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BANDES DESSINÉES... Plus de 700 articles (janvier 2019)

La BD est en force sur vivre-a-chalon.com

BD...

En partenariat avec des étudiants de l'IUT (Licence TAIS) et Michel BONNET cette rubrique s'intéresse  au "neuvième art" en général mais, et, c'est la raison d'être de notre média,  également aux acteurs chalonnais et aux initiatives locales dans le droit fil du projet "Chalon en bulles" dont Michel Bonnet fut l'initiateur et l'animateur il y a quelques années.

Avec son équipe il ira à votre rencontre... mais n'hésitez pas à faire le premier pas si vous partagez cette passion pour les bulles !

 

Des textes, des photos, des interviews audio, des vidéos...
Bonne promenade !


 

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Midway ? Une bataille, une bande dessinée et c'est à découvrir !

Nous ne sommes que de pauvres Français et à ce titre nous connaissons très mal l’histoire du monde. Ce n’est pas de notre faute, c’est que nous n’apprenons l’histoire qu’à travers le prisme étroit de celle de l’Hexagone… Du coup, si on nous dit bataille de Midway, nous ne savons pas trop que penser… Les plus érudits osent affirmer, du bout des lèvres, « Guerre du Pacifique » mais, là encore, sans aller beaucoup plus loin… Le mérite de cette collection « Les grandes batailles navales », dirigée par Jean-Yves Delitte, est justement de nous faire progresser, découvrir, apprendre tout en nous racontant des histoires bien humaines…

 

Commençons juste par une précision de taille, la bataille de Midway est un engagement aéronaval et la bande dessinée passionnera autant les amateurs de la mer que ceux des avions… C’est peut-être même plus une bande dessinée touchant à l’aéronautique car on va suivre avant tout quatre aviateurs…

 

Cette bataille va opposer les forces nippones et les forces américaines, au début du mois de juin 1942. A ce moment-là, le Japon a tendance à tout réussir et les chefs militaires semblent invulnérables. Le Japon pense avoir l’occasion de détruire définitivement les forces aéronavales américaines en attirant les porte-avions américains dans un piège au niveau de l’atoll de Midway… C’est du moins le plan de l’amiral Yamamoto…

 

En fait, tout ne se passera pas comme prévu et cette victoire américaine marquera le début de la fin pour les Japonais même si la guerre durera encore 3 ans !

 

Revenons-en à la bande dessinée elle-même… Dans cette collection, à chaque fois pour chaque bataille, tout en racontant le général on s’intéresse au particulier. Là, il va s’agir du destin de quatre jeunes américains originaire de Pennsylvanie. Tout commence par l’arrivée à Pearl Harbor juste après le bombardement par les Japonais. Tout est détruit ou presque et c’est le temps de l’urgence. Nos quatre jeunes pilotes donnent un coup de main avant de recevoir chacun leur affectation… Doug ira à Midway, un lieu qui semble éloigné de la guerre tandis que les trois autres iront sur le Lexington pour deux d’entre eux et à Wheeler pour le dernier… On va donc suivre au départ ce fameux Doug qui va se retrouver au cœur du piège nippon…

 

Ce qui m’a beaucoup plu dans cette bande dessinée, c’est le ton utilisé par Jean-Yves Delitte – le scénariste – pour raconter la guerre. Ici, il n’y a pas les gentils et les méchants, les Japonais violents et les doux Américains… Il y a des soldats pris aux pièges de la guerre, qui s’interrogent, qui souffrent et finissent par mourir pour beaucoup d’entre eux… Un bateau qui coule, un bâtiment torpillé, un avion qui s’écrase dans le Pacifique, c’est à chaque fois une souffrance humaine, une tragédie individuelle avant d’être une fête nationale ou un mythe mémoriel… Oui, la guerre c’est avant tout moche !

 

Le dessin de Giuseppe Baiguera avait déjà retenu mon attention dans l’album Tsushima, une autre bataille navale japonaise. Il a beau être italien, il devient spécialiste d’un genre particulier, les forces navales japonaises… Il rend très bien les combats aériens et les parties navales sont parfaites et il ne pouvait pas en être autrement dans cette collection que je suis avec beaucoup de plaisir n’étant pas un spécialiste de l’histoire maritime. Au moins, avec ces grandes batailles navales, je finis par combler certaines lacunes historiques…

 

Chaque bataille peut être lue séparément et donc on peut parfaitement commencer avec ce Midway de Delitte et Baiguera !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 18 avr 2019

BD : Il est encore temps de découvrir Fun home !

J’ai lu en 2007 une des bandes dessinées les plus touchantes de ma vie. Elle va, immédiatement, rejoindre des ouvrages aussi forts et percutants, aussi humains et bouleversants, que « Pilules bleues », « Blankets », « Journal de mon père », c’est à dire ce qui restera comme des grands récits utilisant le mode narratif bédé. D’ailleurs, on n’ose plus classer ces ouvrages en bédé, on parle de romans graphiques, d’autobiographies dessinées, mais ce ne sont pas des albums bédé comme ceux que nous avons connus dans notre enfance. Car, sans rien enlever aux auteurs qui ont réjoui mon cœur pendant des années, je suis bien obligé de dire que la bande dessinée a mûri de façon étonnante ces dernières décennies et Alison Bechdel nous livre avec « Fun Home », un morceau de choix que je vous invite à découvrir le plus rapidement possible… Si je vous en parle aujourd’hui c’est que je suis en train de lire, de la même autrice, « C’est toi ma maman ? », et que je voulais que vous ayez « Fun home » en tête avant que je vous présente cette dernière…

 

« Fun Home » est un récit de 236 pages petit format, dessinées en noir et blanc, légèrement accompagnées d’une couleur bleue admirablement bien posée. C’est à la première personne car Alison Bechdel nous raconte sa jeunesse, la vie de sa famille jusqu’à la mort de son père. En fait, elle nous parle surtout de ses rapports avec son père, de ce qu’elle est devenue, et les deux sont, peut-être, pourquoi pas, liés…

 


Son papa était professeur de littérature dans une petite ville de Pennsylvanie. La famille habitait une vieille maison construite en 1967 et qui avait un petit quelque chose de néo-gothique. Mais la maison, qui pouvait faire riche, servait aussi de funérarium et le professeur de littérature pouvait se transformer en croque-mort. De quoi faire germer de nombreuses questions dans la tête d’un enfant…


Mais cette autobiographie est aussi l’histoire d’une femme qui se découvre homosexuelle et qui se demande pourquoi… fatalité… éducation… hérédité… Oui, la question est bien là, le pourquoi. Alison navigue entre certitude et interrogation, affirmation et doute, rencontre et recherche, parents et amis, livres et livres… Oui, la littérature est capitale pour cette jeune fille, fille d’enseignant de littérature. Je n’ai pas été capable de retrouver toutes les allusions littéraires mais un grand nombre sont assez universelles pour que le lecteur prenne beaucoup de plaisir avec cet ouvrage qui montre de façon indéniable que bande et dessinée et littérature peuvent faire bon ménage… Eh ! oui !!!


Serez-vous convaincus par Alison Bechdel ? Ce sera à vous de le dire après une lecture complète. Ce qui est certain, j’en suis sûr, c’est que nous avons là, dans les mains, un ouvrage d’une qualité extrême qui devrait ravir un grand nombre de lecteurs…


Moi, j’ai adoré et je ne peux que vous conseiller de vous lancer dans ce livre qui laissera des traces indélébiles dans l’histoire de la bédé… et, bientôt, je vous parlerai de l’ouvrage qu’Alison Bechdel consacre à sa mère…

Imprimer - - par Bonnet Michel - 17 avr 2019

Une très belle collection citoyenne en BD !!!

Pour tous ceux qui en sont restés à des stéréotypes sur la bande dessinée, à tous ceux qui croient encore qu’elle n’est là que pour vendre de l’aventure à des jeunes hommes dénués d’imagination et faire rire des jeunes décérébrés, il est grand temps d’aller découvrir les bandes dessinées coéditées par les éditions du Seuil et Delcourt !

 

Il ne s’agit pas d’un coup commercial – même s’il n’est pas interdit de vendre beaucoup – mais bien d’une volonté d’offrir au lecteur des textes de qualité, solides et ouvrant à une réflexion profonde sur le monde d’aujourd’hui, sous la forme de bandes dessinées et donc beaucoup plus accessibles au grand public, ce qui n’est pas un gros mot ! Oui, il s’agit bien d’une vulgarisation ambitieuse et pédagogique !

 

D’un côté, les Éditions du Seuil possèdent un catalogue ouvert aux sciences humaines avec des enquêtes, des essais et des grands noms. De l’autre côté, un éditeur de bédés qui met tout son professionnalisme au service de ces auteurs engagés dans leur temps !

 

C’est en septembre 2017 que le premier titre est sorti mais entre-temps le coup d’essai a été confirmé et les titres se succèdent avec bonheur pour le lecteur que je suis… Les derniers titres sont tous simplement excellents et je voulais le signaler avant de revenir vous en parler en détail…

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 14 avr 2019

L'art du sushi en bande dessinée... Miam miam...

Parfois, un titre peut être trompeur, plus exactement, il peut masquer une réalité, une force, une qualité. Quand vous voyez un ouvrage porter le titre « L’art du sushi », il est en gros impossible d’imaginer où tout cela peut vous emmener. De plus, s’il s’agit d’une bande dessinée, vous pouvez même avoir la vue parasitée par des a priori, des préjugés, des stéréotypes… Encore l’ouvrage d’un fan de manga qui va nous vanter la nourriture nippone…

 

 

Il y a quelques années, j’avais lu avec beaucoup d’intérêt une bande dessinée, « Les secrets du chocolat », de Franckie Alarcon. J’avais découvert un auteur curieux qui n’avait pas hésité à suivre le chocolatier Jacques Genin dans son atelier pour justement ne pas se contenter de banalités sur le chocolat. L’ouvrage était réussi, il donnait envie de déguster, de découvrir, de faire découvrir… Du coup, comme c’est aussi lui qui est l’auteur de « L’art du sushi », j’ai eu envie d’essayer…

 

Pourtant, ma culture du poisson est d’une toute autre nature que celle du sushi. Je mange et déguste le poisson depuis toujours, un poisson frais, péché en Bretagne et cuisiné avec amour… C’est ma mère qui m’a initié à cette cuisine et le poisson frais de Quiberon et Etel est venu me fournir au fur et à mesure la matière première… Tardivement, après un voyage dans le Pacifique de mon père, on a compris que l’on pouvait aussi manger avec plaisir du poisson cru… mais de là à passer au sushi, le chemin était long à franchir d’autant plus que je n’aime pas le riz, du moins c’est ce que je me disais…

 

J’ai donc ouvert cette bande dessinée avec curiosité, sans en attendre trop mais curieux de voir si j’allais changer d’avis sur la cuisine nippone, ou plus exactement un des aspects de cette gastronomie…

 

Je dis bien gastronomie, dans un premier temps, puisque Franckie Alarcon nous emmène directement chez l’un des grands maitres du domaine, Hachiro Mizutani, chef triplement étoilé ! Oui, cet « Art du sushi » nous conduit au cœur de la civilisation « sushi », au Japon. Néanmoins, on aurait pu se limiter à cette visite et c’est d’ailleurs passionnant ! Mais, et c’est bien là que l’ouvrage passe de belle curiosité à livre époustouflant, nous allons voyager à travers tous les aspects de cet art. Nous aurons donc le marché au poisson de Tokyo, la pêche, la culture des algues, le choix des riz, la fabrication du saké, la découpe du poisson, le sushi populaire, le sushi familial… Bref, quand on termine le livre qui se lit d’une seule traite comme un grand reportage de Kessel – non, je n’ai parié avec personne de replacer le nom de mon journaliste-auteur préféré dans cette chronique mais c’est venu comme une évidence – on n’a plus qu’une seule envie, celle de faire ses bagages pour le Soleil Levant…

 

Toutefois, avant de réaliser ce grand voyage, je fais de plus en plus attention au riz, aux différentes sortes de riz, à la cuisson, à la température, à la dégustation. Je ne suis pas devenu amateur de riz mais je reconnais que je ne connaissais pas du tout cette céréale !

 

Franckie Alarcon a réussi aussi à mettre en scène des explications culinaires et gastronomiques en les transformant en grande aventure ! Il fallait le faire mais sa narration graphique se prête totalement à cela et il sait en tirer avantage !

 

Cet ouvrage est donc destiné à un très large public du cuisinier au gastronome en passant par l’amateur du Japon et le fan de manga – culture nippone oblige – sans oublier, bien sûr, le gourmet de sushi qui trouvera là le B-A BA de son « art du sushi » !

 

Après le chocolat et le sushi, on se demande où pourra nous guider Franckie Alarcon pour son prochain album
Imprimer - - par Bonnet Michel - 13 avr 2019

Un thriller psychologique du tonnerre... en bédé !!!

J’appartiens au groupe de ceux qui ont découvert Timothé Le Boucher avec son ouvrage « Ces jours qui disparaissent » et je n’ai toujours pas eu l’occasion de découvrir ses autres ouvrages, en particulier « Skins party » ! Le premier album lu avait été le choc, la surprise, une sorte de bluff magistral qui m’avait presque laissé sans voix… Je me demandais, en fait, comment Timothé Le Boucher allait pouvoir poursuivre son travail en restant au même niveau qualitatif…

 

 

Puis, j’ai ouvert « Le patient » et j’ai oublié « Ces jours qui disparaissent ». Je n’avais rien lu sur ce nouvel opus, j’ai ouvert simplement avec cette petite pointe de curiosité que j’ai parfois en me demandant ce que j’allais trouver… Et je n’ai reposé l’ouvrage que lecture terminée… J’étais secoué, ébahi, touché profondément et admiratif pour cet auteur de 30 ans capable de réaliser un tel ouvrage !

 

Autant dire qu’écrire sur un tel album est assez complexe car avec le genre thriller le chroniqueur doit être prudent. Comment en dire assez pour donner envie et pas trop pour ne pas briser le suspense magistralement maitrisé par l’auteur. En fait, ce qui est rassurant c’est que les rebondissements étant très nombreux, le fond psychologique très dense et la narration graphique d’une efficacité diabolique, même si un ou deux éléments m’échappaient, vous seriez encore surpris toutes les dix ou quinze pages… et il y en a presque trois cents !

 

 

Tout commence la nuit, dans un village, avec une jeune fille qui erre, pieds nus, un couteau à la main… Les forces de l’ordre vont l’interpeller. Le sang dégouline sur elle… Et ainsi commence l’affaire du « Massacre de la rue des Corneille »…

 

En effet, dans une maison de ce bourg paisible, il y a des cadavres sauvagement assassinés, une famille entière est décimée… Un seul survivant, Pierre Grimaud, 15 ans, dans le coma profond…

 

Et c’est bien à partir de maintenant que je dois me taire sur le scénario car le thriller commence et le lecteur est à la merci de son scénariste Timothé Le Boucher… Ce scénario est parfaitement maitrisé et les informations arrivent au lecteur comme un goutte-à-goutte à l’hôpital, en dose homéopathique… La vérité prend forme, au fur et à mesure, et chaque fois que vous croyez avoir compris… un élément nouveau met à mal vos certitudes… Jusqu’à la fin qui laisse planer encore quelques doutes…

 

Les personnages sont tous crédibles, profondément humains, marqués par leurs expériences, leurs vies, leurs drames… C’est peu dire que ce thriller est psychologique car cette histoire se déroule essentiellement dans un hôpital avec des personnages à mobilité limitée. Ce qui est magistral chez Timothé Le Boucher et sa narration graphique, c’est de pouvoir transmettre au lecteur, avec le média bédé, un dialogue, par exemple, entre un malade et une psy, sur de nombreuses pages sans que le lecteur ressente le moindre ennui !

 

Le dessin est assez difficile à classer – mais faut-il toujours classer tout ? – mais on peut raisonnablement dire qu’il est réaliste, presque classique avec des phases où on pourrait parler de ligne claire, d’une certaine forme de ligne claire. Mais, car tout n’est pas simple, on a aussi quelques magnifiques séquences nocturnes d’un genre différent avec l’envie de plonger le lecteur dans l’angoisse, le mystère, le doute… Enfin, on peut affirmer que Timothé Le Boucher est aussi marqué par le manga et sa narration spécifique et à ce titre les yeux ont une importance capitale…

 

Enfin, pour clore cette chronique, disons que les thèmes sont multiples et presque tous aussi fascinants les uns que les autres… Il y a la vie, le temps, la culpabilité, l’importance de la parole, l’identité, le rapport au corps, la relation à l’autre, la confiance, la mort… Bref, si on réfléchit un peu, on parle ici de la vie humaine sous toutes ses formes… Et l’auteur n’a que trente ans !!!

 

On a envie de dire que si les petits cochons ne le mangent pas trop tôt… Mais il faut rester « patient » !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 9 avr 2019

BD : Mrs Prickly à Chalon...

Aujourd'hui, c'était la grande journée de la BD dans le cadre des 48H BD... Un lot de bandes dessinées vendues à prix modique pour faire découvrir des séries, des artistes, des titres... et à l'Antre des bulles, librairie spécialisée de Chalon-sur-Saône, une autrice pour faire dessiner les enfants puis dédicacer ses albums... Que du bonheur dans les yeux de ces enfants que j'ai eu le plaisir de croiser cet après-midi... Merci à Miss Prickly...
Imprimer - - par Bonnet Michel - 6 avr 2019

Nouvelle séance de dédicace à l'Antre des bulles de Chalon, pour les jeunes lecteurs !

 

A l'occasion des 48H BD, on annonce que Miss Prickly sera en dédicace à la librairie L’antre des bulles de Chalon-sur-Saône, samedi 6 avril à partir de 15h30. Elle vient spécialement pour son petit dernier "Animal Jack".

 

Je l’avais rencontrée pour la première fois à Chambéry lors du salon BD de cette ville. Elle était en compagnie de Laurent Dufreney, le scénariste de la série « A cheval » dont elle était la dessinatrice…


Cette fois-ci on oublie le cheval et ceux qui l’aiment pour se consacrer à tous les animaux puisque Jack, petit garçon et personnage principal de cette histoire, peut se transformer depuis sa naissance en animal… Il a le choix puisqu’a priori il peut se transformer en n’importe quel animal… Seulement, voilà, tout cela peut sembler agréable et drôle mais quand on habite un village en forêt dont tous les enfants disparaissent… Le petit Jack va avoir du boulot sur la planche pour trouver ce qui se passe au cœur de la forêt…  

 

Voici en tous cas une autrice pour la jeunesse dont les plus jeunes lecteurs chalonnais devraient profiter… Dis Maman, on peut avoir un petit livre dédicacé… Oh, dis oui !

 

 
 
 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 3 avr 2019

Harmony vous présente le festival de la bande dessinée de Cluny où elle a été en reportage !

 

Ce dimanche 31 mars à Cluny s'est déroulé le deuxième jour de la vingtième-et-unième édition du Festival de la BD, dans l'Abbaye, et au milieu des étudiants en blouse bariolée de l'ENSAM, donnant ainsi l'impression de déambuler au sein de Poudlard.



Cette année, la marraine du festival était Yrgane Ramon, que l'on retrouve derrière Cath et son chat, série d'ailleurs mise à l'honneur sur l'affiche dont la dessinatrice a été chargée, conformément au rôle important qu'elle a tenu durant cette édition.


Les visiteurs ont ainsi eu droit à bien des choses intéressantes. Des bandes-dessinées, des grands classiques aux dernières nées, étaient à vendre. De même, bien des auteurs étaient présents, pour des séances de dédicace, à condition bien sûr d'être suffisamment patient. En effet, le succès de certains d'entre eux était tel qu'il fallait prévoir un certain temps d'attente dans la queue avant d'obtenir ce que l'on voulait des invités.



Mais ce n'était pas tout! L'une des salles était mobilisée afin d'héberger l'exposition concernant Le bruit de la machine à écrire, œuvre produite par Hervé Loiselet et Benoît Blary. Un ouvrage qui traite de l'un des plus grands mystères de Cluny, et qui, on en est certain, saura plaire aux passionnés d'Histoire, et plus particulièrement de la Seconde Guerre Mondiale...

 

 

Imprimer - - par Harmony, étudiante en TAIS à l'IUT de Chalon-sur-Saône - 2 avr 2019

Un bonne bande dessinée pour la jeunesse... (8 à 12 ans)

Quand j'entends parler de Club des cinq, je l'avoue, je pense immédiatement à Carnac. Il faut dire que l'histoire se déroule le plus souvent en face de l'île de Kernach or ce nom-là, quand on passe ses vacances à Carnac en France, permet une assimilation totale. Donc, pour moi, de façon définitive, les aventures du Club des Cinq se passaient à Carnac...

 

 

Le lieu principal de vie, la villa des mouettes, est la demeure de la famille de Claudine (attention, dites plutôt Claude si vous ne voulez pas la fâcher). Là, c'est la solitude et le calme pour cette fille qui veut souvent jouer les garçons. Or, pour les vacances, s'annoncent les cousins François, Mick et Annie. Claude n'a pas envie de compagnie et va commencer par bouder avant de réaliser que la vie active tous ensemble peut présenter un intérêt certain...

 

Cette première histoire adaptée par Béja et Nataël, est tirée du premier roman d'Enid Blyton, Le club des Cinq et le trésor de l'île, un roman de 1942. Alors, bien sûr, comme les deux auteurs sont fidèles à la romancière britannique, on peut affirmer sans prendre de risques, que plus d'un élément de cette aventure pourront paraitre désuets, dépassés, vieillots... Oui, Enid Blyton est marquée par son époque, par une morale familiale ancestrale, par des us et coutumes de la vieille Angleterre... Mais, disons-le tout de suite, la bande dessinée se lit sans problème et va certainement enchanter plus d'un lecteur et pas seulement ceux de plus de soixante ans devenus grands-parents !

 

Les grands fondamentaux de l'aventure sont là : une île, la mer, la tempête, un vieux château en ruines, un trésor et surtout des méchants ! Bien sûr, comme il s'agit bien d'une aventure pour jeunes lecteurs, il y a aussi un chien, le fameux Dagobert (Timothy dans la version anglaise). C'est le cinquième membre du club et il joue toujours un rôle important même quand il se fait exclure de la maison par le père de Claude, Henri Dorsel, un savant à la triste figure qui est toujours submergé de travail et qui ne supporte pas le bruit, ni celui du chien, ni celui des enfants entrain de jouer...

 

On peut regretter que l'adaptation en ne comporte que 30 planches car, du coup, Nataël a été obligé de pratiquer l'ellipse et la rapidité dans un roman plus calme... Il n'en demeure pas moins que le travail reste très fidèle à Enid Blyton et respectueux de l'intrigue, du caractère des personnages, de l'ambiance générale... On prend juste moins le temps de vivre au rythme des vacances ! Le lecteur adulte peut être un peu frustré car dans sa mémoire les histoires étaient plus longues... Enfin, surtout s'il lisait avec difficulté !

 

Pour ce qui est de la narration graphique, on retrouve là du Béja pur jus, une ligne claire épurée et presque parfaite. Je rappelle que la ligne claire, narration graphique privilégiée par Hergé dans Tintin, c'est dessiner tout ce don le lecteur a besoin pour comprendre l'histoire sans surcharger le dessin d'éléments esthétiques sans importance. Les ombres ne sont là que si elles participent à la narration... Du coup, un dessin simple, clair et précis qui raconte une histoire accessible à tous les lecteurs !

 

Le tout fonctionne très bien et donnera beaucoup de plaisir aux lecteurs à commencer par ceux qui ont lu dans leur jeunesse les romans du Club des Cinq qui trouveront dans cette série une sorte de fontaine de jouvence...

Imprimer - - par Bonnet Michel - 1 avr 2019

BD : Rencontre avec Sess à Cluny...

Un jour, Wandrille m’a donné une bande dessinée et m’a demandé de la lire, d’en parler à la radio, d’en faire la promotion car, pour lui, c’était une réussite éditoriale, je n’ai pas dit commerciale ni financière… C’est ainsi que j’ai lu « Papa pas prêt ». Immédiatement, je l’avoue, j’ai adoré, fait lire, fait tourner… Mais je n’avais pas, en fait, interviewé l’auteur, un certain Sess…

 

Quelques années plus tard, lors du 21ème festival de la bande dessinée de Cluny, je vois un auteur jeunesse au milieu des auteurs de bédés et après quelques minutes de discussion, il accepte de répondre à mes questions… On parle essentiellement de livres pour la jeunesse, la collection Clara et Fulgur Alex en particulier.

 

 

Un des derniers sortis de cette série, « Super-Héros sous hypnose », fera l’objet d’une dédicace pour un de mes petits-enfants… Oui, je ne vous avez pas dit mais un de mes petits-enfants est bien tout simplement un super-héros mais n’ébruitez pas trop l’information qu’il puisse vivre en paix… Et c’est seulement en rentrant à la maison que j’ai fait le rapprochement avec la bande dessinée « Papa pas prêt » qui m’avait tant plu…

 

 

Bon, maintenant, je le connais et la prochaine fois je prolongerai la discussion… Merci Sess pour ces minutes passées ensemble !

 

 

Imprimer - - par Bonnet Michel - 31 mars 2019

Conférence à Cluny pour ouvrir le festival de la BD !!!

Ce jeudi 28 mars à Cluny s'est tenue une conférence-débat dans le cadre du Festival de la BD de Cluny. Animée en particulier par Hervé Loiselet dans le cloître de l'Abbaye, aujourd'hui occupé par l'ENSAM, son sujet était la bande-dessinée intitulée Le bruit de la machine à écrire. Cet ouvrage a été scénarisé par Hervé Loiselet lui-même et dessiné par Beboît Blary.

 

Mais de quoi parle cette œuvre, au juste ? Il ne s'agit ni plus ni moins que de la reconstitution d'une « drôle » d'affaire remontant à la Seconde Guerre Mondiale…

C'est l'histoire de Christa Winsloe et Simone Gentet. Fuyant la violence, elles s'installent à Cluny en février 1944, agissant pour la Résistance. Seulement, leur comportement attire l'attention, dans le sens péjoratif du terme. Une fois arrivées, elles visitent l'endroit, ses environs. Chose peu commune venant de deux parfaites inconnues, dans la ville de Cluny qui vient de subir le traumatisme d'une rafle de 200 personnes, évènement traumatisant compte tenu de la taille du bourg. Mais il n'y a pas que ça : ce sont deux fêtardes, formant un couple lesbien, ce qui est atypique à l’époque. De plus, les deux femmes, directes, disent ce qu’elles pensent souvent sans filtre…



Par ailleurs, travaillant le soir avec une machine à écrire, et Christa recevant beaucoup de courrier, on les soupçonne rapidement de travailler pour la Gestapo. La rumeur se répand…

Elles seront enlevées et abattues le 10 juin 1944 par des résistants, sans aucune preuve de leur dévouement au régime nazi.



Suivant un procédé narratif volontairement circulaire, l'œuvre retrace une affaire historique floue, s'intéressant à ses différents acteurs, entre retours en arrière, détails et moments clés. L'œuvre aborde la question de la place de la Femme dans la Résistance, les conséquences de l'arrivée de deux artistes dans un village fraîchement marqué par la cruauté humaine, ainsi que les côtés sombres de la Résistance.

Pour cette conférence marquant le début du 21ème festival de la BD de Cluny, il y avait de nombreux étudiants de l’ENSAM, les organisateurs de cet évènement…

 

Imprimer - - par Harmony, étudiante en TAIS à l'IUT de Chalon-sur-Saône - 30 mars 2019

Je ne connaissais pas la BD ni le roman... Mais c'est du lourd !

On rentre dans cette série avec délicatesse, sur la pointe des pieds. Pensez-donc, il s’agit d’une adaptation de roman policier en bande dessinée, d’un art mineur dans un autre art mineur, rien ne devrait en sortir de bon… Remarquez, pour ceux qui ont adoré le roman de Pierre Lemaitre, il y a une autre version : pourquoi adapter un tel roman en bédé, ils ne peuvent plus lire un roman maintenant ? Il faut leur faire une version avec des images ? Il y a une dernière version, la mienne…

 

 

Oui, je n’ai pas lu le roman policier de Pierre Lemaitre, je n’ai pas d’idée préconçue sur la question. Pour moi, le roman policier est un art narratif et ludique de qualité comme la bande dessinée un art narratif hybride étonnant. Les deux méritent le détour et le temps de lecture, surtout quand c’est réalisé avec talent !

 

Alors, je disais au départ que nous entrions avec prudence dans cette histoire et c’est tout simplement parce que nous devons faire connaissance avec une équipe qui est au cœur d’une tétralogie, en effet quatre romans de Pierre Lemaitre sont animés par cette équipe de policiers : Camille Verhoeven, le chef, Louis Mariani, Armand et Jean-Claude Maleval. Ce dernier arrive d’ailleurs au début de cet album dans l’équipe. Il faut préciser, pour les lecteurs qui ne connaissent pas la série de romans que le roman qui a servi à cette bédé, Rosy & John, publié en 2013, est le troisième de la série. Au départ un système de nouvelle numérique (Les grands moyens) transformé en roman par la suite… Et donc, Pascal Bertho, le scénariste de la série est obligé de nous donner un certain nombre d’éléments de présentation de l’équipe pour que nous puissions suivre…

 

Mais tout va s’enchainer très vite car une explosion va survenir dans Paris en faisant tomber un échafaudage qui va blesser quelques personnes tandis que l’un des équipiers policier va tout simplement se marier pour la quatrième fois… Or, cette explosion criminelle a été entièrement filmée du début à la fin… Qui est donc ce jeune homme qui a fait le coup ?

 

L’équipe de Verhoeven va devoir résoudre cette question très rapidement mais, surtout, tenter d’empêcher une escalade de la violence… Car le jeune homme, « ce dangereux terroriste », se livre à la police de lui-même… Mais son message est complexe : si vous n’accédez pas à mes requêtes, d’autres bombes vont exploser !

 

Comme je vous en ai déjà dit beaucoup, j’ai bien envie de vous laisser découvrir cette histoire, la complexité de ce John Garnier, de sa mère, de ses motivations… C’est vraiment de qualité avec un scénario construit et solide… On devine très difficilement les dessous de cette affaire… Disons que l’on découvre les choses en même temps que Camille Verhoeven…

 

Quelques mots sur ce Camille Verhoeven, ce commandant de police… En fait, il est petit, enfin, tout petit, genre 1m40. Il est aussi chauve, assez solitaire même s’il a une compagne… Le personnage n’est pas strictement attachant au départ car il met un peu mal à l’aise… On dirait facilement de lui qu’il est « chi… ». Mais reconnaissons qu’il est efficace, actif et qu’il sait mobiliser ses policiers !

 

Je suis tenté de dire qu’il s’agit d’une très bonne bande dessinée, d’un bon début de série… Une série où chaque album racontera une enquête complète ce que le lecteur appréciera. Quant à la qualité de l’adaptation, je ne prononcerai que lorsque j’aurai lu les romans…

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 30 mars 2019

Dédicace BD à l'Antre des bulles de Chalon ! C'est aujourd'hui !

Aujourd'hui, à la librairie L'antre des bulles, à Chalon-sur-Saône, deux auteurs seront présents pour présenter un travail commun, la série Faucheurs de vent. Il s'agit de Cédric Fernandez et Thierry Lamy... Ce sera de 15h à 19h...
Imprimer - - par Bonnet Michel - 30 mars 2019

BD : Amazonie, magnifique série à découvrir...

Depuis 2016, à raison d’un album par an, nous avons pris le cap de l’Amazonie en compagnie des scénaristes Rodolphe et Leo, avec Bertrand Marchal au dessin… Il s’agit de la saison 3 de la série Kenya, une série entre espionnage et fantastique, ancrée dans les années qui suivent la Seconde Guerre mondiale…

 

 

Pendant quelques années, le scénariste Rodolphe et le dessinateur Léo ont travaillé ensemble sur une magnifique série, atypique et inclassable, sorte de western canadien plein de poésie, Trent. Mais, comme cela arrive parfois, les meilleures créations ne se vendent pas aussi bien que ce qu’espérait l’éditeur et il faut se tourner vers autre chose. Ou alors, les auteurs se lassent et ont l’impression de n’avoir plus rien à dire dans cet univers, avec ces personnages… Peut-être aussi que le western, même atypique, est passé de mode… Qu’importe, ce qui compte c’est bien de voir ces deux grands auteurs continuer de travailler ensemble…

 

Alors, un jour, lors d’un repas entre potes, ce genre de soirée où l’on reconstruit le monde, où on note sur un bord de nappe des mots, des idées… est née l’envie de raconter une histoire fantastique avec un fond espionnage, le tout après la seconde guerre mondiale !

 


 

Tout commence quelques années après la seconde guerre mondiale, en 1947, au Kenya. Nous sommes en train de faire un safari en compagnie d’un américain, John Remington. C’est un être rude, imbu de sa personne, misogyne et violent. Il se comporte en tyran, impose ses points de vue et sa présence met une grosse pression dans le groupe qui l’accompagne… Mais durant ce safari, un événement va se produire : l’arrivée au Kenya d’un grand nombre d’animaux préhistoriques, des espèces qui ont quitté la terre depuis des centaines, des milliers d’années… John et ses « amis » disparaissent… Aucune trace !


Mademoiselle Katherine Austin est, alors, envoyée au Kenya pour savoir ce qui s’y passe. Ce sont les services secrets anglais qui l’emploient et sa couverture est assez simple, professeur d’anglais dans un collège à Mombasa. Mais ses collègues semblent aussi assez suspects, peut-être émargent-ils, eux-aussi, auprès de services concurrents…

 

Ce fut Kenya, avec un cycle de cinq albums dessinés par Léo. Léo n’avait plus le temps de dessiner d’autres cycles mais l’envie de travailler avec Rodolphe persistait. Ils ont trouvé un dessinateur pour prolonger le travail et avec Bertrand Marchal, il y eut le deuxième cycle, Namibia, coscénarisé par Léo et Rodolphe.

 

Mais miss Austin reprend une troisième fois du service, toujours avec la même équipe, Léo, Rodolphe et Marchal. Cette fois-ci c’est en Amazonie que tout va se passer, mais il est possible que les implications kilométriques futures soient plus conséquentes… Figurez-vous qu’au cœur de la jungle un photographe-reporter a réussi à photographier un…

 

 

 

Oui, j’ai longtemps hésité à vous révéler ici dans cette chronique l’objet de son cliché photographique mais je crois que vous serez bien assez grands pour le découvrir seuls. Sachez quand même que cette photo va attirer en Amazonie plusieurs personnes dont notre agente anglaise Katherine qui pensait pouvoir se reposer paisiblement chez elle ou chez ses parents… Mais, rien ne se passe jamais comme prévu quand on confie l’avenir à Léo et Rodolphe. Elle devrait le savoir depuis le temps !

 

Quatre tomes sont déjà parus et toujours autant de suspense et de passion pour le lecteur que je suis. On est en pleine forêt vierge, l’humidité, la chaleur, les risques… Tout est réuni pour nous maintenir en haleine sans nous lasser… Le mystère est épais et le fantastique prend une part plus importante qu’au départ… Sans compter que Leo en profite pour régler ses comptes avec les nazis qui sont allés s’installer en Amérique du Sud… Non, mais…

 

 

 

C’est toujours un enchantement, en tous cas pour moi, que de voyager dans les univers de Léo, qu’il soit seul au scénario ou accompagné de Rodolphe : univers bien construit  et bien posé, réalisme et humanisme, poésie et fantastique… bref, chaque série est un plaisir pour le lecteur et c’est généralement accessible pour un très large public à partir d’une douzaine d’années…

 

Donc, bon voyage en Amazonie, bonne lecture et à très bientôt !!!

Imprimer - - par Bonnet Michel - 29 mars 2019

BD : Pâques approche avec son chocolat...

Depuis plusieurs semaines, absorbé dans mon travail sur les autrices britanniques de romans policiers, je n’ai pas beaucoup écrit sur la bande dessinée. Pire, j’ai même oublié d’envoyer une chronique radio à certaines radios la semaine dernière… Oui, cela arrive… Il est donc temps de remédier à cela et de reprendre mes lectures régulières et commentaires chroniqués…

 

Ce qui est certain, c’est que je vais rester dans le domaine policier pour reprendre en douceur… Je viens de lire Le maître chocolatier de Chetville, Corbeyran et Gourdon dont le premier tome, La boutique, vient de sortir aux éditions Le Lombard.

 

Je sais que certains peuvent se lasser de voir Eric Corbeyran encore aux commandes d’une série qui se positionne dans la lignée de celles sur les vins, le café, le cognac, la gastronomie… On peut avoir le sentiment de toujours lire la même chose et de voir un scénariste se contenter avec l’assentiment des éditeurs profiter d’un filon sur l’art de vivre…

 

Si je comprends très bien ce sentiment, si je peux même le partager lors de certaines lectures, j’avoue fonctionner différemment. D’une part, je suis très attaché aux arts de la table et donc sensible aux thèmes abordés par Eric Corbeyran, d’autre part j’appartiens au bon public, celui qui aime les histoires, surtout quand elles ont un fond policier. Aussi, face à cette avalanche de parutions thématiques, je lis et si l’histoire est bonne je fonce et vous invite à me suivre…

 

Et c’est bien pour cela que j’ai décidé après lecture de parler de cet album qui commence une série qui devrait être de qualité. En effet, le thème est d’abord alléchant, le chocolat ! C’est un produit que j’aime beaucoup d’autant que l’on prend le parti de nous expliquer un certain nombre d’éléments qui nous font passer de la cabosse, fruit du cacaoyer, au délicieux chocolat que l’on va déguster au calme chez soi… La façon de nous accompagner dans cet univers est pédagogique mais pas fastidieuse, un peu comme dans la série « Châteaux Bordeaux » de Corbeyran et Espé. Pour le scénario, Eric Corbeyran est accompagné de Bénédicte Gourdon qui apporte dans cette histoire son expertise de la vie des malentendants, public avec qui elle travaille en tant que psychologue à Bordeaux.

 

Le tout fonctionne d’autant mieux que les scénaristes ont choisi une histoire un brin policière – voire plus, allez savoir – qui démarre fort bien. Les personnages sont très touchants et très vite : le jeune chocolatier, la meilleure amie, le commercial un peu dingue, l’apprentie malentendante… Tout est en place pour créer une nouvelle boutique si ce n’est qu’aucune de ces gentilles personnes vivant à Bruxelles n’a le moindre euro d’avance… Alors, comment trouver de l’argent pour rendre crédible leur projet ? Et là les problèmes vont arriver…

 

Dessin et narration graphique de qualité avec une base classique mais pas étouffante. Un scénario technique mais pas réservé aux experts et, enfin, une touche humaniste indiscutable mais pas du tout moraliste… On en redemande donc sans problème et on attend la suite avec impatience. La série est annoncée en trois volumes !

 

Alors, bonne lecture et bonne dégustation (les fêtes de Pâques approchent…) !  

Imprimer - - par Bonnet Michel - 28 mars 2019

Et toujours Agatha Christie en bédé... On ne s'en lasse pas !

Je ne sais pas si Agatha Christie avait en conscience, en 1939, d’écrire un roman qui allait devenir – je ne dirais même pas culte, tant le succès fut fort et demeure encore – mythique… Oui, un roman policier qui est étudié au collège, sert encore de référence aux romanciers, est l’objet d’études universitaires de tout niveau… quelle réussite ! D’ailleurs, c’est encore ce même roman qui vient de faire l’objet d’une étude très complète et passionnante de la part de Pierre Bayard dans son « La vérité sur Dix petits nègres »… Oui, et si Agatha Christie s’était trompé en racontant ce roman…

 

 
Mais un tel chef d’œuvre pouvait-il être adapté en bande dessinée… Oui, c’est une question importante car tout n’est pas obligatoirement fait pour être narrer en bédé… Un tel mécanisme diabolique résisterait-il à la mise en images sur papier ? Je dirais même plus, une telle adaptation resterait-elle crédible et intéressante à lire, sachant que tout le monde semble connaître l’histoire et son dénouement à rebondissement ?

 


Alors ouvrons cet album de bédé, et pour commencer offrons quelques éléments du scénario pour ceux qui n’auraient aucune idée sur ce roman Dix petits nègres… Dix personnages, arrivant de toute l’Angleterre, se retrouvent sur l’île du Nègre. Ils ont été invités ou embauchés par un mystérieux couple, Monsieur et Miss O’Nyme… qui se permet de ne pas être là pour les accueillir. Le premier soir, on retrouve huit personnes pour le dîner, un couple, les Rogers, pour les servir… C’est là que le suspense commence à se mettre en place… Un disque préparé à l’avance offre le réquisitoire le plus étonnant qui soit… Imaginez le tableau, les dix personnages de l’île sont accusés chacun d’un crime… L’affaire est sérieuse, mais ils n’auront pas beaucoup de temps pour trouver une réponse à leur interrogation – qui peut bien savoir tout ça sur eux que leur veut-on ? – car, quelques instants plus tard, en prenant un doigt de whisky, Anthony Marston s’étouffe et meurt…
« Dix petits nègres allèrent dîner, l’un d’eux s’étouffa et il n’en resta que neuf… »

 

 
J’ai oublié de vous dire que dans chaque chambre on peut trouver un cadre avec un poème qui explique comment dix petits nègres trouvent la mort, tous de façon assez violente ou surprenante… Or, à partir de la mort de M Anthony Marston, on assiste à la disparition, pour chaque mort, d’une statuette de nègre appartenant à un groupe de… dix statues identiques… exposé dans la salle à manger.

 


Ce qui est oppressant dans le roman, mais dans la bande dessinée aussi, c’est le moment où les six survivants, après la mort de Thomas Rogers, comprennent que tous les évènements semblent organisés et méticuleusement calculés, prémédités : chacun meurt comme le prévoit la chansonnette des dix petits nègres, et ils comprennent que chacun finira par mourir de la main d’un d’eux. Il n’y a personne d’autre sur cette île, obligatoirement, donc, l’assassin machiavélique est l’un d’eux… Attention, ce genre d’affirmation pourrait être revue et corrigée par Pierre Bayard… Qu’on se le dise !

 

 
Je ne dirai rien de plus sur le mécanisme du roman, sur la solution qui arrivera bien à la fin comme dans tout bon roman policier… Pour ce qui est de l’adaptation en bédé, elle est sans surprise, classique.. Mais il manque un petit quelque chose pour que ce soit parfait… On aurait aimé que les auteurs, Rivière et Leclercq, nous surprennent avec une narration graphique légèrement plus rythmée ou différemment organisée que celle du roman. Je pense que c’était possible… en particulier avec les dernières planches de l’album qui sont beaucoup trop statiques…

 


Néanmoins, comme il s’agit d’un grand classique, ce peut être aussi une façon de donner envie à un jeune lecteur d’aller prendre le roman dans la bibliothèque de ses parents (c’est bien la seule chose que mes enfants avaient le droit de me voler, enfin de m’emprunter…)…

Imprimer - - par Bonnet Michel - 26 mars 2019

Encore du Agatha Christie en bédé... Pourquoi pas ?

Je suis en train de travailler sur les autrices britanniques de romans policiers – information pour ceux qui ne suivent pas… – et donc il est bien normal pour un grand lecteur de bandes dessinées de parler des adaptations de certains grands romans en bédé… Donc, parlons de ce secret de Chimneys !

 

Cette histoire d’Agatha Christie, une fois n’est pas coutume, n’est pas un roman policier mais bien un roman d’espionnage. Il a été écrit en 1925, et il va nous mettre au cœur de la diplomatie balkanique de Grande-Bretagne. Certes, le pays de l’Herzoslovaquie n’existe pas, mais après tout ce qui s’est passé depuis 1991, nous n’avons aucune difficulté à nous l’imaginer… Oui, c’est vraiment crédible…


Tout commence avec un manuscrit secret, les mémoires de Stylptitch (pas facile à prononcer à la radio !), l’homme le plus influent du royaume d’Herzoslovaquie. Et comme toujours dans ces cas-là, elles pourraient bien faire l’objet d’une publication en pleines manœuvres diplomatiques, ce que redoutent les fonctionnaires de l’Echiquier qui reçoivent le prince héritier, Michael, au manoir de Chimneys pour un week-end… Un week-end qui sera placé sous haute surveillance mais qui verra arriver dans cette magnifique propriété toute sorte de gens… et certains… mais je ne vous en dit pas plus…


Comme souvent chez la reine du policier, on va avoir un personnage revenant des colonies, enfin cette fois-ci ce sera d’Afrique du Sud, et il se nomme Jimmy McGrath, enfin, plus exactement Anthony Cade. Oui, ça parait compliqué au premier abord, mais que voulez-vous, ce n’est quand même pas ma faute si l’un a demandé à l’autre de prendre sa place pour pouvoir mieux s’occuper de son nouveau filon d’or… Ce Cade, allias McGrath est un personnage ambigu décidé à profiter de la vie à tout prix… et il va probablement y arriver… en compagnie de la belle Virginia Revel, la nièce de Lomax, le ministre des affaires étrangères. Cette dernière est venue au manoir à sa demande pour neutraliser le porteur des mémoires explosives. Mais cette jeune femme, très sexy, fait aussi rêver Bill et tourner la tête à tous les hommes qu’elle rencontre…


Oui, c’est une belle affaire d’espionnage, complexe à souhait avec de nombreux personnages… Mais ce qui devient intéressant, c’est que l’adaptation bédé qu’en propose François Rivière, le scénariste, et Laurence Suhner, la dessinatrice, est très bien réalisée. Le lecteur est pris par des personnages bien incarnés, assez caractéristiques pour que l’on puisse tous les reconnaître, dès le départ, et bien les mémoriser pour la durée du récit. Je ne connaissais pas cette illustratrice mais je suis très content de la voir arriver dans ce monde où la marque féminine n’est pas encore assez prononcée. Dès ce premier album, elle montre l’étendue de ses talents, certaines de ses vignettes étant dignes des grands maîtres de cet art narratif. Il faut prendre le temps de regarder, avec attention, l’arrivée au manoir de nuit, la première ballade dans le parc de Virginia et Anthony… Les dessins en noir et blanc permettant les retours dans le passé sont d’une très grande qualité narrative et le seul défaut que je soulignerai toucherait les scènes de bagarre où je pense que Laurence Suhner peut encore progresser…


C’est donc une excellente adaptation d’un roman d’Agatha Christie en bande dessinée… mais aussi, au départ, un roman que j’aime beaucoup… A lire sans aucune modération…

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 25 mars 2019

Du roman à la bande dessinée...

Toujours dans la préparation de ma conférence sur les autrices britanniques de romans policiers...

 

Si l’adaptation d’un roman policier en film ou téléfilm peut présenter des difficultés, il est évident que l’adaptation en bande dessinée est, elle-aussi, fort problématique. Peut-être même plus délicate quand il s’agit de mettre tout en 46 planches comme c’est le cas dans le format classique de la bande dessinée… Alors, quand il s’agit d’un roman que l’on aime beaucoup, on est encore plus à cheval sur le travail des adaptateurs !

 

C’est mon cas avec « Meurtre en Mésopotamie », roman que j’ai beaucoup lu et qui appartient à mon top 5 des romans d’Agatha Christie. Pourquoi ? A cela je vois plusieurs raisons : tout d’abord, le cadre général de cette région d’Irak, les fouilles qui permettent de faire un grand saut dans le passé et cette époque babylonienne me fait vraiment rêver… Ensuite, parce que quand j’ai lu ce roman, pour la première fois, j’ai écouté un disque de musique baroque, une des musiques que j’aime le plus, et que depuis le texte et la musique sont restés liés… Lire l’un me fait entendre l’autre et réciproquement… A tel point que lorsque j’ai pris la bande dessinée, la première fois, de nombreuses années après la découverte du roman, j’ai commencé par entendre le canon de Pachelbel… La magie du livre et de la lecture… Mais qu’allait bien pouvoir donner cette adaptation éponyme (2005) du roman d’Agatha Christie par Rivière, le grand spécialiste du roman policier et, en particulier, de cette reine anglaise du polar, et Chandre, jeune dessinateur lorrain…

 

 

 

Le roman date de 1934 et la première remarque à faire est simple : le dessin de Chandre est parfaitement adapté à l’époque, aux fouilles archéologiques et à l’ambiance du roman. Ses planches aquarellées aux tons pastel, donnent un genre, une vie, un style remarquable qui marquera l’univers bédé d’Agatha Christie (si vous m’autorisez à parler ainsi…).

 

Rappelons que la grande Agatha va divorcer et épouser en secondes noces un archéologue. C’est avec lui qu’elle va voyager, découvrir le monde, comprendre l’archéologie et ainsi mettre en place un univers qui sera le cadre de quelques romans de grande qualité…


 Pour ce qui est du côté policier, la lecture ne posera aucun souci à ceux n’ayant pas lu le roman au départ. En effet ces lecteurs rencontreront les personnages, sans aucun a priori, se laisseront prendre par l’histoire, l’énigme, les meurtres et la solution finale d’Hercule Poirot.


Pour le lecteur du roman, les choses seront plus délicates. En effet, pour adapter ce roman en bande dessinée, les auteurs ont du pratiquer l’ellipse plus d’une fois et nous allons ressentir des manques, des oublis, qui nous énerveront… Hercule Poirot ne sera pas celui que nous nous sommes fabriqué, chacun d’entre nous, à travers nos lectures… Ce n’est pas celui des séries télévisées, des films ou des pièces de théâtre… Non, c’est celui de Chandre et Rivière… et, il faudra que vous vous laissiez prendre par ce nouveau personnage, de page en page, tout doucement… et je vous promets, que le résultat est plutôt bon…


En fin de lecture de cette bédé, je me suis même dit que j’aimerais bien que les éditions Emmanuel Proust donnent une seconde chance à ce dessinateur, pour un autre Hercule Poirot, car je ne voudrais pas rester sur un coup d’essai… je veux un coup de maître ! Il a bien eu cette chance – nous aussi – puisqu’il réalisera aussi par la suite Témoin indésirable (2006) et Le crime d’Halloween (2007). J’avoue que j’ai été séduit et que j’aurais bien aimé que l’aventure continue… Qui sait ? Je ne désespère pas…

 
Voici donc une bonne bande dessinée policière à offrir aux jeunes qui ne connaissent pas encore Agatha Christie pour les faire entrer dans le monde cruel de cette romancière qui devait avoir de bien étranges pensées pour imaginer tous ces crimes…

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 24 mars 2019

BD : Bon voyage en enfer avec Enma...

Je présente cette semaine un manga en huit tomes. « Enma » est sorti aux Editions Kana, dessiné par Nonota Masaki et le scénario écrit par Tsuchiya Kei.

C’est un shonen, donc manga destiné au départ aux adolescents, mais qui reste accessible pour tous. Il a pour personnage principal Enma, qui est une petite fille de papier créée par le roi Enma lui-même, juge des enfers. Il lui a donné son nom et elle est là pour l’aider. Et dans le but d’alléger le travail de ce juge, Enma essaie de raisonner les personnes qui auraient entraîné beaucoup de morts par leurs actions… Dans le cas où la personne en question n’écoute pas Enma, elle réclame ses os, tout en appliquant la compassion du Roi Enma, qui consiste à laisser autant d’os que de personnes qui ont aimé celui qui est jugé !

Ce manga peut être considéré comme une invitation à l’interrogation morale ! Il faut s’interroger sur nos actions et leurs conséquences. Ici, les différentes réflexions sont traitées avec réalisme, comme les suites d’une guerre, d’une maladie, d’une jalousie, et pleins d’autres situations, en intégrant le contexte des actes, l’entourage des accusés… Oui, l’humanité est toujours complexe !

Un autre point fort de ce manga est la richesse de l’univers de l’histoire, on passe aléatoirement de la Chine au Japon, d’Europe aux Amériques, et de même au niveau du temps, de l’Antiquité au Moyen-âge, et même jusqu’à un futur non connu encore ! Eh oui, la mort n’a pas besoin d’être très rationnelle et le Roi Enma devant tout juger, il y a du travail !

Il y a aussi une autre histoire plus intime pour le Roi Enma, mais ça je vous laisse le découvrir…

Quant à moi, je ne vous réclamerai pas vos os, mais je vous invite fortement dans ce manga qui pour moi est un vrai petit bijou et que je relis toujours avec plaisirs et très souvent !
 
Imprimer - - par Pierre - 20 mars 2019

BD : Et maintenant découvrons Dusk Maiden of Amnesia !

Aujourd’hui je vous présente un shonen, c’est à dire un manga au départ destiné aux adolescents, mais qui peut-être lu par tous. Je dirais même que cette série doit être lue par tous ! Car pourquoi devrait-on limiter le nombre de lecteurs de « Dusk Maiden of Amnesia », réalisé par Maybe ! Il y a dix tomes à lire, la série est terminée et elle est de qualité !



L’histoire se déroule dans une école où régnerait un fantôme, Yûko ! Il s’agirait du fantôme d’une petite fille qui a eu, en fait, une tragique histoire. Elle a servi de sacrifice pour apaiser les éléments de la nature et protéger l’école il y a longtemps !

Le héros qui accompagne Yûko dans cette histoire est un jeune collégien du nom de Teiichi. Fraîchement arrivé dans l’établissement, il découvre les « restes » d’Yûko... De cette union atypique, naîtra un club de détectives du surnaturel, pour résoudre diverses énigmes dans l’école ! Une belle histoire d’amitié, frôlant l’amour, se forme, une belle complicité quoique embarrassante pour Teiichi car Yûko se montre très exubérante par moment, mais comme c’est un fantôme, personne ne la voit !



Au delà d’une simple histoire de fantôme, on voit dans ce manga un jeu alterné d’humour et d’horreur, des images parfois fortes, des situations complexes mais qui approfondissent l’histoire pour l’épaissir, pour un rendu quasi spectral… Mais c’est avant tout l’histoire d’une souffrance qui se déguise en humour et lâcher-prise pour une fille qui n’avait peut-être pas voulu mourir, ou qui, peut-être, s’était décidée à la dernière minute… Je ne vous en dis pas plus, le mieux pour avoir le fin mot de cette histoire est de lire ce petit trésor qui ne démérite pas...

Imprimer - - par Pierre - 9 mars 2019

A Angoulême, Julie a rencontré Davy Mourier...

Quand on fait du reportage dans un grand festival international comme cela de la bande dessinée d’Angoulême, il faut s’attendre à quelques problèmes… C’est inhérent à une telle organisation mais il arrive parfois que deux petits problèmes tombent sur la même personne, le même jour… Et c’est bien ce qui est arrivé à Julie ! Heureusement, après ces deux soucis, après avoir eu un coup de chaud, un peu d’énervement et de tension, voilà qu’elle a pu rencontrer le plus sympathique et cool des auteurs de bédés… Du coup, la journée prenait une autre tournure, le sourire revenait et le moral avec… à moins que ce soit l’inverse mais peu importe, voilà que Julie vient partager avec vous ce moment de bonheur, sa rencontre avec Davy Mourier !


 

« Durant le festival d’Angoulême j’ai eu la chance de rencontrer Davy Mourier, créateur de la série « la Petite Mort ».

La naissance de la Petite Mort
La Petite Mort va voir sa maman et lui dit : « Maman, je m’ennuie ». La maman lui répond : « C’est l’été, va dehors, va faucher des vieux. ». Ce à quoi la Petite Mort répond: « Encore… ! ».

C’est par cette blague postée par Davy Mourier sur internet en 2009-2010 que la grande aventure de la Petite Mort a commencé. Guidé par une seule motivation, l’humour, Davy publiait toutes les semaines, une blague, en quelques dialogues, qui était fortement appréciée par les lecteurs qui en redemandaient.

« Au départ je voulais juste faire rire. »
Ces ébauches sont devenues des bande-dessinées et une série animée permettant ainsi à l’univers de s’étoffer et, de ce fait, d’aborder des sujets plus graves tels que la vie, la mort ou encore la dépression.

L’histoire, les relations et les blagues se sont créées au fur et à mesure des épisodes et des tomes mais pour cela il fallait nécessairement une première blague qui serait une sorte de ligne verte: « l’un de vous a une leucémie dans la salle ? ».


 

C’est par le biais de cette blague que le personnage de Ludo a été mis en avant, permettant ainsi que la Petite Mort ait un ami et qu’il y ait de ce fait de l’humour dans la série (car il est plus compliqué de faire des blagues quand un personnage est tout seul). Il est d’ailleurs important de noter que Ludo est le seul personnage de la série à pouvoir être ami avec la mort car il la voit telle qu’elle et il ne se dit pas qu’à terme elle va le tuer.

« Ludo il est bête mais il est heureux et ça c’est beau !»

Les projets par rapport à la petite mort
Actuellement, Davy Mourier travaille sur la série animée mais celle-ci sera bientôt terminée au terme de la 3ème saison (compte-tenu du fait que les trois saisons couvrent les trois albums). Travailler sur le dessin animé lui a cependant donné des idées qu’il n’avait pas mis dans les BD et il envisage donc de refaire un album plus inspiré par l’animé que par la BD. Ce nouvel album traitera de la naissance et de la vieillesse de la Petite Mort.

Les autres projets

Tout d’abord, Davy Mourier a réalisé deux BD autobiographiques « Davy Mourier versus Cuba » et « Davy Mourier versus la télévision ». Par le biais de ces œuvres, Davy raconte des choses qui lui sont arrivées tout au long de sa vie avec humour. L’auteur est d’ailleurs en train de réaliser une nouvelle BD intitulée « Davy Mourier versus la mort ».

« Je suis un peu poissard, pas trop parce que je suis jamais mort mais un peu poissard quand même »
De plus, en avril sortira un court-métrage intitulé « l’âge de pierre ». Aidé par une bourse CNC, Davy Mourier a eu la possibilité de réaliser cette autofiction. Tirée d’une bande dessinée qui va sortir chez Delcourt en avril, ce court-métrage aborde la transition d’enfant à adulte et l’ensemble des questions qui y sont inhérentes (par exemple les gens qui ont passé la quarantaine et qui regardent encore des dessins animés).

Le début de l’histoire prend place dans un magasin de jouet où un couple regarde des Lego. C’est à cet instant que le jeune homme apprend que son père meurt.

Une source d’inspiration qui ne s’est révélée que tardivement : la famille et les traumatismes
Au court de l’interview, alors que la Petite Mort et le court-métrage étaient abordés, il est assez vite ressorti qu’il y avait une source d’inspiration très forte : la famille de Davy Mourier et les traumatismes qu’il a subi.

« Finalement je parle de ma famille mais je ne m’en suis pas rendu compte au début et c’est avec le temps que j’ai nourri tout ça. »


Les traumatismes ont, par exemple, guidé la création du court-métrage puisque le synopsis s’inspire directement de ce qu’a vécu Davy Mourier qui, alors qu’il était en train de regarder des Lego, a reçu un appel de sa maman lui expliquant que son papa était à l’hôpital suite à un AVC et à un infarctus survenus simultanément avec un risque de décès potentiel.

J’ai tiré de cette interview une très grande satisfaction : Davy Mourier est une personne incroyable qui s’est confié bien volontiers. Il est toujours impressionnant de rencontrer des auteurs que l’on admire depuis longtemps et cette fois-là n’a pas été une exception.

Dans l’attente du court-métrage « l’âge de pierre », je retourne regarder pour la énième fois les épisodes de la Petite Mort en espérant par ailleurs que je vous aurai donné envie de découvrir ou de redécouvrir ce créateur fantastique !

 
 
 
Imprimer - - par Julie, étudiante en TAIS à l'IUT de Chalon-sur-Saône - 4 mars 2019

Une autrice BD à découvrir... Laure Garancher

Je viens de lire le premier album de Laure Garancher, un livre qui est sorti en 2013 aux Editions Steinkis. A sa sortie, je n’avais pas retenu ce titre dans mes lectures et j’y viens maintenant que Laure Garancher a sorti deux albums et s’apprête à avoir le troisième en librairie… Mais revenons à ses débuts !

 



« Mon fiancé chinois » est un très bon livre pour comprendre certains aspects de la vie familiale chinoise et Hmong. Oui, cette juxtaposition culturelle peut surprendre mais l’ouvrage va parler d’une femme Hmong du Viet Nam qui va épouser un Chinois. Il faut pour comprendre cela commencer par mesurer les conséquences de la politique de l’enfant unique sous Mao et découvrir comment certaines entreprises matrimoniales sont allées chercher des femmes au Viet Nam pour que les Chinois puissent se marier…

Pour nous raconter tout cela en une seule histoire et façon compréhensible, Laure Garancher, donne la parole à Pad qui sera notre narratrice principale. Elle est de cette civilisation Hmong du Viet Nam et elle s’est retrouvée mariée avec un chinois à moins de vingt ans… Mais, en fait, nous aurons quatre narrations différentes, car la parole sera donnée à sa belle mère, celle qui va donner le tempo de la tradition chinoise pure, si on peut dire. Puis nous aurons aussi la vie de sa mère, puis la jeunesse de son mari Tao… Enfin, il y aura le mariage de sa petite fille Kim… A chaque fois, on aura un récit à la première personne… Pas toujours simple à suivre mais très touchant et profondément humain…

 


J’avais déjà lu un ouvrage sur ces problèmes de mariage des hommes chinois… Ce n’est donc pas une invention mais bien la conséquence directe de la politique de l’enfant unique en Chine. Un seul enfant ? Alors il fallait un garçon et pas seulement pour qu’il travaille et rapporte de l’argent. Il faut un garçon car les filles quittent traditionnellement leur famille pour celle du mari. Donc, une famille qui n’a qu’une fille est condamnée à mourir. Pour rester en vie il faut un garçon… et toutes les familles ont fait la même chose : avortement des mères portant une fille !

Quand on arrive aux générations suivantes, les femmes ne sont pas assez nombreuses pour permettre aux hommes de se marier et d’avoir eux-mêmes un enfant… C’est ainsi que l’on est allé chercher « fortune » chez les voisins, les plus pauvres en particulier, au Viet Nam dans le cas de cette histoire… Une femme quitte son pays pour épouser un Chinois, un peu d’argent est donné à la famille, la jeune étrangère doit très rapidement apprendre le chinois et elle est mariée… Elle devient Chinoise, surtout membre d’une nouvelle famille… Ainsi, Pad devient Chinoise et mère et grand-mère chinoise… Elle est le pilier de la tradition et son Viet Nam est loin…


C’est réellement une très belle bande dessinée, un roman graphique de qualité entièrement écrit, dessiné par Laure Garancher. Cette autrice a d’abord été professionnelle de la santé et de la biologie, a été au Viet Nam pour l’organisation mondiale de la santé et c’est là qu’elle a été touchée par cette culture Hmong et le destin de ces femmes parties de chez elles pour se marier… Depuis, Laure Garancher est devenue une autrice de bande dessinée qui aime toujours voyager au cœur de cette organisation mondiale et dessiner pour nous transporter, nous aussi… Sa seconde bande dessinée parle de la Chine, mais celle de la guerre de l’opium, et sa prochaine nous emmènera au Surinam…

Très bonne lecture et j’espère rapidement rencontrer Laure Garancher car cela ne s’est encore jamais produit…

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 27 fév 2019

BD : Eric Corbeyran, un auteur à découvrir, lire et même relire !

Enfin, car on ne peut pas tout citer, il y a aussi un Eric Corbeyran différent qu’il ne faudrait pas sous-estimer, celui qui retourne dans son univers jeunesse, mais en compagnie de Bécassine ! Oui, bien sûr, ce n’est pas Corbeyran qui a créé Bécassine puisque le personnage est né en 1905 par Jacqueline Rivière et Emile-Joseph-Porphyre Pinchon ! Mais, en octobre 2016, sort un nouvel album des aventures de Bécassine, avec Eric Corbeyran au scénario et Béja au dessin. Ces dessins, justement, sont de toute beauté, d’une extrême précision et le scénario de Corbeyran est solide. A la fois les deux auteurs réveillent Bécassine et restent dans le tempo initial, mais, ils arrivent aussi en deux albums à mettre en place leur Bécassine ! Que du bonheur…


D’ailleurs n’allez pas croire que Bécassine serait une femme de seconde zone ! En effet, Bécassine est une femme beaucoup plus moderne que les apparences : elle voyage, elle conduit, elle est autonome, elle prend des décisions… et ses jugements ne sont pas si mauvais… Parfois, les grands du monde feraient bien de la suivre un peu plus… Mais c’est une autre histoire !


Il est donc temps pour ceux qui ne connaissent pas encore Eric Corbeyran d’aller le découvrir à travers une belle histoire, un thriller fantastique, scientifique ou œnologique, un récit humain ou une saga familiale… Vous avez le choix, profitez-en !

 
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 26 fév 2019

Pas des bonnes idées pour lycéens mais bonne série manga : Assassination Classroom !

Cette fois-ci, je vous présente un shonen détonnant et haut en couleur, Assassination Classroom, en 21 tomes, de Matsui Yûsei, aux éditions Kana… Oui, je sais que les collections manga peuvent faire peur aux lecteurs qui ne sont pas habitués. 21 volumes, cela fait beaucoup, beaucoup à acheter, à lire et à ranger après... Mais, le jeu en vaut la chandelle !

 

 


Alors, peut-on dire que le collège est mortel ? C’est un peu ma vision des choses... On est marqué par ses expériences... Non ? Là, on va suivre une classe de rejetés, la classe E, isolée du collège principal... Les parias d’un système ! Ils auront comme professeur Mr Koro, qui est un extraterrestre se déplaçant à mach 20 ou mach 30, et qui possède des tentacules un peu partout ! On lui attribue même la destruction de la Lune… Quand même, on est dans une histoire fantastique !

Mais, en fait, le concept de ce manga est plus complexe. Mr Koro se montre un professeur dévoué corps et âme envers ses élèves… Eux, par contre, ont reçu comme mission du gouvernement de l’assassiner. On leur a même promis une prime très importante !

Mais, même si ses élèves vont tenter de le tuer de nombreuses fois, il y aura aussi un grand attachement réciproque, élèves/professeur, et tout finira bien… La fin de ce manga une est des plus émouvantes que j’ai pu lire ! Oui, on y verse même une petite larme...

Attention, ce manga est avant tout comique et pétri de gags. Il y a aussi des scènes de combat très dynamiques ce qui fait de cette série un ensemble varié, réussi et très prenant. Donc je vous invite à lire cette série, surtout si vous aimez le côté décalé d’une classe qui a pour objectif scolaire de tuer son enseignant. Bien sûr, ce n’est pas à prendre au premier degré et on y apprend beaucoup plus de choses que l’on ne serait tenter de le penser au départ…

 


D ans le cadre d'un partenariat entre le site vivre-a-chalon, l’IUT de Chalon et de nombreuses structures culturelles chalonnaises les étudiants de la licence professionnelle TAIS (techniques et activités de l’image et du son) proposent leurs reportages, leurs critiques de spectacles, leurs ressentis de lectures, leurs idées de cadeaux, leurs recettes…

 

 
Imprimer - - par Pierre - 24 fév 2019

BD : Red Dragon... de la qualité, c'est sûr !

Je vous présente aujourd’hui un manga, Red Dragon. Il s’agit d’un shonen d’Ikeno Masahiro, aux éditions Glénat, en 5 tomes. Shonen ? Oui, c’est vrai, tout le monde n’est pas encore familiers avec ces noms de catégories de mangas. Un shonen, c’est tout simplement un manga destiné prioritairement aux adolescents de sexe masculin. Au Japon, on a tendance à cibler de façon très précise les mangas, comme par exemple shonen (garçon) contre shojo (fille) ! Mais on ne va quand même pas jusqu’à interdire aux filles de lire des shonen !


Ce manga qui s’inscrit dans un univers d’aventure et de guerre se situe à la période des Qin, en Chine antique, période instable qui souffre de nombreux conflits… Deux personnages vont insuffler la vie de ce manga dès le départ, Lu Wan, un puissant guerrier aux aptitudes physiques surprenantes, et Liu Bang, un stratège très rusé qui associe audace et coups de poker ! Un sacré tandem qui survivra toute la durée du manga, pour enrichir le plaisir du lecteur, en tout cas ce fut bien mon ressenti !

Le graphisme que je trouve intéressant, propose des scènes de guerres violentes mais bien fluides, pas de longueurs, des ponctuations d’humour pour alléger l’histoire, des belles valeurs défendues comme la confiance et l’amitié… Certes, la guerre est toujours violente et désagréable mais il y a beaucoup plus. Comme si dans ces temps difficiles l’humanité se révélait sous des angles plus flatteurs, plus doux… Moi, très vite, je me suis retrouvé dans ce manga ! La guerre, les dangers, les turbulences… c’était ma vie !

L’histoire amènera d’autres guerriers valeureux voir cruels ; on voyage aussi pour découvrir la période des Qin, et son quotidien. Je trouve que le point fort de ce manga est l’amitié solide des deux héros, et moi j’ai particulièrement aimé le déroulement graphique et narratif des batailles ainsi que l’évolution des combats, un petit bijou ! Tout simplement !

 
 
Imprimer - - par Pierre - 19 fév 2019





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