment que l’on ne sera pas déçu… Quant à Estelle, elle est repartie avec une très belle dédicace d’un des personnages qu’elle affectionnait, Maurice !

 

 

 

 

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 2 fév 2019

Rencontres à Angoulême : Terry Moore

Dans le cadre du Festival international de la Bande Dessinée d’Angoulême, j’ai eu la chance de rencontrer Terry Moore, auteur de BD telles que « Motor girl », « Strangers in Paradise », « Echo » ou encore « Rachel rising ».

 


Lors de cette interview, je me suis principalement concentré sur la BD « Motor girl », la dernière parue en langue française. Pour faciliter la compréhension de cette rencontre, j’ai choisi quelques thématiques…

La présence des femmes dans les œuvres de Terry Moore
Cet auteur souhaite vivement écrire et dessiner des histoires à propos des femmes. En effet, il trouve qu’il n’y a pas assez de femmes dans les œuvres (qu’elles soient cinématographiques, littéraires,…) et lorsqu’il y en a, elles ont un rôle qui ne met pas en valeur leur force, leur présence, leur humanité…

 

 

« Nous avons besoin de plus d’histoires parlant de femmes fortes ! »
Tout d’abord, il a commencé à réfléchir à propos de l’étiquette donnée aux femmes dans notre société. Il ne pouvait s’empêcher de penser à cela car il se demandait ce que c’est d’être une femme et de vivre sur cette planète à notre époque. Il pensait notamment aux rencontres que font les femmes tout au long de leur vie, considérant que les femmes ne savent pas si le prochain homme qu’elles vont rencontrer sera un ami ou bien un prédateur…

« C’est juste une expérience de vie totalement différente par rapport à celle d’un homme. »
Lorsqu’il méditait ainsi, y ajoutant par ailleurs les relations d’amour et d’amitié, il a été pris par l’idée de rédiger une histoire sur ce thème, avec le point de vue d’une femme. Quand il commence à écrire, il ne comprend pas toujours où il va, il se laisse porter même s’il ne comprend pas toujours où il va. Il voulait développer ce qu’on sait le moins sur les femmes et ne pas rester sur ce que la majorité des gens connaissent explicitement ou implicitement. Il voulait aller au-delà des stéréotypes !

De cette volonté a découlé un long processus de découverte sur le thème afin de ne pas totalement naviguer à l’aveugle. Avant d’écrire, l’auteur explore, recherche, rumine… Le processus est long…

Le fossé entre les hommes et les femmes
Dans les histoires et dans les films, nous sommes habitués à avoir peur des « grands méchants » sous les traits d’hommes forts. Terry Moore aime les histoires où le cliché est inversé et il joue avec cela pour créer des histoires originales : dans une de ses séries, il y a un serial killer qui terrifie la ville or… cette personne tant redoutée s’avère être une fillette de 10 ans !

Par ailleurs, dans une optique d’inversement des clichés, le personnage principal de « Motor Girl », Samantha, est une ancienne marine qui ne se laisse pas faire. Jouer avec les clichés est pour lui une grande source d’amusement car il aime casser les codes et choisir les mauvais acteurs comme il le dit lui-même si bien.

Focus sur le personnage de Samantha dans « Motor Girl »
L’idée de Samantha est dans la tête de Terry Moore depuis longtemps mais elle est restée de côté un certain temps car il était occupé à créer « Strangers in Paradise », « Echo » et « Rachel Rising ». Au tout début, il avait imaginé Samantha comme une mécanicienne spécialisée dans les motos et ayant comme petit ami un gorille.

Lorsqu’il a commencé le livre, une nouvelle a retenu son attention : le syndrome du stress post-traumatique concernant une grande majorité des soldats revenu de la guerre était une réalité.

« D’un côté l’Amérique est occupée à attaquer tout le monde et de l’autre côté de l’histoire, tous les soldats reviennent de guerre et ils sont pour la plupart atteints d’un syndrome de stress post-traumatique car ils ont fait quelque chose qui n’est pas naturel. »

Voyant que les soldats n’arrivaient pas à reprendre une vie normale de retour dans leur pays, il n’a pas pu se résoudre à faire de Samantha une fermière ou un jardinier après qu’elle ait été rapatriée en Amérique.

Motor Girl est ainsi devenu une œuvre montrant comment les soldats, de retour de la guerre, se reconstruisent après tous les traumatismes qu’ils ont subis.


Focus sur le personnage de Mike, le gorille
Tout au long de « Motor Girl », Samantha est accompagnée d’un gorille nommé Mike. La première question à laquelle il faut répondre est tout simplement « pourquoi est-ce un gorille? ».

La réponse est très simple: c’est le personnage le plus viril qui puisse exister pour Terry Moore.

Ce gorille n’est pas une première pour Terry qui avait déjà imaginé et dessiné un gorille habillé en homme d’affaires ayant un travail et une femme, dans le cadre d’un comics dont il était l’auteur. Dans « Motor Girl », Mike a une symbolique très importante mais je ne vous en dirai pas plus au risque de vous gâcher la lecture alors même que vous n’avez pas commencé le livre…

Entre réalité et imagination…
Dans cette BD, il y a un gros travail autour du mystère de ce qui existe réellement et de ce qui n’est que pure imagination. Les deux sujets de ce « jeu » sont Mike et les Aliens qui débarquent dans le désert (à côté de la maison où Samantha vit). Je n’en dirai pas plus mais c’est une réflexion et un travail sur les liens entre l’imaginaire, la création, la psychologie de l’auteur – et du lecteur aussi – le tout donnant à une œuvre son poids !

Les personnages préférés par l’auteur
Terry Moore m’a expliqué préférer deux personnages de ce one shot: Mike et l’Alien.

Mike: Compte tenu de son expérience en tant que dessinateur de cartoons, il a expliqué tout particulièrement apprécier dessiner des gorilles.

L ‘Alien: Le style très années 50 qu’il a donné à ce personnage lui plaît énormément.



Son style de dessin en noir et blanc
Terry Moore a choisi un style de dessin en noir et blanc car cela va plus vite. En effet, s’il travaillait ses BD avec de la couleur, il prendrait deux fois plus de temps avant de les envoyer à l’impression or, compte tenu de ses impératifs en matière de délais, s’autoriser la couleur n’est pas envisageable. Ceci étant, cela ne répond pas à la question fondamentale de ce que pourrait bien apporter la couleur à une narration graphique si forte et si efficace !

Les projets à venir
Terry Moore travaille actuellement sur sa prochaine série intitulée « Everlasting ». Pour le moment aucune information ou image n’a été divulguée aussi je ne pourrai malheureusement pas vous en dire d’avantage…

Je retiens de cette interview une grande satisfaction : Terry Moore est un auteur tout à fait sympathique avec qui ça a été un plaisir de discuter. N’ayant lu que deux de ses œuvres je n’ai malheureusement pas eu la possibilité de beaucoup discuter, cependant je suis désormais déterminée à lire ses autres BD ! Vous aussi peut-être ?

 

 


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Imprimer - - par Julie, étudiante en TAIS à l'IUT de Chalon-sur-Saône - 1 fév 2019

Rencontres à Angoulême : Sylvain Ferret

Nous sommes à Paris en 1858 quand commence cet album Métamorphoses 1858, le premier album de Sylvain Ferret (dessinateur) et Alexie Durand (scénariste). Nous sommes dans un appartement et un jeune garçon vient à la rencontre de Stanislas Andrzej… Il faut dire que le garçon est à la recherche de sa sœur, disparue dans l’indifférence policière, tandis que Stanislas est, entre autres, détective amateur… J’ai oublié de préciser, qu’il y a aussi Joseph, un colocataire médecin… Pour un peu, on se croirait presque dans un Sherlock Holmes… Enfin, pas tout à fait…


Sylvain Ferret est un jeune auteur qui avec ce scénario familial – Alexie Durand est bien de sa famille – trouve une histoire à la hauteur de son jeune talent. Le dessin est très bon et la narration graphique juste et efficace. On s’y croirait bien dans ce Paris de 1858. On sent à travers les dessins les odeurs, on entend les bruits, on ressent la chaleur, l’humidité, les transpirations, les mouvements… Du coup on vit cette enquête par l’intérieur sans tomber dans des discours inutiles et qui ralentissent trop souvent les bédés policières… D’ailleurs est-ce bien une bande dessinée policière ?


Bon, certes, il y a bien la recherche d’une jeune femme, couturière et sœur de ce garçon bien sympathique qui est venu embaucher Stanislas avec ses quelques pièces… D’ailleurs, très vite, on va s’apercevoir que ce n’est pas une mais trois jeunes femmes qui ont disparu… Mais cette histoire n’est peut-être pas que du polar… Allez savoir !


Alors, oui, chez ces deux auteurs, jeunes auteurs en bande dessinée, il y a un peu de Conan Doyle, mais aussi un peu de Mary Shelley et leur album porte une petite dose de Jack l’éventreur avec une ambiance digne des bas quartier de Londres même si on est bien à Paris… Enfin, on peut aussi évoquer les enquêtes d’Harry Dickson par la petite pincée de fantastique qui traine ici ou là…

Autant vous le dire sans précaution d’usage, j’ai adoré cette bande dessinée et j’ai été très content de rencontrer Sylvain Ferret, le dessinateur, durant ce festival d’Angoulême 2019. En plus c’est l’un des rares auteurs qui me fait lever la tête pour le saluer car il est nettement plus grand que moi…


L’entretien fut des plus sympathiques et j’avoue que j’espère à l’occasion du prochain album – le plus vite possible car le suspense est intenable – rencontrer aussi Alexie Durand la scénariste. Une très belle surprise de ce début d’année 2019 en bédé…

 


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Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 1 fév 2019

Rencontres à Angoulême : Cyril Trichet

Les arcanes du Midi-Minuit est indiscutablement une bonne série policière et fantastique de bandes dessinées. Les auteurs, Jean-Charles Gaudin pour le scénario et Cyril Trichet pour le dessin, maitrisent parfaitement leur ouvrage et font preuve de compétences certaines pour doser tous les éléments de cette série. L’intrigue policière est forte, complexe, solide et cohérente. L’aspect fantastique est bien présent mais n’étouffe pas l’aspect policier. Enfin, les personnages sont crédibles, humains, attachants et on a envie de les suivre dans les enquêtes et dans la vie tout simplement…


Pour ceux qui ne connaissent pas encore la série, précisons qu’en gros chaque album raconte une enquête même s’il y a bien quelques éléments qui interfèrent d’un album à l’autre… Jim Mc Kalan est un agent secret et renommé du royaume, peut-être même le meilleur agent spécial du roi… Sa cousine, Jenna, est horlogère et la bijouterie est le « Midi-Minuit ». Elle a pris l’habitude de donner un coup de main à son cousin chaque fois que cela était possible. Mais bizarrement, au moins dans les premiers albums, on ne voit jamais Jim et Jenna en même temps…

 

 

Alors, bien sûr, je ne vais pas vous raconter tout cela en détail mais seulement vous dire que du côté de York City il se passe quand même des évènements quelque peu atypiques… C’est Cyril Trichet, le dessinateur, que j’ai eu le plaisir de rencontrer lors du festival de la bande dessinée d’Angoulême et c’était à propos du tome 14… Oui, la série a commencé en 2002 et cela ne nous réjouit pas tant que cela…

 

Alors, bien sûr, plus la série avance et plus on en apprend sur Jim et Jenna, plus les choses deviennent complexes, plus le dessin est délicat pour Cyril Trichet qui doit aller même jusqu’à… enfin, je ne vais pas tout vous dire et vous n’avez finalement que 14 albums à lire pour me rejoindre dans l’histoire…

 

Durant le festival international de la bande dessinée d’Angoulême, c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai rencontré Cyril Trichet, qu’il m’a parlé longuement de tous les éléments de cette série et qu’il m’a même dessiné une Jenna sur mon livre d’or… Que du bonheur ! Par contre, je n’ai pas réussi à intéresser un étudiant à cette série…

 

 


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Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 31 jan 2019

Rencontres à Angoulême : Anthony Pastor

Je ne connaissais pas personnellement Anthony Pastor. Mais, je lisais certains de ses travaux avec plaisir et même passion comme Le sentiers des reines et La vallée du diable. Quand j’ai lu son dernier ouvrage, No war, j’ai ressenti le besoin de le rencontrer. Angoulême et son festival international de la bande dessinée m’en a donné l’occasion et c’est ainsi que dès le jeudi après midi, sur le stand Casterman, je pouvais rencontrer Anthony en compagnie de Bazir, étudiant, à qui je n’ai pas pu donner l’initiative de l’interview… Pas encore assez sûr de lui, il est resté dans mon ombre protectrice et s’est juste un peu lâché à la fin en parlant avec Anthony de techniques graphiques, sa passion…



No war est un livre à la fois très différent et très proche des autres… En effet, No war est d’une certaine façon une forme de prolongement du précédent, La vallée du diable. On est sur une île, c’est un premier point commun, mais ce n’est pas tout. Cette île, l’état du Vukland, bien qu’imaginaire et située dans l’Atlantique nord – une sorte d’Islande revue et corrigée – ressemble un peu à la Nouvelle Calédonie… comme le peuple Kivik n’est pas sans rappeler le peuple Kanak ! Enfin, les femmes sont bien au cœur de la problématique car il s’agit bien de savoir qui on est, d’où on vient… Les femmes transmettent l’appartenance à un peuple comme le comprend bien Run, coincé entre un peuple par sa mère et un autre par son père… Il ne sera jamais un Kivik comme sa mère…

 



Mais No war est aussi une histoire politique qui dit beaucoup sur nos démocraties, sur l’honnêteté en politique, sur les manipulations, sur le peuple, sur les élections… Bien sûr, ce tome 1 a été écrit et dessiné bien avant la crise dite des gilets jaunes mais on sent bien que l’auteur pressentait une crise de nos systèmes… une crise en profondeur !

 

 

Après, nous avons parlé graphisme bien sûr car Anthony Pastor a choisi une narration graphique différente de celle du Sentier des reins, tout simplement parce qu’il fallait qu’il trouve le « ton juste » pour cette histoire et, à mon avis, il l’a bien trouvé !



Une très belle rencontre, des échanges denses et agréables et le tout autour d’une très bonne bande dessinée !

 


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Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 31 jan 2019

Angoulême 2019, c'est maintenant que l'on vous en parle...

Après nos problèmes de connexion !

Je me dis chaque année que c’est une véritable chance que de pouvoir rencontrer ces auteurs de bandes dessinées lors du festival international de la bande dessinée d’Angoulême. Je sais bien que certains rechignent un peu à ces rencontres avec la presse. On perd du temps, les questions ne sont pas toujours pertinentes, certains journalistes ont « oublié » de lire les bandes dessinées, les « petits » auteurs ne bénéficient pas toujours des mêmes égards que les très grands… Bref, je peux concevoir que tout n’est pas rose…



Pour autant, ces rencontres sont pour moi très importantes. On peut prendre le temps de discuter, d’échanger, de mieux comprendre la création des uns et des autres, percevoir des émotions que l’on n’envisageait pas, découvrir des motivations… C’est ainsi que l’on construit des émissions qui permettront aux auditeurs de découvrir des auteurs, d’ouvrir des albums, de lire des bandes dessinées… c’est aussi ainsi que je conçois le rôle de médiation entre le créateur et le public…


Il est important, dans le choix des auteurs que l’on demande à rencontrer de peser tout et c’est très complexe. Il y a 1500 auteurs présents à Angoulême (chiffres 2019) et on avait planifié cette année 50 rencontres. Rien que cela fait réfléchir ! Un peu plus de 3% ! Autant dire rien ou presque rien ! Si on cherchait à ne rencontrer que des « grands » auteurs, on ne pourrait même pas découvrir un petit jeune…


D’ailleurs pourquoi se limiter à une cinquantaine ? En fait, tout simplement parce que nous étions une équipe de 6 et que sur trois journées d’interviews – il faut laisser du temps pour les expositions et rencontres officielles – cela faisait en gros 6 interviews par jour (souvent nous faisions les rencontres à 2). Et c’est déjà beaucoup ! Une interview c’est, au minimum, un album à lire, une trentaine de minutes de rencontre, une heure de montage… Et je ne compte pas les déplacements dans la ville d’Angoulême car ici le festival est sur la ville entière ou presque et on passe son temps à courir, marcher, monter, descendre… et même parfois attendre car les horaires sont parfois un peu bouleversés…


En plus, organisant un reportage avec mes étudiants, je suis obligé d’intégrer mes goûts mais aussi ceux des cinq qui étaient avec moi. Or, de toute évidence, en matière de bédé, les goûts sont très variés et c’est d’ailleurs très bien ainsi ! Mais nos cinquante auteurs choisis reflétaient cette différence… Il y avait des auteurs issus des blogs, des auteurs de mangas, des auteurs hyper classiques et d’autres beaucoup plus atypiques, des auteurs de plusieurs pays et même des interviews en anglais…



Il y eut aussi les déceptions avec quelques impossibilités de rencontre : auteur ne venant finalement pas, auteur trop demandé, auteur préférant ne pas venir devant la presse… C’est ainsi qu’il fallut se passer de Philippe Ogaki, Milo Manara (heureusement rencontré durant l’exposition), Didier Tarquin, Patrick Sobral, Fab Caro, Benjamin Lacombe… D’autres rencontres se décidèrent au dernier moment, sur place, à chaud… comme avec Tony Valente ou Davy Mourier… Enfin, il demeurera certaines frustrations qui pousseront à revenir l’année prochaine…

Certaines rencontres furent très longues – et il va falloir travailler longuement et finement pour les diffuser dans les créneaux radio dédiés – tandis que d’autres furent plus courtes les auteurs – ou les intervieweurs – restant dans la réserve… N’oublions pas que pour ces étudiants c’était un baptême du feu, premières interviews de « grandes personnalités »… Ne souriez pas, quand vous avez lu, suivi, admiré des auteurs comme Julien Neel, Margaux Motin, Tony Valente, Boulet, Charlie Adlard, Davy Mourier… et que vous avez l’occasion de leur parler, de les interviewer et de diffuser à la radio votre travail, oui, il y a une certaine émotion, une certaine peur, une angoisse parfois, une joie intérieure et parfois même de très beaux moments conviviaux après…


Donc voici pourquoi autant de personnalités différentes devant nos micros, autant d’émotion, de bonheur, de découverte… Oui, nous n’aurons pas eu tous les auteurs mais nous sommes heureux d’avoir rencontré : Jérémie Moreau, Antoine Ozanam, Paul Guth, Terry Moore, Anthony Pastor, Cyril Trichet, Boulet, Aseyn, Etienne Le Roux, Béka, Turf, Deloupy, Sylvain Ferret, Robin Cousin, Damien, Alexis Nesme, Relom, Lupano, Charlie Adlard, Christophe Bec, Olivier Jolivet, Nathalie Ferlut, Nicolas Barral, Davy Mourier, Julien Neel, Guillaume Bianco, Juliette Mancini, Elsa Abderhamani, Jérôme Hamon, Tako, Eric Corbeyran, Tony Valente, Nicolas Kéramidas, Bernard Yslaire, Julien Camp, Wallace, Damien Andrieu, Jean Dytar, Max Cabanes, Paul Salomone, Arthur de Pins, Fabien Toulmé, Didier Cassegrain, Fred Duval, Michel Bussi, Olivier Berlion, Christophe Simon, Hubert Maury, Nicolas Wild, Thimothée Montaigne, Hubert, Bertrand Gatignol, Pacco, Margaux Motin, Sylvain Ricard, Patricia Lyfoung…

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 29 jan 2019

CHALON : bande dessinée et manga à l'honneur à la galerie du Châtelet


En plein coeur de ville, à la Galerie du Châtelet, trois auteurs-dessinateurs, Caro-lyn, Mikaël LeBestiau et Marie Morgane, dédicacent leurs ouvrages du vendredi 25 à dimanche 27 janvier.


Ces trois jeunes artistes bien connus maintenant à Chalon et bien au-delà, proposent au travers de leurs œuvres et vous feront entrer dans leur univers de fantaisie, de Comic américain au Manga, en passant par la bande dessinée.

 


CARO-LYN MANGA
Caro-Lyn est « Mangaka ».
Fan de la première heure des œuvres asiatiques et possédant une intéressante bibliothèque, elle crée ses propres histoires au début des années 2000. Son héros fétiche, Kiki, et son fidèle acolyte, Harry, naissent en 2003.

Bien connue aujourd’hui pour son art dans notre région -voir plus- elle a participé à de nombreuses expositions, salons de BD et de livres, foires, marchés de noël, galeries et dédicaces dans les boutiques spécialisées, Caro’Lyn a présenté son premier ouvrage de mangas « Gâto » en 2010, s’adressant plus particulièrement aux enfants.

Ont suivi : « Romiette et Juléo », « Pour quelques diamants de plus », « Master H » et « FAF, Police Criminelle » adaptés à un public adolescent et adultes et un roman avec des illustrations de style manga avec un carnet de croquis : «Les descendants d’Avallac, l’Eternité pour te haïr»...

CARO’LYN organise également de nombreux ateliers de dessins dans les bibliothèques, médiathèques, en milieu scolaire et propose des cours particuliers.
Ses ateliers sont ouvert à tous, aussi bien aux néophytes qu’à ceux qui ont des connaissances.



Mikaël LE BESTIAU

« « J'ai commencé à dessiner vers l'âge de 8 ans. Mon premier dessin était Sangoku le héros de Dragon Ball Z et pendant de nombreuses années j'ai dessiné et dessiné du DBZ. Au collège, je dessinais au lieu d'écouter mon prof. Puis un jour j'ai rencontré un homme qui m'a dit : "pourquoi ne pas inventer des personnages?" Et j'ai commencé à créer différents personnages.
En 3ème, je devais choisir mon orientation.Je voulais déjà être dessinateur de BD, mais il n'y avait que les Beaux-Arts à Paris qu'on m'avait proposé et je n'avais pas le niveau scolaire pour. Alors j'ai choisi un autre métier artistique, celui de Bijoutier.

 


Après mes études de 4 ans où j'ai obtenu mon CAP et mon BAC Pro, j'ai travaillé comme bijoutier-créateur. Suite à un licenciement économique, j'ai décidé de chercher une formation en BD. Après 3 ans d'études et 58 devoirs j'ai obtenu mon certificat (niveau BTS) en Février 2014.
Aujourd'hui j'essaie de vivre du dessin. J'ai un emploi à mi-temps à côté, mais j'ai enfin pu créer ma première BD "COMIC PARODY".
Actuellement je travail sur un projet Manga: "KLÜU L'OMMORC". » »


MARIE MORGANE

Dessinatrice de bandes dessinées et scénariste, Marie Morgane née à Sainte-Colombe, à côté de Vienne, une ancienne ville romaine, Marie Morgane a suivi des études en communication, pendant lesquelles elle a pris des cours de dessin avec un professeur de l’école Émile Cohl de Lyon. Intriguée par l’histoire de la Bête du Gévaudan, le projet de Lupus Deï est né lors de ses études, puis a été rangé dans les cartons en entrant dans la vie active. Après avoir enchaîné différentes expériences qui n’ont pas abouti sur du concret, elle a décidé de laisser libre cours à sa passion de raconter des histoires, en se lançant dans le neuvième Art. C’est avec les encouragements et le soutien des siens, que Lupus Deï a vu le jour. Toujours désireuse de faire partager son univers en le mettant en dessins, d’autres projets sont également en cours.

En 2015, elle sort le premier tome de "Lupus dei" chez Vilkacis.
En 2016, ce volume est repris par Yil éditions.

Ces trois jeunes et talentueux artistes participent à de nombreuses expositions, salons et foires de bandes dessinées et du livre, donnent des cours privés ou collectifs …

Venez les rencontrer, les découvrir ou les redecouvrir dans leurs derniers ouvrages à la galerie du Châtelet à Chalon-sur-Saône, ce samedi de 10h à 19h et dimanche de 10h à 16h.

Ils sont accueillants et très joyeux.

Article et photos : Christiane Chapé

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Infos pratiques :

* Caro-Lyn : 06 28 92 81 74
creation@caro-lyn.fr
www.caro-lyn.fr
page facebook : caro-lyn Illustratrice mange et sur Tipeee !!!

* Mikaël Le Bestiau : 06 37 94 01 03
lebestiau@yahoo.fr
https://lebestiau.blogspot.fr
page facebook : http:/www.facebook.com/mikael.lebestiau

* MARIE MORGANE : 06 71 58 47 05
c.manteau900@orange.fr

 
 
 
 
 
Imprimer - - par christiane chapé - 26 jan 2019

BD à Angoulême : Exposition Tomtom et Nana...

Bien arrivés à l'expo et immédiatement les souvenirs d’enfance ressurgissent devant les aventures de Tomtom et Nana, un retour en arrière devant ses anecdotes racontées par Bernadette Després elle-même… Au cours du voyage dans l’univers enfantin et fulgurant de Bernadette, on se rend compte du travail de titan qu’elle a réalisé : un doux mélange de quotidien familial « bordélique » et de classes délirantes !


Mais aussi des situations loufoques vécues dans la vie réelle sont retranscrites dans ses bandes dessinées. Elle était complètement immergée au cœur d’une classe allant même dessiner directement sous les yeux émerveillés de ses élèves. Chaque enfant pouvait se reconnaître par la ressemblance tant de leur caractère que de leur physique.


Elle avait une double tâche celle de reporter et enseignante. Elle rapportait les faits délirants et les situations drôles et dramatiques… Et, Maîtresse enfermée dans son rôle de transmission, mission qu’elle retranscrivait dans certaines de ses bandes dessinées dont la première ZAZA qui expose une drôle de classe. Ces bandes dessinées ont marqué fortement des générations précédentes. J’ai pu voir l’évolution de son œuvre au cours de l’expo comment a pu naître l’œuvre qui a marqué sa carrière et conquis tout d’une époque TOMTOM ET NANA qui par la suite sera déclinée en jouets, jeux de société, musiques qu’elle a elle-même créés ou enjolivés de sa touche personnelle. Notamment, celle du bain qui a ébloui les plus jeunes aussi bien que les adultes.

La majeure partie de ces œuvres sont un assemblage d’anecdotes anodines arrivées à ses proches. Un projet souligné par ce jeu de société de Tomtom. Un jeu de société qui se joue en famille dans la joie et la bonne humeur.

Cà m’a rappelé mon enfance personnelle : une famille délirante remplie de disputes entre frères et sœurs comme Tomtom et Nana. Des phénomènes insolites qui sont drôles et loufoques.

Puis nous arrivons dans une salle qui nous ramène dans sa salle de travail, une reproduction de son bureau où elle dessinait Tomtom, autour d’une scénographie rassemblant les scènes mythiques de Tomtom et Nana. Une mise en scène qui a ému Bernadette.

Au fond une scène rassemble les dédicaces des plus grands dessinateurs contemporains de bandes dessinées en représentant l’icône de la bande dessinée Tomtom et Nana avec un style qui leur sont propres. Des œuvres artistiques qui ont surpris la dessinatrice concernée avec énormément d’émotion.

Elles sait que dorénavant sont œuvre se prolongera dans les générations futures quand elles a vu le nouveau Tomtom avec un graphisme plus moderne mais toujours la même drame au niveau de l’histoire originale.

Imprimer - - par Bazir, étudiant de la TAIS de l'IUT de Chalon - 25 jan 2019

BD à Angoulême : Vous avez dit Matsumoto ?

En ce premier jour au Festival de la BD à Angoulême Dorian et moi nous sommes rendus à une exposition intitulée « Dessiner l’enfance » dédiée au mangaka Taiyo Matsumoto.

Cet artiste représente le monde par le regard et la perception qu’en aurait un enfant.



Guidés par un commissaire d’exposition, nous avons pu découvrir les 200 planches originales illustrant 30 ans de carrière et d’expérimentations graphiques.

Inspiré par l’auteur d’Akira (Katsuhiro Otomo), Taiyo Matsumoto a débuté sa carrière de mangaka avec la volonté de raconter le traumatisme qui a marqué son enfance : son placement en foyer à l’âge de 6-7 ans. De ce traumatisme est né une méfiance à l’égard des adultes et de leur monde qu’il dépeint comme violent. Il va d’ailleurs volontairement exclure les adultes de ses œuvres pour les remplacer par des enfants ou des vieillards.


Matsumoto dépeint dans ses œuvres un monde très ancré dans la réalité tout en étant animé par des fantasmes enfantins. On y trouve des personnages non-conventionnels sous un coup de crayon qui se révèle être original, incluant même quelques fois des vrais dessins d’enfants intégrés dans les œuvres.

En effet, se détachant des standards du manga actuel, Matsumoto sait se différencier des Shônen classiques avec notamment l’absence de traits de vitesse, des personnages possédant une apparence qui évolue (vêtements et cheveux qui changent) ou encore une déformation des perspectives (avec l’effet fish eye par exemple).

Taiyo Matsumoto n’a cessé de faire évoluer son style avec des inspirations allant d’Akira à des œuvres plus occidentales (par exemple Möbius).


Il porte une attention toute particulière au rythme et à la structure de ses planches avec un découpage parfois atypique.


Les onomatopées sont également très stylisées et mises en avant. En effet, sur quelques planches côtes à côtes il est possible de voir des onomatopées grandir pour finalement occuper une bonne partie d’une des planches, signifiant ainsi le bruit grandissant de l’avion en approche.

Au sein de chacune de ses œuvres, il est possible de retrouver plusieurs éléments récurrents tels que les fleurs pour signifier la mort, les papillons ou encore les chats.
Après de nombreuses années d’expériences graphiques, Taiyo Matsumoto a fini par tout regrouper dans un manga autobiographique intitulé « Sunny ».

Il travaille actuellement sur un nouveau manga mais malheureusement nous n’avons pas encore d’informations.

Imprimer - - par Julie et Dorian, étudiants en TAIS à l'IUT de Chalon-sur-Saône - 25 jan 2019

Jérémie Moreau s'expose à Angoulême...

Lorsque j'ai eu pour la toute première fois "La saga de Grimr" entre les mains, je ne fus pas immédiatement conquise par le graphisme des dessins. Mais ne m'arrêtant pas à ma première impression j'ai dévoré le livre et j'ai vraiment été séduite par les superbes aquarelles de Jérémie Moreau, qui m'a fait voyager à travers l'Islande et ses différentes facettes.


C'est pourquoi j'étais plutôt enthousiaste d'aller visiter l'exposition "La Saga de Jérémie Moreau", qui me permettrait de découvrir plus en profondeur le travail de l'artiste.

Et quelle surprise !


Il faut savoir que Jérémie, dès l'âge de 8 ans et chaque année ensuite, a participé au concours de jeunes talents d'Angoulême, recevant même le prix à ses 16 ans. Il est donc intéressant de voir comment toute l'évolution du travail de l'artiste est retracée par l'exposition, de ses (presque) toutes premières planches à ses projets en cours. Le visiteur déambulera à travers des présentoirs en carton présentant différentes planches originales et agrandissements. Ce qui interpelle fortement dans le travail de ce jeune prodige, c'est son style très hétéroclite. Ce dernier change selon ses inspirations du moment, qui peuvent aussi bien puiser chez différents artistes tels que Marc-Antoine Matthieu, Tezuka ou encore dans l'art brut avec le Facteur Cheval. Mais Jérémie avoue également être fortement influencé par la philosophie, même si cela complexifie son écriture et rend ses projets plus difficiles à aboutir.


Le jeune homme, s'il a pu par le passé utiliser fortement l'outil numérique et ce, notamment pour son travail en studio d'animation, a voulu peu à peu monter les marches vers un dessin entièrement traditionnel. Nous pouvons ainsi admirer les planches qui passe du dessin au noir et blanc de "Max Winsor" à celui tout en lavis de gris dans "Tempête au Haras" pour finir avec les dynamiques aquarelles de "La Saga de Grimr" qui a valu à l'artiste son Fauve d'Or. Il est également intéressant de voir comment sa méthode de travail a évolué au cours des années, notamment dans le découpage des planches.


"La Saga de Jérémie Moreau" nous conte l'histoire d'un petit garçon qui est devenu un grand auteur et qui ne se repose pas sur ses acquis mais cherche sans cesse à faire évoluer son style, à oser.

Alors si vous passez par Angoulême, osez parcourir le monde hétéroclite de Jérémie Moreau !

Imprimer - - par Estelle, étudiante en TAIS à l'IUT de Chalon-sur-Saône - 25 jan 2019





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